Louis Orvoën

1919 - 1994

Informations générales
  • Né le 9 décembre 1919 à Moëlan-sur-mer (Finistère - France)
  • Décédé le 21 septembre 1994 à Moëlan-sur-mer (Finistère - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
2e Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 2 juin 1946 au 27 novembre 1946
Département
Finistère
Groupe
Mouvement républicain populaire
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 10 novembre 1946 au 4 juillet 1951
Département
Finistère
Groupe
Mouvement républicain populaire
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 2 janvier 1956 au 8 décembre 1958
Département
Finistère
Groupe
Mouvement républicain populaire
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 30 novembre 1958 au 9 octobre 1962
Département
Finistère
Groupe
Républicains populaires et centre démocratique
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 25 novembre 1962 au 2 avril 1967
Département
Finistère
Groupe
Centre démocratique
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 12 mars 1967 au 30 mai 1968
Département
Finistère
Groupe
Progrès et démocratie moderne

Mandats au Sénat ou à la Chambre des pairs

Sénateur
du 2 octobre 1971 au 1er octobre 1980

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)



Né le 9 décembre 1919 à Moëlan-sur-Mer (Finistère)
Décédé le 21 septembre 1994 à Moëlan-sur-Mer

Membre de la seconde Assemblée nationale constituante (Finistère)
Député du Finistère de 1946 à 1951 et de 1956 à 1958

Issu d'une famille bretonne de longue tradition rurale, Louis Orvoën étudie à l'école primaire de Moëlan-sur-Mer puis à l'Ecole d'agriculture d'Angers dont il sort diplômé ingénieur agricole. Il reprend durant l'entre-deux-guerres l'exploitation familiale de Moëlan-sur-Mer tout en rejoignant la Chambre d'agriculture du Finistère et en adhérant à la JAC dont il devient l'un des principaux dirigeants dans la région de Quimperlé.

Mobilisé en 1939, il retourne après l'armistice à l'agriculture. Membre fondateur à la Libération du MRP dans le Finistère, il fonde une coopérative agricole baptisée « La Rurale » à Quimperlé. Il est candidat aux élections 21 octobre 1945 pour la première Assemblée nationale constituante. Malgré l'excellent résultat de la liste MRP dirigée par André Colin - 126 803 des 366 073 suffrages exprimés, soit 34,6 % des voix - et les quatre des neuf sièges à pourvoir, Louis Orvoën, situé en 5e position, n'est pas élu. Cet échec est de courte durée puisque, placé en 4e position, il accède à la deuxième Assemblée nationale constituante le 2 juin 1946, la liste MRP emportant cette fois-ci, avec 163 312 des 387 313 suffrages exprimés (42 % des voix), cinq des neuf sièges.

Son élection est validée le 13 juin et il est nommé membre de la Commission de la justice et de la législation générale puis de celle de l'éducation nationale et des beaux-arts, de la jeunesse, des sports et des loisirs. Ce tout jeune parlementaire - il n'a alors que 26 ans - n'intervient à aucun titre et ne dépose aucune proposition de loi ou de résolution. Favorable à la candidature de Georges Bidault comme chef du gouvernement provisoire le 19 juin 1946, il vote en faveur du nouveau projet de constitution, le 28 septembre, qui est approuvé par le référendum du 13 octobre.

Le 10 novembre 1946, Louis Orvoën est de nouveau candidat, toujours en 4e position. Avec 172 285 des 380 219 suffrages exprimés, soit 45 % des voix, la liste démocrate chrétienne confirme sa nette domination et conserve ses cinq sièges.

Il intègre alors différentes commissions, dont celles de la production industrielle, de l'agriculture (1946), de l'intérieur (1949), des boissons (1949) ou de la marine marchande et des pêches (1950). Il est également désigné comme juré à la Haute cour de justice en mai 1948. Ses interventions se limitent à des considérations agricoles, qu'il s'agisse de la définition du statut des baux ruraux (11 août 1947), de la politique agricole du gouvernement (24 février 1949, 7 décembre 1950) ou de l'apprentissage agricole et horticole (25 mai 1950). En raison de son très jeune âge, Louis Orvoën est nommé secrétaire d'âge à chaque session de la législature.

Il vote à l'unisson du groupe MRP lors des principaux scrutins. Il accorde sa confiance à Léon Blum (12 décembre 1946), la renouvelle à Paul Ramadier (30 octobre 1947), après avoir voté en faveur du départ des ministres communistes de son gouvernement (4 mai) et pour le statut de l'Algérie (27 août). Il se prononce pour la ratification du Plan Marshall (7 juillet 1948) et les projets relatifs au Conseil de l'Europe et au Pacte atlantique (9 et 26 juillet 1949). Il approuve enfin l'adoption de la loi sur la réforme électorale et les apparentements (7 mai 1950) ainsi que le principe du renouvellement anticipé de l'Assemblée nationale (le 12 mai).

Lors des élections législatives du 17 juin 1951, Louis Orvoën figure à nouveau en quatrième position sur la liste du MRP qui n'a conclu aucun apparentement en la circonstance. Insistant dans leurs engagements électoraux sur la nécessité de refuser les solutions d'extrême gauche ou d'extrême droite, les républicains populaires sont les grands vaincus de ce scrutin. Avec 94 659 des 375 012 suffrages exprimés, ils n'obtiennent que 25,2 % des voix et perdent deux des cinq sièges qu'ils détenaient au profit des gaullistes. Louis Orvoën n'est donc pas réélu. Il revient à l'agriculture et au militantisme de base. Il est candidat sur la liste MRP aux élections municipales de 1953 à Moëlan-sur-Mer et élu conseiller municipal.

Le décès brutal du député-maire RPF de Quimper, Joseph Halléguen, le 31 janvier 1955, entraîne l'organisation d'une élection partielle, majoritaire départementale pour l'occasion, les 20 mars et 3 avril. Louis Orvoën est présenté par le MRP contre le modéré Jean Crouan. Il rassemble 25,3 % et arrive en deuxième position derrière ce dernier (28,7 %). Orvoën retire alors sa candidature au profit de celui-ci qui l'emporte finalement avec 54,7 % des voix au second tour.

Il doit attendre la tenue des élections législatives anticipées du 2 janvier 1956 pour retrouver les travées de l'Assemblée nationale. La liste MRP, toujours dirigée par André Colin, recueille 99 164 des 398 472 suffrages exprimés, soit 24,9 % des voix, et conserve ses trois sièges après avoir conclu un apparentement avec le RGR et le CNI qui obtient deux élus. Louis Orvoën, placé en 3e position est réélu grâce à l'apparentement qui prive le parti communiste d'un troisième siège.

Il rejoint les commissions des affaires économiques et de l'agriculture. Ses dépôts comme ses interventions traduisent ses préoccupations exclusivement agricoles et locales. Ainsi dépose-t-il un certain nombre de propositions de loi ou de résolution tendant à limiter la possibilité d'un bailleur de reprendre le fonds loué à l'expiration de chaque période triennale (10 février 1956), à accélérer l'aménagement foncier et le remembrement du territoire (5 mars 1957) ou à organiser la « vulgarisation agricole » (14 janvier 1958). Il sollicite également l'aide du gouvernement aux sinistrés de la région de Quimperlé victimes des orages du 4 août 1957 (17 septembre).

Il intervient également à de multiples reprises lors des discussions relatives à la politique agricole du gouvernement. Soucieux des débouchés de la production agricole comme des conditions de vie des agriculteurs, il fustige les importations de produits alimentaires et prône la stabilisation des revenus (18 octobre 1956), souligne le retard pris dans la politique de remembrement, les difficultés des exploitations familiales, la nécessité de faciliter le travail en association et d'assurer la retraite vieillesse des agriculteurs (27 février 1957). Il milite enfin en faveur de la parité entre le SMIG de l'agriculture et de l'industrie (6 mars 1957).

Au cours de cette législature, Louis Orvoën vote la confiance à Guy Mollet le 31 janvier 1956 - ainsi que le 21 mai 1957, lors de sa chute et approuve la politique générale du gouvernement en Algérie le 25 octobre. Il s'abstient volontairement lors de l'investiture de Maurice Bourgès-Maunoury le 12 juin 1957 mais le soutient le 30 septembre. Il accorde sa confiance à Félix Gaillard le 5 novembre 1957 puis le 15 avril 1958, vote l'investiture de Pierre Pflimlin le 13 mai. Il vote en faveur de la ratification des traités de la CEE et de la CECA le 9 juillet 1957, soutient le projet de loi sur les institutions en Algérie le 31 janvier 1958, vote la déclaration de l'état d'urgence, le 16 mai, et le projet de révision constitutionnelle partielle du 27 mai.

Il se rallie au général de Gaulle en lui votant la confiance le 1er juin ainsi que les pleins pouvoirs et la révision constitutionnelle le lendemain.

Il retrouve son siège de député dans la 8e circonscription du Finistère lors des élections législatives du 30 novembre 1958. Arrivé en tête à l'issue du premier tour avec 28,5 % des voix, il l'emporte au second par 50,8 % face au communiste et à deux autres candidats. Il est réélu le 25 novembre 1962 et le 12 mars 1967. Candidat à sa propre succession lors des élections de juin 1968, il est distancé dès le premier tour et battu par le candidat républicain indépendant Jean-Claude Petit. Maire de Moëlan-sur-Mer de 1959 à 1983, il est élu au conseil général du Finistère (canton de Pont-Aven) en 1958 où il siègera sans interruption jusqu'en 1988 et dont il sera le président à partir de 1978. Il représenta également ce même département au Sénat au sein du groupe UCDP (centriste) de 1971 à 1980.



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