Antonin Gros

1890 - 1977

Informations générales
  • Né le 4 mars 1890 à Marseillan (Hérault - France)
  • Décédé le 30 avril 1977 à Marseillan (Hérault - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
Ire Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 21 octobre 1945 au 10 juin 1946
Département
Hérault
Groupe
Communiste
Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
2e Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 2 juin 1946 au 27 novembre 1946
Département
Hérault
Groupe
Communiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 10 novembre 1946 au 4 juillet 1951
Département
Hérault
Groupe
Communiste

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)


Né le 4 mars 1890 à Marseillan (Hérault)

Décédé le 30 avril 1977 à Marseillan

Membre de la première et de la seconde Assemblée nationale constituante (Hérault)

Député de l'Hérault de 1946 à 1951

Antonin Gros est le dernier d'une famille de neuf enfants. Son père était journalier et jardinier. Lui-même exerça diverses professions : matelot à 16 ans, docker puis ouvrier agricole. A ce dernier titre, il participe à la manifestation viticole de juin 1907 à Montpellier. Dans le prolongement de la défense du sort des ouvriers de la viticulture, Antonin Gros rejoint les rangs de la SFIO en 1910. Réformé en 1914, il s'embarque comme marin sur un transporteur de troupes et passe toutes les années de guerre dans la Marine. Après la Première guerre mondiale, sa vie s'articule autour du militantisme syndical et de l'engagement politique. Président de l'Union syndicale des marins de commerce et pêcheurs réunis de Marseillan, il adhère à la SFIC en 1922 après avoir lu dans la revue Floréal, nous apprend le Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, des articles très hostiles à l'URSS. Il adhère aussi au syndicat unitaire des ouvriers agricoles. En février 1929, pour avoir collé des affiches, il est condamné à trois mois de prison pour provocation de militaires à la désobéissance. Il est alors secrétaire du Comité départemental du Secours rouge international. Dans les années trente, ses responsabilités syndicales sont de plus en plus grandes. Ainsi, est-il secrétaire de la XIVe région (du Var au Pyrénées-Orientales) de la fédération CGT des ouvriers agricoles. En novembre 1937, comme syndicaliste agricole, Antonin Gros se rend en URSS pour un voyage d'un mois. Le 13 novembre, il prononce un discours à Radio-Moscou. Parallèlement, il s'affirme comme l'un des militants communistes les plus actifs de la région. Membre du comité régional du Parti communiste, il est candidat en 1936 dans la 3e circonscription de Montpellier. Il n'a pas davantage de succès en 1937, face à Jules Moch cette fois, lors d'élections partielles qui font suite au décès du député Salette.

Le 29 avril 1940, Antonin Gros est arrêté et jugé pour activité politique et syndicale illégale. Le tribunal de Montluçon prononce un non-lieu mais Antonin Gros n'en est pas moins interné. Libéré en 1941, il est à nouveau arrêté à la fin de l'année. Jugé, acquitté par le tribunal de Clermont-Ferrand, maintenu en détention, il fréquente alors différentes prisons et camps d'internement pour finir à la citadelle de Sisteron d'où il est libéré, ainsi que des résistants, à l'occasion d'une attaque menée par un groupe de maquisards en juillet 1944. Il rejoint alors le maquis des FTP dans la Drôme et comme capitaine d'Etat-major à la subdivision militaire de Valence il a en charge les transports et l'approvisionnement en essence.

A la Libération, Antonin Gros retrouve responsabilités syndicales et politiques. Membre du bureau fédéral du PCF, délégué de l'Hérault au XXVIe congrès national de la CGT en 1946, il se présente à nouveau aux suffrages de ses concitoyens. Le 21 octobre 1945 et le 2 juin 1946, Antonin Gros est élu député de l'Hérault en deuxième position sur la liste communiste. Celle-ci, conduite par Raoul Calas, obtient respectivement 63 144 voix sur 208 516 suffrages exprimés et 67 376 voix sur 219 990 suffrages exprimés. Sous les deux Constituantes, Antonin Gros est nommé membre de la Commission de l'agriculture. Sans tarder, il dépose le 21 octobre 1945 une proposition de loi tendant à réglementer le temps de travail et le repos hebdomadaire dans les professions agricoles. Le 10 novembre 1946, aux élections à la première Assemblée nationale, la liste du parti communiste et d'Union républicaine et résistante améliore son score avec 71 482 voix sur 211 756 suffrages exprimés. Elle devance largement les listes MRP, socialiste et RGR.

Au cours de la première législature de la IVe République, Antonin Gros appartient à différentes commissions et plus durablement aux commissions du ravitaillement, de l'agriculture et des boissons. Il fut aussi membre de la Commission chargée d'enquêter sur la production du vin, la livraison du vin par les producteurs au ravitaillement général et la répartition de ce vin (1947), commission créée en réponse au scandale du vin. Antonin Gros consacre l'essentiel de son activité parlementaire à défendre les intérêts des ouvriers agricoles, de la viticulture française et de l'Hérault. Ainsi, le 31 juillet 1947, présente-t-il sa proposition de loi sur la réglementation du temps de travail comme une mesure visant à améliorer « le sort du prolétariat agricole », à limiter l'exode rural et à assurer la paix sociale dans les campagnes. Le 2 mars 1948, Antonin Gros précise qu'il ne faudra pas s'arrêter là mais obtenir la parité avec les salariés de l'industrie dans le domaine de la protection sociale. Antonin Gros suit en tout point les orientations de son parti, respecte les consignes de vote, participe en 1947 et 1948 aux débats très houleux qui opposent les communistes aux autres représentants de la Nation sur fond d'exacerbation de la guerre froide et de mouvements sociaux, ne répugne pas à prendre la défense de l'URSS et même de l'agriculture. Mais, sa singularité est d'être sans relâche le « commis voyageur » du vin français, élevé à la dignité de patrimoine national. Non seulement, il fustige les importations de vins étrangers mais parvient à unir dans le même combat dénonciation de « l'impérialisme américain » et promotion du vin français. Ainsi, le 1" décembre 1949, défend-il une proposition de résolution visant à interdire la fabrication et la commercialisation de la boisson dite « Coca-Cola » au motif que cette boisson à la formule secrète est sans doute toxique. Dans le même temps, le PCF mène dans le pays une grande campagne contre ce soda.

Le 17 juin 1951, la liste d'Union républicaine résistante et antifasciste pour l'indépendance nationale, le pain, la liberté et la paix arrive en tête avec 69 433 voix sur 211 485 suffrages exprimés, soit 32,8 %. Mais, elle n'a aucun élu. Les sièges sont répartis entre les listes apparentées. Ainsi la liste MRP avec 9,9 % des suffrages exprimés a-t-elle un élu en la personne de Paul Coste-Floret. Antonin Gros, conseiller municipal de Montpellier jusqu'en 1959 ne se représente pas en 1956 pour cause de maladie.

Il meurt à Marseillan, le 30 avril 1977, âgé de 87 ans.



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