André Lebon

1858 - 1938

Informations générales
  • Né le 26 août 1858 à Dieppe (Seine-Inférieure - France)
  • Décédé le 17 février 1938 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
VIe législature
Mandat
Du 20 août 1893 au 31 mai 1898
Département
Deux-Sèvres
Groupe
Républicains progressistes

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (Jean Jolly)

Né le 26 août 1858 à Dieppe (Seine-inférieure), mort le 17 février 1938 à Paris.

Député des Deux-Sèvres de 1893 à 1898.

Ministre du Commerce, de l'Industrie et des Postes et Télégraphes du 26 janvier 1895 au 28 octobre 1895. Ministre des Colonies du 26 avril 1896 au 26 juin 1898.

Fils de Charles Lebon qui s'était distingué- pendant les «Trois Glorieuses» et avait fondé la Société du Gaz Lebon, André Lebon, après des études secondaires-, suit les cours de la Faculté -de droit de Paris où il obtient sa licence. Il écrit de nombreux ouvrages d'histoire et de droit constitutionnel et, sous le pseudonyme d'André Daniel, publiera chaque année, jusqu'en 1890, un intéressant volume consacré à l'histoire de l'année précédente et intitulé L'Année politique.

De 1882 à 1893, il est chef de cabinet du président du Sénat, M. Le Royer. Dans l'intervalle, il est chargé de quelques missions scientifiques. En 1884, il est nommé professeur à l'Ecole libre des sciences politiques. En 1890, il devient secrétaire de la délégation française à la conférence internationale ouvrière de Berlin.

Aux élections législatives du 22 septembre 1889, André Lebon se présente dans l'arrondissement de Parthenay (Deux-Sèvres) comme candidat républicain progressiste, mais il est battu par Paul Taudière, monarchiste. A nouveau candidat aux élections du 20 août 1893, sous la même étiquette et dans le même arrondissement, il est élu au premier tour de scrutin par 10.464 voix contre 10.098 à son ancien concurrent, sur 20.786 votants. Dans son programme André Lebon déclare que n'ayant jamais aimé et servi que la République, il la veut « ouverte à tous ceux qui viennent à elle sans arrière-pensée de domination, de réaction ou de trahison» et «respectueuse de la liberté de l'Eglise, mais soustraite à toute influence religieuse sur sa législation».

Secrétaire de la Chambre des députés jusqu'en 1895, il appartiendra pendant son mandat à diverses commissions, notamment à la commission du travail et à celle du budget pour l'exercice 1897. Il dépose plusieurs propositions, en particulier une proposition de résolution tendant au rachat par l'Etat du réseau de chemin de fer de la Compagnie d'Orléans, une proposition de loi sur l'organisation de l'assurance contre l'invalidité et la vieillesse. Il présente de nombreux rapports, dont un sur une proposition de loi portant modification de la loi relative à la création des syndicats professionnels ; il est également chargé du rapport sur la proposition de loi de Jules Guesde et plusieurs de ses collègues tendant à organiser le droit de grève et du rapport sur une proposition de loi relative à l'abrogation des articles 414 et 415 du Code pénal concernant l'atteinte à la liberté du travail, A la formation du premier cabinet du président Félix Faure, le 26 janvier 1895 - Ribot étant alors président du Conseil - il est nommé ministre du Commerce, de l'Industrie, des Postes et Télégraphes. Il démissionne avec ses collègues le 28 octobre 1895.

Le 26 avril 1896, il se voit confier dans le ministère Méline le portefeuille des Colonies qu'il conserve jusqu'au 26 juin 1898.

André Lebon est le premier ministre des Colonies ayant visité officiellement l'une d'elles, le Sénégal, durant son passage aux affaires, mais on devait vivement lui reprocher d'avoir pris inutilement, comme ministre - à l'encontre du capitaine Dreyfus prisonnier à l'île du Diable - des mesures d'une rigueur exceptionnelle que l'on a même qualifiées de « tortures ».

Aux élections générales du 8 mai 1898, André Lebon se présente encore dans l'arrondissement de Parthenay, mais il est battu au premier tour par le marquis de Maussabré.

Il connaît le même échec à la suite d'une tentative lors des élections du 27 avril 1902.

Il s'adonne alors tout entier aux affaires et exerce les fonctions de censeur du Crédit foncier de France, de président du conseil d'administration du Crédit foncier d'Algérie, des Messageries maritimes et de plusieurs compagnies financières ou industrielles.

André Lebon, mort à Paris le 17 février 1938, dans sa 79e année, fut inhumé au cimetière de Claire fontaine, en Seine-et-Oise. Chevalier de la Légion d'honneur depuis 1887, il avait été promu grand officier.

Parmi les ouvrages publiés par André Lebon, il convient de citer, outre ses dix volumes d'Année politique : L'Angleterre et l'émigration française de 1794 à 1801, paru en 1882 ; Etudes sur la législation électorale de l'empire d'Allemagne (1879), Etudes sur l'Allemagne politique (1890), Cent ans d'histoire intérieure (1897), La politique française en Afrique de 1896 à 1898 (1900). En outre, André Lebon a collaboré au Recueil des instructions données aux ambassadeurs, au Bulletin de la société de législation comparée, à la Revue politique et parlementaire et à la Nouvelle revue.


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