Marcel Bousseau

1916 - 1982

Informations générales
  • Né le 6 août 1916 à Mortagne-sur-sèvres (Vendée - France)
  • Décédé le 8 juin 1982 à Luçon (Vendée - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 25 novembre 1962 au 2 avril 1967
Département
Vendée
Groupe
Union pour la nouvelle République-UDT
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 12 mars 1967 au 30 mai 1968
Département
Vendée
Groupe
Union démocratique pour la V° République
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IVe législature
Mandat
Du 23 juin 1968 au 1er avril 1973
Département
Vendée
Groupe
Union des démocrates pour la République

Biographies

Biographie de la Ve République

BOUSSEAU (Marcel, Maurice, Gabriel)
Né le 6 août 1916 à Mortagne-sur-Sèvre (Vendée)
Décédé le 8 juin 1982 à Luçon (Vendée)

Député de la Vendée de 1962 à 1973

Marcel Bousseau naît à Mortagne-sur-Sèvre –la commune compte alors un peu plus de 2000 habitants-, dans le Bocage vendéen, pendant la Première guerre mondiale. Il grandit au sein d’une famille de négociants et poursuit ses études secondaires à La Roche-sur-Yon, avant de gagner la faculté de pharmacie de Paris. Mobilisé dans les services de santé de l’armée en août 1939, il est renvoyé à la vie civile après la campagne de France et achève ses études en soutenant son doctorat de pharmacie. Ses spécialités sont la sérologie et l’hématologie. Il s’installe comme pharmacien à Chantonnay, en Vendée, à une quarantaine de kilomètres de sa ville natale, en 1943. Engagé dans la Résistance, Marcel Bousseau est notamment chargé d’organiser des parachutages. Arrêté en septembre 1943, il subit l’épreuve de la déportation et ne regagne Chantonnay qu’en juin 1945. Son action dans la clandestinité et contre l’occupant devait lui valoir d’obtenir la croix de guerre 1939-1945 et la médaille des combattants volontaires de la Résistance.
Pharmacien à Chantonnay jusqu’en 1950, Marcel Bousseau s’installe ensuite à Luçon, au sud du département de la Vendée. Rien ne semble le destiner à embrasser une carrière politique au début des années 1960. La ville de Luçon est alors située dans la deuxième circonscription de Vendée, qui a élu le maire du Givre Henri Caillemer comme député en novembre 1958. Celui-ci s’oppose à la politique du Gouvernement en Afrique du Nord à partir de septembre 1959 et participe à la création du Rassemblement pour l’Algérie française l’année suivante. A l’automne 1962, au lendemain de la dissolution de l’Assemblée nationale, c’est donc à Marcel Bousseau que l’Association pour la Vème République accorde son investiture dans la deuxième circonscription de Vendée. Dans sa profession de foi électorale, le pharmacien luçonnais, qui ne détient aucun mandat local mais a pour suppléant le maire de Chasnais Louis Bordron, appelle les électeurs de Vendée à barrer « la route aux battus du référendum ». Il invite que le sortant Henri Caillemer « a préconisé le non au dernier référendum » et l’accuse d’aspirer à renouer avec « les jeux politiques d’autrefois », c’est-à-dire de la IVème République. Marcel Bousseau arrive en tête du premier tour des législatives. Il obtient en effet 41,6% des suffrages exprimés et devance Henri Caillemer (31,6%). Le 25 novembre 1962, ce dernier perd son siège dans le cadre d’une triangulaire qui voit le succès du pharmacien luçonnais, élu avec 47% des suffrages exprimés.
Marcel Bousseau s’inscrit au groupe de l’UNR-UDT et siège à la Commission de la production et des échanges de l’Assemblée nationale sous la deuxième législature. Il dépose deux propositions de lois entre 1962 et 1967. Le premier de ces textes envisage de permettre aux sapeurs-pompiers volontaires de remplacer les obligations militaires par un stage de durée égale dans une unité de « soldats du feu » (29 octobre 1963), alors que le second prévoit d’organiser la lutte contre la brucellose bovine (28 octobre 1966). Le député de la Vendée se préoccupe surtout des problèmes du monde rural, comme l’élevage de purs-sangs (séance publique du 29 mai 1963), l’adduction d’eau dans les campagnes isolées (28 octobre 1965), l’insuffisance des bourses pour les enfants d’exploitants agricoles (26 octobre 1966) ou le ramassage scolaire (2 novembre 1966). Rapporteur de la loi sur le régime de garantie contre les calamités agricoles, il rappelle que le projet d’une assurance obligatoire contre ces risques remonte à 1882, sans qu’un régime permanent permettant de les couvrir ait jamais pu être mis au point. Il se livre à cette occasion à un éloge appuyé des valeurs du monde paysan et estime que « la population rurale a constitué très longtemps, et demeure, le creuset où a été forgée, où s’est trempée l’âme de la France ». Il assure que « c’est de cette population simple et saine que sont sortis ses chefs les plus éminents » (séance du 16 avril 1964).
Inquiet de la publicité donnée à certains faits de délinquance juvénile, le député vendéen préconise d’utiliser des mesures préventives avant de recourir à la répression. Il propose notamment l’extension des pouvoirs de police des préfets et des maires afin d’empêcher la diffusion de documents ou films « pouvant constituer un exemple ou un encouragement à la débauche, au vol ou au crime » (séance publique du 15 mai 1964).
Le 1er juin 1966, l’ancien résistant suggère au Gouvernement d’aménager le régime des forclusions qui empêche certains anciens combattants de faire valoir leur droit à pension. Quelques mois plus tard, il participe au débat sur le projet de loi de finances rectificative pour 1966 et s’étonne qu’en « raison de leurs conditions de fonctionnement ou de leur statut juridique, certains bureaux d’études deviennent imposables » au titre de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), « tandis que d’autres ne le sont pas » (séance publique du 1er décembre 1966). Les votes du député vendéen ne se distinguent pas des positions prises du groupe gaulliste de l’Assemblée nationale, qu’il s’agisse d’autoriser la ratification du traité de l’Elysée, qui consacre la réconciliation franco-allemande (13 juin 1963), d’encadrer le droit de grève dans les services publics (26 juillet 1963), de réformer le mode d’élection des conseillers municipaux (17 juin 1964) ou de transformer le service militaire en service « national » (26 mai 1965).
Marcel Bousseau sollicite le renouvellement de son mandat parlementaire à l’occasion des élections législatives de mars 1967. Investi par l’UD-Vème République, il a notamment pour adversaire le centriste Georges Mesmin. Cet inspecteur des finances devait devenir député de Paris en 1973, puis maire du XVIème arrondissement quatre ans plus tard. Mais le 5 mars 1967, c’est le sortant Marcel Bousseau qui arrive en tête dans la deuxième circonscription de Vendée avec 48,4% des suffrages exprimés, devant le candidat de la gauche modérée, Pierre Maury, maire de Velluire (23,8%). Georges Mesmin rallie 14,6% des électeurs et le communiste Roger Arnaud, 13,2%. Une semaine plus tard, la vague nationale favorable à l’opposition ne se fait que modérément sentir entre Luçon et Fontenay-le-Comte, puisque Marcel Bousseau s’y impose avec 56,8% des suffrages exprimés. Il n’a toutefois pas bénéficié du report de l’ensemble des voix centristes du premier tour.
Lors de la troisième législature, l’élu vendéen dépose à l’identique les deux propositions de lois qu’il avait remises au bureau de l’Assemblée nationale entre 1962 et 1967. Il s’impose comme un bon connaisseur des questions agricoles et rappelle fréquemment qu’il est le représentant d’un département à tradition rurale. Le 31 mai 1967, il s’exprime au nom des quatre députés vendéens pour souhaiter un accroissement du nombre de bourses accordées aux enfants d’agriculteurs, de petits artisans ou de petits fonctionnaires. Il souhaite en outre qu’une équivalence soit créée entre le brevet de technicien supérieur en économie et gestion agricoles et le baccalauréat. Rapporteur pour avis du budget des prestations sociales agricoles pour 1968, il plaide, sinon pour une politique des prix que la construction européenne semble condamner, du moins pour un allègement des charges sociales sur les exploitants agricoles (séance du 7 novembre 1967). Il ne vote pas la motion de censure déposée par l’opposition pour protester contre la volonté du Gouvernement de légiférer par ordonnances en matières économique et sociale (9 juin 1967).
Marcel Bousseau désigne les événements de mai 1968 comme « un épouvantable cauchemar » dans sa profession de foi pour les législatives des 23 et 30 juin de la même année. Soucieux de stabilité, les électeurs vendéens lui accordent en majorité leur confiance dès le premier tour avec 60% des voix. Ce résultat tient pour partie à l’absence de concurrent pour Marcel Bousseau chez les modérés.
La quatrième législature de la Vème République permet au pharmacien vendéen de montrer sa maîtrise des problèmes agricoles comme son expérience des débats parlementaires. Membre de la Commission de la production et des échanges et du groupe UDR, il assume les responsabilités de rapporteur pour avis du budget annexe des prestations sociales agricoles (BAPSA) pour 1969, 1970, 1971, 1972 et 1973. Il se montre très attentif aux difficultés des petits agriculteurs et des exploitants retraités dans chacun de ses interventions dans l’hémicycle. La question de l’éducation des enfants qui grandissent en milieu rural est une autre de ses préoccupations. Il regrette à nouveau que le régime des bourses scolaires ne soit pas plus favorable aux fils et filles d’agriculteurs et que l’insuffisance des transports scolaires contine de pénaliser de nombreux élèves en milieu rural (29 octobre 1968). Quatre ans plus tard, il connaît la satisfaction de voir aboutir une de ses demandes récurrentes adressées à l’exécutif, quand est déposé un projet de loi relatif à la lutte contre la brucellose. Cette maladie, qui frappe surtout le bétail, provoque en effet « des pertes de toutes natures –avortements, mortinatalité, abattages imprévus, baisse de lactation-» pour les agriculteurs et menace notamment d’affecter la production française de viande bovine. Marcel Bousseau recommande, dans son intervention du 30 novembre 1972, de relever le montant des indemnités d’abattage en cas de foyer épizootique, afin de vaincre « les réticences bien compréhensibles de nombreux éleveurs hésitant à s’engager dans la voie de cette prophylaxie » (séance du 30 novembre 1972). Une législation plus draconienne, par laquelle l’Etat imposerait l’abattage aux éleveurs, ne devait de fait être adoptée qu’en 1978.
Favorable à la loi d’orientation de l’enseignement supérieur (10 octobre 1968), Marcel Bousseau ne prend pas part au scrutin sur l’exercice du droit syndical dans les entreprises (4 décembre 1968), mais soutient la loi dite « anti-casseurs » (4 juin 1970), de même que la réforme du service national (10 juin 1970) et la création des régions (27 avril 1972). Il approuve les termes des déclarations de politique générale des 15 octobre 1970 et 24 mai 1972.
En mars 1973, le député sortant de la deuxième circonscription de Vendée, qui a été élu conseiller général de Luçon trois ans plus tôt, reçoit l’investiture des gaullistes et des Républicains indépendants. Il affronte néanmoins un autre candidat de la majorité en la personne du maire de Fontenay-le-Comte André Forens, que le Centre démocratie et progrès (CDP) de Jacques Duhamel et le Mouvement pour le socialisme par la participation d’Edgar Faure soutiennent. Dans ses documents électoraux, André Forens reproche à Marcel Bousseau de n’avoir pas su jouer un « rôle d’animateur » pour le sud de la Vendée depuis 1962. Le 4 mars 1973, c’est le maire centriste de Fontenay-le-Comte qui, avec 30,9% des suffrages exprimés, devance le député sortant (27,9%). Le soutien du canton de Luçon (37,8%) ne suffit pas en effet à Marcel Bousseau pour devancer son adversaire de la majorité, qui l’emporte dans six des neuf cantons de la circonscription. L’élu gaulliste se retire alors en faveur d’André Forens, qui lui succède comme député de la Vendée grâce au soutien de 61% des électeurs, le 11 mars 1973.
Marcel Bousseau quitte l’Assemblée départementale au lendemain de sa défaite législative. Il renoue alors avec sa profession de pharmacien et s’installe à La Tranche-sur-Mer. Adhérent du Rassemblement pour la République (RPR) dès sa fondation en décembre 1976, il est élu maire de La Tranche-sur-Mer en mars 1977. L’ancien député s’éteint au début des années 1980, à l’âge de 65 ans.
Lieutenant de réserve, Marcel Bousseau avait été décoré de la Légion d’honneur.


Retour haut de page