Onglet actif : Le jardin des Quatre-Colonnes

Jardin des Quatre-Colonnes
© Assemblée nationale
Comme son nom l’indique, ce jardin mène à la salle des « Quatre-Colonnes » réservée aux entretiens accordés par les députés aux journalistes.
Par beau temps, les interviews peuvent même s’y dérouler et il n’est pas rare d’en apercevoir quelques images télévisées. Il est le seul vestige des jardins à la française du Palais-Bourbon d’origine. Il abrite une statue de Montesquieu, écrivain et philosophe français du XVIIIe siècle qui fut l’un des penseurs majeurs de l’organisation politique des sociétés modernes et l’un des premiers à évoquer le principe de séparation des pouvoirs.
Des petites bordures de buis viennent délimiter les zones engazonnées et celles réservées aux fleurs. Les arbres et arbustes sont quant à eux entourés de haies de troènes.
Les fleurs sont choisies non seulement pour leurs qualités esthétiques, mais aussi pour la durée de leur floraison car elles doivent rester en place plusieurs mois. Au printemps on retrouve généralement des bulbes (tulipes, narcisses, jacinthes, etc.), des primevères, des pensées, des giroflées, des myosotis, des pavots et autres fleurs résistant au froid, offrant toute une palette de couleurs pour célébrer le retour des beaux jours. En été le jardin devient plus « exubérant » : les roses exhalent leurs parfums ; les gauras, fuchsias, dahlias, verveines de Buenos Aires, pétunias, géraniums, bégonias, cléomes blancs ou roses, sauges bleues ou blanches, alysses odorantes, cinéraires maritimes aux fleurs jaunes… viennent décliner leurs coloris chatoyants.
L’ensemble constitue un formidable garde-manger pour les abeilles dont les ruches sont installées sur une toiture en surplomb du jardin. Les abeilles bénéficient également, au petit matin, de l’arrosage automatique du gazon : il n’est pas rare de les voir raser le sol pour recueillir des gouttelettes, notamment lors d’épisodes de chaleur. On pourrait presque parler de troisième buvette à l’Assemblée nationale, après celle des parlementaires et celle des journalistes.
Deux plantations sont effectuées chaque année : une à l’automne (octobre/novembre) en vue du fleurissement de printemps et une deuxième (mai/juin) pour les fleurs qui s’épanouissent de l’été à l’automne.
Les arbres et les arbustes du jardin des Quatre-Colonnes
Les arbres et arbustes de ce jardin d’un peu plus de 1 500 m² représentent une belle diversité végétale. On peut y admirer un beau fagus sylvatica «purpurea» (hêtre pourpre très décoratif que l’on retrouve également sous la forme de bonsaïs) : son bois a un grain fin apprécié pour la réalisation de petites menuiseries (assises, escaliers, etc.) et aussi pour la fabrication de la pâte à papier.
Des cotinus coggygria «royal purple» y ont également trouvé leur place. Ces arbustes présentent un feuillage aromatique, ovale et lisse, rouge pourpre prenant une teinte pourpre violacée à l’automne. Ils tirent leur nom de kotinos (couronne d’olivier en grec qui à l’origine était l’unique prix récompensant le vainqueur de chacune des épreuves des jeux olympiques antiques). Un symphonia (palétuvier jaune ou manil), d’origine tropicale, offre des fleurs rouges qui donnent des fruits ovales jaunes à maturité. Le symphonia peut atteindre 25/30 m et son bois peut être employé pour la fabrication de charpentes.
Un paulownia (originaire de Chine et de Corée) est un des premiers à la sortie de l’hiver à offrir ses fleurs tubuleuses et rappelant celles du muflier, violettes, s’épanouissant avant la sortie des feuilles. Ses fleurs dégagent un parfum qui rappelle celui de la violette et donnent des fruits en capsules de la grosseur d’une noix. Il tire son nom de la noblesse et de la beauté de la princesse Anna Pavlovna de Russie. C’est entre 1850 et 1900 environ qu’il est apparu en France.
Deux acer negundo encadrent l’emmarchement menant à la salle des Quatre-Colonnes. L’acer negundo (érable negundo ou negondo, érable à feuilles de frêne) est origine d’Amérique du Nord (il fait partie des érables dits américains). Il peut atteindre 15 à 20 m de hauteur et produit des fleurs mâles rougeâtres ou des fleurs femelles verdâtres selon les sujets. Ses fruits, de forme ailée en V et courbée aux extrémités, sont appelés « samares ».
Un amélanchier, originaire du Nord de l’Europe, vient offrir une belle parure blanche au printemps, tôt dans la saison, alors qu’à l’automne il présente un feuillage qui vire au rouge et or. Il produit des baies comestibles (utilisables en pâtisserie pour la confection de tartes et confitures) de couleur pourpre appelées les amélanches et également appréciées des oiseaux. Au Québec l’amélanchier est généralement connu sous le nom de « poire sauvage ».
Pour les arbres et arbustes plus « communs » implantés dans ce jardin on peut noter trois magnifiques magnolias grandiflora (Sud-Est des États-Unis), des prunus (il existe plus de 430 espèces réparties dans l’hémisphère Nord) dont un prunus serrulata (cerisier du Japon), des forsythias (floraison jaune), des corètes du Japon (floraison jaune), etc.
Cet espace a souvent accueilli un fruitier puisqu’un abricotier y a longtemps été productif (remplacé par des magnolias au moment de sa disparition), et aujourd’hui un figuier est abrité le long d’une façade, donnant lui aussi une double production dans l’année, destinée à la table de la Présidence.





