Rachel, Odile Lempereur Née Nuez

1896 - 1980

Informations générales
  • Né le 14 février 1896 à Lille (Nord - France)
  • Décédé le 8 octobre 1980 à Saint-andré (Nord - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
Ire Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 21 octobre 1945 au 10 juin 1946
Département
Nord
Groupe
Socialiste
Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
2e Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 2 juin 1946 au 27 novembre 1946
Département
Nord
Groupe
Socialiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 10 novembre 1946 au 4 juillet 1951
Département
Nord
Groupe
Socialiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 17 juin 1951 au 1er décembre 1955
Département
Nord
Groupe
Socialiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 2 janvier 1956 au 8 décembre 1958
Département
Nord
Groupe
Socialiste

Fonds d'archives

Les Archives de l’Assemblée nationale ont versé aux Archives nationales plusieurs documents relatifs à l’activité parlementaire de Rachel Lempereur, notamment les procès-verbaux communaux des élections législatives pour le Ière et la IIème Assemblée nationale constituante (19790682/2331-2342) et l’Assemblée nationale de 1946 à 1958 (1979-0681/1595-1591 ; 1732-1733 ; 1868-1871 ; 1986-1989). On trouvera également des documents sur ses différents mandats dans la série C des Archives nationales.

Les Archives nationales conservent d’autres fonds dans lesquels sont répertoriées des lettres échangées avec Rachel Lempereur, notamment celui de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre (ONAC) (200050206/85) et celui de l’Union démocratique et socialiste de la Résistance (UDSR) (412AP/45).

La division des Archives de l’Assemblée nationale conserve également deux photographies datant de l’Assemblée consultative provisoire de Paris (2011-054/1).

Aux Archives départementales du Nord, on trouvera dans différents versements de la série W des documents relatifs à l’activité politique de Rachel Lempereur.

Des documents sur les élections municipales sont également conservés aux Archives municipales de Lille (1K et 1D2) ainsi que sur son activité en qualité d’adjoint au maire, par exemple en 1 M2/164 et en 4D3/54, cote qui correspond à un échange de courrier entre Augustin Laurent, maire de Lille, et son adjointe Rachel Lempereur.

Le Centre d'archives socialistes de la Fondation Jean Jaurès ne conserve pas de fonds particulier sur Rachel Lempereur mais on peut y trouver des documents la concernant dans les fonds suivant : 12 EF et 13EF. Il s’agit essentiellement de photographies et des comptes rendus des congrès nationaux auxquels elle a participé.

Les Archives d’histoire contemporaine de la Fondation nationale des sciences politiques conservent le fonds du Groupe parlementaire socialiste, de 1949 à 1968. On y trouvera notamment un échange entre Rachel Lempereur et Albert Gazier au sujet de l’immunité parlementaire de Maurice Thorez (GS1, 28 juin 1949).

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)



Née le 1er février 1896 à Lille (Nord)
Décédée le 8 octobre 1980 à Saint-André (Nord)

Membre de la première et de la seconde Assemblée nationale constituante (Nord)
Députée du Nord de 1946 à 1958

Rachel Nuez, qui a épousé Marcel Lempereur en 1923, est devenue institutrice au terme d'études primaires et primaires supérieures à Lille. L'ardeur de ses convictions laïques et son militantisme syndical la font remarquer par Jean-Baptiste Lebas, maire de Roubaix et dirigeant de la Fédération socialiste du Nord, qui lui confie des fonctions de propagandistes, auprès notamment des ouvrières du département. Outre diverses contributions à la revue La Femme socialiste, elle est membre de la conférence départementale des Femmes socialistes du Nord à partir de 1934, puis secrétaire à la propagande du Comité fédéral du Nord de la SFIO. En 1939 elle est élue membre du Comité national des femmes socialistes.

Directrice d'école dans un quartier ouvrier de Lille, elle maintient pendant l'Occupation les structures clandestines du syndicat des instituteurs et rend de nombreux services à la Résistance. A la Libération, elle est donc tout naturellement désignée par son parti dans le cadre du renouvellement des élus socialistes. Dès 1945, elle est élue conseiller général du canton de Lille Sud-Est, mandat qu'elle conservera jusqu'en 1949 et retrouvera en 1955, et siège au conseil municipal comme adjointe au maire Augustin Laurent, chargée des questions scolaires. Les 21 octobre 1945 et 2 juin 1946, elle est élue à l'Assemblée nationale Constituante, en troisième position sur la liste socialiste conduite par Augustin Laurent. Membre de la Commission de l'éducation nationale et des beaux-arts, ainsi que de la Commission de la famille et de la population, ses interventions sont peu nombreuses, essentiellement consacrées aux personnels enseignants.

Par la suite, ses élections à l'Assemblée nationale présentent de grandes similitudes, à tel point qu'il est apparu préférable de procéder à une analyse groupée. Le 10 novembre 1946 et le 17 juin 1951, Rachel Lempereur est élue dans la deuxième circonscription du Nord (Lille), en troisième position sur la liste SFIO conduite par Augustin Laurent en 1946, par le Docteur Cordonnier en 1951. La conclusion d'un apparentement, cette année-là, avec le MRP, les Indépendants et le RGR, permet du reste à la SFIO d'obtenir cinq sièges, les listes apparentées ayant obtenue la majorité absolue des suffrages exprimés. En 1956, elle figure en seconde position derrière Victor Provo et la liste obtient quatre élus. Dans cette circonscription en partie ouvrière, la SFIO a maintenu tout au long de la IVe République des scores très honorables, de l'ordre de 24 à 27 % des suffrages exprimés, échappant à la déperdition de voix qui a été observée au niveau national dès 1946.

Durant les trois législatures, Rachel Lempereur a appartenu à la Commission de l'éducation nationale dont elle a été vice-présidente de 1946 à 1955 et présidente de 1956 à 1958. Elle a également appartenu, au fil des législatures, aux Commissions du travail et de la sécurité sociale, de la production industrielle, de la famille et de la population, à la Commission de la presse. En 1948, elle a été appelée à figurer sur la liste des jurés de la Haute Cour de justice. Elle a été secrétaire de l'Assemblée nationale entre 1951 et 1955.

Relativement effacée dans les Assemblées constituantes, Rachel Lempereur fait montre d'une intense activité à l'Assemblée nationale. Pour la première législature (1946-1951), elle ne dépose pas moins de vingt-quatre propositions de loi, sept propositions de résolution et participe à la rédaction de douze rapports. Ses interventions sont à peu près exclusivement centrées sur les questions de l'enseignement. Elle partage avec son collègue socialiste Maurice Deixonne un quasi monopole dans ce domaine, ce dernier - mormalien et agrégé de lettres - étant davantage spécialisé dans l'enseignement secondaire.

Fidèle à son passé d'institutrice, Rachel Lempereur manifeste une sollicitude inlassable pour le personnel de l'enseignement primaire : traitements, avancement, indemnités, congés, retraites, reclassement..., aucun domaine n'échappe à sa vigilance, notamment lors de la discussion annuelle du budget de l'Education nationale. Ses interventions sont également fort nombreuses en faveur des bourses, des constructions et de l'hygiène scolaire, des colonies de vacances, des centres d'apprentissage, des pupilles de l'Assistance publique, etc. Elle est aussi le porte-parole de son groupe lors des grands débats de 1951 autour des lois Marie et Barangé. Elle professe avec vigueur l'intransigeance de ses convictions laïques (séance du 6 septembre 1951 notamment), et n'a de cesse, après l'adoption de ces lois, d'en demander l'abrogation (22 décembre 1951, 17 février et 9 mars 1954). Durant la troisième législature, ses interventions se font plus rares et s'élargissent à la réforme de l'enseignement entamée en 1956 par le ministre Billères. Durant ces trois mandats, Rachel Lempereur a toujours suivi les consignes de vote de son parti, favorables à la Troisième force jusqu'en 1951, dans l'opposition ensuite, hormis l'expérience Mendès France. Cédiste, elle a voté contre la motion Aumeran le 30 août 1954. Le 1er juin 1958 elle refuse l'investiture au général de Gaulle et vote contre les pleins pouvoirs et la révision constitutionnelle le lendemain.

L'avènement de la Ve République et le retour au scrutin d'arrondissement vont être fatals à sa carrière parlementaire. Candidate dans la deuxième circonscription du Nord (Lille-Sud et Lille-Sud Ouest), Rachel Lempereur est battue en 1958, 1962, et 1967 par le Docteur Duterne, et en 1968, par Pierre Billecocq. Cette circonscription, plus petite bourgeoise qu'ouvrière, ne reviendra à la gauche qu'en 1973 avec l'élection de Pierre Mauroy. Rachel Lempereur se reconnaît mal du reste, dans le nouveau Parti socialiste. Très anticommuniste, elle rejette le Programme commun et dénonce la stratégie d'alliance avec le Parti communiste. Lors des élections cantonales de 1973, elle maintint sa candidature contre le candidat choisi par la section socialiste et, en conséquence, fut exclue du Parti Socialiste.






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