Mohamed Lamine-Debaghine

1917 - 2003

Informations générales
  • Né le 24 janvier 1917 à Hussein-dey (Algérie)
  • Décédé le 29 janvier 2003 à Alger (Algérie)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 10 novembre 1946 au 4 juillet 1951
Département
Anciens départements d'Algérie
Groupe
Triomphe des libertés démocratiques en Algérie

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)



Né le 24 janvier 1917 à Hussein Dey (Algérie)
Décédé le 23 janvier 2003 à Alger (Algérie)

Député de Constantine de 1946 à 1951

Mohamed Lamine-Debaghine est né le 24 janvier 1917 à Hussein Dey (Algérie). Titulaire d'un doctorat de médecine soutenu à l'université d'Alger, il installe en 1944 son cabinet dans la région de Constantine.

Très vite cependant, Mohamed Lamine-Debaghine délaisse l'exercice de la médecine et s'oriente vers l'action politique : il conduit, lors des élections législatives du 10 novembre 1946, une « liste pour le triomphe des libertés démocratiques » dans la deuxième circonscription du deuxième collège du département de Constantine. La liste, qui porte de fortes revendications socialistes et nationalistes, recueille 37 939 voix sur 44 251 suffrages exprimés, dans un contexte électoral marqué par une très forte abstention (le taux de participation est tout juste supérieur à 20 %) ; Mohamed Lamine-Debaghine et ses deux colistiers, Messaoud Boukadoum et Jamel Derdour, remportent les trois sièges à pourvoir.

Mohamed Lamine-Debaghine est nommé membre de la Commission de l'intérieur, de la Commission du ravitaillement et de la Commission de la reconstruction et des dommages de guerre. Son activité parlementaire, pendant la législature, se limite à une intervention, le 20 août 1947, au cours de la discussion du projet de loi portant statut organique de l'Algérie. Mohamed Lamine-Debaghine y revendique avec force l'indépendance de l'Algérie : « ce serait une très grande erreur de croire (...) que le désir d'indépendance du peuple algérien provient uniquement du fait que la colonisation n'ait pas réussi au sens matériel du mot. Cela signifierait, par exemple, que si la colonisation s'était traduite, dans le domaine matériel, par une amélioration du standing de vie de la population musulmane, cela nous aurait peut-être amenés à concevoir de bonne grâce la perte de notre personnalité, de notre souveraineté et de notre culture. Il n'en est rien ». Mohamed Lamine-Debaghine dénonce la violation de souveraineté dont la France se serait rendue coupable : « ne l'oubliez pas, mesdames, messieurs, l'Algérie est une nation. Elle a été une nation, et elle a été souveraine. Seule l'agression de 1830 lui a fait perdre sa souveraineté ». Le député de Constantine conclut, au terme d'un long exposé historique qui provoque quelques remous dans l'hémicycle : « le peuple algérien nous a mandatés, nous élus nationalistes algériens, pour proclamer au peuple français et au monde entier que l'Algérie ne reconnaît pas l'état de fait créé par la conquête de 1830, que l'Algérie n'est pas française, qu'elle ne l'a jamais été et qu'elle ne reconnaît pas à la France le droit de lui donner un statut quel qu'il soit, et qu'au surplus, aucune solution ne peut être acceptée par le peuple algérien si elle n'implique pas au premier chef la garantie absolue d'un retour à la souveraineté nationale (...) C'est pourquoi nous réclamons l'élection d'une assemblée constituante algérienne, souveraine, élue au suffrage universel, sans distinction de race ni de religion. C'est la seule solution qui, en postulant un retour à la souveraineté nationale de son peuple, constitue, par là même, la solution juste et démocratique du problème algérien ».

Mohamed Lamine-Debaghine choisit de ne pas prendre part au vote de la plupart des grands textes soumis au Parlement au cours de la législature. Il ne sort de cette réserve qu'à une seule occasion, pour s'opposer au projet de loi tendant à la ratification du pacte de l'Atlantique (26 juillet 1949).

Le mandat parlementaire de Mohamed Lamine-Debaghine s'achève en juin 1951. Celui-ci joue par la suite un rôle de premier plan dans l'accession de l'Algérie à l'indépendance. Dirigeant, aux côtés de Messali Hadj, le Mouvement pour le Triomphe des libertés Démocratiques, il dispute en septembre 1958 la présidence du premier « Gouvernement Provisoire de la République Algérienne » à Ferhat Abbas. Mohamed Lamine-Debaghine échoue dans cette entreprise, mais son influence et son expérience lui valent d'être nommé « ministre des affaires étrangères » par Ferhat Abbas ; à ce poste stratégique, Mohamed Lamine-Debaghine s'emploie en particulier à renforcer les liens du FLN avec les autres Etats du Maghreb.



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