Jean Legaret

1913 - 1976

Informations générales
  • Né le 29 août 1913 à Ambert (Puy-de-Dôme - France)
  • Décédé le 16 février 1976 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 6 juillet 1952 au 1er décembre 1955
Département
Seine
Groupe
Union démocratique et socialiste de la Résistance
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 30 novembre 1958 au 9 octobre 1962
Département
Seine
Groupe
Indépendants et paysans d'action sociale

Mandats au Sénat ou à la Chambre des pairs

Sénateur
du 2 octobre 1968 au 16 février 1976

Biographies



Né le 29 août 1913 à Ambert (Puy-de-Dôme)
Décédé le 16 février 1976 à Paris (16e)

Député de la Seine de 1952 à 1955

Jean Legaret est né le 29 août 1913 à Ambert (Puy-de-Dôme). Son père était professeur d'histoire au lycée Voltaire, avant de devenir inspecteur général de l'enseignement. Docteur en droit, licencié ès lettres et diplômé de l'Ecole libre des sciences politiques, Jean Legaret est mobilisé pendant la seconde guerre mondiale comme lieutenant de cavalerie. Prisonnier de guerre dans l'oflag VI-A, puis résistant, Jean Legaret a été fait chevalier de la Légion d'honneur, a reçu la Croix de guerre 1939-1945 et la Croix du Combattant volontaire de la Résistance.

Le 24 juillet 1946, Jean Legaret est reçu comme auditeur au Conseil d'État avant d'en devenir maître des requêtes ; il devient aussi professeur à l'Ecole des Hautes études commerciales, tout en suivant les enseignements de l'Ecole supérieure de guerre. De 1950 à 1952, Jean Legaret est d'abord conseiller technique au cabinet du ministre de la défense nationale, René Pleven, puis suit ce dernier lorsqu'il devient président du Conseil (12 juillet 1950) puis vice-président du conseil (11 août 1951). Il est ensuite nommé conseiller technique au cabinet de François Mitterrand, ministre d'Etat (20 janvier -29 février 1952) et rejoint René Pleven, à nouveau ministre de la défense nationale, à partir du 8 mars 1952.

Mais la démission de Louis Pasteur-Vallery-Radot, député RPF de la deuxième circonscription du département de la Seine, donne à Jean Legaret une occasion de commencer une carrière d'élu en se présentant aux élections législatives partielles des 22 juin et 6 juillet 1952. Au second tour, Jean Legaret, candidat du Rassemblement de la gauche républicaine, l'emporte sur le communiste Gaston Auguet avec 64,7 % des suffrages exprimés. Une fois son élection validée, Jean Legaret est nommé secrétaire de la Commission du travail et de la sécurité sociale. Il est également nommé membre dans de nombreuses commissions : de la justice et de la législation ; de la défense nationale ; du suffrage universel, des lois constitutionnelles, du règlement et des pétitions.

A l'Assemblée nationale, où il siège avec les indépendants et paysans d'action sociale, son activité est intense : en moins de quatre années, il est à l'origine de dix-huit propositions de lois, quatre propositions de résolution, un avis et six rapports effectués au nom de la Commission de la défense nationale. Dans ce domaine de la défense nationale, Jean Legaret multiplie les propositions de lois et les rapports au nom de sa commission, par exemple pour tenter d'améliorer la situation financière des veuves de guerre (mars 1954) ; il s'intéresse également aux conditions d'attribution des décorations militaires en tentant d'étendre leur obtention aux militaires n'appartenant pas à l'armée active. Jean Legaret travaille aussi sur la question des retraites et dépose notamment, le 20 mars 1953, une proposition de résolution tendant à inciter le gouvernement à organiser de façon unitaire les services financiers concernant les retraites et les risques de la vieillesse et les services nécessaires à sa protection civile, sociale et morale suivie, le 23 octobre 1953 par une proposition de loi tendant à modifier le régime des caisses de retraites complémentaires.

Jean Legaret s'attache aussi à résoudre les problèmes de sa circonscription et dépose par exemple, le 23 juin 1953, une proposition tendant à abroger la loi du 5 septembre 1947 relative au régime électoral des élections municipales de Paris et des élections au Conseil général de la Seine, et à rétablir le régime électoral fixé par la loi municipale du 5 avril 1884. La question des halles de Paris figure dès cette époque dans ses priorités et il dépose, le 2 mars 1954, une proposition de loi tendant à apporter certaines modifications au décret du 30 septembre 1953 portant réglementation des Halles centrales de Paris. Plus tard, en 1958, en tant que conseiller municipal, il s'élèvera contre le projet de construction des abattoirs de La Villette, et douze ans plus tard, cette fois comme sénateur, jouera un rôle important dans la commission d'enquête qui dévoilera le « scandale » des abattoirs.

Lors de cette seconde législature de la quatrième République, les interventions de Jean Legaret à la tribune sont nombreuses et tentent de sensibiliser ses collègues sur ses thèmes de prédilection : nécessité de modifier la législation qui régit le droit de réquisition et les pouvoirs du préfet, interpellations sur la situation en Afrique du Nord, et organisation de la défense nationale.

Le 26 juin 1953, Jean Legaret accorde son investiture à Joseph Laniel ; mais il ne prend pas part au vote relatif à l'investiture de Pierre Mendès France, le 17 juin 1954. Il tente en vain de sauver le projet de Communauté européenne de défense (CED) le 30 août 1954, en votant contre la question préalable opposée par Edouard Herriot et le général Aumeran à la discussion du projet de ratification du traité. Le 12 octobre 1954, Jean Legaret s'abstient volontairement lors du vote des accords de Londres qui mettent un terme à l'occupation de l'Allemagne et s'abstient également le 29 décembre 1954 lors du vote sur les accords de Paris qui permettent le réarmement de la RFA et son entrée dans l'OTAN. Enfin, il accorde sa confiance à Edgar Faure le 23 février 1955 et la lui renouvelle le 29 novembre 1955.

Jean Legaret accentue son ancrage politique local en se faisant élire, le 26 avril 1953, conseiller municipal de Paris et conseiller général de la Seine. Il est également vice-président du Conseil municipal en 1953-1954. Mais, s'il tente de conserver son siège de député aux élections législatives du 2 janvier 1956, dans la 2e circonscription de la Seine, il n'est cependant pas réélu. Il lui faut attendre la cinquième République pour retrouver un mandat national : il se présente comme indépendant aux suffrages de ses concitoyens de la première circonscription de la Seine le 30 novembre 1958 et remporte cette élection. En revanche, il est battu en 1962 et 1967, mais devient sénateur de Paris le 22 septembre 1968. La mort vient interrompre son mandat le 16 février 1976.

Homme politique mais aussi homme de lettres, Jean Legaret est, tout au long de sa carrière, collaborateur du Journal du Parlement, de la Revue des Deux Mondes et de la Revue de Paris. Il est aussi conférencier à l'Alliance française et membre de la Société des gens de Lettres, étant auteur de plusieurs ouvrages dont un roman, Le Condé, paru en 1968.



LEGARET (Jean, Maurice, Augustin)
Né le 29 août 1913 à Ambert (Puy-de-Dôme)
Décédé le 16 février 1976 à Paris

Député de la Seine de 1952 à 1956 et de 1958 à 1962
Sénateur de Paris de 1968 à 1976

En novembre 1958, Jean Legaret se présenta, l’ingénieur Yves Milhoud étant son suppléant, dans la 1ère circonscription de Paris (1er et 4ème arrondissements) comme « candidat d’union nationale », investi par le Rassemblement des gauches républicaines (RGR), le Centre national des indépendants et paysans (CNIP), la Démocratie chrétienne de France de Georges Bidault et du Centre républicain d’André Morice. Assuré du total soutien de Roger Duchet (qui fit imprimer une édition spéciale, n° 335, de France indépendante pour la circonscription) et d’Antoine Pinay, il dut toutefois subir les attaques d’Édouard Frédéric-Dupont qui mena, au moins jusqu’au soir du premier tour, un jeu personnel en soutenant huit candidats dissidents du CNIP – dont Pierre Guérard dans le 1ère circonscription (5 014 voix) et Jean-Marie Le Pen dans la 3ème – tout en étant lui-même investi par le Centre. Au soir du 23 novembre, Jean Legaret, avec 11 950 suffrages, se retrouvait en première position, devant ses dix concurrents dont le candidat communiste, Albert Rigal (8 930 voix), qui n’était pas en tête pour la première fois depuis 1945, et le candidat de l’Union pour la nouvelle République (UNR), Philippe Barrès, ancien député du Rassemblement du peuple français (9 087 voix). Les autres candidats, sauf Pierre Guérard, n’avaient pas dépassé le seuil des 5 000 suffrages : Auguste Cormier, SFIO (4 833), Roger Friedmann, radical (2 291), Jules Bobillot, poujadiste (547) et quatre candidats divers droite (Pierre Lemarchand, dissident gaulliste, 2 413 ; Marcel Faure, 1 909 ; André Morel, 734 ; Joseph Collin, « candidat de défense des Halles centrales », 245). Au second tour, seuls quatre candidats se maintinrent et Jean Legaret fut élu, après une campagne dirigée autant contre le PCF que contre le candidat gaulliste qualifié de « diviseur », avec 18 592 suffrages face à Philippe Barrès (15 258), Albert Rigal (9 627) et Auguste Cormier (4 544).
Il s’inscrivit immédiatement au groupe Indépendant et paysan d’action sociale (IPAS), présidé par Henry Bergasse et redevint le député très actif qu’il avait déjà été entre 1952 et 1955. Membre de la commission de la défense nationale et des forces armées du 27 janvier 1959 au 6 mai 1960, il en démissionna ce jour-là pour aller siéger à la Commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration. Le 27 janvier 1959, il fut aussi nommé membre titulaire de la commission spéciale du règlement dont il devint le vice-président le 30 janvier. Il fut enfin élu le 29 janvier 1959 représentant suppléant à l’Assemblée consultative du Conseil de l’Europe, nommé le 7 juillet 1959 membre de la commission ad hoc chargée d’examiner les demandes de suspension d’un député et, le 30 juin 1960, membre de la commission spéciale chargée d’examiner les projets de loi portant approbation de divers accords passés entre la France, Madagascar et la Fédération du Mali. Il déposa six propositions de loi portant sur les concessions des droits d’extraction dans les carrières, le 19 juin 1959 (n° 149), sur le maintien dans les lieux des sociétés de personnes exerçant des professions libérales, le 8 octobre 1959 (n° 295), sur le maintien dans les lieux des personnes âgées de plus de 70 ans, le 3 février 1960 (n° 544), pour accorder un délai supplémentaire aux commerçants vendant à la criée aux Halles de Paris, le 26 avril 1960 (n° 582), sur le transfert du siège des pouvoirs publics à Versailles, le 26 avril 1960 (n° 585), sur l’abrogation des décisions prises depuis le 23 avril précédent en application des dispositions de l’article 16, le 13 octobre 1961 (n° 1452). Il déposa aussi deux rapports au nom de la commission des lois : le 11 juillet 1961 à propos des dates des élections cantonales et municipales (n° 1328); le 1er décembre 1961 pour proroger rétroactivement le mandat des conseillers généraux élus en avril 1955 jusqu’en avril 1961 (n° 1592).
Il prend la parole à de nombreuses reprises à la tribune du Palais-Bourbon. Le 26 mai 1959, les 10 et 11 mai 1960, il intervient pour défendre les pouvoirs du Parlement et orienter le régime dans un sens « parlementaire libéral » et, le 5 novembre 1959, il prend fait et cause pour la « vocation européenne de la France ». Le 21 juillet 1960, il insiste sur la nécessité de réorganiser la RATP. Il s’insurge, le 7 décembre 1960, contre le pouvoir personnel et l’absence d’informations précises quant au référendum de janvier 1961 sur l’Algérie. Les 15 et 16 décembre 1960, il s’exprime sur le projet de loi relatif à la réorganisation de la région parisienne. Il prend part le 29 novembre 1961 à la discussion d’un projet de loi relatif à l’accueil des réfugiés d’outre-mer. Il intervient également le 1er juillet 1961 à propos de l’internement de Jean Dides et le 5 juillet 1962 dans le débat sur la levée de l’immunité parlementaire de Georges Bidault.
Jean Legaret devint, dès son élection à l’Assemblée nationale, un des députés proches du secrétaire général du CNIP. Secrétaire du Mouvement national des élus locaux pour la région parisienne (une structure créée par Roger Duchet en 1954 pour regrouper les élus locaux modérés derrière le Centre national), il le suivit jusqu’au bout dans sa stratégie politique visant à exploiter la guerre d’Algérie pour provoquer une crise interne à l’UNR au profit de Jacques Soustelle et un isolement du chef de l’État dans le but de le pousser au départ. Le député de la 1ère circonscription de la Seine devint ainsi un des plus farouches adversaires du régime gaulliste. Il fut l’un des dix huit députés IPAS qui, en novembre-décembre 1961, votèrent quatre fois de suite contre le projet de budget pour 1962 et l’un des sept qui votèrent contre l’investiture de Georges Pompidou le 27 avril 1962. S’il ne vota pas « l’amendement Salan » à l’automne 1961, il manifesta contre l’internement de Jean Dides devant la Santé en novembre 1961 et il refusa la levée de l’immunité parlementaire de Georges Bidault le 5 juillet 1962. Il fut aussi l’un des parlementaires indépendants qui continuèrent tout au long de l’année 1962 à écrire dans France indépendante, le journal de Roger Duchet, après son exclusion du parti qu’il avait pourtant fondé en 1948.
Il vota sans hésiter la motion de censure le 4 octobre 1962 et fut investi par le CNIP candidat dans la circonscription qu’il représentait depuis quatre ans. Le nombre de candidats en présence y fut beaucoup plus restreint qu’en 1958. Le 18 novembre 1962, Jean Legaret n’affronta en effet que trois adversaires : Charles Lederman (PCF, 9 207 voix), Jack Lanfranco (MRP, 1 745 voix) et Pierre Krieg (UNR, 14 894 voix). Avec 11 585 suffrages, le député sortant démontrait qu’il était bien implanté puisqu’il conservait ses voix du 23 novembre 1958 alors que, dans bien des circonscriptions, les candidats du CNIP perdaient le tiers, voire la moitié de leurs électeurs. Mais le 25 novembre, il ne parvint pas à mobiliser les nombreux abstentionnistes du premier tour. Il obtint 11 374 voix et le candidat communiste 9 852 tandis que Pierre Krieg reçut le soutien d’un millier d’électeurs démocrates-chrétiens et d’un millier d’abstentionnistes (17 014 voix).
Pour la seconde fois depuis son entrée en politique, Jean Legaret subissait donc un échec électoral. Il n’en abandonna pas pour autant sa carrière. Il resta au Centre national, conduit désormais par Camille Laurens et Bertrand Motte. Il accepta l’alliance nouée avec le Centre démocrate (CD) à partir du milieu des années soixante, fondée sur une volonté commune de voir la construction européenne accélérée. Il se fit le défenseur du maintien des Halles de Paris, dont le transfert en banlieue était à l’ordre du jour depuis le début des années soixante. En 1960, il avait d’ailleurs rédigé un rapport sur ce sujet, Rapport sur les Halles de Paris et leur transfert, édité par le Comité extra-municipal d’étude et d’action du commerce parisien. Bien que président du conseil municipal en 1964-1965, il perdit en mars 1965 son siège de conseiller, conquis en mars 1959. Candidat le 5 mars 1967 dans la 1ère circonscription de Paris, avec la double investiture du CNIP et du CD, il recueillit près de 9 000 suffrages, arrivant en deuxième position devant les candidats du PCF et de la FGDS, mais il se retira au second tour afin de ne pas permettre l’élection du candidat communiste. En juin 1968 en revanche, il ne se porta pas candidat, laissant son ancien concurrent de 1958, Pierre Guérard, le faire. Il avait décidé de retrouver un mandat parlementaire en se présentant au Sénat. Le 22 septembre 1968, il devint sénateur, élu en tête d’une liste d’Action démocratique et de progrès social qui emporta 238 voix et comptaient un certain nombre d’élus locaux indépendants, tels Jeanine Alexandre-Debray ou Denis Cochin, ayant le soutien du CD.
Inscrit au groupe des républicains indépendants, premier groupe de la Haute Assemblée par le nombre, mais composite car y siégeaient les élus restés fidèles au CNIP et ceux qui suivaient Valéry Giscard d’Estaing depuis 1962, il poursuivit ses combats politiques entamés dans les années cinquante. En mars 1971, il retrouva son siège de conseiller municipal perdu six ans plus tôt et siégea à la commission des affaires culturelles. Il s’opposa avec constance à la prolifération des hautes tours, à commencer par la Tour Montparnasse.
La fin de la carrière parlementaire de Jean Legaret se déroula alors que Valéry Giscard d’Estaing venait d’être élu à l’Élysée. Bien que dirigeant du CNIP (il en était devenu le vice-président en avril 1975) qui n’entretenait pas des relations aisées avec le nouveau président, il le soutint activement dans sa volonté d’instaurer une « société libérale avancée ». Il mourut au début de l’année 1976 dans le XVIème arrondissement de Paris. Alain Poher lui rendit un hommage appuyé le 6 avril 1976.
Jean Legaret, président du club d’équitation l’Étrier senonchois, était l’auteur d’Un condé, un roman policier qui connut un grand succès et fut adapté au cinéma. Son fils Jean-François a pris sa succession politique dans les années quatre-vingt. Adjoint au maire de Paris jusqu’en 2001 et maire du 1er arrondissement, il est l’une des figures de l’UMP.

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