Onglet actif : Du Tigre au Père la Victoire
Onglet actif : Du Tigre au Père la Victoire
11 novembre 1918, il y a tout juste un siècle, la Première Guerre mondiale, avec ses 18 millions de morts, s’achève.
George Clemenceau, alors Président du Conseil et Ministre de la Guerre, partisan d’une victoire totale sur l’Empire allemand, entre pour toujours dans la postérité et dans le cœur des Français sous le nom de « Père la Victoire ». Il a alors 76 ans.
La fin de la Première Guerre mondiale, qui vit l’Alsace et Lorraine redevenir françaises, grâce à l’action énergique de celui que l’on surnomma « le Tigre », marque l’apogée d’un parcours politique et d’une vie hors-norme.
Elle mena Georges Clemenceau sur les bancs de l’Assemblée nationale où il siégea de nombreuses années (en 1871 puis de 1876 à 1893), en tant que républicain radical. Il y défendit notamment l’amnistie pour les Communards, l’abolition de la peine de mort, l’impôt sur le revenu, les retraites ouvrières, l’instruction obligatoire gratuite et laïque, la séparation de l’État et des églises et pourfendit la colonisation, récusant l’idée qu’il existerait des civilisations « supérieures » à d’autres.
Sur les bancs de l’Assemblée, cet orateur hors pair, capable de mettre plusieurs gouvernements en minorité, gagna le surnom de « tombeur des ministères ».
Nommé ministre de l’Intérieur en 1906, à l’âge de 64 ans, il créa les premières brigades de police mobile, les fameuses « brigades du Tigre », pour lutter contre le banditisme, et soutint la création d’une police scientifique. Face aux insurrections ouvrières qui se multipliaient dans le pays, Clemenceau fit le choix de la répression, s’appuyant sur l’armée pour faire cesser les grèves, suscitant la vive opposition des socialistes, emmenés par son grand rival, Jean Jaurès.
Grand homme d’Etat, Georges Clemenceau fut aussi, tout au long de sa vie, un journaliste dans l’âme et un homme de presse, menant avec sa plume de nombreux combats contre l’injustice (OU les injustices). Défenseur du capitaine Dreyfus, aux côtés d’Émile Zola, il suggéra à ce dernier d’intituler « J’accuse ! » sa fameuse lettre ouverte dénonçant l’antisémitisme et les erreurs judiciaires dont fut victime Alfred Dreyfus. C’est d’ailleurs dans le journal l’Aurore, dont Clemenceau était l’éditorialiste, que celle-ci fut publiée.
La vie de Clemenceau est celle d’un homme aux multiples visages, que Winston Churchill évoquait ainsi : « Dans la mesure prodigieuse où un simple mortel peut incarner une nation, il a été la France. »




