Emile, Joseph Basly

1854 - 1928

Informations générales
  • Né le 29 mars 1854 à Valenciennes (Nord - France)
  • Décédé le 11 février 1928 à Lens (Nord - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
IVe législature
Mandat
Du 4 octobre 1885 au 14 octobre 1889
Département
Pas-de-Calais
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
Ve législature
Mandat
Du 22 février 1891 au 14 octobre 1893
Département
Pas-de-Calais
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
VIe législature
Mandat
Du 20 août 1893 au 31 mai 1898
Département
Pas-de-Calais
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
VIIe législature
Mandat
Du 8 mai 1898 au 31 mai 1902
Département
Pas-de-Calais
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
VIIIe législature
Mandat
Du 27 avril 1902 au 31 mai 1906
Département
Pas-de-Calais
Groupe
Socialistes parlementaires
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
IXe législature
Mandat
Du 6 mai 1906 au 31 mai 1910
Département
Pas-de-Calais
Groupe
Socialistes unifiés
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
Xe législature
Mandat
Du 24 avril 1910 au 31 mai 1914
Département
Pas-de-Calais
Groupe
Parti socialiste
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIe législature
Mandat
Du 26 avril 1914 au 7 décembre 1919
Département
Pas-de-Calais
Groupe
Parti socialiste
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIIe législature
Mandat
Du 16 novembre 1919 au 31 mai 1924
Département
Pas-de-Calais
Groupe
Parti socialiste
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIIIe législature
Mandat
Du 11 mai 1924 au 11 février 1928
Département
Pas-de-Calais
Groupe
Parti socialiste

Biographies

Député depuis 1885, né à Valenciennes (Nord), le 29 mars 1854, il fut d'abord ouvrier mineur, et fut un des inspirateurs de la grève d'Anzin (1880) qui aboutit, trois ans après, au Syndicat des ouvriers mineurs, dont Basly devint le secrétaire général. Il fut délégué, cette même année, par les mineurs du Nord au congrès des mineurs à Saint-Étienne, soutint avec énergie leurs revendications, et, lors de la seconde grève d'Anzin (mars avril 1884), vint défendre à Paris, devant la Commission parlementaire nommée à cet effet, les griefs et les réclamations des grévistes.

Il parla dans plusieurs réunions publiques, et, en raison de la polémique soulevée dans la presse par l'ardeur de ses opinions socialistes, acquit bientôt une notoriété qui lui valut d'être porté, aux élections du 4 octobre 1885, sur la liste radicale du département de la Seine. Il ne fut élu qu'au second tour, le 18 octobre, le 37e sur 38, par 267 376 voix sur 416 886 votants et 564 338 inscrits.

À Denain, où il se présentait simultanément, il échouait avec 7 526 voix sur 291 457 votants. Il siège à l'extrême gauche et fait partie du groupe ouvrier socialiste.

Lors de la grève de Decazeville, M. Basly, dans une réunion publique traita de « justiciers » les assassins de l'ingénieur Watrin. À cette occasion, le bureau de la gauche du Sénat crut devoir faire une démarche auprès du gouvernement pour signaler le danger de semblables excitations. M. de Freycinet se déclara suffisamment armé par la loi, et lorsque l'interpellation de M. Basly sur cette grève vint en discussion, le 11 février 1886, la Chambre se déclara, par 287 voix contre 182, « confiante dans la sollicitude du gouvernement pour les intérêts des travailleurs et dans son énergie pour assurer la sécurité publique. » M. Basly se rendit alors à Decazeville, pour encourager la résistance des grévistes, au nom du groupe ouvrier de la Chambre, qui avait décidé d'avoir toujours un délégué auprès des mineurs. Le gouvernement, pour contenir ces excitations dans les limites de la loi, fit arrêter MM. Roche et Duc-Quercy, et obtint l'approbation de la Chambre, pour cette mesure, par 419 voix contre 92.

M. Demôle, ministre de la justice, ayant présenté, le 27 mai, le projet de loi d'expulsion des princes, M. Basly déposa immédiatement une proposition tendant à la confiscation des biens de la famille d'Orléans ; lors de la discussion (10 et 11 juin), il se rangea du côté de M. Barodet, qui combattait l'expulsion au nom de la liberté, et vota contre le projet. Le 18 octobre, il interpella, sans résultat, le gouvernement sur son attitude provocatrice, dans la grève de Vierzon. Lorsque le général Boulanger, à la séance du 4 juin 1888, demanda la révision de la constitution, M. Basly prit la parole contre la proposition, et, dans la discussion sur le travail des mineurs et des femmes dans les manufactures (juillet 1888), demanda en vain la limitation de la journée à huit heures de travail.

Dans la dernière session, M. Basly a voté :
- le 11 février 1889, contre le rétablissement du scrutin uninominal ;
- le 14 février, contre l'ajournement indéfini de la révision des lois constitutionnelles ;
- le 14 mars, contre la demande en autorisation de poursuites contre trois députés membres de la Ligue des patriotes ;
- le 2 avril, contre le projet de loi Lisbonne restrictif de la liberté de la presse.

Il s'est abstenu, le 4 avril, sur la demande en autorisation de poursuites contre le général Boulanger.


Né à Valenciennes le 29 mars 1854, mort à Lens le 11 février 1928.


Député de la Seine de 1885 à 1889.

Député du Pas-de-Calais de 1891 à 1928.

(Voir première partie de la biographie dans ROBERT ET COUGNY, Dictionnaire des Parlementaires, t. 1, p. 187 et 188.)

Aux élections générales du 22 septembre 1889, Emile Basly se présente à Paris dans le XIIIe arrondissement. Il est battu d'extrême justesse - 5.806 voix contre 5.774 - par le candidat boulangiste, le docteur Paulin-Méry. L'élection ayant été annulée, il tente de prendre sa revanche à l'élection partielle du 16 février 1890 mais échoue de nouveau.

Le 22 février 1891, une élection partielle a lieu dans la première circonscription de Béthune (Pas-de-Calais). Emile Basly est candidat et, cette fois, il l'emporte aisément, dès le premier tour de scrutin, obtenant 8.895 suffrages contre 5.477 à son concurrent le mieux placé, M. Wagon. Dès lors et jusqu'à sa mort, en 1928, c'est-à-dire pendant trente-sept années, les électeurs du Pas-de-Calais lui maintiendront leur confiance.

En 1891, donc, Basly, retrouve sa place au Parlement, sur les bancs de l'extrême gauche. Son premier geste consiste à déposer une proposition de loi tendant à limiter à huit heures la durée de la journée de travail dans les mines.

En 1891 et 1892, il développe des interpellations sur l'application de la loi relative aux délégués à la sécurité des mineurs, sur l'attitude du Gouvernement à l'égard des syndicats et sur les causes de plusieurs grèves de mineurs. En 1893 il prend une large part à la discussion de projets de loi sur la conciliation et l'arbitrage en matière de conflits du travail, et sur la responsabilité en matière d'accidents du travail.

Aux élections générales du 20 août 1893, il l'emporte au premier tour de scrutin d'une manière qu'on peut qualifier de triomphale puisqu'il obtient 14.614 des 17.232 suffrages exprimés. Disons tout de suite que Basly sera toujours réélu au premier tour de scrutin, obtenant 14.228 voix le 8 mai 1898, 15.225 le 27 avril 1902 - sur 17.880 votants - 12.330 le 6 mai 1906, 15.737 le 24 avril 1910, 9.051 le 26 avril 1914.

Tout au long de sa carrière, il multipliera interventions, interpellations et propositions de loi sur tous les sujets intéressant les mineurs :
- sur l'aide aux chômeurs (1893-1897), aux mineurs victimes de catastrophes (1897, 1900, 1903, 1904),
- sur les délégués à la sécurité (1894, 1896, 1897, 1898, 1899, 1906, 1912),
- sur les accidents du travail (1897, 1899, 1901, 1905, 1908, 1910),
- sur les caisses de secours et de retraite (1898, 1899, 1902, 1909, 1911, 1913),
- sur la fixation d'un salaire minimum dans les mines (1901, 1906).

Il reprit obstinément sa proposition de loi de 1891 sur l'institution de la journée de huit heures en 1900, en 1902, en 1905 et en 1906 et en obtint finalement l'adoption par 424 voix contre 102, le 5 juillet 1907, non toutefois sans qu'un amendement en ait limité l'application aux travailleurs du fond.

Son interpellation la plus remarquée eut lieu en 1906, après la grande catastrophe minière de Courrières ; Basly attaqua le Gouvernement avec la plus grande vigueur, et tout en se désolidarisant de ceux qu'il appelait des « agitateurs de profession », il s'en prit avec véhémence aux compagnies minières, réclamant la déchéance de celle de Courrières.

La guerre de 1914 nous amène à parler du rôle très important joué par Emile Basly à la mairie de Lens, où il s'installa en 1900 pour y demeurer jusqu'à sa mort.

Dès avant la Grande Guerre il s'était attaché, non sans succès, à transformer en cité moderne la vieille petite ville militaire. En 1914, Lens, qui sera dévastée puis détruite, est occupée, Basly y demeure, au milieu de ses concitoyens, assumant toutes les responsabilités même les plus périlleuses avec un courage qui lui vaudra, le 24 octobre 1918, une très élogieuse citation à l'ordre de la Nation. Il devait plus tard retracer dans un livre émouvant les souffrances des Lensois au long des années d'occupation. De retour à Paris en 1917, sa réapparition au Palais-Bourbon, le 18 septembre, est saluée par une ovation unanime.

Basly reprend donc sa place au Parlement. Aux élections générales du 16 novembre 1919, il est réélu avec toute la liste du parti socialiste, obtenant pour sa part 65.740 voix sur 125.137 votants. Il réclame une enquête sur les bénéfices réalisés par les compagnies minières pendant la guerre (1919, 1920), propose d'appliquer la peine de mort aux accapareurs et spéculateurs (1919). Il intervient dans la discussion des lois relatives aux pensions (1918) et à la réparation des dommages de guerre (1919). Il interpelle le Gouvernement à propos de l'aide accordée aux communes dévastées (1920).

Aux élections générales du 11 mai 1924, il enlève avec sa liste six sièges sur huit malgré la défection des groupes communistes.

Mais il consacre l'essentiel de son activité à la reconstruction de Lens. Là encore, il tient à prendre sa part des épreuves de ses concitoyens et vit dans une baraque, malgré sa santé très éprouvée.

« Lens blessée, mutilée, veut renaître, avait-il écrit ; Lens, morte, ressuscitera ». En effet, Emile Basly aura la joie d'inaugurer, dans une cité rajeunie et modernisée, de très nombreux édifices publics : Hôtel de ville, écoles, maison syndicale, Hôtel des postes, gare.

Il mourut à Lens, le 11 février 1928. Son éloge funèbre fut prononcé à la séance de la Chambre des Députés du 14 février, par le Président Fernand Bouisson. Il avait été fait chevalier de la Légion d'honneur le 14 septembre 1919.

Date de mise à jour : mai 2014


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