L'Union sacrée à l'œuvre (1915-1917)

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Onglet actif : Le compromis politique de 1915

La session ordinaire des Chambres s’ouvre, comme le veut l’usage, le deuxième mardi du mois de janvier, soit le 12 janvier 1915.

Certains membres du gouvernement – Alexandre Millerand surtout – auraient souhaité que les Chambres s’ajournent à nouveau, mais une majorité de parlementaires est bien décidée à prendre sa part dans la conduite de la guerre et à contrôler le gouvernement. De leur côté, le président du Conseil et la majorité des ministres ne sont pas prêts à sortir de la légalité républicaine en mettant le Parlement en congé : celui-ci a seul le pouvoir de décider de son ajournement.

Après plusieurs mois de tractations, un compromis est trouvé : les Chambres obtiennent le droit de siéger en permanence jusqu’à la fin des hostilités, sauf vacances décidées par elles-mêmes. Le vote des crédits par tranches de trois mois (les « douzièmes provisoires »), annoncé par le ministre des Finances, Alexandre Ribot, garantit cet accord. En échange, les parlementaires acceptent de ne pas aborder en séance publique les questions militaires ou politiques qui pourraient renseigner l’ennemi. C’est au sein des commissions puis des comités secrets que ces débats auront lieu.

Paul Deschanel pourra affirmer, en janvier 1917 : « Ce sera l’éternel honneur de notre pays d’avoir su faire face au plus grave bouleversement de tous les âges sans avoir touché aux lois. »