Jean Rougier

1885 - 1952

Informations générales
  • Né le 2 juillet 1885 à Cahors (Lot - France)
  • Décédé le 28 juillet 1952 à Cahors (Lot - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 18 octobre 1950 au 4 juillet 1951
Département
Lot
Groupe
Socialiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 17 juin 1951 au 28 juillet 1952
Département
Lot
Groupe
Socialiste

Biographies

Biographie de la IVe République

ROUGIER (Jean, Pierre)
Né le 2 juillet 1885 à Cahors (Lot)
Décédé le 28 juillet 1952 à Cahors (Lot)

Député du Lot de 1950 à 1952

Jean Rougier est reçu au concours de l’internat des Hôpitaux de Paris en 1910 et se consacre à la chirurgie. Mobilisé lors de la première guerre mondiale, il est blessé en 1917 et décoré de la croix de guerre et de la Légion d’honneur à titre militaire. Il devient alors chirurgien-chef de l’hôpital de Cahors. En 1925, il est élu conseiller général républicain de gauche de Luzech et, dix ans plus tard, conseiller municipal de Cahors. Et en 1937, il devient vice-président du Conseil général.
Sous l’Occupation, il soigne des résistants et des maquisards, qu’il cache dans les hôpitaux de Cahors et de Saint-Céré, et procure des certificats médicaux aux réfractaires du Service du travail obligatoire (STO). Ses activités clandestines lui vaudront la médaille de la Résistance et la cravate de Commandeur de la Légion d’honneur. Le gouvernement de Vichy, qui les ignore, nomme ce notable influent à son Conseil national en 1942, mais le démet immédiatement, son épouse étant israélite. Jean Rougier est membre du Comité départemental de la Libération, au titre des personnalités et, en septembre 1945, il est réélu au Conseil général du Lot, qu’il préside jusqu’en octobre 1951. Il adhère alors au parti socialiste, qui accueille favorablement ce notable, au passé sans tache, et bien implanté localement.
En juin 1946, aux élections pour la seconde Assemblée nationale constituante, il n’est que troisième sur la liste SFIO, menée par le député sortant Georges Archidice, qui seul est élu. En novembre de la même année, aux législatives, Jean Rougier devient second de liste, mais les socialistes, avec 18 971 voix, soit 22,8 % des suffrages exprimés, ne remportent qu’un seul siège, derrière le MRP et le PCF. Il se présente alors aux élections pour le Conseil de la République en novembre 1948, mais échoue. La démission de Georges Archidice de son mandat de député, le 17 octobre 1950, lui permet enfin d’exercer un mandat national.
Le 21 octobre 1950, il est élu à la place d’Archidice. Il appartient aux commissions des affaires économiques (1950-1951), de celle de la famille, de la population et de la santé publique (1950-1951) et de celle chargée d’enquêter sur les événements survenus en France de 1933 à 1945. Il est nommé membre de cette dernière, le 14 novembre 1950. Durant les quelques mois qui le séparent des élections législatives de 1951, il n’intervient pas en séance publique et ne dépose aucun texte.
En juin 1951, membre du bureau fédéral, il mène la liste SFIO, dans une campagne résolument anticommuniste et antigaulliste. Dans sa profession de foi, il appelle à « sauver la République et les libertés démocratiques (…) menacées par le néo-gaullisme et le communisme stalinien ». Il s’engage également à défendre la Sécurité sociale et à œuvrer en faveur d’une augmentation des allocations familiales. Candidat dans un département rural, le Lot, il souhaite la révision du régime des allocations familiales agricoles, la création d’un statut de la propriété foncière et la revalorisation du prix du tabac, culture dominante dans sa circonscription. Il n’obtient plus que 15 494 voix, soit 19 % des suffrages exprimés, mais est néanmoins réélu, grâce à l’apparentement avec le Rassemblement des gauches républicaines (RGR), le Mouvement républicain populaire (MRP) et le parti républicain radical et radical socialiste de Maurice Faure. Le 17 juillet 1951, Jean Rougier retrouve alors la commission de la famille, de la population et de la santé publique et entre, le même jour, à celle de l’intérieur. Comme dans les premières semaines de son mandat précédent, il ne dépose aucun projet de loi et n’intervient pas à la tribune. Mais avec le groupe parlementaire socialiste, il vote contre la loi Marie-Barangé qui accorde des crédits à l’enseignement privé (septembre 1951) et adopte le projet du pool charbon-acier créant la CECA (décembre 1951). Il refuse aussi, avec les autres socialistes, l’investiture à Antoine Pinay (mars 1952), et s’oppose à la politique salariale du gouvernement Queuille (juillet 1952).
En octobre 1951, il est réélu au Conseil général, mais sa majorité fondée sur une alliance des socialistes avec le Rassemblement des gauches républicaines (RGR) est remplacée par une majorité RGR. Il cède alors la présidence de l’assemblée départementale à Gaston Monnerville et est désigné président d’honneur. Malade depuis 1951, il décède le 28 juillet 1952, à Cahors, à l’âge de soixante-sept ans. Sa ville natale lui rend un hommage appuyé, en organisant ses obsèques et en donnant son nom à l’hôpital municipal.

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