Michel Alcan

1810 - 1877

Informations générales
  • Né le 24 mai 1810 à Donnelay (Moselle - France)
  • Décédé le 26 janvier 1877 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Deuxième République
Législature
Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 23 avril 1848 au 26 mai 1849
Département
Eure
Groupe
Gauche modérée

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Représentant du peuple à l’Assemblée constituante de 1848 pour le département de l'Eure, né à Donnelay (Meurthe), le 21 mai 1811, mort à Paris, le 26 janvier 1877, il était fils d'un ancien soldat de la République, de famille israélite; il fut dans son enfance employé aux travaux des champs, puis mis en apprentissage chez un relieur de Nancy. En même temps il suivait des cours publics; à force de travail et de persévérance, il fit ainsi des études sérieuses qu'il acheva à Paris, et parvint à entrer à l'Ecole centrale des arts et manufactures. Il avait pris part à la lutte sur les barricades en Juillet 1830.

Devenu ingénieur civil, il se fixa à Louviers, et de là à Elbeuf; on lui doit d'intéressants perfectionnements des procédés de tissage. Nommé, en 1845, professeur de filature et de tissage à l'Ecole centrale des arts et manufactures, il publia d'importants ouvrages sur l'industrie des matières textiles.
Après la Révolution de Février, il fut élu dans le département de l'Eure, comme candidat démocrate, représentant du peuple, le septième sur onze, par 59,267 voix sur 99,709 votants (le procès verbal d'élection ne donne pas le chiffre des électeurs inscrits). Il s'était présenté en même temps dans le département de la Seine. « Un des premiers devoirs de la nouvelle représentation, disait-il dans une de ses professions de foi, où il se recommandait de Dupont (de l'Eure), sera d'assurer à notre peuple agricole d'importantes améliorations, parce qu'il est en même temps le père nourricier et le client le plus important du travailleur de nos ateliers et de nos usines .»

A l'Assemblée, Alcan fit partie du comité de travail. Adversaire du communisme et des théories qui avaient prévalu à la commission du Luxembourg, il intervint à plusieurs reprises dans la discussion des propositions relatives au sort des ouvriers. Dans la séance du 15 novembre 1848, il appuya le projet du ministre de l'Agriculture et du Commerce, accordant une somme de 3 millions aux associations entre ouvriers et aux associations entre patrons et ouvriers. Il s'agissait de fixer le taux d'intérêt de la somme prêtée aux associations. Alcan, d'accord avec le gouvernement, proposa l'intérêt de 3 pour 0/0, quelque fût le montant du prêt. M. Paulin Gillon, au nom de la commission proposait l'intérêt de 5 0/0 pour les prêts de sommes au-dessus de 25,000 francs et de 3 0/0 seulement pour les prêts ne dépassant pas cette somme.
Le système de la commission fut adopté. Alcan soutint, avec la fraction la plus modérée de la gauche, l'administration de Cavaignac; il vota :

- le 26 mai 1848, pour le bannissement de la famille d'Orléans;
- le 28 juin, pour le décret contre les clubs;
- le 9 août, contre la loi rétablissant le cautionnement ;
- le 26 août, contre les poursuites contre Louis Blanc ;
- le 18 septembre, pour l'abolition de la peine de mort;
- le 25 septembre, pour l'impôt proportionnel préféré à l'impôt progressif;
- le 27 septembre, contre l'institution de deux Chambres ;
- le 7 octobre, pour l'amendement Grévy contre la présidence ;
- le 25 novembre, pour l'ordre du jour: « Le général Cavaignac a bien mérité de la patrie; »
- le 12 janvier 1849, contre la proposition Rateau;
- le 16 avril, contre le vote de 1,200,000 francs pour l'expédition de Rome;
- le 11 mai, pour la demande d'accusation contre le prince Louis-Napoléon et ses ministres.

Alcan ne cessa, depuis l'élection présidentielle du 10 décembre 1848, de se montrer hostile à la politique de l'Elysée. Il ne fut pas candidat aux élections de l'Assemblée législative, et il reprit son cours de filature et de tissage, en même temps que ses recherches scientifiques. A la suite de l'Exposition universelle de 1855, il fut, sur la proposition du jury, décoré de la Légion d'honneur. Il a été promu au grade d'officier le 3 août 1875.

Date de mise à jour: octobre 2015