André Grisoni

1886 - 1975

Informations générales
  • Né le 20 mai 1886 à Moltifao (Haute-Corse - France)
  • Décédé le 21 août 1975 à Courbevoie (Hauts-de-Seine - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XVe législature
Mandat
Du 8 mai 1932 au 31 mai 1936
Département
Seine
Groupe
Républicain radical et radical-socialiste

Biographies

Né le 20 mai 1886 à Moltifao (Corse).

Député de la Seine de 1932 à 1936.

Fils d'un cordonnier qui quitta la Corse dès 1886 pour prendre en Algérie un modeste emploi dans les postes, André Grisoni, après avoir terminé ses études à la faculté de droit d'Alger, occupa d'abord les fonctions de clerc chez un notaire de Mostaganem.

La guerre de 1914-1918, au cours de laquelle trois de ses frères furent tués devant l'ennemi, joua dans sa destinée un rôle déterminant. Ayant été rapatrié à la suite d'une grave blessure, après avoir été successivement promu au feu, dans les durs combats des Dardanelles, sous-lieutenant, lieutenant et capitaine, il se vit en effet confier, en raison de sa parfaite connaissance de la langue arabe le commandement de trente compagnies de travailleurs coloniaux implantées dans la région parisienne.

Au lendemain de la grande guerre définitivement installé à Courbevoie M. Grisoni abandonna la carrière notariale pour se consacrer à la gestion de diverses sociétés et notamment de l'Agence de presse Fournier dont il avait acquis la propriété et qui exerçait son influence sur de nombreuses feuilles de province.

Membre éminent du parti radical dont il fut vice-président André Grisoni de vint en 1927 le premier magistrat de Courbevoie ; son mandat municipal qu'il conserva jusqu'à la fin de la deuxième guerre mondiale marqué par d'importantes réalisations dans le domaine de l'enseignement et de la santé lui servit de tremplin pour accéder à la députation. Candidat dans la 10e circonscription de Saint-Denis il ne put conquérir d'emblée aux élections générales de 1928 le siège occupé par M. Louis Dubois député d'union nationale ; ce dernier qui recueillit au premier tour 9.787 voix contre 7.186 à M. Laporte communiste et 6.763 à M. Grisoni sut convaincre les électeurs que « la situation actuelle du pays ne permettait pas de tenter l'expérience d'hommes nouveaux ».

Relevant le gant il se représente le 1er mai 1932 avec « la force accrue que donne l'expérience quotidienne d'une grande administration » ; bien placé au premier tour avez 9.611 voix contre 10.554 à M. Dubois sur 34.020 votants, André Grisoni fut élu au second tour avec, cette fois, 14.230 voix contre 12.053 au député sortant, sur 32.927 votants. Il s'inscrivit au groupe républicain radical et radical-socialiste, d'où il démissionna le 6 février 1934.

Participant aux travaux des commissions du commerce et de l'industrie, de l'hygiène, des pensions, puis en 1935 du suffrage universel, il déploya une grande activité parlementaire, se montrant particulièrement attentif aux mesures propres à conjurer la crise économique et à en amortir les douloureuses répercussions sociales ; c'est ainsi qu'il intervint à maintes reprises pour que fût renforcée la protection des chômeurs ainsi que des commerçants en difficulté; il fut également l'auteur d'une proposition de loi tendant à la répression de l'usure ; il se trouva ainsi tout désigné pour rapporter devant la Chambre les diverses propositions de loi qui furent à l'origine de la réglementation des magasins dits « à prix uniques ». Toujours soucieux des problèmes de l'administration locale, il combattit vigoureusement les empiètements de l'autorité de tutelle et fut nommé en 1932 membre du conseil supérieur de l'aménagement de la région parisienne. A la veille de la deuxième guerre mondiale, il accédait à la vice-présidence de l'association des maires de France, où il devait jouer un rôle de premier plan. Entre-temps, dans cette circonscription en grande partie ouvrière, la lame de fond du Front populaire avait interrompu une carrière parlementaire qui s'annonçait brillante. Se refusant à toute compromission avec un mouvement d'obédience étrangère, André Grisoni dut céder son siège en 1936 à M. Fajon, candidat du parti communiste ; il avait obtenu, au second tour, 9.331 voix et son adversaire 9.629 sur 19.566 votants.

Parfaitement informé grâce aux très nombreuses amitiés qu'il gardait au sein du parlement et du gouvernement, ce patriote ardent vit venir sans illusion l'épreuve d'un conflit auquel le pays n'était pas préparé. Fidèle au devoir qu'il s'était tracé, il s'engagea publiquement, le 11 juin 1940, à rester quoi qu'il arrive à son poste à la mairie de Courbevoie.



Né le 20 mai 1886 à Moltifao (Corse)

Décédé le 21 août 1975 à Courbevoie (Haut-de-Seine)

Député de la Seine de 1932 à 1936

(voir première partie de la biographie dans le dictionnaire des parlementaires français 1889-1940, tome V, p. 1886-1887)

André Grisoni se consacre à sa charge de maire de Courbevoie jusqu'en 1944. Soutenant sans réserve la politique du gouvernement de Vichy, il est un des promoteurs du Rassemblement national populaire, mouvement collaborationniste, et fonde l'hebdomadaire La France Municipale. Avec le temps, il devient beaucoup plus critique à l'égard du maréchal Pétain et sera même exclu de l'ordre de la Francisque, avec François Valentin, le 12 octobre 1943.

Arrêté le 19 octobre 1944, il est jugé par la Cour de justice de la Seine le 5 août 1945. Accusé d'avoir entretenu pendant la guerre des intelligences avec l'Allemagne, il est condamné à 15 ans de travaux forcés, à la confiscation au profit de la nation de ses biens, et déclaré en état d'indignité nationale à vie. Il bénéficie cependant de circonstances atténuantes et fera l'objet par la suite de plusieurs remises gracieuses de peine.

André Grisoni présente, le 8 juin 1958, dans la Seine, pour le renouvellement du Conseil de la République, une liste « municipalité indépendante de coalition républicaine nationale » qui n'aboutit pas.



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