André, Rémy Moynet

1921 - 1993

Informations générales
  • Né le 19 juillet 1921 à Saint-mandé (Seine-St-Denis - France)
  • Décédé le 2 mai 1993 à Nice (Alpes-Maritimes - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 10 novembre 1946 au 4 juillet 1951
Département
Saône-et-Loire
Groupe
Républicains indépendants
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 17 juin 1951 au 1er décembre 1955
Département
Saône-et-Loire
Groupe
Républicains indépendants
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 2 janvier 1956 au 8 décembre 1958
Département
Saône-et-Loire
Groupe
Indépendants et paysans d'action sociale
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 30 novembre 1958 au 9 octobre 1962
Département
Saône-et-Loire
Groupe
Indépendants et paysans d'action sociale
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 25 novembre 1962 au 2 avril 1967
Département
Saône-et-Loire
Groupe
Républicains indépendants

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)



Né le 19 juillet 1921 à Saint-Mandé (Seine)
Décédé le 2 mai 1993 à Nice (Alpes-Maritimes)

Député de Saône-et-Loire de 1946 à 1958
Secrétaire d'Etat à la présidence du Conseil, chargé de l'action en faveur de la jeunesse, du 12 novembre 1954 au 23 février 1955

Né d'un père gérant de société à Paris, au début des années 1920, André Moynet s'intéresse très jeune à l'aviation ; avant même l'obtention de son baccalauréat, qu'il prépare au lycée Voltaire, il passe son brevet de pilote de planeur à l'âge de dix-sept ans.

Ceci explique qu'un an plus tard, le 2 septembre 1939, il s'engage comme volontaire dans l'armée de l'air ; en février 1940, il est breveté pilote militaire. Lorsque la défaite semble inéluctable, il rejoint Londres, dès le 16 juin, pour continuer le combat, et ne retrouve la France qu'à la Libération, après une épopée héroïque de cinq années de combat au sein des Forces Aériennes Françaises Libres.

Il participe d'abord à la campagne d'Angleterre au sein du groupe de chasse aérienne « Alsace », puis aux campagnes du Cameroun, du Tchad et du Gabon ; il est fait chevalier de la Légion d'honneur à 20 ans. En 1942, il est affecté au groupe de chasse n° 2 « Ile-de-France », et prend part aux premières campagnes offensives telles que l'opération de Dieppe, abattant six avions ennemis. Volontaire en 1943 pour faire partie d'une escadrille aérienne du régiment « Normandie - Niémen », où il est capitaine, il abat encore six avions sur le front russe (toutes ces victoires sont homologuées).

De retour en France à la fin des hostilités, André Moynet est fait Compagnon de la Libération le 17 novembre 1945, et officier de la Légion d'honneur (il sera fait commandeur en 1948, à l'âge vingt-sept ans). Egalement décoré de la Croix de Guerre 1939 -1945 (dix citations), et de deux décorations soviétiques, il est nommé Commandant de l'école de chasse de Toulouse, puis Commandant de l'Ecole des moniteurs de chasse à Tours. Jeune marié, il voit naître une première une fille en 1945.

André Moynet quitte l'armée de l'air l'année suivante, prenant sa retraite avec le grade de colonel, et sa carrière prend deux directions nouvelles.

D'une part, il effectue le stage des pilotes d'essai, dont il réussit le concours, et il est désigné chef pilote d'essais au centre de Brétigny. De ce fait, il participe à la mise au point, tant au bureau d'études qu'au cours des tests en vol, de nombreux prototypes militaires et civils tels que le Hurel-Dubois, le Super-Broussard, le Bréguet deux ponts, et surtout la Caravelle, dont il est copilote lors des essais en mai 1955 (moment où naît sa seconde fille). Ingénieur, il s'intéresse aussi à la construction motonautique, mettant au point plusieurs vedettes de mer, et à la construction automobile. En effet, non content de ses exploits de pilote d'avion, il est également pilote automobile, participant à plusieurs courses célèbres, comme les 12 heures de Sebring aux Etats-Unis ; en 1953, il remporte les 24 heures du Mans dans la catégorie 500 à 750 centimètres cube, aux côtés de René Bonnet, sur une Panhard.

Mais André Moynet ne s'en tient pas à cette activité professionnelle, aussi grisante soit-elle ; il entame aussi, en 1946, une carrière politique qui va le conduire à occuper des fonctions importantes au Parlement et dans l'exécutif sous les Quatrième et Cinquième Républiques.

C'est comme second sur la liste du cartel républicain indépendant et gaulliste qu'André Moynet se présente aux suffrages de ses concitoyens de Saône-et-Loire le 10 novembre 1946. Cette liste, conduite par Patrice Bougrain, remporte 64 450 des 237 050 suffrages exprimés (27,1 %), et obtient deux mandats sur les sept à pourvoir.

Une fois son élection validée, André Moynet est nommé membre de nombreuses commissions : celle des moyens de communication, celle de la défense nationale, celle des affaires économiques, celle du travail et de la sécurité sociale, celle de la production industrielle, et celle des pensions. Il est aussi désigné pour exercer les fonctions de juré à la Haute Cour de justice, et désigné secrétaire d'âge de l'Assemblée - il n'a, en cette année 1946, que vingt-cinq ans.

Inventif et tourné vers l'innovation, il dépose le 6 février 1947 une proposition de résolution originale tendant à inviter le Gouvernement à économiser les moyens appauvris des transports en aménageant et utilisant pour le transport du vin les pipe-lines installés par l'armée américaine ! Plus sérieusement, en novembre de cette même année 1947, il invite le gouvernement à sauvegarder le marché de l'eau-de-vie de fruits, et le 8 décembre 1949, dépose une proposition de résolution visant à accorder aux viticulteurs un abattement de 5 % sur les impôts sur les bénéfices agricoles.

Il prend part, à la tribune de l'Assemblée, à plusieurs débats et discussions de projets de loi. Ainsi, le 24 mai 1949, il stigmatise la fiscalité excessive et l'écrasement de la route au profit du rail, énumérant pour ce secteur les avantages de la liberté économique. Il intervient également dans trois débats sur l'aviation, aussi bien civile et commerciale que militaire. Le 16 février 1951, il présente à ses collègues ses observations sur le développement d'Air France et les nouveaux modèles d'avion utilisés par la Compagnie, et souligne l'insuffisance du réseau aérien français, l'insécurité du trafic, et les mesures qu'il conviendrait de prendre.

Elu en 1946 sur une liste « gaulliste », André Moynet ne rejoint cependant pas le RPF à sa création en avril 1947, et se rapproche des Indépendants - paysans, devenant secrétaire de leur groupe parlementaire. Cette évolution se lit dans ses votes : il accorde sa confiance à Paul Ramadier le 4 mai 1947, le jour où le Président du Conseil se sépare de ses ministres communistes, et vote contre le projet de loi sur le statut de l'Algérie (27 août 1947). Il s'abstient volontairement lors du vote de ratification de la convention de coopération économique organisant l'aide du plan Marshall à la France (7 juillet 1948), mais approuve la constitution du Conseil de l'Europe le 9 juillet 1949. Il ratifie le Pacte de l'Atlantique quelques jours plus tard, et vote enfin pour le système des apparentements qui, le 7 mai 1951, modifie les règles électorales en faveur des partis de la troisième force, dans le but de faire barrage tant aux communistes qu'au mouvement lancé par le Général de Gaulle.

Cette loi ne parvient cependant pas à bouleverser la donne en Saône et-Loire le 17 juin 1951 : l'apparentement conclu par André Moynet, qui prend cette fois la tête de la liste des Indépendants paysans, avec les listes SFIO, radicale-socialiste et MRP, n'atteint pas la majorité des suffrages exprimés. Tandis que les communistes conservent leurs deux sièges et que les gaullistes en conquièrent un, les listes de la Troisième force, chacune créditée d'environ 10 % des voix, n'en obtiennent chacune qu'un seul, André Moynet recueillant 28 490 des 233 867 suffrages exprimés.

De retour au Palais-Bourbon, ce dernier devient vice-président de la Commission de la production industrielle. Il retrouve également la Commission des moyens de communication et du tourisme, qui le nomme pour faire partie de la Commission de coordination chargée des questions relatives à la communauté européenne du charbon et de l'acier. Le 8 janvier 1952, il est à nouveau désigné comme secrétaire d'âge.

Très occupé par ses activités professionnelles, André Moynet ne se désintéresse pas pour autant de ses responsabilités de parlementaire. Il dépose plusieurs rapports et propositions de résolution intéressant l'aviation, ainsi sur l'aide de l'Etat aux pilotes d'avion ou de planeur battant un record du monde, ou encore sur le régime juridique, administratif et financier des aérodromes ouverts à la circulation aérienne publique. Il dépose deux rapports soulignant l'intérêt de la codification des textes législatifs sur l'aviation civile et commerciale. Il défend également ses administrés, déposant le 20 novembre 1951 une proposition de résolution tendant à inviter le Gouvernement à voter des crédits nécessaires pour que soient indemnisées de leurs dommages les victimes des inondations du 18 novembre dans le département de la Saône-et-Loire.

André Moynet est rapporteur pour avis du budget de l'aviation civile et commerciale en 1952 et 1953 ; il intervient aussi à de nombreuses reprises lors de la discussion du projet de loi portant statut du personnel navigant professionnel de l'aéronautique civile, déposant six amendements importants et commentant ceux déposés par d'autres députés.

Comme signe d'ouverture politique et de jeunesse de son cabinet, Pierre Mendès France, lors du remaniement de novembre 1954, invite André Moynet à le rejoindre, en tant que secrétaire d'Etat à la présidence du Conseil, chargé spécifiquement de l'action en faveur de la jeunesse. Il exerce ses fonctions du 12 novembre 1954 au 23 février 1955.

En tant que député, André Moynet vote en faveur de la loi Barangé - Marie sur l'école privée, qui divise la Troisième force d'entrée de jeu, le 21 septembre 1951. Il s'abstient volontairement lors du vote sur la communauté européenne du charbon et de l'acier (13 décembre 1951), accorde son investiture à Antoine Pinay (6 mars 1952), à Joseph Laniel (26 juin 1953) et à Pierre Mendès-France (17 juin 1954). Il se prononce pour la question préalable opposée par Edouard Herriot et le Général Aumeran à la discussion de la ratification de la CED (Communauté européenne de défense) le 30 août 1954, vote équivalent au rejet du traité. Le 12 octobre 1954, André Moynet s'abstient lors du vote sur les accords de Londres qui mettent un terme à l'occupation de l'Allemagne, mais il approuve les accords de Paris le 29 décembre, qui permettent le réarmement de la RFA et son entrée dans l'OTAN. Il accorde sa confiance à Edgar Faure en 23 février 1955, et le soutient encore lors de la chute de son cabinet, le 29 novembre 1955.

Aux élections du 2 janvier 1956, en Saône-et-Loire, le parti communiste, dont le score se tasse, conquiert pourtant un troisième siège aux dépens du MRP qui recule de 9 à 6 % ; le député gaulliste est remplacé par un poujadiste, et André Moynet, toujours à la tête d'une liste d'Union des Indépendants et paysans, est réélu avec un score en baisse, à 11,1 %.

Il retrouve, à l'Assemblée nationale, trois Commissions qu'il connaît bien : celle de la production industrielle et de l'énergie, celle des moyens de communication et du tourisme, et celle de la défense nationale. Son action de parlementaire, au cours de cette législature, est entièrement tournée vers le secteur aéronautique ; d'ailleurs, comme d'autres députés l'ont fait avant lui, il demande le rétablissement de la Commission de l'aéronautique à l'Assemblée nationale. Le 23 mars 1958, il invite le Gouvernement à déposer dans des délais brefs un projet de loi définissant un programme quinquennal de constructions aéronautiques civiles et militaires et fixant les modalités de son financement.

Il intervient une seule fois à la tribune, lors de la discussion de la loi budgétaire de 1958, au sujet des crédits de l'armée de l'air. Soulignant l'insuffisance et l'inadaptation du matériel aérien français en Algérie, de même que l'importance de la construction aéronautique dans un Etat moderne, il regrette l'insuffisance des crédits accordés à ce secteur, insuffisance masquée par les brillantes réalisations françaises en matière de prototypes. Il insiste sur le rôle des avions dans l'indépendance nationale, prenant l'exemple du Mirage III comme véhicule d'une future bombe atomique française (28 février 1958).

André Moynet s'abstient volontairement lors du vote d'investiture de Guy Mollet (31 janvier 1956), et à nouveau lors du vote sur le cabinet proposé par M. Bourgès-Maunoury (12 juin 1957). Il vote pour la ratification des traités instituant la Communauté économique européenne et la communauté européenne de l'énergie atomique (CEE et Euratom, 9 juillet 1957) ; il accorde au gouvernement les pouvoirs spéciaux en Algérie le 12 novembre 1957. Lors de la crise qui emporte la Quatrième République, il s'oppose à l'investiture de Pierre Pflimlin (13 mai 1958), de même qu'à la révision de la Constitution (27 mai 1958), mais accorde la confiance au Général de Gaulle le 1er juin ; le lendemain, il lui accorde également les pleins pouvoirs et la révision constitutionnelle.



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