Max Montagne

1920 - 1980

Informations générales
  • Né le 7 février 1920 à Beauvais (Oise - France)
  • Décédé le 19 mars 1980 à Ney (Jura - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 30 novembre 1958 au 9 octobre 1962
Département
Jura
Groupe
Union pour la nouvelle République

Biographies

Biographie de la Ve République

MONTAGNE (Max, Pierre)
Né le 7 février 1920 à Beauvais (Oise)
Décédé le 19 mars 1980 à Ney (Jura)

Député du Jura de 1958 à 1962

Max Montagne naît à Beauvais, peu après la première guerre mondiale. Il obtient son baccalauréat à la fin des années 1930 et entame ensuite de brillantes études de médecine. Interne des hôpitaux de la Seine, il s’oriente vers la chirurgie et travaille comme assistant à l’Institut du cancer, à Paris, après avoir soutenu son doctorat. Il s’installe dans le Jura en 1948 et y officie comme chirurgien de l’hôpital et de la clinique de Champagnole. Il n’est pas certain qu’il ait appartenu au RPF à cette époque mais dès les lendemains du 13 mai 1958, il fait imprimer des affiches appelant au retour au pouvoir du général de Gaulle et se réjouit que l’ancien chef de la France Libre reçoive l’investiture de l’Assemblée nationale le 1er juin. Il adhère à la Convention républicaine, que forment en juillet 1958 d’anciens résistants, Français libres ou membres du RPF, ainsi qu’un certain nombre d’« hommes neufs ».
Lorsque l’Union pour la Nouvelle République est créée, le 1er octobre 1958, Max Montagne en prend la présidence du Comité départemental dans le Jura. Marcel Ploux, ancien délégué départemental et candidat du RPF aux sénatoriales de 1948 et aux législatives du 17 juin 1951, renonce à se porter candidat dans la 2ème circonscription du Jura pour les élections législatives de novembre 1958. C’est donc Max Montagne qui y reçoit l’investiture de l’UNR. Il choisit pour suppléant Henri Midol-Monnet, un assureur implanté à Salins-les-Bains, ancien membre du RPF et secrétaire départemental des Républicains sociaux. Leur profession de foi électorale se caractérise par sa sévérité à l’égard de la IVème République. Jugeant que ce régime n’était qu’une « caricature » de démocratie qui assurait en réalité « le règne des parlementaires professionnels », Max Montagne en appelle à une « vague purificatrice » afin de conduire des « hommes de bonne volonté » aux responsabilités, derrière le général de Gaulle. Il manie la métaphore pour dénoncer la tentative de certains élus de la IVème République pour se présenter en défenseurs des nouvelles institutions : « Le vin nouveau de nos coteaux jurassiens ne mérite pas une outre nauséabonde. Les caméléons ne supportent pas les coups de soleil et depuis le 28 septembre l’éclatante lumière du référendum les pousse sous leur rocher ». Ce discours semble viser le président du Conseil général Edgar Faure, candidat dans la 1ère circonscription, mais aussi Charles Laurent-Thouverey, sénateur-maire de Dole et principal adversaire de Max Montagne. Ces deux personnalités sont issues du Parti radical, qu’elles ont quitté à la fin de la IVème République. En novembre 1958, l’affrontement s’annonce particulièrement incertain dans cette 2ème circonscription du Jura où se présentent également le député sortant communiste André Barthélémy, l’ancien député socialiste Jean Courtois, et deux conseillers généraux modérés. C’est Charles Laurent-Thouverey qui arrive en tête du premier tour avec 25,2% des suffrages exprimés, devant l’UNR Max Montagne (19,4%) et le candidat du PCF (15,9%). Le chirurgien des hôpitaux de Champagnole l’emporte dans cinq des seize cantons de la circonscription. Il obtient son meilleur résultat dans le canton d’Arbois (30,6%) où est implanté l’ancien responsable RPF Marcel Ploux. Les candidats du MRP et du CNI se désistent en faveur de Max Montagne avant le second tour, permettant son élection, le 30 novembre 1958. A cette date, 48,9% des électeurs lui accordent en effet leur confiance dans le cadre d’une triangulaire.
Il s’inscrit au groupe de l’UNR et siège d’abord à la Commission des affaires culturelles, familiales et sociales de l’Assemblée nationale. En octobre 1959, le député du Jura rejoint la Commission de la Défense nationale et des forces armées, à laquelle il appartient jusqu’à l’automne 1962. Membre de la Haute cour de justice, il en prend la vice-présidence le 18 novembre 1959. Max Montagne ne dépose pas de projet de loi et n’intervient pas dans l’hémicycle sous la première législature de la Vème République. Il soutient avec constance la politique menée par l’exécutif entre 1958 et 1962 : il approuve le programme du gouvernement Debré (16 janvier 1959) comme la déclaration de politique générale du même Premier ministre (15 octobre 1959). Il vote la loi qui réforme le financement de l’enseignement privé (23 décembre 1959), accorde les pouvoirs spéciaux au Gouvernement pour ramener l’ordre en Algérie après la Semaine des barricades (2 février 1960) et soutient le programme du gouvernement de Georges Pompidou (27 avril 1962). Il autorise la levée de l’immunité parlementaire de Georges Bidault (5 juillet 1962) et ne s’associe pas à la motion de censure du 4 octobre 1962.
Le député du Jura sollicite le renouvellement de son mandat à l’occasion des législatives de novembre 1962. Il a renforcé son implantation locale en étant élu maire de Syam. Cette commune, située au sud de Champagnole, compte alors un peu plus de 300 habitants. Investi par l’UNR, le sortant est contesté par trois autres candidats : le modéré Pierre Grosperrin, l’ancien député communiste André Barthélémy et le jeune centriste Jacques Duhamel, ancien élève de l’ENA, maître des requêtes au Conseil d’Etat et collaborateur d’Edgar Faure sous la IVème République. Le premier tour de scrutin voit une très grande dispersion des suffrages, chacun des quatre candidats obtenant 22% ou plus des suffrages exprimés. Le mieux placé est alors Max Montagne avec 29,5% des voix. Au second tour, la hausse de la participation et le report de la quasi-totalité des voix communistes sur le candidat centriste d’opposition provoquent la défaite du sortant. Jacques Duhamel lui succède en effet comme député de la 2e circonscription grâce au soutien de 52,5% des électeurs.
Max Montagne reste maire de Syam jusqu’en 1965, mais n’est pas candidat aux élections législatives de mars 1967 contre Jacques Duhamel. Le centriste a en effet réussi son « parachutage » dans le Jura, au point que le journaliste Pierre Viansson-Ponté écrit de lui : il « a conquis le Jura, mais le Jura l’a à son tour conquis ». En mars 1967, c’est l’avocat Pierre Grosperrin qui porte les couleurs de la majorité dans la deuxième circonscription du Jura, et y est battu par Jacques Duhamel.
Après les événements de mai 1968 et la dissolution de l’Assemblée nationale, de nouvelles élections législatives sont organisées les 23 et 30 juin 1968. Le jeune Robert Grossmann, président-fondateur de l’Union des jeunes pour le progrès (UJP) est investi par l’UNR. Cet espoir du gaullisme a été élu conseiller général du Bas-Rhin l’année précédente et ne peut guère exciper d’une implantation dans la 2ème circonscription du Jura. L’ancien député Max Montagne accepte alors de soutenir sa candidature en qualité de suppléant. La vague gaulliste de l’été 1968 n’emporte pas le sortant Jacques Duhamel qui, avec 48,5% des suffrages exprimés, manque d’être élu dès le premier tour. Robert Grossmann et Max Montagne rassemblent cependant 28,3% des voix sur leur nom. Ils se retirent après le premier tour, autorisant une large victoire de Jacques Duhamel (77,9%) sur le communiste Maurice Faivre-Picon.
Max Montagne se consacre alors à ses activités professionnelles. Il meurt en mars 1980, à l’âge de 60 ans.



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