Emile Bizet

1920 - 1983

Informations générales
  • Né le 17 octobre 1920 à Le teilleul (Manche - France)
  • Décédé le 8 février 1983 à Caen (Calvados - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 18 novembre 1962 au 2 avril 1967
Département
Manche
Groupe
Union pour la nouvelle République-UDT
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 12 mars 1967 au 30 mai 1968
Département
Manche
Groupe
Union démocratique pour la V° République
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IVe législature
Mandat
Du 23 juin 1968 au 1er avril 1973
Département
Manche
Groupe
Union des démocrates pour la République
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
Ve législature
Mandat
Du 11 mars 1973 au 2 avril 1978
Département
Manche
Groupe
Union des démocrates pour la République
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
VIe législature
Mandat
Du 19 mars 1978 au 22 mai 1981
Département
Manche
Groupe
Rassemblement pour la République
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
VIIe législature
Mandat
Du 14 juin 1981 au 8 février 1983
Département
Manche
Groupe
Rassemblement pour la République

Biographies

Biographie de la Ve République

BIZET (Emile, Alphonse, Albert, Louis)
Né le 17 octobre 1920 au Teilleul (Manche)
Décédé le 8 février 1983 à Caen (Calvados)

Député de la Manche de 1962 à 1983

Fils d’un père agriculteur et d’une mère commerçante, issu d’une famille d’éleveurs depuis plusieurs siècles, Emile Bizet est élève à l’école du Teilleul puis au collège de Mortain en 1931, avant de poursuivre ses études secondaires au collège Littré d’Avranches et à l’école régionale d’agriculture des Trois Croix à Rennes. Il entame ensuite des études qui lui permettent de rester en contact avec la campagne normande qu’il affectionne particulièrement. Il devient ingénieur agricole en 1941 après l’obtention du diplôme de l’Ecole nationale de Rennes-Grignon et débute des études de sciences à la faculté de Rennes. Admis au concours des écoles nationales vétérinaires en 1942, il refuse de se soumettre au Service du Travail Obligatoire, entre dans la clandestinité, est arrêté plusieurs fois mais parvient à s’échapper. Après la guerre, il devient docteur vétérinaire en 1947, à la suite de ses études à l’école de Maisons-Alfort. Il s’installe l’année suivante dans le sud du département de la Manche, à Barenton, pour y exercer sa profession. Il devient le maire de cette ville en 1952 et la dirige jusqu’à sa disparition. Il épouse Arlette Montecot le 2 septembre 1946, dont il a quatre enfants.
Après un échec aux élections législatives de 1956 sur une liste des paysans d’union sociale, Emile Bizet est élu dès le premier tour député de la 2e circonscription de la Manche (Avranches-Mortain) le 18 novembre 1962. Candidat de l’Union républicaine d’action sociale, familiale et rurale, soutenant le général de Gaulle, il bat le député sortant et indépendant Pierre Henault qui avait voté contre la levée de l’immunité parlementaire de Georges Bidault et qui était partisan de l’Algérie française (22.382 voix contre 12.043). La campagne d’Emile Bizet, axée sur la volonté de rendre leur prospérité aux campagnes et de faire respecter le « oui » du référendum du 28 octobre sur le projet gaullien d’élection au suffrage universel du président de la République, séduisit les électeurs. Soutenu pour ce scrutin à la fois par l’Union pour la nouvelle République (l’UNR) et par le Mouvement républicain populaire (MRP), il adhère au groupe du Centre démocratique de l’Assemblée nationale pour ne pas rompre avec les militants MRP de son département et avec l’accord de Louis Terrenoire, alors secrétaire général de l’UNR. Ce positionnement entre centrisme et gaullisme est bien visible lors de son premier mandat, puisqu’au printemps 1966 il ne vote pas la motion de censure le 20 avril sur le retrait de la France des structures militaires de l’OTAN. Pendant cette législature, il participe aux travaux de la Commission des affaires culturelles, familiales et sociales et est également élu conseiller général de la Manche en 1964. Il est ensuite confirmé dans ses différents mandats jusqu’à sa disparition. Le 12 mars 1967, il remporte l’élection législative au second tour comme apparenté UD-Ve République, face à Paul Guinebault, son principal adversaire (27.485 voix contre 21.035). A partir de cette date, il s'associe aux groupes gaullistes à l’Assemblée, siège à la Commission de la production et des échanges et représente également l’Assemblée nationale au Conseil de l’Europe. Le 23 juin 1968, il est candidat officiel de l’Union des démocrates pour la République (UDR) et est élu dès le premier tour, distançant largement Armand Roquet, candidat du Parti socialiste unifié, et Claude Lacoste, candidat du Parti communiste (41.793 voix contre 5.254 pour le représentant du PSU et 2.730 pour celui du PCF). Après les événements de mai 68, lors du scrutin du 10 octobre sur les sanctions disciplinaires en cas d’atteinte aux libertés ou à l’ordre public dans l’enceinte universitaire, il vote contre la majorité, ayant pourtant insisté lors de la campagne électorale du mois de juin sur l’union à réaliser face aux violences étudiantes. Cependant, le même jour, il accorde son suffrage au projet de loi d’orientation sur l’enseignement supérieur. Le 11 mars 1973, il est réélu au second tour comme candidat UDR, de même que le 19 mars 1978 comme candidat du Rassemblement pour la République (RPR). Président du groupe d’étude parlementaire des problèmes du Quart-Monde à partir de 1975, membre de la commission nationale d’urbanisme commercial à partir de 1977, il soutient sans discontinuer les gouvernements jusqu’en 1981 et vote généralement au côté de la majorité, malgré son refus de la loi sur l’IVG le 28 novembre 1974 ou de celle sur la réforme du divorce le 4 juin 1975. En mai 1974, il choisit de soutenir à l’élection présidentielle Jean Royer et en 1981 il se prononce d’abord en faveur de la candidature de Michel Debré avant de s’engager dans la campagne de Jacques Chirac. Mais ces choix ne le privent pas du soutien de ses électeurs. Le 14 juin 1981, il est réélu député dès le premier tour, soutenu par le RPR et partisan du programme de l’Union pour la nouvelle majorité. Après la victoire présidentielle de François Mitterrand, face à deux adversaires socialiste et communiste, les électeurs lui font confiance sur un projet d’hostilité à la politique du gouvernement de Pierre Mauroy (il obtient 69,2 % des voix contre 26,3 % pour le candidat socialiste et 4,4 % pour le candidat communiste). Il est alors l’un des candidats gaullistes les mieux élus de France.
Déjà très engagé pour le rayonnement de sa région et la défense de l’équipement des zones rurales par ses fonctions de conseiller général et sa présidence de nombreuses associations de développement et d’aménagement rural, en particulier au sein du parc naturel régional Normandie-Maine et comme président de l’amicale des parlementaires normands pour le développement touristique de leur province, il est aussi à l’Assemblée un député actif. Grand spécialiste des questions liées à l’agriculture et à l’élevage, il est particulièrement dynamique lors des grands débats sur ces thèmes, notamment au moment des discussions des lois d’orientation agricoles. Il est d’ailleurs un interlocuteur privilégié de tous les ministres de l’Agriculture. Pendant la législature 1962-1967, il prend de nombreuses fois la parole pour défendre les éleveurs et le monde agricole dans les débats budgétaires, ainsi que sur les discussions portant sur l’aménagement rural. Il défend en particulier le désenclavement des zones rurales par les transports, l’amélioration du statut du fermage ainsi que l’assurance maladie et l’assurance maternité des travailleurs non salariés des professions non agricoles. Le 21 octobre 1963, il propose une loi tendant à modifier l’article 20 de la loi n°62-933 du 8 août 1962 complémentaire à la loi d’orientation agricole. Au cours de la législature suivante, au printemps 1967, il prend part aux débats sur la déclaration du gouvernement concernant les problèmes de la jeunesse, défendant l’élévation de son niveau de vie et s’intéressant particulièrement aux problèmes des jeunes ruraux. Sur la déclaration de politique économique et financière du gouvernement, il émet des inquiétudes à propos des agriculteurs et des éleveurs de l’Ouest et s’interroge sur les modalités d’aides financières de la Communauté économique européenne concernant notamment l’aide à l’agriculture non intégrée et le rôle du Fonds européen d’orientation et de garantie agricole. Par la suite, il continue à défendre le monde agricole et rural, dépose une proposition de loi relative au sinistre des bâtiments loués le 20 décembre 1968, une autre le 25 novembre 1970 à propos de l’emploi des pesticides, insecticides et herbicides et effectue deux rapports législatifs au nom de la Commission des affaires sociales, le premier en avril 1969 sur des propositions de lois tendant à généraliser la lutte contre la brucellose bovine et le second le 28 mai 1970 concernant la création d’un label du veau élevé au lait. Au cours de la Ve législature, de 1973 à 1978, Emile Bizet déploie à nouveau une importante activité parlementaire, toujours très actif sur les questions agricoles et rurales. Il est par exemple rapporteur au nom de sa commission sur le projet de loi portant modification du statut du fermage en 1974-1975 et sur le projet de loi relatif à la mise en valeur des terres incultes en 1977. Il est aussi membre de la commission d’enquête sur l’organisation et les pratiques du commerce de la viande en 1974 et représentant cette même année des élus locaux au sein de la commission nationale d’urbanisme commercial. Dans le même temps, le député dépose également plusieurs propositions de loi tendant respectivement à rendre obligatoire le don du sang pour les candidats au permis de conduire, à réglementer les dons d’organe, à assurer la résorption des surplus de denrées agricoles, à interdire les exportations de Calvados en vrac et pour habiliter les associations constituées pour la défense des intérêts du Quart-Monde à exercer l’action civile. Par deux fois il interroge le gouvernement dans l’hémicycle. La première fois, le 30 octobre 1974, à propos de la commercialisation de la procédure cidricole et la deuxième fois le 24 novembre 1976 concernant les prêts du crédit agricole. En 1980, il dépose une nouvelle proposition de loi au sujet de l’emploi des anabolisants pour l’élevage. L’année suivante, il est rapporteur de la proposition de loi tendant à réglementer la commercialisation et l’utilisation des substances vénéneuses pouvant être employées pour la fabrication d’aliments médicamenteux à usage vétérinaire.
Il meurt en fonction en 1983, à 62 ans, remplacé à l’Assemblée nationale par son suppléant, René André, avocat à Avranches et sans étiquette. Son décès fait perdre à l’Assemblée nationale l’un de ses plus anciens et l’un de ses plus actifs représentants. Lors de son éloge funèbre à la séance du 13 avril 1983, l’ensemble des députés et des membres du gouvernement salue « non seulement un parlementaire exemplaire, mais aussi un homme de bien ». Emile Bizet était officier du mérite agricole, titulaire de la croix du combattant volontaire de la Résistance, officier de l’ordre de l’Etoile équatoriale (Gabon) et officier de l’ordre national du Dahomey. Il publia un ouvrage, Lettres à mes enfants : pensées, maximes et poésies, édité par l’imprimerie OCEP de Barenton en 1975.

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