André Soury

1924 -

Informations générales
  • Né le 14 avril 1924 à Verneuil (Charente - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 2 janvier 1956 au 8 décembre 1958
Département
Charente
Groupe
Communiste
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
VIe législature
Mandat
Du 19 mars 1978 au 22 mai 1981
Département
Charente
Groupe
Communiste
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
VIIe législature
Mandat
Du 2 juillet 1981 au 1er avril 1986
Département
Charente
Groupe
Communiste

Biographies

Biographie de la IVe République

SOURY (André)
Né le 14 avril 1924 à Verneuil (Charente)

Député de la Charente de 1956 à 1958 et de 1978 à 1986

André Soury appartient à une famille de cultivateurs de la Charente limousine. Il est né à Verneuil, mais ses parents étaient métayers à Pressignac, à quelques kilomètres de Chabanais. Il obtient son certificat d’études, puis travaille avec ses parents jusqu’à l’âge de 25 ans. A partir de ce moment-là il se consacre totalement à la vie politique.
Dès la Libération, il adhère aux Jeunesses communistes. Trois éléments expliquent ce choix. Il y a d’abord l’influence de son père, Louis, qui l’a sensibilisé aux idées du Front populaire. Il était électeur radical car, explique André Soury, « le vote radical était alors dans les campagnes le vote républicain qui, après la guerre, deviendrait le vote communiste ». Sous la Quatrième République, Louis Soury est conseiller municipal communiste de Pressignac. Le rôle tenu par le Parti communiste dans la résistance explique en partie cette évolution du radicalisme au communisme. Mais, pour la famille Soury, l’élément déterminant est sans aucun doute la réforme du métayage, une vraie révolution à ses yeux. Le Parti communiste semble être à l’origine de cette réforme.
André Soury s’illustre d’abord dans le syndicalisme agricole, en particulier dans le cadre du syndicat des preneurs de baux ruraux. Sa lutte contre l’expulsion de paysans en 1947 lui permet de se faire remarquer par les instances fédérales du parti qui lui offrent une ascension rapide. Il intègre le comité fédéral en 1948, devient secrétaire de la section de Chabanais et est nommé président du comité cantonal de défense paysanne. C’est alors qu’il abandonne le travail des champs pour devenir permanent du parti. Enfin, il est secrétaire fédéral en 1950.
Il figure en troisième position sur la liste communiste pour les élections de juin 1951, ce qui ne lui permet pas d’être élu. Dans les années 1950, un partage des tâches apparaît implicitement entre André Soury et le député sortant Jean Pronteau. Celui-ci a été « parachuté » en 1945 et vient d’intégrer le comité central. Aussi, n’est-il pas souvent en Charente. C’est donc André Soury qui assure la continuité du travail de la fédération. Il s’occupe particulièrement de la propagande et du monde paysan. Il suit sans aucun problème la ligne du bureau politique du Parti communiste. Ainsi croit-il, comme beaucoup de militants, à la thèse officielle selon laquelle Budapest est l’action d’éléments contre-révolutionnaires.
L’importance qu’il a prise au sein de la fédération l’amène à prendre la deuxième place de la liste de 1956 derrière Jean Pronteau. Avec 29,7 % des suffrages exprimés, cette liste possède une large avance sur ses adversaires qui n’ont pas pu conclure un apparentement ; aussi, les communistes obtiennent deux élus et André Soury rejoint le Palais Bourbon. Quelques mois plus tard, il se marie avec Angèle Daganaud, secrétaire, avec laquelle il a deux enfants.
André Soury est nommé membre de la commission de l’agriculture et y siège durant les deux années de la législature. Il dépose deux propositions de loi, deux propositions de résolution et cinq rapports. Toutes ces initiatives parlementaires ont trait aux thèmes agricoles et, plus précisément, à l’aide aux petits exploitants. Il intervient à douze reprises en séance publique, toujours sur son thème de prédilection. Sur cette question, il défend cinq amendements et deux sous-amendements durant son mandat. Il n’hésite pas à interpeller les gouvernements sur leur politique agricole (6 mars et 19 septembre 1957). Il prend également la parole dans la discussion des projets de loi de finances (3 décembre 1956 ; 7 mars 1958).
Ses votes sont le plus souvent ceux imposés par la discipline du groupe communiste. Il investit Guy Mollet, vote les pouvoirs spéciaux en Algérie, puis s’oppose aux gouvernements en place lors des grands scrutins. Naturellement hostile au retour du général de Gaulle et à la Cinquième République, il est battu lors des élections législatives de novembre 1958. Candidat dans la troisième circonscription de la Charente, celle du Confolentais, il obtient 28,3 % des suffrages exprimés au premier tour, mais il est nettement distancé par le conseiller général de Chabanais, Jean Valentin.
La carrière d’André Soury prend alors un autre aspect. Il entre en 1959 au conseil municipal de Pressignac. Jean Pronteau se montre de plus en plus critique à l’égard du Parti communiste ; il en est finalement exclu à la fin des années 1960 : André Soury devient le leader de la fédération. Il se présente sans succès aux élections législatives de 1962, 1967, 1968 et 1973, toujours dans la troisième circonscription. Mais la dynamique de l’union de la Gauche finit par lui être favorable. Il est élu conseiller général de Chabanais en 1976, maire de Pressignac en 1977 et à nouveau député en 1978. Il siège également au conseil régional et au Parlement européen. Réélu en 1981, il perd son siège de député en 1986, malgré la représentation proportionnelle. Et en 1988, il doit s’incliner face au sortant socialiste Jérôme Lambert. Au début des années 1990, il prend ses distances avec le Parti communiste. A la fin de la décennie, il abandonne ses mandats d’élus locaux et se consacre à l’écriture d’ouvrages sur la Charente limousine ou sur le monde paysan.