Jean, Edmond Ernoul

1829 - 1899

Informations générales
  • Né le 5 août 1829 à Loudun (Vienne - France)
  • Décédé le 5 septembre 1899 à Lussac-les-églises (Haute-Vienne - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Assemblée Nationale
Législature
Mandat
Du 8 février 1871 au 7 mars 1876
Département
Vienne
Groupe
Union des Droites

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Représentant en 1871 et ministre, né à Loudun (Vienne) le 5 août 1829, fils d'un secrétaire de préfecture, il fit ses études au lycée de Poitiers, où il eut M. Ranc pour condisciple, fut ensuite reçu licencié en droit et s'inscrivit au barreau de cette ville. La faveur du clergé et du parti conservateur lui assura une riche clientèle. M. Ernoul devint bâtonnier de son ordre.

Le 8 février 1871, il fut élu, le 6e et dernier de la liste monarchiste, par 54,720 voix sur 62,819 votants et 95,858 inscrits, représentant de la Vienne à l'Assemblée nationale. Il siégea à droite, vota:

- pour les préliminaires de paix,
- pour l'abrogation des lois d'exil,
- pour les prières publiques,
- pour le pouvoir constituant,
- contre le retour de l'Assemblée à Paris,
- pour la loi sur les maires,
- pour le cabinet de Broglie le 16 mai 1874,
- contre les propositions Périer et Malleville,
- contre les amendements Wallon et Pascal Duprat,
- et contre la Constitution du 25 février 1875.

M. Ernoul fut un des principaux orateurs de la droite à l'Assemblée de Versailles. Il débuta à la tribune le 20 juillet 1871, dans la discussion de la loi sur les conseils généraux. On remarqua son discours, qui contenait cette déclaration : « Nous voulons tous des institutions libérales. » Mais, dès le mois d'octobre 1871, M. Ernoul signa l'adresse d'adhésion au Syllabus, et peu après, il fit une visite au comte de Chambord à Anvers. Il prit une part active aux tentatives de fusion entre les deux branches de la maison de Bourbon et aux pourparlers engagés en vue du rétablissement de la monarchie.

Adversaire de la politique de Thiers, il l'attaqua vivement le 30 novembre 1872, déclara qu'il acceptait la République comme un fait, mais qu'il « entendait monter le bruit de la barbarie révolutionnaire », et somma le chef du pouvoir exécutif de se ranger nettement du côté des conservateurs de l'Assemblée. L'année suivante, dans la journée du 24 mai 1873, ce fut lui qui proposa l'ordre du jour motivé contre Thiers, ainsi conçu: « L'Assemblée nationale, considérant que la forme du gouvernement n'est pas mise en discussion, que l'Assemblée est saisie des lois constitutionnelles présentées en vertu de ses décisions et qu'elle doit examiner; mais que, dès aujourd'hui, il importe de rassurer le pays en faisant prévaloir dans le gouvernement une politique résolûment conservatrice, regrette que les récentes modifications ministérielles n'aient pas donné aux conservateurs la satisfaction qu'elle avait droit d'attendre, et passe à l'ordre du jour. » Cet ordre du jour fut voté, grâce à l'appoint du groupe Target, et amena la chute du président de la République et l'avènement du « gouvernement de combat. »

Le lendemain, M. Ernoul recut, dans le cabinet de Broglie, le portefeuille de la Justice. Il s'associa, en cette qualité, à toutes les mesures prises par le nouveau ministère, appuya la demande de mise en accusation de son ancien condisciple Ranc, devenu député, et soumit à l'Assemblée un projet de loi conférant à la commission de permanence le droit de faire poursuivre les journaux pour délit d'offense envers la majorité de la Chambre. Le 18 novembre 1873, après l'échec définitif des tentatives de restauration monarchique, M. Ernoul parla en faveur de la prorogation des pouvoirs du maréchal de Mac-Mahon. Il se démit cependant du portefeuille de la Justice le 26 novembre, et fut remplacé par M. Depeyre.

A partir de ce moment, le député de la Vienne eut à l'Assemblée un rôle moins important. Il déposa un rapport sur le traitement des instituteurs et prit aà la tribune la défense du journal légitimiste l'Union, qui venait d'être suspendu. Il dit à ce propos : « Je n'ai jamais admis qu'on pût faire de la loi du 20 novembre (loi du septennat) une sorte de préface à la République, car je croyais, je crois encore, que le pays ne recouvrera la vie qu'en retournant à ses anciennes traditions. »

Après la dissolution de l'Assemblée nationale, M. Ernoul posa sa candidature à la Chambre des députés dans la 1re circonscription de Poitiers, le 20 février 1876; mais il échoua avec 5,568 voix contre 5,992 à l'élu républicain, M. Salomon. Il reprit alors sa place au barreau de Poitiers, et fut, sans plus de succès, le candidat officiel du gouvernement du Seize-Mai le 14 octobre 1877 ; il réunit alors 5,920 voix contre 6,843 à M. Salomon, député sortant, réélu. Commandeur de l'ordre de Saint-Grégoire-leGrand.


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