Brexit et entreprises: organisation d'une table ronde

Jeudi 24 novembre 2016 matin, la mission d’information a organisé une table ronde sur l’incidence du Brexit sur les entreprises.

Participeront à cette table ronde Michel Guilbaud, directeur général du MEDEF, David Hubert Delisle, directeur adjoint Invest de Business France, Thaima Samman, avocate aux barreaux de Paris et de Bruxelles et experte dans les politiques et les régulations financières, Philippe Coq, secrétaire général des affaires publiques d’Airbus Group, Pierre Todorov, secrétaire général du Groupe EDF et Hubert Carré, directeur général du Comité National des Pêches Maritimes et des Élevages Marins (CNPMEM).

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Actuellement, le Royaume-Uni est le cinquième client de la France et son huitième fournisseur. En 2015, il représente le premier excédent commercial avec 12,2 milliards d’euros. La France ne sera pas le pays européen le plus impacté économiquement par la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, les entreprises françaises doivent pourtant anticiper de fortes répercutions.

Les entreprises doivent ainsi s’attendre à une augmentation temporaire de la compétitivité des entreprises britanniques du fait de la baisse de la livre sterling mais aussi à une baisse, à terme, du pouvoir d’achat des britanniques. Ces fluctuations monétaires risquent également d’augmenter le risque de change dans le cadre des échanges commerciaux avec les britanniques. En outre, les incertitudes sur la teneur des futurs accords commerciaux entre le Royaume-Uni et l’Union peuvent contrarier les projets d’investissements au Royaume-Uni. Enfin, il est possible que les britanniques tentent de s’émanciper de certaines normes européennes lors de la rédaction des textes qui viendraient remplacer la réglementation de l’Union.

Cependant, lors du cinquième Conseil stratégique de l’attractivité qui s’est tenu à l’Élysée le 18 novembre 2016, certains chefs d’entreprises ont considéré que le Brexit consistait une vraie chance d’attirer en France des groupes étrangers implantés au Royaume-Uni. En tout état de cause, certains secteurs subiront plus que d’autres les effets du Brexit.

C’est pourquoi, la mission d’information a tenu à entendre des représentants d’Airbus, d’EDF et du CNPMEM.

Airbus risque en effet d’être très défavorablement impacté par l’éventuelle sortie du Royaume-Uni du marché commun. Ce sont dans les usines implantées au Royaume-Uni que l’avionneur construit les ailes de tous ses avions. L’industriel y emploie 15 000 personnes et y travaille avec 4 000 sous-traitants représentant 100 000 personnes. Par ailleurs, le Brexit pourrait priver les sites britanniques des subventions européennes en recherche et développement.

Les conditions de sortie du Royaume-Uni de l’Union pourraient également avoir des conséquences très importantes pour EDF. L’énergéticien s’est en effet implanté au Royaume-Uni à travers le projet stratégique de la construction d’un EPR à Hinckley Point pour un montant estimé à 22 milliards d’euros.

Enfin, la sortie du Royaume-Uni de la politique commune de pêche pourrait avoir des conséquences très défavorables au secteur de la pêche. Les français pourraient se voir refuser l’accès aux pêcheries britanniques qui représentent près de 50 % des captures des pêcheurs de la façade nord, notamment en cabillauds, harengs ou maquereaux. Hubert Carré, estime que cela pourrait entraîner la perte « d’un milliard d’euros de chiffre d’affaires et près de 4 000 emplois ».