Emile Hugues

1901 - 1966

Informations générales
  • Né le 7 avril 1901 à Vence (Alpes-Maritimes - France)
  • Décédé le 10 février 1966 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
2e Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 2 juin 1946 au 27 novembre 1946
Département
Alpes-Maritimes
Groupe
Radical et radical-socialiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 10 novembre 1946 au 4 juillet 1951
Département
Alpes-Maritimes
Groupe
Républicain radical et radical-socialiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 17 juin 1951 au 1er décembre 1955
Département
Alpes-Maritimes
Groupe
Républicain radical et radical-socialiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 2 janvier 1956 au 8 décembre 1958
Département
Alpes-Maritimes
Groupe
Républicain radical et radical-socialiste

Mandats au Sénat ou à la Chambre des pairs

Sénateur
du 28 avril 1959 au 1er octobre 1962
Sénateur
du 2 octobre 1962 au 10 février 1966

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)


Né le 7 avril 1901 à Vence (Alpes-Maritimes)

Décédé le 10 février 1966 à Paris

Membre de la seconde Assemblée nationale constituante (Alpes-Maritimes)

Député des Alpes-Maritimes de 1946 à 1958

Secrétaire d'Etat aux Finances et aux Affaires économiques du 11 août 1951 au 20 janvier 1952

Secrétaire d'Etat à la Présidence du Conseil, chargé de l'Information, du 8 janvier 1953 au 19 juin 1954

Garde des Sceaux, ministre de la Justice, du 19 juin au 3 septembre 1954

Secrétaire d'Etat aux Affaires économiques du 17 juin au 6 novembre 1957, et du 11 novembre 1957 au 14 mai 1958.

Après avoir obtenu un doctorat de droit, Émile Hugues embrasse la profession de notaire. Il s'engage dans la vie publique au lendemain de la guerre, sous les couleurs du parti radical : après avoir été porté à la mairie de Vence en avril 1945, il est élu, en septembre de la même année, conseiller général des Alpes maritimes (canton de Vence). Il est aussi élu président de la fédération des Alpes-Maritimes du Parti radical et radical-socialiste.

Émile Hugues se présente pour la première fois à la députation à l'occasion des élections du 21 octobre 1945 pour la première Assemblée nationale constituante ; placé en deuxième position sur la liste conduite par le maire de Nice Jean Médecin, il n'est pas élu.

Candidat aux élections pour la seconde Assemblée nationale constituante du 2 juin 1946, toujours en deuxième position sur la liste dite de « rassemblement républicain » conduite par Jean Médecin, Émile Hugues est cette fois plus heureux. Sa liste recueille 83 299 voix sur 196 361 suffrages exprimés, ce qui lui assure deux des cinq sièges à pourvoir dans la circonscription des Alpes-Maritimes, les trois autres sièges allant aux communistes Virgile Barel et Henri Pourtalet, et au socialiste Alexandre Roubert.

Inscrit au groupe radical-socialiste de l'Assemblée constituante, Émile Hugues est nommé membre de la commission de l'équipement national et de la production. Son activité parlementaire se concentre surtout autour des questions économiques et fiscales. Émile Hugues intervient aussi à la tribune de l'Assemblée pour interpeller le gouvernement sur « les graves difficultés dans lesquelles se débat actuellement l'industrie pharmaceutique française et les dangers qui en résultent pour la santé publique ».

Candidat aux élections législatives du 10 novembre 1946, toujours en deuxième position derrière Jean Médecin, Émile Hugues est réélu ; sa liste recueille 80 314 voix sur 197 118 suffrages exprimés, et emporte trois des cinq sièges à pourvoir. Les deux députés communistes sortants conservant leurs sièges, c'est la SFIO qui perd son représentant.

Émile Hugues est nommé membre de plusieurs commissions parlementaires : production industrielle (1946, 1948), intérieur (1947 à 1950), ravitaillement (1948), France d'outre-mer (1948), moyens de communication et du tourisme (1949, 1950), finances (1950, 1951). Il est en outre nommé juré à la Haute cour de justice à partir du 1er juin 1948. Son activité parlementaire est très intense : il est l'auteur de trente-sept propositions de loi, onze propositions de résolution et neuf rapports, généralement déposés au nom de la commission des finances.

Il est l'auteur, entre autres textes, d'une proposition de loi, déposée le 12 juin 1947, autorisant les commerçants à déduire de leurs bénéfices, à titre de charge, la rémunération de leur épouse travaillant effectivement dans leur entreprise ; et d'une proposition de loi, déposée le 9 décembre 1947, tendant à créer un fonds de péréquation départemental au profit des communes d'une population inférieure à 5 000 habitants.

Au cours de cette première législature, Émile Hugues vote la confiance au cabinet Ramadier (4 mai 1947), se prononce contre le statut de l'Algérie (27 août 1947), pour la nationalisation des écoles des houillères (14 mai 1948), pour le plan Marshall (7 juillet), et pour le statut du Conseil de l'Europe et la ratification du pacte Atlantique (9 et 26 juillet 1949) ; il ne prend pas part au vote du projet de réforme électorale instituant le système des apparentements (7 mai 1951).

Émile Hugues est réélu à l'Assemblée nationale aux élections législatives du 17 juin 1951, grâce à un apparentement conclu entre les petites listes dites « socialiste indépendante » et de « rassemblement des groupes républicains et indépendants français », la liste de « rassemblement républicain » (soutenue par le RGR, le CNI et le parti radical et radical-socialiste) menée par Jean Médecin, où Émile Hugues occupe toujours la deuxième place, et la liste RPF, conduite par Edouard Corniglion-Molinier, où Marcel Dassault est en deuxième position. La liste de « rassemblement républicain » recueille 74 209 voix sur 213 874 suffrages exprimés, et emporte trois des cinq sièges à pourvoir, les deux autres allant à la liste du RPF ; les listes communiste et socialiste font donc les frais de cet apparentement.

Emile Hugues est nommé membre de plusieurs commissions parlementaires : finances (1951, 1952) (il en est même nommé secrétaire), affaires économiques (1952), presse (1955), et suffrage universel, lois constitutionnelles, règlement et pétitions (1955).

Membre du comité exécutif du parti radical-socialiste valoisien, Émiles Hugues est élu en 1952 vice-président du groupe radical-socialiste de l'Assemblée nationale. Son influence au sein du parti radical et sa compétence en matière économique, largement affirmée durant la précédente législature, lui valent d'occuper du 11 août 1951 au 20 janvier 1952 les fonctions de secrétaire d'Etat aux Finances et aux Affaires économiques dans le cabinet Pleven. L'expérience ministérielle d'Emile Hugues se poursuit à partir de l'investiture du cabinet Mayer, le 8 janvier 1953 : il est successivement secrétaire d'Etat à la Présidence du Conseil, chargé de l'Information, dans les cabinets Mayer et Laniel, puis Garde des Sceaux, ministre de la Justice dans le cabinet Mendès France. Il démissionne du cabinet Mendès France le 3 septembre 1954 en raison de son opposition à la politique poursuivie par le gouvernement à l'égard de la CED.

Durant cette législature, il se prononce pour l'adoption du projet instituant la CECA (13 décembre 1951), et vote la confiance à Antoine Pinay (6 mars 1952), Joseph Laniel (26 juin 1953), Pierre Mendès France (17 juin 1954) et Edgar Faure (29 novembre 1955).

Candidat aux élections législatives du 2 janvier 1956, Émile Hugues est cette fois en troisième position derrière Jean Médecin et Marcel Dassault sur une liste réunissant le RGR, le Centre National des Républicains Sociaux et le parti radical et radical socialiste. Un apparentement conclu avec la liste « républicaine et socialiste indépendante » présentée par le Rassemblement des Groupes Républicains et Indépendants Français et le MRP lui permet de conserver son siège, tandis que le PCF retrouve deux sièges pour ses anciens députés Virgile Barel et Henri Pourtalet.

Émile Hugues est nommé membre de la Commission de la presse et de la Commission de la justice et de la législation. Il est notamment l'auteur d'une proposition de loi, déposée le 3 mai 1956, portant création d'un « fonds spécial d'aide temporaire à l'art théâtral français » ; ce texte se donne pour objectif de mettre un terme à « la disparité existant entre les charges écrasantes qui grèvent l'exploitation théâtrale et le montant du prix des places, qui ne peut être proportionnellement augmenté, car il se trouve conditionné par le pouvoir d'achat des spectateurs ».

Rallié à la tendance Queuille-Morice du parti radical-socialiste, Émile Hugues retrouve, du 17 juin 1957 au 14 mai 1958, un portefeuille ministériel, grâce à Maurice Bourgès-Maunoury et Félix Gaillard qui font de lui leur secrétaire d'Etat aux Affaires économiques. C'est à ce titre qu'Émile Hugues doit procéder en août 1957 à la dévaluation de 20 % du franc.

Au cours de la troisième législature, il accorde sa confiance à Guy Mollet (31 janvier 1956) et à Maurice Bourgès-Maunoury (12 juin 1957) ; il vote pour la ratification du traité de Rome (9 juillet 1957), accorde sa confiance à Félix Gaillard (5 novembre 1957), approuve le projet de loi relatif aux pouvoirs spéciaux en Algérie (12 novembre 1957). Il vote la confiance à Pierre Pflimlin (13 mai 1958), puis au général de Gaulle (1er juin 1958) ; il se prononce enfin pour la délégation des pleins pouvoirs à ce dernier, et pour la révision constitutionnelle (2 juin).

Candidat au renouvellement de son mandat lors des élections législatives des 23 et 30 novembre 1958, Émile Hugues n'est pas élu.

Il meurt à Paris le 10 février 1966.



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