Albert Maton

1916 - 1997

Informations générales
  • Né le 3 janvier 1916 à Fréneuse (Seine-et-Oise - France)
  • Décédé le 23 septembre 1997 à Boussois (Nord - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 10 novembre 1946 au 4 juillet 1951
Département
Nord
Groupe
Communiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 17 juin 1951 au 1er décembre 1955
Département
Nord
Groupe
Communiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 2 janvier 1956 au 8 décembre 1958
Département
Nord
Groupe
Communiste
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
Ve législature
Mandat
Du 11 mars 1973 au 2 avril 1978
Département
Nord
Groupe
Communiste
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
VIe législature
Mandat
Du 19 mars 1978 au 22 mai 1981
Département
Nord
Groupe
Communiste

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)



Né le 3 janvier 1916 à Freneuse (Seine-et-Oise)
Décédé le 23 septembre 1997 à Boussois (Nord)

Député du Nord de 1946 à 1958

Albert Maton est né le 3 janvier 1916 à Freneuse, près de Mantes-la-Jolie. D'un milieu modeste, il entre à l'usine à douze ans, puis devient charpentier.

Membre des Jeunesses ouvrières chrétiennes (JOC), il rejoint très vite les rangs du Parti communiste. Activement engagé dans la Résistance (il recevra après la guerre la Croix du combattant volontaire de la Résistance), Albert Maton devient en octobre 1944 vice-président de la délégation spéciale de Maubeuge, chargée d'administrer la ville jusqu'à l'organisation d'élections libres. Élu en septembre 1945 conseiller général du canton de Maubeuge-Sud, il se présente le 2 juin 1946 aux élections pour la seconde Assemblée constituante, en quatrième position sur la liste communiste conduite par Henri Martel dans la 3e circonscription du Nord. La liste enregistre un très bon résultat (153 590 voix sur 439 159 suffrages exprimés), et emporte trois des neuf sièges à pourvoir ; ce score est toutefois insuffisant pour assurer l'élection d'Albert Maton. Dans ce bastion historique de la gauche, la SFIO emporte elle aussi trois sièges, le MRP deux, et l'« Union des Républicains du Nord » du gaulliste Robert Nisse, un.

Le second projet de Constitution est voté par l'Assemblée le 28 septembre 1946, et ratifié par référendum le 13 octobre. Albert Maton figure de nouveau en quatrième position sur la liste communiste lors des élections législatives du 10 novembre. Le sort des urnes lui est cette fois favorable, pour plusieurs raisons : dix sièges sont à pourvoir, contre neuf lors du précédent scrutin ; le Parti communiste consolide ses positions, avec 160 074 voix sur 435 161 suffrages exprimés ; la liste conduite par Henri Martel bénéficie enfin de l'affaiblissement de la SFIO et du MRP, fragilisés par le succès rencontré par la liste de Robert Nisse (deux élus).

Albert Maton est nommé membre de la Commission de la marine marchande et des pêches, de la Commission de la production industrielle et de la Commission du suffrage universel, des règlements et des pétitions ; il est par ailleurs nommé juré à la Haute cour de justice. Le député du Nord n'est l'auteur que d'un faible nombre de textes, mais il intervient à plusieurs reprises à la tribune de l'Assemblée, en général à l'occasion des grands débats budgétaires. Il intervient notamment, le 17 juillet 1948, au cours de la discussion de deux projets de résolution relatifs aux dépenses de l'Assemblée nationale, pour s'opposer au projet gouvernemental de relèvement de l'indemnité parlementaire : ce projet « vient à un moment où la condition des petites gens, des travailleurs, est de plus en plus misérable, au moment où le Gouvernement, non seulement se refuse à reconnaître le bien-fondé des revendications formulées par le monde du travail, mais encore tente de réprimer les mouvements revendicatifs. Cette augmentation, si elle était acceptée, ne manquerait pas de provoquer dans le pays un sentiment d'indignation, voire même de colère », fait-il valoir.

Au cours de la législature, Albert Maton consolide son ancrage électoral dans le département du Nord : régulièrement réélu (sauf de 1949 à 1955) conseiller général du canton de Maubeuge-Sud, il devient, à partir de 1947, conseiller municipal de Maubeuge ; il conservera ce mandat jusqu'à la fin de la IVe République. Candidat au renouvellement de son mandat aux élections législatives du 17 juin 1951, il figure cette fois en troisième position sur la liste conduite par Henri Martel, ayant permuté avec le député sortant Emilienne Galicier. La liste obtient de nouveau quatre élus, avec 163 809 voix sur 440 256 suffrages exprimés. Le scrutin est marqué par la poursuite du processus de fragilisation du MRP, de nouveau victime du bon score réalisé par la liste gaulliste de Robert Nisse.

Albert Maton retrouve la Commission du suffrage universel, des lois constitutionnelles, des règlements et des pétitions ; il est par ailleurs nommé membre de la Commission des affaires économiques et de la Commission de la justice et de la législation. Son activité parlementaire, au cours de cette législature, se fait plus intense. Il intervient notamment à plusieurs reprises, au cours de l'année 1953, lors des discussions sur l'amnistie des fonctionnaires et des élus compromis dans la collaboration, pour déplorer l'indulgence excessive dont ceux-ci bénéficient, selon lui, de la part du gouvernement. Albert Maton est aussi l'un des principaux orateurs du groupe communiste au cours de la discussion, en mars 1953, du projet de loi relatif au contentieux administratif, réformant le Conseil d'Etat et instituant la juridiction des tribunaux administratifs.

La dissolution de l'Assemblée nationale par Edgar Faure, le 2 décembre 1955, conduit Albert Maton à solliciter une nouvelle fois, lors des élections législatives anticipées du 2 janvier 1956, les suffrages de ses concitoyens. De nouveau placé en troisième position sur la liste de Henri Martel, il bénéficie de la stabilité des positions du Parti communiste dans le Nord, puisque celui-ci recueille, dans un scrutin marqué par une baisse sensible de la participation, 181 593 voix sur 485 909 suffrages exprimés.

Albert Maton choisit de siéger de nouveau au sein de la Commission de la justice et de la législation et de la Commission du suffrage universel, des lois constitutionnelles, des règlements et des pétitions ; il est par ailleurs nommé membre de la Commission de l'agriculture. Son activité parlementaire, éclectique, témoigne d'un intérêt pour les questions liées au logement social (il est notamment l'auteur, le 20 mars 1957, d'une proposition de loi « tendant à instituer des mesures exceptionnelles permettant la réquisition effective des locaux vacants ou insuffisamment occupés »), à la justice pénale (il intervient le 26 juin 1957 à la tribune de l'Assemblée, au cours de la discussion du projet de loi portant institution d'un code de procédure pénale, pour dénoncer le caractère injuste du cautionnement préalable à la mise en liberté provisoire, lequel n'assure pas, selon lui, l'égalité de tous devant la loi) et à la circulation routière (il prend la parole à de nombreuses reprises, en janvier 1958, pour amender le projet de loi relatif à la police de la circulation routière).

Au cours de cette législature comme au cours des précédentes, Albert Maton se conforme, à l'occasion des grands votes au Parlement, aux positions arrêtées par son parti. Opposé au retour au pouvoir du général de Gaulle, il est battu aux élections de novembre 1958. Il lui faudra dix ans pour retrouver les bancs de l'Assemblée nationale.



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