Philippe, Pierre, Jules, Eugène, Charles Vayron

1926 - 1972

Informations générales
  • Né le 20 janvier 1926 à Paris (Seine - France)
  • Décédé le 1er juin 1972 à Créteil (Val-de-Marne - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 2 janvier 1956 au 8 décembre 1958
Département
Seine
Groupe
Indépendants et paysans d'action sociale
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 30 novembre 1958 au 9 octobre 1962
Département
Seine
Groupe
Indépendants et paysans d'action sociale

Biographies

Biographie de la IVe République

VAYRON (Pierre, Jules, Eugène, Charles, dit Philippe)
Né le 20 janvier 1926 à Paris (12ème)
Décédé le 1er juin 1972 à Créteil (Val-de-Marne)

Député de la Seine de 1956 à 1958

Originaire de Nasbinals (Lozère), Philippe Vayron est le fils de Pierre Vayron et de Solange Blanchet. Il fait ses études secondaires à l’école Massillon et au lycée Charlemagne, puis ses études supérieures au lycée Louis-le-Grand et à la Faculté des lettres de Paris. Licencié ès lettres (histoire) en 1948, titulaire d’un diplôme d’études supérieures d’histoire (1949), Philippe Vayron commence sa carrière politique à vingt-deux ans, comme chargé de mission aux cabinets de Joseph Laniel, secrétaire d’Etat aux finances, de juillet à septembre 1948, de Robert Bétolaud, ministre des anciens combattants et victimes de guerre, d’octobre 1948 à octobre 1949, et de Louis Jacquinot, ministre des anciens combattants et victimes de guerre, d’octobre 1949 à novembre 1950. A l’issue de son service militaire, il est officier de cavalerie de réserve : aspirant en 1951, sous-lieutenant en 1952, lieutenant en 1955.
Professeur aux lycées Michelet, Marcel-Roby et Buffon de 1951 à 1956, il est élu le 23 avril 1953 conseiller municipal d’Ivry (Seine) puis, le 17 mai 1953, conseiller général de la Seine (indépendant) dans le premier secteur cantonal. Secrétaire du bureau du Conseil général de la Seine de juin 1953 à juin 1954, il y est également secrétaire de la commission du budget et du personnel et vice-président de la commission de la famille et de la population.
De novembre 1953 à mars 1954, Philippe Vayron est président de la conférence Molé-Tocqueville. Membre de la commission exécutive du Centre national des jeunes indépendants en 1953, il est, en 1954, président du groupe de travail des « minoritaires nationaux des communes à majorité communiste », dans le cadre du mouvement national des élus locaux.
Le 2 janvier 1956, Philippe Vayron est élu député dans la quatrième circonscription de la Seine (cantons de Nogent-sur-Marne, Saint-Maur-des-Fossés, Charenton-le-Pont, Ivry-sur-Seine, Sceaux, Villejuif et Vanves), à la tête de la liste d’union des indépendants d’action républicaine et sociale (ARS) et républicains nationaux, qui obtient 7,6 % des suffrages exprimés. A l’Assemblée nationale, où il siège au groupe des indépendants et paysans d’action sociale (IPAS), il est membre de la commission de l’éducation nationale (1956-1958) et de la commission du travail et de la sécurité sociale (1956-1958), ainsi que membre suppléant, puis titulaire, de la commission des immunités parlementaires (1956-1958).
Durant son mandat, il dépose dix-huit textes : huit rapports ; un rapport supplémentaire ; sept propositions de loi ; une proposition de résolution ; un avis. Ses prises de parole dans l’hémicycle sont nombreuses : il prend la parole à vingt-neuf reprises, et défend notamment vingt amendements, un sous-amendement, six amendements indicatifs et un article additionnel. Il use de la procédure parlementaire fréquemment, en déposant une motion préjudicielle, une demande de disjonction et, à une occasion, oppose la question préalable. Il intervient pour la première fois en séance publique le 28 février 1956, lors de la discussion du projet de loi sur les congés payés, pour critiquer la généralisation des conventions locales qui risque, d’après lui, de mettre en péril les petites et moyennes entreprises. Le 14 juin 1956, lors de la discussion du projet de loi portant ajustement des dotations budgétaires reconduites à l’exercice 1956, il intervient en qualité de rapporteur pour avis sur différentes questions concernant l’éducation nationale, prônant en particulier la décentralisation de l’enseignement supérieur. A ce sujet, selon lui, « il est inutile et coûteux pour les étudiants et dangereux pour les grandes villes de province que toute la jeunesse intellectuelle vienne à Paris ». Ses interventions deviennent ensuite plus politiques et sont marquées par son anticommunisme et son souci de défendre l’Algérie française. Ainsi, le 30 novembre 1956, il demande à interpeller sur les mesures que le gouvernement compte prendre « pour faire cesser l’inadmissible gestion de certaines communes suburbaines du département de la Seine par des maires qui mettent la totalité des ressources municipales à la disposition du Parti communiste et de sa politique de démoralisation de l’armée et de la Nation ». Le 18 décembre 1956, intervenant dans la discussion des interpellations sur la politique extérieure du gouvernement, il rend hommage au soulèvement de la Hongrie qui, selon lui, montre l’échec total de la communisation de la jeunesse dans ce pays, critique l’attitude de l’ONU, qui « n’ose rien dire devant l’attitude de la Russie soviétique » et qui est devenue un « moyen de combat contre la vieille civilisation occidentale dont l’Angleterre et la France sont restées les derniers défenseurs », et dénonce l’attitude du PCF qui a refusé, dans ses mairies, de faire les quêtes officielles pour la Hongrie libre. Le 22 janvier 1957, il dépose une proposition de résolution invitant le gouvernement à imposer aux maires communistes le respect de la loi. Le 25 janvier 1957, il oppose la question préalable au projet de loi tendant à accorder des congés d’éducation ouvrière, car, selon lui, la CGT risque d’utiliser ce texte pour former « des militants grévistes, des militants revendicatifs, des militants politiques » et qu’ainsi cette proposition, d’apparence généreuse, risque de préparer « la soviétisation des entreprises ». Le 22 mars 1957, dans le débat des interpellations sur la politique générale du gouvernement, il demande des mesures contre le PC qui apporte son aide aux rebelles algériens et organise des réunions de conscrits. Il souhaite que le gouvernement fasse cesser l’aide apportée par le Maroc et la Tunisie aux fellaghas. Le 17 septembre 1957, il demande à interpeller « sur les mesures que le gouvernement compte prendre pour interdire la fête de L’Humanité, journal de la trahison permanente qui ne cesse d’applaudir aux crimes des ennemis de la patrie. Il considère la réalisation de cette manifestation, déjà refusée par le Conseil municipal de Paris et le Conseil général de la Seine, comme une véritable provocation à l’égard de nos soldats qui luttent en Algérie pour la France, le droit et la civilisation ». Le 26 septembre 1957, lors de la discussion du projet de loi sur l’Algérie, Philippe Vayron, qui avait voté la confiance à Maurice Bourgès-Maunoury et à Félix Gaillard, rend hommage à l’action de Robert Lacoste, qu’il qualifie de « grand ministre », et demande à nouveau des mesures contre les communistes responsables du défaitisme. Le 27 novembre 1957, il déplore que certains étudiants sursitaires fassent campagne contre l’action de l’armée en Algérie. Enfin, le 26 mai 1958, lors du débat sur la demande de la levée d’immunité parlementaire de Pascal Arrighi, député de Corse, il souligne que l’Assemblée nationale a toujours refusé, a contrario, de lever l’immunité des chefs communistes, et appelle à cette occasion à la formation d’un « véritable gouvernement de salut national » présidé par « le libérateur du territoire ». En deux années, il remplit, par deux fois, les fonctions de rapporteur, d’abord du projet de loi relatif au paiement de la journée chômée du 2 janvier (6 mars 1956), puis du projet de loi relatif à la garantie de l’emploi de certains engagés volontaires (13 novembre 1956).
Ses votes, en 1958, sont sans surprise. Le 13 mai 1958, il refuse la confiance à Pierre Pflimlin et, le 27 mai, vote contre le projet de résolution tendant à décider la révision de certains articles de la Constitution. Mais, le 1er juin, il accorde sa confiance au général de Gaulle et, le 2 juin, approuve les pleins pouvoirs.
Philippe Vayron poursuit sa carrière politique sous la Cinquième République. Il sera notamment réélu député le 30 novembre 1958 dans la 48ème circonscription de la Seine.
Ayant abandonné son métier d’enseignant, il devient, en 1965, gérant de sociétés immobilières. C’est sans doute à la suite de la banqueroute d’une de ses sociétés qu’il met fin à ses jours le 1er juin 1972.
Il était âgé de 46 ans.

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