Emile, Michel Liquard

1905 - 1984

Informations générales
  • Né le 4 janvier 1905 à Saint-germain-d'esteuil (Gironde - France)
  • Décédé le 25 janvier 1984 à Lesparre (Gironde - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
2e Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 2 juin 1946 au 27 novembre 1946
Département
Gironde
Groupe
Mouvement républicain populaire
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 10 novembre 1946 au 4 juillet 1951
Département
Gironde
Groupe
Mouvement républicain populaire
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 17 juin 1951 au 1er décembre 1955
Département
Gironde
Groupe
Rassemblement du peuple français
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 2 janvier 1956 au 8 décembre 1958
Département
Gironde
Groupe
Républicains sociaux
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 30 novembre 1958 au 9 octobre 1962
Département
Gironde
Groupe
Union pour la nouvelle République

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)



Né le 4 février 1905 à Saint-Germain d'Esteuil (Gironde)
Décédé le 25 janvier 1984 à Lesparre (Gironde)

Membre de la seconde Assemblée nationale constituante (Gironde)
Député de la Gironde de 1946 à 1958

Emile Liquard est né le 4 février 1905 à Saint-Germain d'Esteuil, dans le département de la Gironde. Marchant sur les traces de son père, il devient, après son baccalauréat, ingénieur agronome, et rejoint l'exploitation viticole familiale de Beaulieu.

C'est à partir du milieu des années trente qu'Emile Liquard s'engage dans l'action publique. Il devient d'abord, en 1935, maire de sa commune de Saint-Germain d'Esteuil ; la même année, il est aussi élu conseiller général du canton de Lesparre. Pendant l'Occupation, il s'engage activement dans les rangs de la Résistance, cachant chez lui de nombreux résistants, parmi lesquels plusieurs membres de la famille Vendroux, de la famille d'Yvonne de Gaulle ; celle-ci deviendra d'ailleurs, par la suite, une proche amie de sa femme.

A la Libération, Emile Liquard retrouve son fauteuil de maire de Saint-Germain d'Esteuil, et son mandat de conseiller général du canton de Lesparre. Il se présente aussi, mais sans succès, aux élections pour la première Assemblée Constituante du 21 octobre 1945, à la tête d'une « liste d'Unité républicaine ». Les élections du 2 juin 1946 pour la seconde Assemblée Constituante lui sont plus favorables : il occupe cette fois la deuxième position sur la liste MRP conduite par Henri Teitgen, laquelle, avec 102 742 voix sur 400 503 suffrages exprimés, emporte trois des neuf sièges à pourvoir. Sont donc élus, pour le MRP, Henri Teitgen, Emile Liquard et Antoine Cornut ; pour le Parti républicain de la liberté, Jules Ramarony et Jean Sourbet ; pour la SFIO, Fernand Audeguil, Raymond Guyon et Pierre-Emmanuel Guillet ; et pour le Parti communiste, Marc Dupuy.

Emile Liquard siège au sein de la Commission de l'agriculture ; c'est au nom de celle-ci qu'il dépose, entre le 5 et le 20 septembre 1946, trois rapports sur la proposition de résolution déposée par ses collègues Jean-Raymond Guyon et Jean Sourbet, tendant à la création d'un Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux ; ces textes constituent l'essentiel de son activité parlementaire.

Emile Liquard approuve le nouveau projet de Constitution voté par l'Assemblée le 28 septembre 1946 et ratifié par référendum le 13 octobre. Dans la foulée, il présente sa candidature aux élections législatives du 10 novembre. Dix sièges sont cette fois à pourvoir dans la circons cription de la Gironde, mais la liste du MRP, toujours emmenée par Henri Teitgen, Emile Liquard et Antoine Cornut, enregistre un net recul, ne recueillant plus que 75 451 voix sur 384 307 suffrages exprimés, si bien que seuls deux de ses trois députés sortants retrouvent leur siège. Ce repli profite notamment au Parti communiste, qui double sa représentation.

Elu le 3 décembre 1946 secrétaire de l'Assemblée nationale, Emile Liquard siège au sein de plusieurs commissions : Commission de l'intérieur (1946), Commission des pensions (1946, 1947, 1948), Commission de la comptabilité (1949), Commission des boissons (1949, 1950, 1951) et Commission de la marine marchande et des pêches (1950, 1951). Il est en outre appelé à figurer sur la liste des jurés de la Haute cour de justice.

Entre l'hiver 1946 et l'été 1951, Emile Liquard dépose trois textes. Le premier, le 13 mai 1948, est une proposition de résolution tendant à inviter le gouvernement à rétablir la liberté totale du commerce du bois ; le deuxième, le 8 mars 1949, est une proposition de loi réglementant l'emploi de la dénomination « tailleur », et l'emploi de l'expression « sur mesures » dans l'industrie et le commerce ; le troisième, le 8 mars 1949, est une proposition de résolution tendant à inviter le gouvernement à « prendre des mesures destinées à favoriser la reprise du marché des vins » et à « permettre de fournir à la consommation un vin dont le prix ne soit pas exagéré par rapport au prix de la production ». La plupart des interventions d'Emile Liquard à la tribune de l'Assemblée concernent des questions fiscales ; il interpelle en outre à plusieurs reprises le gouvernement sur sa politique viticole.

Au cours de la législature, Emile Liquard vote la confiance au cabinet Blum (17 décembre 1946) ; absent le jour du vote de l'investiture de Paul Ramadier (4 mai 1947) et le jour du vote du projet de loi sur le statut de l'Algérie (27 août), il vote contre la question de confiance à la suite de laquelle Paul Ramadier se sépare de ses ministres communistes (30 octobre). Emile Liquard vote contre la nationalisation des écoles des houillères (14 mai 1948), mais approuve le projet de loi relatif à la ratification de l'accord bilatéral de coopération économique (plan Marshall, présenté le 7 juillet), le projet de loi relatif à la constitution du Conseil de l'Europe (9 juillet 1949) et le projet de loi tendant à la ratification du pacte de l'Atlantique (26 juillet) ; enfin, à la différence de ses collègues du MRP, il vote contre la loi électorale instituant le système des apparentements (7 mai 1951).

De fait, candidat au renouvellement de son mandat aux élections législatives du 17 juin 1951, Emile Liquard s'éloigne de la démocratie chrétienne et se rapproche du mouvement gaulliste : il ne figure plus sur la liste du MRP, toujours emmenée par Henri Teitgen, mais sur celle conduite au nom du RPF par Jacques Chaban Delmas dans la première circonscription de la Gironde. Avec un score très élevé (84 609 voix sur 226 237 suffrages exprimés), la liste RPF emporte trois des six sièges à pourvoir ; sont ainsi élus, aux côtés de Jacques Chaban Delmas, Emile Liquard et le sénateur-maire d'Archachon, Lucien de Gracia. Le succès du mouvement gaulliste dans le département de la Gironde lamine les positions du MRP, dont même la tête de liste, Henri Teitgen, ne retrouve pas son siège.

Emile Liquard retrouve la Commission des boissons ; il est en même élu vice-président. Il siège par ailleurs à la Commission de la marine marchande et des pêches et à la Commission des moyens de communication et du tourisme. Il est enfin nommé, le 4 octobre 1955, vice-président de l'Assemblée nationale. La plupart de ses interventions, au cours de la législature, tournent autour des questions agricoles et viticoles ; il dépose notamment, le 22 janvier 1952, une proposition de loi portant création d'un Conseil interprofessionnel de l'armagnac. Il est par ailleurs l'auteur, le 6 octobre 1955, d'une proposition de loi tendant à modifier la loi du 5 octobre 1946, en vue de supprimer la division en deux circonscriptions du département de la Gironde.

Emile Liquard vote pour la proposition relative au compte spécial scolaire, dite loi Barangé-Marie (21 septembre 1951). Il s'oppose à l'adoption du projet de loi relatif à la création de la CECA (13 décembre), s'abstient volontairement le jour du vote de l'investiture du cabinet Pinay (6 mars 1952), mais vote la confiance au cabinet Laniel (26 juin 1953) et au cabinet Mendès France (17 juin 1954). Emile Liquard vote pour la question préalable opposée à la discussion du projet de ratification du traité de Paris (30 août, vote équivalent au rejet de la CED) ; il vote pour la ratification des accords de Paris (29 décembre), figure parmi les quarante-cinq députés Républicains sociaux qui soutiennent encore Pierre Mendès France le jour de sa chute (5 février 1955), et soutient la formation du cabinet Faure (23 février).

Emile Liquard sollicite le renouvellement de son mandat aux élections législatives du 2 janvier 1956 ; il figure de nouveau en deuxième position, derrière Jacques Chaban Delmas, sur la liste des Républicains sociaux. En Gironde comme sur l'ensemble du territoire national, le mouvement gaulliste enregistre un net repli : avec 58 385 voix sur 267543 suffrages exprimés, il ne retrouve que deux de ses trois élus. Ce recul bénéficie à la liste communiste de Marc Dupuy et à la liste poujadiste conduite par Victor Luis-Reoyo.

Emile Liquard retrouve la Commission des boissons, la Commission de la marine marchande et des pêches, la Commission des moyens de communication et du tourisme et la vice-présidence de l'Assemblée nationale. Son activité parlementaire, au cours de la législature, témoigne d'un certain éclectisme : il dépose ainsi, le 22 février 1956, une proposition de résolution tendant à inviter le gouvernement à prendre les mesures nécessaires pour venir en aide aux ostréiculteurs, viticulteurs, maraîchers et agriculteurs de la Gironde. Le même jour, Emile Liquard dépose un autre texte visant à modifier les conditions d'éligibilité aux fonctions électives : tout étranger naturalisé ne pourrait accéder à des fonctions politiques électives que vingt-cinq ans au moins après la parution de son décret de naturalisation. Le député de la Gironde se défend de tout « ostracisme envers ceux qui ont voulu délibérément choisir la France », mais considère qu' « à une heure où, face à des problèmes graves, les assemblées auront à prendre de lourdes responsabilités qui imposeront sans doute à la Nation de pénibles sacrifices, il importe que ceux qui les demanderont au pays soient à l'abri de tous reproches même injustifiés » et qu'ils disposent d'« une connaissance intime et profonde des réactions et des sentiments de la Nation ».

Au cours de la législature, Emile Liquard soutient la formation du cabinet Mollet (31 janvier 1956) ; il approuve le programme gouvernemental pour l'Algérie (12 mars), de même qu'il se prononce en faveur de l'investiture de Maurice Bourgès-Maunoury à la Présidence du Conseil (12 juin 1957). Emile Liquard vote contre la ratification des traités instituant la Communauté économique européenne et la Communauté européenne de l'énergie atomique (9 juillet), mais accorde sa confiance au cabinet Gaillard (5 novembre). Il se prononce en faveur du projet de loi relatif aux pouvoirs spéciaux en Algérie (12 novembre), refuse sa confiance à Pierre Pflimlin (13 mai 1958), vote contre la révision de la Constitution (27 mai), mais pour l'investiture du général de Gaulle (1er juin) et pour les projets de loi relatifs aux pleins pouvoirs et à la révision constitutionnelle (2 juin).

C'est sous l'étiquette de l'UNR qu'il se présente, le 30 novembre 1958, aux élections législatives dans la 5e circonscription de la Gironde ; réélu une nouvelle fois, il choisit de s'impliquer dans les questions européennes, assurant de 1959 à 1962 la présidence de la délégation française à l'UEO et la vice-présidence du Conseil de l'Europe.

Emile Liquard est battu aux élections législatives du 25 novembre 1962, convoquées après la dissolution de l'Assemblée nationale par le général de Gaulle. Il ne sollicite plus, dès lors, que des mandats locaux, occupant jusqu'en 1964 les fonctions de conseiller général du canton de Lesparre, et jusqu'en 1977 celles de maire de sa ville natale de Saint-Germain d'Esteuil.

Il décède le 25 janvier 1984 à Lesparre.



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