Joseph, Marie, Philippe Thierry

1857 - 1918

Informations générales
  • Né le 20 mars 1857 à Haguenau (Bas-Rhin - France)
  • Décédé le 22 septembre 1918 à San-sebastian (Espagne)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
VIIe législature
Mandat
Du 22 mai 1898 au 31 mai 1902
Département
Bouches-du-Rhône
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
VIIIe législature
Mandat
Du 27 avril 1902 au 31 mai 1906
Département
Bouches-du-Rhône
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
IXe législature
Mandat
Du 6 mai 1906 au 31 mai 1910
Département
Bouches-du-Rhône
Groupe
Progressiste
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
Xe législature
Mandat
Du 24 avril 1910 au 31 mai 1914
Département
Bouches-du-Rhône
Groupe
Républicain progressiste
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIe législature
Mandat
Du 26 avril 1914 au 22 septembre 1918
Département
Bouches-du-Rhône
Groupe
Gauche démocratique

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (Jean Jolly)

Né le 20 mars 1857 à Haguenau (Bas-Rhin), mort le 22 septembre 1918 à San Sebastian (Espagne).

Député des Bouches-du-Rhône de 1898 à 1918.

Ministre des Travaux publics du 22 mars au 2 décembre 1913. Sous-secrétaire d'Etat à la Guerre (Ravitaillement et Intendance militaire) du 1er juillet 1915 au 12 décembre 1916. Ministre des Finances du 20 mars au 7 septembre 1917.

Joseph Thierry est le fils du dernier maire français d'Haguenau avant la guerre de 1870. Sa famille expulsée par les Allemands se réfugie à Marseille où le jeune Thierry commence de brillantes études de droit qu'il devait continuer aux Facultés d'Aix et de Paris.

Inscrit au barreau de Marseille, il se spécialise dans les affaires commerciales ou financières et devient membre du conseil de l'Ordre. L'expérience qu'il acquiert de la sorte, son intelligence, sa courtoisie, ses dons de « debater » lui ouvrent les voies de la vie publique.

Le 22 mai 1898, sous l'étiquette républicain, il se présente dans la 3e circonscription de Marseille contre le docteur Garnier, adjoint au maire, et l'emporte brillamment au premier tour par 8.269 voix contre 3.842.

Il devait être réélu en 1902, 1906, 1910 et 1914, toujours au premier tour.

A la Chambre, il s'intéresse particulièrement aux problèmes économiques, rapporte le budget du Commerce et de l'Industrie, puis la loi de 1902 sur la marine marchande. Il prend part aux discussions sur les ports francs, les services maritimes et postaux, la mutualité. Il est l'un des rares parlementaires de l'époque à dénoncer les effets d'un protectionnisme exagéré ; vice-président de la commission des douanes depuis 1902, il en devient président de 1910 à 1913 et peut y soutenir ses opinions libre-échangistes. Mais il ne s'est pas cantonné aux questions économiques ; membre, puis président de 1902 à 1906 du groupe progressiste, il s'est opposé aux dispositions législatives adoptées contre les associations religieuses et contre le Concordat. L'opposition l'invite donc à présenter en son nom la déclaration dirigée contre le projet de loi instituant la séparation des Eglises et de l'Etat.

Il vote contre les cabinets Waldeck-Rousseau et Combes. Il se prononce pour une meilleure justice, sociale et fiscale. Ses talents d'orateur, son expérience des affaires, sa compétence le font se distinguer dès son entrée au Palais-Bourbon.

Louis Barthou lui offre le ministère des Travaux publics le 22 mars 1913 dans un ministère qui ne dura que neuf mois. La guerre éclate et il se voit tout naturellement, par Aristide Briand, confier le poste important de sous-secrétaire d'Etat à la Guerre, chargé du Ravitaillement et de l'Intendance du 2 juillet 1915 au 12 décembre 1916 ; le ministère ayant démissionné, il ne reste pas longtemps inoccupé : Ribot le prend comme ministre des Finances le 20 mars 1917. A ce titre il participe à la conférence internationale de Londres ; le cabinet démissionne le 8 septembre 1917.

C'est à ce moment qu'il part remplacer M. Geoffray à l'ambassade de Madrid pour une mission temporaire. Le poste est particulièrement difficile, en effet l'Allemagne mène en Espagne une politique agressive contre la France, il est indispensable de dissiper les malentendus qui existent entre les deux pays. Les Alliés ont besoin de plomb et de matières premières et Joseph Thierry saura mener envers l'Espagne une politique d'entente ; celle-ci manifestera peu à peu une neutralité bienveillante.

Il n'a pas le temps de réaliser tous ses projets. Après un brusque affaiblissement général il est terrassé par une crise cardiaque à San Sébastian le 22 septembre 1918 ; il a 61 ans.



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