André Rey

1905 - 1995

Informations générales
  • Né le 23 mai 1905 à Fronton (Haute-Garonne - France)
  • Décédé le 18 août 1995 à Dax (Landes - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 17 juin 1951 au 1er décembre 1955
Département
Haute-Garonne
Groupe
Socialiste
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 25 novembre 1962 au 2 avril 1967
Département
Haute-Garonne
Groupe
Socialiste
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 12 mars 1967 au 30 mai 1968
Département
Haute-Garonne
Groupe
Fédération de la gauche démocrate et socialiste

Biographies

Biographie de la IVe République

REY (André)
Né le 23 mai 1905 à Fronton (Haute-Garonne)
Décédé le 18 août 1995 à Dax (Landes)

Député de Haute-Garonne de 1951 à 1955

André Rey compte dans son ascendance paternelle, plutôt bourgeoise, de nombreux élus locaux de Castelnau-d’Entrefonds et de la région toulousaine. Sa mère est issue d’une vieille famille de Fronton qui a donné plusieurs élus à la ville. De sensibilité radicale, son père, professeur d’anglais au lycée de Figeac, l’emmène pourtant écouter Jean Jaurès à Toulouse, alors que le jeune André a neuf ans. Il commence sa scolarité à l’école de Fronton. Sa mère étant décédée de la grippe espagnole en 1917, son père mobilisé en 1914 comme interprète auprès du maréchal French le prend auprès de lui, comme interne au lycée de Saint-Omer. André Rey le suit ensuite dans ses divers postes, à Bayonne, à Castelnaudary et à Marmande, mais conserve le contact avec sa ville natale lors des vacances qu’il passe chez sa grand-mère.
Employé comme surveillant pour subvenir à ses besoins, André Rey prépare une licence d’histoire à Toulouse, puis à Montpellier et suit les cours d’agrégation. Mais il ne passe pas ce concours. Il enseigne ensuite comme professeur adjoint au lycée Montaigne de Bordeaux, tout en poursuivant des études. Mobilisé à Montpellier en 1939, il est envoyé dans les Alpes, puis en Belgique et à Dunkerque. Appartenant au deuxième bureau de l’Etat-Major, il est évacué de la poche de Dunkerque, passe par Douvres, par Plymouth, puis est renvoyé en France par Brest. Il combat en Normandie, est fait prisonnier à Rennes, s’évade et rentre à Toulouse où il reprend un poste de professeur adjoint à Fermat. En février 1941, André Rey épouse Jacqueline Mailliet, d’origine landaise. Il est dénoncé par un journal vichyste comme adhérent de la SFIO, à laquelle il appartient effectivement depuis 1923 (ou 1929 selon les sources), syndiqué et franc-maçon initié à Perpignan. Résistant, il effectue des liaisons avec un maquis voisin de l’Isle-Jourdain, le maquis Roger. A la Libération, il est décoré de la Rosette de la Résistance.
Bénéficiant de l’appui des organisations de la Résistance contre le candidat radical non résistant, André Rey est élu conseiller général de Fronton en septembre 1945. Il siège à l’assemblée départementale durant 38 ans. De 1946 à 1951, il préside la commission départementale, succédant à Eugène Montel devenu président du Conseil général après l’élection à la magistrature suprême de Vincent Auriol, et rapporte le budget en 1952-1955.
En 1947, André Rey gagne la mairie de Fronton, avec une liste ouverte à la droite locale. Il est victorieux en face de la liste radicale, la plus dangereuse pour lui, et de la liste communiste. Désigné maire par 11 voix sur 17, il conserve la mairie jusqu’en 1971 et réalise dans sa commune d’importants travaux, comme l’adduction d’eau.
Aux élections du 17 juin 1951, la liste socialiste SFIO sur laquelle André Rey figure en troisième place s’apparente avec les listes du Mouvement républicain populaire (MRP) et du Rassemblement des Gauches républicaines (RGR), comprenant radicaux-socialistes et membres de l’Union démocratique et socialiste de la Résistance (UDSR). Conduite par Achille Auban, député sortant, et par le président du Conseil général, Eugène Montel, elle emporte une moyenne de 51 869 voix - 51 983 pour André Rey - sur 307 312 inscrits et 228 534 suffrages exprimés. Elle arrive en troisième position, derrière la liste « Rassemblement des Gauches républicaines – RGR » conduite par Maurice Bourgès-Maunoury (58 953 voix) et celle du Parti communiste français (PCF) (54 827 voix). L’apparentement étant majoritaire, les socialistes et le RGR obtiennent trois sièges chacun, le dernier allant au MRP. Député, André Rey siège à la commission des boissons durant toute la législature et appartient, comme membre titulaire, à la commission des immunités parlementaires, du 19 janvier 1954 à la fin de la législature. Il dépose une proposition de loi et quatre propositions de résolution, ainsi qu’un rapport au nom de la commission des boissons. Ces initiatives parlementaires abordent des thèmes très différents, du classement des agents de travaux et conducteurs de chantiers des Ponts et chaussées dans les emplois de fonctionnaires de la catégorie B (proposition de résolution du 30 août 1951) à la répression des fraudes au ministère de l’agriculture (proposition de loi du 8 novembre 1951). Il s’intéresse également au rôle que peuvent encore jouer les officiers et sous-officiers ayant appartenu officiellement à la résistance et dégagés des cadres de leur corps d’armée (proposition de résolution du 22 décembre 1952). Il en est de même pour les réservistes (13 mai 1954). Son ancrage local le pousse à s’investir dans le domaine des questions viticoles (rapport du 20 octobre 1955 sur le régime des sociétés dans le Code du vin) et énergétiques (proposition de résolution du 20 mai 1952 sur le transport du pétrole brut du Sud-ouest, à Lacq). André Rey n’intervient que très peu en séance, en dehors de la question relative aux essais de pluie artificielle qu’il pose au ministre de l’industrie et du commerce, le 26 novembre 1954. Il se distingue par son refus, avec une petite majorité des parlementaires socialistes, de voter le traité ratifiant la Communauté européenne de défense puis, avec une minorité des élus socialistes, d’en faire autant avec les accords de Londres et de Paris qui permettent le réarmement de l’Allemagne dans le cadre de l’OTAN. Ces indisciplines à la règle de l'unité de vote socialiste lui valent d’être exclu de la SFIO au congrès national de février 1955. Comme la plupart des autres députés sanctionnés, il est réintégré en juin suivant, dans la perspective des élections législatives de 1956.
Aux élections du 2 janvier 1956, la liste de la SFIO progresse de près de 5 000 suffrages, avec 56 609 voix en moyenne – et 56 275 pour André Rey - sur 335 598 inscrits et 259 520 exprimés. Mais, compte tenu de l’augmentation du nombre d’inscrits et surtout de la participation, elle perd 1 % des suffrages (21,6 % au lieu de 22,7 % en 1951). Surtout, l’apparentement avec les radicaux et les républicains sociaux n’est pas majoritaire, alors que la poussée poujadiste brouille les cartes. Les sièges étant répartis à la représentation proportionnelle, les socialistes n’ont que deux élus, Achille Auban et Eugène Montel. André Rey, lui, n’est pas reconduit à l’Assemblée nationale. Il reprend alors son poste d’enseignant à l’Université de Toulouse où il exerçait avant l’année 1951. Il se prononce fermement contre le retour au pouvoir du général de Gaulle en juin 1958 et n'est pas désigné par la fédération socialiste pour les élections législatives de novembre 1958.
Sa situation n’est pas pour autant fragilisée localement. Réélu conseiller général en 1955 et 1961, il l'est également comme maire aux élections municipales de 1959. En 1962, le maire de Fronton est élu député de la première circonscription de la Haute-Garonne et est confirmé dans ses fonctions en 1967 sans difficulté. Mais il est battu par le raz-de-marée gaulliste qui suivit les événements de 1968. Aux élections municipales de 1971, devancé d’une centaine de voix au premier tour, André Rey se retire de la compétition. Aux législatives de mars 1973, dans la première circonscription qu’il a longtemps représentée, le Parti socialiste présente Alain Savary. Sa défaite aux cantonales de l’automne suivant marque la fin de sa carrière politique. André Rey disparaît le 18 août 1995.

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