Eugène Berest

1922 - 1994

Informations générales
  • Né le 2 décembre 1922 à Saint-pol-de-léon (Finistère - France)
  • Décédé le 13 mai 1994 à Brest (Finistère - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
VIe législature
Mandat
Du 19 mars 1978 au 22 mai 1981
Département
Finistère
Groupe
Union pour la démocratie française

Biographies

Biographie de la Ve République

BEREST (Eugène, Marc, Julien)
Né le 2 décembre 1922 à Saint-Pol-de-Léon (Finistère)
Décédé le 13 mai 1994 à Brest (Finistère).

Député du Finistère de 1978 à 1981

Issu d’un milieu rural (son père est directeur d’une coopérative agricole), Eugène Berest effectue un parcours scolaire brillant, qui le conduit du collège de Saint-Pol-de-Léon au lycée Henri-IV à Paris. Après des études en Sorbonne, il est professeur agrégé des lettres (lettres classiques). Enseignant d’abord au lycée de Brest (1946-1948), il est ensuite en poste dans les universités de Bratislava et Buenos Aires (1948-1953), avant d’être nommé en classe de lettres supérieures puis de première supérieure à Brest.
Ancien militant du Mouvement jeune République, il a été candidat malheureux sous cette étiquette aux élections législatives de 1956, la liste qu’il conduit n’obtenant que 2,1%. Devenu adjoint au maire de Brest en 1965, il se présente à nouveau en juin 1968 pour défendre les couleurs du Centre démocrate dans la 4ème circonscription du Finistère. Les électeurs le place en dernière position avec 9,8% des suffrages. Ses adversaires, le communiste Alphonse Penven, le PSU Roger Prat et le gaulliste Pierre Lelong recueillent respectivement 16,6%, 28,9% et 44,9% des voix. Réélu en 1971 au conseil municipal de Brest, où il occupe les fonctions de premier adjoint chargé des affaires économiques, il succède comme maire au sénateur centriste Georges Lombard, qui renonce à son mandat en octobre 1973. En poste jusqu’en 1977, il n’est pas réélu à cette fonction à cette date. En novembre 1973, il est le candidat de Centre démocrate aux élections législatives dans la 2ème circonscription du Finistère, et se retire à nouveau après le premier tour au profit du gaulliste Michel de Bennetot.
Lors des élections de 1978, Eugène Berest, marié et père de quatre enfants, est le candidat de la majorité présidentielle dans la 2ème circonscription du Finistère, où douze candidats sont en compétition. A l’issue du premier tour, Eugène Berest, arrive deuxième, recueillant 24,6% des suffrages contre 29,8% pour le candidat du Parti socialiste Francis Le Blé, alors maire de Brest. Le député sortant, Michel de Bennetot, candidat de l’Union des Démocrates pour la République, n’est que troisième, recueillant 22,6% des voix. Les petits candidats recueillent moins de 3% des voix chacun, et constituent un faible réservoir de voix pour Francis Le Blé –à l’exception du communiste Louis Le Roux, qui obtient 13,9%.
Sa circulaire du premier tour stigmatise une gauche incapable de gouverner car désunie, et promettant sans réalisme, alors que la majorité présidentielle « a su gouverner la France malgré la crise » et incarne la stabilité. Il réitère ces propos dans la seconde circulaire en se déclarant candidat contre « l’aventure » incarnée par les candidats de gauche. Le second tour est particulièrement serré : moins de mille voix départagent les deux candidats restés en lice, au profit d’Eugène Berest, resté candidat unique de la majorité après le retrait de Michel de Bennetot (50,4% des suffrages contre 49,6% à son adversaire malheureux).
A son arrivée au Palais-Bourbon, il s’inscrit au groupe UDF. Durant toute la législature, il participe à la commission de la défense nationale et des forces armées, pour laquelle il est rapporteur pour avis du projet de loi de finances pour 1981 (9 octobre 1980). Directement touché par le naufrage de l’Amoco Cadiz, il est membre de la commission d'enquête mise en place ad hoc (16 mai 1978). Enfin, il est membre de la commission d'enquête sur la langue française créée le 12 décembre 1980.
Par ailleurs, il est l’auteur de deux propositions de loi. La première porte sur l'indemnisation des dommages matériels subis par les victimes d'attentats (20 novembre 1980). La seconde est une proposition de loi organique portant sur le statut de la magistrature (2 octobre 1979).
Député plutôt actif, ses interventions dans les débats de l’Assemblée sont souvent liées aux problématiques de sa circonscription. Il évoque ainsi à plusieurs reprises la question de la pollution marine (question au gouvernement du 18 avril 1978, à propos de l’Amoco-Cadiz ; question orale sans débat sur la lutte contre la pollution marine, 4 mai 1979). Il en va de même pour les arsenaux et la Marine nationale : le 21 juin 1978, il interroge le gouvernement sur sa position face aux grèves dans les arsenaux. Il intervient également sur les questions relatives à l’enseignement supérieur : question au gouvernement sur la situation des assistants d’université (8 novembre 1978) ; discussion des projets de loi de finances pour 1978, 1980, 1981.
Il intervient également lors de la discussion du projet de loi relatif à l'interruption volontaire de grossesse (28 novembre 1979) en insistant sur les défauts de la loi de 1975 : « certains tiennent sûrement le propos suivant : j’étais d’accord, lorsque j’ai voté positivement, pour une loi de tolérance, mais nous sommes parvenus, après cinq années, dans la réalité des faits, à ce que l'on peut appeler la reconnaissance d'un droit positif. » Lors du scrutin du 29 novembre, Eugène Berest vote contre le projet de loi : c’est la seule fois dans la législature que le député ne vote pas en accord avec sa majorité, à laquelle il reste fidèle dans les grands scrutins (notamment la déclaration de politique générale du gouvernement Barre le 20 avril 1978 et la loi d’aménagement de la fiscalité directe locale sur laquelle la responsabilité du gouvernement est engagée le 18 décembre 1979).
En 1981, après l’élection de François Mitterrand et la dissolution de l’Assemblée nationale, Eugène Berest se porte candidat à sa succession, toujours sous l’étiquette UDF. Seul candidat de droite, il arrive en tête du premier tour avec 44,9% des suffrages exprimés, contre 41,8% au candidat socialiste Joseph Gourmelon, 8,9% au communiste Louis Le Roux, et 4,4% aux deux autres candidats d’extrême-gauche (Jacques Pirot, Lutte ouvrière ; Jean Daumer, Union démocratique bretonne). Lors du deuxième tour, le report des voix de gauche offre 54,8% des suffrages au candidat socialiste, contre 45,2% à Eugène Berest, victime de la « vague rose », qui termine ainsi son parcours de député.
Commandeur des palmes académiques, il décède à Brest le 13 mai 1994, âgé de 73 ans.

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