Onglet actif : Lettre d'Olympe de Gouges au duc d'Orléans, 4 juillet 1789
Onglet actif : La lettre
Cette très rare lettre signée par Olympe de Gouges est entrée dans les collections de l’Assemblée nationale en 2014. Elle vient compléter le fonds
Olympe de Gouges constitué de documents de nature très différente. Outre une dizaine d’affiches à l’image de ses combats, est conservée une édition de 1788 de « Zamore et Mirza ou l’heureux naufrage », la plus emblématique de ses pièces dans laquelle elle dénonce l’esclavage. Ce fonds comporte également un recueil de plusieurs de ses écrits politiques dont sa célèbre « Lettre au peuple ou projet d'une caisse patriotique », ainsi qu’une édition de 1793 de sa pièce « L’entrée de Dumouriez à Bruxelles », adressée à la Convention.
Dans cette lettre, celle qui s'adresse avec déférence au Duc d'Orléans, cousin du Roi et futur Philippe-Egalité, à l'aube de la Révolution, pour solliciter l’autorisation de publier un « Journal du peuple », est une femme encore respectueuse de l'ordre établi, mais profondément marquée par les injustices de son temps et déterminée à les combattre.
C'est d’abord par ses pièces de théâtre qu'Olympe de Gouges dénonce les discriminations sociales et politiques dont elle est témoin ; mais les difficultés auxquelles elle se heurte régulièrement pour les faire représenter, à l’image de « Zamore et Mirza ou l'heureux naufrage » dans laquelle elle dénonce l'esclavage, ont finalement raison de sa patience.
Au moment où la France s'apprête à entrer dans la Révolution, l'auteure Olympe de Gouges entre sur la scène politique.
En 1788, elle élabore un « Projet d’une caisse patriotique » préconisant un impôt volontaire pour assainir les finances publiques. Dans ses « Remarques patriotiques » publiées la même année, elle déplore l’aveuglement de la monarchie, dénonce avec vigueur la misère qui frappe les plus faibles et décline des propositions sociales particulièrement novatrices, telles la création d'ateliers pour les ouvriers sans travail ou l'accueil des femmes, enfants et personnes âgées démunis.
C'est donc une Olympe de Gouges déterminée à agir qui, le 13 mai puis le 12 juin 1789, s'adresse au censeur royal pour obtenir l’autorisation de publier « Journal du peuple ». Elle s'est installée à Versailles pour suivre au plus près la réunion des États généraux, veut faire entendre sa voix, mais redoute la montée d'une violence qu'elle exècre et souhaite, à tout prix, préserver l’unité nationale.
N'obtenant pas de réponse positive, c'est le Duc d'Orléans qu'elle interpelle, le 4 juillet, par cette lettre manuscrite qui, à l'initiative du Bureau, vient de rejoindre les écrits d'Olympe de Gouges conservés à l'Assemblée nationale.
Si son projet de « Journal du peuple » est emporté par la tourmente révolutionnaire,
Olympe de Gouges ne s'arrêtera plus. Elle portera ses audacieuses propositions de réformes et plaidera la cause des femmes jusqu'à son exécution, le 3 novembre 1793.



