Jean Narquin

1922 - 2003

Informations générales
  • Né le 1er avril 1922 à Champvert (Nièvre - France)
  • Décédé le 11 juin 2003 à Angers (Maine-et-Loire - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IVe législature
Mandat
Du 11 juillet 1968 au 1er avril 1973
Département
Maine-et-Loire
Groupe
Union des démocrates pour la République
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
Ve législature
Mandat
Du 2 avril 1973 au 2 avril 1978
Département
Maine-et-Loire
Groupe
Union des démocrates pour la République
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
VIe législature
Mandat
Du 3 avril 1978 au 22 mai 1981
Département
Maine-et-Loire
Groupe
Rassemblement pour la République
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
VIIe législature
Mandat
Du 2 juillet 1981 au 1er avril 1986
Département
Maine-et-Loire
Groupe
Rassemblement pour la République
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
VIIIe législature
Mandat
Du 2 avril 1986 au 14 mai 1988
Département
Maine-et-Loire
Groupe
Rassemblement pour la République

Biographies

Biographie de la Ve République

NARQUIN (Jean)
Né le 1er avril 1922 à Champvert (Nièvre)
Décédé le 11 juin 2003 à Angers (Maine-et-Loire)

Député du Maine-et-Loire de 1968 à 1988

Jean Narquin naît le 1er avril 1922 à Champvert, petite commune rurale de la Nièvre, dans une famille d’agriculteurs. Il fait ses études secondaires au lycée de Nevers. Résistant dans les Francs-tireurs et Partisans du Morvan, il suit à la fin de la guerre des études à l’École d’odontologie de Paris dont il sort major en 1947. Après un passage dans le Cher, il s’installe à Angers en 1956 comme chirurgien-dentiste. Il s’engage très tôt en politique en rejoignant le RPF, dès 1948, et en restant fidèle au général de Gaulle lors de la « traversée du désert ». Figure gaulliste du Maine-et-Loire, il devient premier secrétaire général de la fédération départementale de l’Union pour la nouvelle République (UNR) à sa création à l’automne 1958. Suppléant du candidat gaulliste René La Combe élu député de la 6ème circonscription de Maine-et-Loire en novembre 1958, Jean Narquin entre au conseil municipal d’Angers lors des élections de 1959 qui voient l’avocat gaulliste Jacques Millot l’emporter à la mairie. Cette forte implantation locale lui vaut d’intégrer dès novembre 1959 le comité central de l’UNR. Il y est réélu en novembre 1963 et siège au bureau exécutif à partir de juillet 1967.

C’est sous l’étiquette gaulliste Union des démocrates pour la République (UDR) qu’il se présente aux législatives anticipées de juin 1968 dans la 1ère circonscription du Maine-et-Loire (Angers Nord-Est). Georges Pompidou, désireux de faire battre le député sortant, le gaulliste de gauche Edgard Pisani qui avait appelé à voter la motion de censure à l’Assemblée en pleine bourrasque de mai, est intervenu pour proposer à Jean Narquin la circonscription. Comme le notait l’intéressé dans un livre de souvenir intitulé Cuisine politique à l’angevine : « Il m’a appelé pour m’annoncer : vous êtes candidat… » Jean Narquin, dont le suppléant est Jacques Peuch médecin et maire de Châteauneuf-sur-Sarthe, est élu au second tour le 30 juin 1968, avec 18 232 voix (52,7 % des suffrages exprimés) contre 10 574 voix à son principal adversaire Prosper David, du Centre Progrès et démocratie moderne (PDM). Il s’inscrit au groupe de l’UDR et rejoint la commission des affaires culturelles, familiales et sociales. Passionné par la question du travail des femmes, le député gaulliste du Maine-et-Loire prend part dans ce domaine à la discussion des projets de loi de finances pour 1970, 1971, 1972 et 1973. Acquis à une « politique nataliste et familiale », il souhaite l’amélioration de la formation professionnelle des femmes, la mise en place d’un pourcentage de temps partiel dans l’administration publique, la définition d’une « politique de la femme active ». À ceux qui lui reprochent de tenir ses permanences dans les bistrots, il répond souvent : « Mais ce sont des endroits où l’on entend des choses, mon premier discours fut consacré au mi-temps pour les femmes, c’est en Anjou que j’avais perçu que c’était important ». Élu de l’Ouest, il s’inquiète aussi lors de la discussion du projet de loi portant approbation du VIème Plan de développement économique et social, du problème croissant de l’emploi dans ces régions atlantiques. Il demande que la priorité soit donnée localement à l’industrialisation (juin 1971). Il appelle l’attention de l’Assemblée nationale sur le manque d’infirmières en France et les problèmes posés par leur recrutement et leur carrière. Sur le plan militant, Jean Narquin, qui se définit comme un gaulliste social attaché à la personne du Général vit difficilement le départ de ce dernier, après sa défaite au référendum du 27 avril 1969. En octobre 1969, il rejoint l’amicale parlementaire « Présence et action du gaullisme » qui entend rassembler à l’Assemblée nationale le carré des fidèles, dans une logique vigilante voire critique, tout au moins à sa création, envers le nouveau président Georges Pompidou nouvellement élu. Il prend en juin 1970 la présidence régionale de l’UDR pour les Pays-de-la-Loire. Il siège également au comité directeur national du mouvement des élus locaux.

Toujours secrétaire de la fédération UDR du Maine-et-Loire aux législatives de mars 1973, il est candidat à sa réélection sous l’étiquette URP. Il l’emporte facilement au second tour en rassemblant 56,3 % des suffrages exprimés face au socialiste Jean Monnier. Son suppléant est de nouveau Jacques Peuch. Jean Narquin s’inscrit au groupe UDR et retrouve la commission des affaires culturelles, familiales et sociales. Ses centres d’intérêt sont identiques à ceux de la législature précédente. Il déplore ainsi lors de la discussion des projets de loi de finances pour 1974 et 1977 la situation du personnel infirmier (déficit des effectifs, niveau insuffisant des salaires, conditions de travail et horaires pénibles). Passionné par les questions d’aménagement du territoire, d’équipement et d’urbanisme, il appelle de ses vœux de nouveaux schémas d’aménagement et d’urbanisme pour lutter contre le dépérissement du secteur rural, la crise des villes moyennes et les conflits d’intérêt entre les populations citadine et rurale dans son département (novembre 1973 et novembre 1974). Il suit de près le problème du logement et déplore régulièrement la mauvaise qualité des constructions ; il faut selon lui privilégier les petites entreprises du bâtiment au détriment des grandes sociétés de construction qui abusent de la confiance des familles par des publicités mensongères (octobre 1976). Jean Narquin intègre par ailleurs le conseil régional des Pays-de-la-Loire en novembre 1973. Il dépose à l’Assemblée, en juillet 1974, une proposition de loi tendant à modifier l’article 4 de la loi du 5 juillet 1972 sur les régions afin de confier au conseil régional la détermination du champ d’application géographique des aides de l’État au développement régional.

Président du conseil régional des Pays-de-la-Loire à partir de juin 1977, Jean Narquin est réélu député de sa circonscription sous l’étiquette du Rassemblement pour la République (RPR) lors des législatives de mars 1978. Il améliore encore son résultat de 1973 en rassemblant 57,12 % des suffrages exprimés au second tour face au socialiste Jean Rousseau. Sa suppléante est l’infirmière Eliane Peter. Il s’inscrit au groupe RPR et siège de nouveau dans la commission des affaires culturelles, familiales et sociales. Il rapporte plusieurs propositions de loi de Robert-André Vivien, Roger Chinaud et Fernand Icart tendant à assurer la continuité du service public à EDF par l’instauration d’un service minimum prioritaire, en octobre 1980. Lors de la discussion du projet de loi de finances pour 1979, il revient sur les problèmes de l’aménagement de l’Ouest et de son insuffisant désenclavement. Le faible potentiel industriel de la région associé à une forte poussée démographique provoquant une poussée du chômage, les pouvoirs publics doivent selon lui y remédier en axant régionalement le plan vers le développement du secteur tertiaire industriel. À l’Assemblée, ce gaulliste historique, proche de Jacques Chirac dont il partage de nombreux combats notamment l’opposition à la peine de mort, use d’un verbe acéré et d’un humour solide. Âpre dans les combats politiques, il est tout à la fois craint et apprécié par ses adversaires.

Jean Narquin est reconduit au Palais-Bourbon lors des législatives de 1981. Alors même que la gauche bénéficie d’une dynamique favorable après la présidentielle remportée par François Mitterrand, le député d’Angers est élu dès le premier tour, le 14 juin, avec 52,6 % des suffrages exprimés face à une gauche divisée ; son premier adversaire, le secrétaire fédéral du PS Marcel Jollivet se contente de 38 % des voix. Son élection est contestée, le 2 juillet 1981, mais le Conseil constitutionnel rejette la requête le 9 septembre 1981. Il reste inscrit au groupe RPR et rejoint la commission des affaires culturelles, familiales et sociales. Il la quitte toutefois en décembre 1983 pour celle des affaires étrangères avant de revenir, en février 1984, à la commission des affaires culturelles, familiales et sociales. Il rapporte, en septembre 1981, la proposition de loi de René La Combe portant sur le régime particulier de retraite en faveur des personnels actifs de police et, en octobre 1981, celle de Claude Labbé relative à l’enseignement de l’architecture. Critique à l’égard des réformes socio-économiques initiées par la nouvelle majorité de gauche, il dénonce un climat antipatronal, l’inefficacité de l’impôt sur la grande fortune et la rigidité de la législation sociale. Caustique envers la politique de décentralisation lancée par Gaston Defferre, il évoque une « décentralisation du bavardage » (octobre 1983). Prenant exemple du grand Ouest (octobre 1984), il met en avant le repli de l’agriculture et l’insuffisante politique de soutien aux PME. Il faut selon lui « donner un coup de semonce » en matière d’aménagement du territoire. L’État doit jouer un rôle plus actif via les entreprises nationales (Bull, Thomson, Péchiney). Celui qui a été nommé en octobre 1981 délégué national du RPR chargé de l’Action ouvrière et professionnelle, intervient fréquemment sur les questions sociales. En novembre 1983, lors de la discussion du projet de loi de finances pour 1984, il attire l’attention des parlementaires sur l’augmentation des travailleurs en fin de droits, la nécessité d’une « solidarité active » et les dangers « de déclarations euphorisantes en matière d’emploi ». Localement, Jean Narquin qui est aussi un homme de médias, contribue au développement du réseau Europe 2 dans l’Ouest en 1984. Il échoue en revanche à ravir la mairie d’Angers au socialiste Jean Monnier en 1983 et doit se contenter d’un mandat de conseiller municipal.

Aux législatives de 1986, placé en troisième position de la liste d’Union de l’opposition pour le Maine-et-Loire conduite par Jean Foyer, Jean Narquin est réélu député du Maine-et-Loire. Il reste au groupe RPR et continue de siéger dans la commission des affaires culturelles, familiales et sociales. Comme lors de la législature précédente, il déplore le désengagement de l’État en matière de planification industrielle dans les Pays-de-la-Loire et réclame de grands travaux d’infrastructure pour dynamiser économiquement le grand Ouest (octobre 1986). Moins actif durant cette législature, le député d’Angers se contente d’interventions ponctuelles sur les questions sociales et éducatives. En octobre 1987, il démissionne de son mandat de secrétaire de la fédération RPR de Maine-et-Loire pour mieux se consacrer à son mandat parlementaire.

Jean Narquin est le père de Roselyne Bachelot, née en 1946 de son union avec Yvette Le Du, également chirurgien-dentiste. Au début des années 1980, le député d’Angers favorise les débuts politiques de sa fille, militante gaulliste, élue conseillère générale RPR du Maine-et-Loire en mars 1982 puis conseillère régionale des Pays-de-la-Loire en 1986. Décidé à laisser sa circonscription à sa fille lors des législatives de 1988, il craint un parachutage parisien qui pourrait compromettre cette transmission d’héritage politique. Pour contrecarrer cette menace, il fait croire à l’état-major RPR jusqu’au soir du dépôt des candidatures qu’il se représentera, avant de laisser in extremis sa fille signer à sa place, déclarant par la suite qu’il était devenu l’assistant parlementaire de son successeur… Sa défaite au second tour des cantonales d’octobre 1988 dans le canton d’Angers Nord-Est, où il s’était présenté pour conserver le canton détenu par sa fille depuis 1982, le décide à mettre un terme à sa carrière politique. Il préfère suivre celle de sa fille, réélue députée en 1993, 1997 et 2002, secrétaire générale adjointe du RPR entre 1989 et 1992, déléguée générale à la condition féminine au sein de son parti et porte-parole du candidat Jacques Chirac lors de la présidentielle de 1995. Si Jean Narquin ne partage pas toujours les opinions de sa fille – car opposé au traité de Maastricht, il fonde un comité angevin pour la défense du franc -, il la défend lorsque celle-ci est la seule députée de droite à soutenir le PACS à l’Assemblée, lui-même étant pourtant adversaire du projet. Lorsque Roselyne Bachelot devient ministre de l’Écologie et du développement durable en 2002 dans le gouvernement, le père et la fille se téléphonent tous les matins. C’est Roselyne Bachelot qui remet en personne à son père, en juillet 2002, la décoration d’officier de la Légion d’honneur. Jean Narquin meurt, le 11 juin 2003, après une intervention chirurgicale à l’hôpital d’Angers.

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