Louis Richier

1891 - 1974

Informations générales
  • Né le 30 avril 1891 à Lazer (Hautes-Alpes - France)
  • Décédé le 28 août 1974 à Lazer (Hautes-Alpes - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
Ire Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 21 octobre 1945 au 10 juin 1946
Département
Hautes-Alpes
Groupe
Paysan

Biographies

Biographie de la IVe République

RICHIER (Louis)
Né le 30 avril 1891 à Lazer (Hautes-Alpes)
Décédé le 28 avril 1974 à Lazer

Membre de la première Assemblée nationale constituante (Hautes-Alpes)

Aîné d’une famille de cinq enfants, Louis Richier effectue en 1912 son service militaire dans l’infanterie, service prolongé par la mobilisation générale en août 1914. Affecté au corps expéditionnaire des Balkans, il participe notamment à la bataille des Dardanelles. Il termine la guerre avec le grade de sergent et est rapatrié en 1918 pour des raisons sanitaires. Il épouse Marie-Jeanne Armand, le 21 septembre 1921. De cette union naissent cinq filles : Louise (1922), Georgette (1926, décédée à l’âge de quatre mois), Huguette (1933, décédée l’année suivante), Eliane (1934) et Marie-Thérèse (1936). Après avoir exercé les fonctions de secrétaire de mairie, il succède à son père, maire de Lazer depuis 1884, à l’occasion des élections municipales du printemps 1929. Il est déjà fortement engagé dans le syndicalisme paysan : président du syndicat agricole de la vallée de Véragne depuis 1924, président de la Coopérative des blés de Buech et Durance et président du syndicat intercommunal d’électrification pour le sud du département. Il est l’un des fondateurs de la Chambre d’agriculture des Hautes-Alpes en avril 1927 et crée le silo de Lazer en 1936. Candidat aux élections cantonales d’octobre 1934, il est élu conseiller général du canton de Laragne. L’année suivante, il est désigné rapporteur de la commission de l’agriculture et de l’électrification au sein de l’assemblée départementale.
Mobilisé en septembre 1939, mais pour très peu de temps puisqu’il est père de famille nombreuse, il reste maire de Lazer pendant toute la durée de la guerre. Il adhère à la Corporation paysanne créée par le régime de Vichy en décembre 1940, convaincu, par son expérience syndicale et politique d’avant la guerre, de la nécessité d’unir toute la paysannerie afin de faire valoir efficacement ses intérêts. Il refuse cependant la collaboration et profite de ses fonctions municipales pour aider la Résistance. D’ailleurs, de son côté, son frère Albert a rejoint le maquis ; il est arrêté en mars 1944 et déporté avec ses trois fils. Il meurt en déportation avec deux de ses fils, tandis que sa fille demeure incarcérée à Gap pendant un mois.
A la Libération, Louis Richier participe à la mise sur pied de l’Union paysanne des Hautes-Alpes, c’est-à-dire la fédération départementale du Parti paysan d’union sociale (PPUS) créé par Paul Antier pour succéder au Parti agraire d’avant guerre. Il est un ami très proche de Maurice Petsche, député sous la Troisième République, homme politique le plus en vue du département et membre de l’Alliance républicaine démocratique, siégeant alors au groupe de la Gauche démocratique et des radicaux indépendants. Louis Richier accepte alors de se présenter à l’élection de la première Assemblée nationale constituante, le 21 octobre 1945. Il conduit la Liste d’Union paysanne qui bénéficie de l’investiture du PPUS. La liste est composée de deux agriculteurs, Louis Richier lui-même et Benjamin Bois. Elle affronte trois autres listes : celles du PCF (11 370 voix ; Gaston Julian élu), de la SFIO (6 594 voix) conduite par Henri Malacrida, et du MRP (11 152 voix) conduite par Antonin Maly. Avec 11 754 des 40 870 suffrages exprimés, la liste du PPUS arrive en tête.
Louis Richier s’inscrivit au groupe paysan composé de six membres et de cinq apparentés, aréopage parlementaire présidé par Paul Antier. Le groupe est apparenté à celui de la Résistance démocratique et socialiste, rattachement administratif justifié par un nombre de membres inférieur au seuil des 14 députés, nécessaire pour la constitution d’un groupe. Membre de la commission des moyens de communication et des PTT, il dépose deux propositions de résolution ayant trait à l’agriculture. La première vise à étendre le bénéfice de la « retraite des vieux travailleurs sans exception », quand la seconde, déposée le 16 janvier 1946, propose au gouvernement de prendre toutes les mesures utiles pour mettre à la disposition de l’agriculture les engrais nécessaires, en vue des récoltes de 1946. Louis Richier ne prend pas la parole durant son mandat de député.
Il s’efface en 1946 devant Maurice Petsche qui, relevé de l’inéligibilité par le jury d’honneur, se présente le 2 juin. Il est élu à la seconde Assemblée nationale constituante, retrouvant ainsi ses fonctions parlementaires d’avant guerre. Louis Richier reste conseiller général des Hautes-Alpes jusqu’en octobre 1951 et maire de Lazer jusqu’au printemps 1953. Ses responsabilités dans le syndicalisme agricole ne cessent de s’étendre : déjà président de la Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles depuis 1945 (et cela jusqu’en 1962), il est élu vice-président de la Chambre départementale d’agriculture le 17 mai 1950 et remplace Isaïe Dastrevigne à la présidence, le 19 mars 1952, poste qu’il conserve jusqu’en 1970. Le 18 mai 1954, il devient premier vice-président de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture, une structure largement influencée sur le plan politique par le PPUS. En mai 1955, Louis Richier est porté à la présidence du Fonds national de péréquation pour l’agriculture. Il entre au Conseil économique et social en 1968 et y siège jusqu’en 1970, comme membre de la section des économies régionales.
Louis Richier meurt le 28 avril 1974. Il était titulaire de la croix de guerre 1914-1918 (deux citations), était chevalier de la Légion d’honneur (1951), officier (1946) puis commandeur (1962) du Mérite agricole, titulaire de la Médaille de la Coopération et du Crédit agricole (échelon « vermeille ») et de la Médaille d’honneur départementale et communale (échelon « argent »).
Depuis juin 1995, Claude Morhet, gendre de Louis Richier – il est l’époux d’Eliane, deuxième fille de l’ancien député -, occupe les fonctions de maire de Lazer. Il a succédé à Aimé Long, ancien premier adjoint de Louis Richier et maire de la commune basse-alpine de 1953 à 1995.

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