Guy Desson

1909 - 1980

Informations générales
  • Né le 7 avril 1909 à Chelles (Seine-et-Marne - France)
  • Décédé le 4 avril 1980 à Chardeny (Ardennes - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 13 novembre 1947 au 4 juillet 1951
Département
Ardennes
Groupe
Socialiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 17 juin 1951 au 1er décembre 1955
Département
Ardennes
Groupe
Socialiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 2 janvier 1956 au 8 décembre 1958
Département
Ardennes
Groupe
Socialiste
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 12 mars 1967 au 30 mai 1968
Département
Ardennes
Groupe
Fédération de la gauche démocrate et socialiste

Biographies



Né le 7 avril 1909 à Chelles (Seine-et-Marne)
Décédé le 4 avril 1980 à Chardeny (Ardennes)

Député des Ardennes de 1947 à 1958

Guy Félicien Desson est né le 7 avril 1909 à Chelles (Seine-et-Marne), d'une famille d'origines ardennaises. Son père était industriel. Après son cursus secondaire, il entre à la Sorbonne pour y poursuivre des études littéraires, passe avec succès l'agrégation de grammaire et devient professeur de lettres à Vincennes, puis à Paris. Dès 1929 pourtant, il avait adhéré à la S.F.I.O., et menait conjointement depuis lors une activité journalistique qui va, progressivement, prendre une importance croissante.

Officier de réserve en 1939, Guy Desson n'accepte pas la capitulation, et devient rapidement actif dans la Résistance des Ardennes. Sa conduite lui vaudra de recevoir la Médaille militaire et la Croix de guerre. Puis, à l'issue des hostilités, il se tourne définitivement vers une carrière dans le journalisme, en particulier en tant que Secrétaire général du Populaire (1945-1947), le journal de Léon Blum, mais il s'intéresse aussi, dans le même temps, au développement de l'industrie cinématographique. Il figurera notamment parmi les promoteurs du festival de Cannes.

Guy Desson figure en troisième position sur la liste S.F.I.O. conduite par Jacques Bozzi dans les Ardennes aux élections du 21 octobre 1945 pour la première Assemblée nationale Constituante, mais la liste, avec 36 163 voix sur 119 205 suffrages exprimés, n'a qu'un seul élu. Le rejet du projet de Constitution par le référendum du 5 mai 1946 nécessite cependant la convocation rapide d'une nouvelle Assemblée Constituante.

Il peut donc à nouveau se présenter devant les électeurs des Ardennes, en seconde position sur la liste S.F.I.O. emmenée cette fois par Mme Andrée Viénot, présidente de la Commission départementale des Ardennes et ancien délégué à l'Assemblée consultative de Paris. Mais, avec 33 161 voix sur 123 255 suffrages exprimés, la liste n'a toujours qu'un seul élu. Lorsque Mme Viénot entre, comme sous-secrétaire d'Etat à la jeunesse et aux sports auprès de Marcel Edmond Naegelen, ministre de l'éducation nationale dans le cabinet Georges Bidault (24 juin 1946), elle appelle Guy Desson comme chef de cabinet.

Après le vote de la Constitution, les élections pour la première législature de la IVe République se déroulent le 10 novembre 1946, et Guy Desson sollicite à nouveau les suffrages des électeurs, toujours dans les Ardennes, en seconde position sur la liste S.F.I.O. que dirige Mme Andrée Viénot, toujours sous-secrétaire d'Etat à la jeunesse et aux sports. La liste socialiste, avec 28 469 voix sur 118 841 suffrages exprimés, emporte un seul des quatre sièges à pourvoir.

Le 28 novembre 1946, le cabinet Georges Bidault présente sa démission, mais il continue à expédier les affaires courantes jusqu'à la nomination du cabinet Léon Blum, le 16 décembre suivant. Dans celui-ci, Guy Desson devient chargé de mission auprès de Marcel Edmond Naegelen, qui conserve le portefeuille de l'éducation nationale. Puis il suit son ministre lorsque celui-ci entre, toujours avec le même portefeuille, dans le cabinet Paul Ramadier, et devient chargé de mission au cabinet du Président du Conseil (janvier-mai 1947).

A la suite de la démission de Mme Viénot de son mandat législatif, le 13 novembre 1947, Guy Desson est élu en remplacement et son élection est validée le 3 décembre suivant.

A l'Assemblée, le nouveau député des Ardennes entre à la Commission de la presse (1947-1949), dont il est élu secrétaire (1948, 1950), puis vice-président (1949, 1951). Egalement membre de la Commission du suffrage universel, du règlement et des pétitions (1947-1951), il est nommé juré à la Haute cour de justice (1948). Au cours de cette législature, il dépose huit textes, relatifs principalement au régime de la presse périodique et, le 27 octobre 1950, à la réglementation de l'affichage. Il prend en outre très largement part aux débats, et surtout, à partir du 12 août 1948, aux discussions sur l'élection des conseillers de la République.

Le 2 mars 1950, Guy Desson dépose une demande d'interpellation sur la réorganisation de la Radiodiffusion française, et intervient à plusieurs reprises dans la discussion budgétaire sur la radio, notamment comme rapporteur pour avis du budget de ce service pour 1950. Le 4 janvier 1951, il est également rapporteur du projet de loi sur la dévolution des biens des entreprises de presse.

Favorable à la nationalisation des écoles des houillères (14 mai 1948), Guy Desson approuve le plan Marshall (7 juillet), puis la constitution du Conseil de l'Europe (9 juillet 1949) et la ratification du Pacte de l'Atlantique (26 juillet). Enfin, il est partisan de la réforme électorale instituant le scrutin de liste majoritaire départemental à un tour avec apparentements (7 mai 1951).

Guy Desson dirige la liste du parti socialiste S.F.I.O. dans les Ardennes lors des élections du 17 juin 1951 pour la seconde législature de la IVe République. La liste S.F.I.O. avait conclu des accords d'apparentement avec les listes radical-socialiste, M.R.P. et U.I.P.R.N., de sorte que les quatre sièges à pourvoir dans le département sont enlevés par le groupement des listes apparentées. Lui-même est élu, avec 29 769 voix sur 123 274 suffrages exprimés, et la S.F.I.O. obtient un second siège, le parti communiste n'ayant, quant à lui, plus d'élu dans les Ardennes.

Le député des Ardennes retrouve, à l'Assemblée, la Commission de la presse, dont il devient vice-président (1951-1954), puis président (1955), mais il siège également à la Commission des affaires économiques (1951-1955), laquelle le désigne pour faire partie de la sous-commission chargée de suivre et d'apprécier la mise en œuvre de la convention de coopération économique et du programme de développement européen (1951).

Très actif, il dépose, au cours de cette législature, quarante et un textes, pour la plupart relatifs au régime de la presse ou de la librairie, de leurs fournitures (en papier notamment), de la radio et du cinéma. Le 10 avril 1952, il dépose une proposition de loi tendant à créer un fonds de développement de l'industrie cinématographique, et revient sur ce problème dans sa proposition de résolution du 17 février 1953, qui vise à étudier et à mettre en application des mesures susceptibles d'aider la petite industrie cinématographique. Enfin, il participe activement aux débats sur ces mêmes problèmes, et, en particulier, sur la situation des biens de presse en Algérie (11 avril 1952). Rapporteur pour avis du budget de la Radiodiffusion Télévision française en 1952 et 1953, il est également rapporteur du projet de loi créant le fonds de développement de l'industrie cinématographique (6 février 1953 et jours suivants) : le 24 juillet 1953, il se rallie au texte amendé par le Conseil de la République.

Opposé au compte spécial scolaire (21 septembre 1951), Guy Desson approuve en revanche le projet de pool charbon-acier (13 décembre), mais refuse sa confiance à Antoine Pinay lors du scrutin d'investiture du 6 mars 1952. Opposé au cabinet Laniel (26 juin 1953), il se prononce pour le cessez-le-feu en Indochine (9 mars 1954) et refuse sa confiance au Gouvernement après Dien-Bien-Phû (13 mai). Enfin, il refuse à nouveau la confiance lors de la chute du cabinet (12 juin). Favorable à l'investiture de Pierre Mendès-France (17 juin), Guy Desson approuve les accords de Genève qui mettent fin aux hostilités en Indochine (23 juillet), mais, le 30 août suivant, il appuie la question préalable opposée par Edouard Herriot et le général Aumeran à la ratification du traité sur la Communauté européenne de défense (C.E.D.), dont l'adoption entraînera le rejet du traité. Le 29 décembre 1954, il se prononce contre les accords de Paris, qui autorisent le réarmement de la R.F.A. et son entrée dans l'O.T.A.N.

A la suite de ces prises de positions, Guy Desson est suspendu de la S.F.I.O. par le Comité directeur. Il sera cependant réintégré en juillet 1955.

Ayant soutenu le Gouvernement Mendès-France lors du scrutin du 4 février 1955 à la suite duquel celui-ci est renversé, le député des Ardennes refuse, le 23 février, sa confiance à Edgar Faure. Opposé à l'état d'urgence en Algérie (31 mars), il refuse à nouveau sa confiance au Gouvernement lors du vote du 29 novembre sur le mode de scrutin et la date des élections. Le 2 décembre suivant, l'Assemblée nationale est dissoute.

Guy Desson est élu, en 1950, membre du Conseil municipal, puis maire et conseiller général de Grandpré, petit chef-lieu de canton de l'arrondissement de Vouziers, et il est en outre, d'octobre 1953 à octobre 1956, président du Conseil supérieur de la cinématographie.

Les élections anticipées pour la troisième législature se déroulent le 2 janvier 1956, et Guy Desson sollicite le renouvellement de son mandat, en tête de la liste du Front républicain, présentée par le parti socialiste S.F.I.O. et le parti républicain radical et radical-socialiste dans les Ardennes. Bien qu'aucun apparentement n'ait été conclu, il réussit à améliorer considérablement son score et est réélu, avec 48 178 voix sur 135 442 suffrages exprimés. La liste socialiste conserve ainsi ses deux sièges.

Le député des Ardennes retrouve, à l'Assemblée, la Commission de la presse (1956-1958), dont il est élu président (1956-1958), et siège également à la Commission des boissons (1957). Il est désigné par la première pour faire partie de la sous-commission chargée de suivre et d'apprécier la gestion des entreprises nationalisées et des sociétés d'économie mixte (1957). Au cours de cette législature, Guy Desson dépose vingt textes, dont la plupart se rapportent au régime de la presse écrite, radiodiffusée ou télévisée, et au cinéma. Il intervient en outre largement dans les débats sur les mêmes sujets.

Favorable à l'investiture du Gouvernement Guy Mollet (31 janvier 1956), il accorde également sa confiance au Gouvernement à propos de la politique générale suivie en Afrique du Nord (5 juin). Egalement favorable à l'investiture du Gouvernement Bourgès-Maunoury (12 juin 1957), il approuve les traités instituant la C.E.E. et l'Euratom (9 juillet) et le projet de loi-cadre sur l'Algérie (30 septembre, chute du cabinet Bourgès-Maunoury). Guy Desson vote l'investiture à Pierre Pflimlim (13 mai 1958), l'état d'urgence sur le territoire métropolitain (16 mai) et la proposition de résolution tendant à décider la révision de certains articles de la Constitution (27 mai), mais il refuse la confiance au général de Gaulle (1er juin) tout comme l'octroi des pleins pouvoirs (2 juin). Enfin, il ne prend pas part au vote du même jour sur la révision constitutionnelle.



DESSON (Guy)
Né le 7 avril 1909 à Chelles (Seine et Marne)
Décédé le 4 avril 1980 à Chardeny (Ardennes)

Député des Ardennes de 1947 à 1958, puis de 1967 à 1968


L’avènement de la Ve République apporte de nombreux bouleversements dans la carrière politique de Guy Desson. Député des Ardennes depuis 1947 (il avait succédé à Andrée Viénot), il perd son siège aux élections de novembre 1958. Par ailleurs, ce tournant annonce sa prise de distance avec la SFIO, qu’il avait rejointe en 1930. En septembre 1958, il rejoint le Parti socialiste autonome (PSA), dont il intègre le comité politique national en avril 1960. Cet éloignement, qui découle d’un désaccord profond sur la politique algérienne et le ralliement de la SFIO à la Constitution de la Ve République, peut surprendre : figure du groupe parlementaire socialiste, homme d’appareil, arrivé au groupe parlementaire après avoir fréquenté les cabinets ministériels, Guy Desson avait été sous la IVe un influent président de la commission de la presse, de la radio et du cinéma, dirigeant par ailleurs le conseil supérieur de la cinématographie depuis 1955. Cependant, il avait également donné certains signes d’indépendance à l’égard de son parti, notamment par son opposition au projet de Communauté européenne de défense (CED), qui lui avait valu une exclusion temporaire en 1955.

Guy Desson poursuit donc sa trajectoire politique au sein de la gauche française sans jamais réellement renouer avec son ancienne formation. Membre et dirigeant du PSA, puis du Parti socialiste unifié (PSU), il en démissionne pour rejoindre la Fédération de la gauche démocrate et socialiste (FGDS) en 1968. Mais la fin de sa carrière politique le voit entrer progressivement dans l’orbite communiste : membre du conseil national du Mouvement pour la Paix à partir de 1970, il devient en novembre 1973 président délégué de l’association France-U.R.S.S. Sa dernière candidature aux élections législatives, en 1973, sera sous l’étiquette « Union Populaire », avec le soutien du Parti communiste. Cette trajectoire reste assez atypique dans le contexte des années 1970 : certes, le refus de la CED, et la très bonne entente de Guy Desson avec les communistes ardennais peuvent contribuer à l’expliquer. Cependant, après 1965, le P.S.U reste à l’écart du dialogue entre socialistes et communistes mené sous l’égide de François Mitterrand, et favorisé par le cadre de la FGDS. Mitterrand ira jusqu’à accuser le PSU, pour avoir présenté de nombreux « candidats-suicide » aux législatives, d’avoir distrait des voix qui auraient permis un succès de la gauche. Cependant, en rejoignant la FGDS lors de son retour au Palais Bourbon en 1967, Guy Desson manifeste sans doute son refus de se tenir éloigné de ce dialogue au sein de la gauche française.

C’est donc une « traversée du désert » que Guy Desson entame en 1959. Il conserve certes son fief de Beaupré, dont il est maire et conseiller général depuis 1952. Son ancrage local est également assuré par son journal, le Réveil ardennais, dont il est directeur. Cependant, reconquérir un mandat national sans appartenir à une grande formation politique s’avère complexe. En 1959, puis en 1962, Guy Desson échoue nettement à conquérir un mandat de sénateur. De même, toujours en 1962, il est nettement battu par le général Roger Noiret dans la 3e circonscription des Ardennes. Cinq ans plus tard, Guy Desson bénéficie cependant d’une vague électorale bien plus favorable à la gauche. Dans sa profession de foi, bien loin de mettre en avant son appartenance au PSU, il se pose en défenseur de l’économie ardennaise sinistrée : « Vous savez tous que je me suis spécialisé dans les questions économiques, et que, président du comité d’expansion économique des Ardennes, j’ai volontairement démissionné de ce poste en 1958 parce que je ne voulais pas servir d’alibi ou de caution à la politique que je savais devoir être menée à l’égard du département ». Guy Desson tire d’un constat sombre (« Les Ardennes sont en danger ») un réquisitoire sévère contre la politique gaulliste (« La légende gaulliste sert de couverture à la politique de M. Pompidou, c’est-à-dire à la mainmise sur la France du grand capital financier »). C’est donc sur le terrain économique que Guy Desson prend ses principaux engagements (« Si vous me faites confiance, je m’engage à consacrer l’essentiel de mon travail parlementaire à ces problèmes de la vie ardennaise, à la lutte pour que s’arrête la décadence de la vie économique du département, pour qu’enfin, l’aménagement du territoire devienne autre chose qu’une comédie dérisoire, pour qu’enfin nos Ardennes ne soient plus sacrifiées »).

Le premier tour place Guy Desson en tête des candidats, avec 400 voix d’avance sur le député gaulliste sortant, Roger Noiret. Cependant, les réserves de voix semblent plus importantes à droite et au centre droit (celles du Républicain indépendant André Gilles et du MRP-Centre Démocrate Robert Chazelle) qu’à gauche (le communiste Guy du Souich). Si Guy Desson gagne 5000 voix par rapport à 1962, sa situation n’est donc pas si favorable. Dans sa circulaire de second tour, il reprend ses thématiques du premier tour (« A tous, je dis : je connais vos problèmes. Il faut les résoudre en adoptant des solutions humaines et généreuses, qui ne seront possibles pour nous que si l’équipement de base de nos Ardennes n’est pas systématiquement abandonné »), en évitant soigneusement toute considération politique. Alors que la participation entre les deux tours progresse peu, l’ampleur de la victoire de Guy Desson au second tour (avec 6000 voix d’avance sur Roger Noiret, et un nombre de voix presque doublé par rapport au premier tour) peut constituer une surprise : à l’évidence, une part non négligeable des voix du Centre démocrate s’est reportée sur son nom, tandis que le report des voix communistes a parfaitement fonctionné.

À 59 ans, Guy Desson retrouve donc le Palais Bourbon près de neuf ans après l’avoir quitté. D’abord apparenté au groupe de la FGDS, il décide de le rejoindre officiellement le 2 mai 1968, actant sa rupture avec le PSU. Membre de la commission des affaires étrangères, il n’intervient qu’une fois en séance publique, le 30 juin 1967, pour alerter l’Assemblée sur le licenciement d’ouvriers d’une usine d’Attigny en raison de leur participation à un mouvement de grève. En revanche, il prend part à un grand nombre de commissions spéciales, qui lui permettent de renouer avec son domaine de prédilection sous la IVe République, la presse et l’audiovisuel. Plusieurs de ces commissions traitent d’un sujet avoisinant, la question de la publicité pour des marques commerciales à l’antenne de l’O.R.T.F.

Cette législature est écourtée par la crise de mai et la dissolution de l’Assemblée à la fin du mois 1968. Si Guy Desson décide de se rapprocher de la gauche institutionnelle, portant aux élections de juin les couleurs de la FGDS, il est balayé, comme nombre de ses collègues, par la vague gaulliste, qui touche particulièrement les hommes de gauche ne pouvant s’appuyer sur une solide infrastructure partisane. En tête au premier tour avec 11 222 voix contre 9 437 à son principal concurrent, l’UDR Jacques Sourdille, il doit s’incliner au second tour, ne réunissant sur son nom que 19 643 bulletins alors que le candidat gaulliste en fédère 22 248. Cet échec semble le toucher particulièrement, et marquer le terme de sa carrière politique. On peut en effet constater qu’en dépit d’un ultime rapprochement avec le parti communiste, qui ne mènera à une dernière candidature infructueuse aux élections législatives de 1973, il abandonne dès 1970 ses mandats locaux de maire et de conseiller général de Beaupré.

Guy Desson meurt le 4 avril 1980, dans son département des Ardennes. Sa trajectoire sous la Ve République symbolise l’incapacité, pour les socialistes ayant quitté le parti à la fin de la IVe République par hostilité à la ligne suivie par Guy Mollet, à trouver une solution politique viable hors de la « vielle maison ». La plupart, comme Jean Poperen, regagneront le parti à la faveur de l’arrivée à sa tête de François Mitterrand. Le gros des troupes le fera à l’occasion des Assises du socialisme, qui suivent l’élection présidentielle de 1974. Guy Desson, ancienne figure importante du parti sous la IVe, s’est efforcé, quant à lui, pendant une quinzaine d’années, de ne pas revenir sur ce choix inconfortable effectué à l’orée de la Ve République.



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