Marie, Joseph, Paul, Yves, Roch, Gilbert du Motier de Lafayette

1757 - 1834

Informations générales
  • Né le 6 septembre 1757 à Chavaniac (Haute-Loire - France)
  • Décédé le 19 mai 1834 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Révolution
Législature
Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 25 mars 1789 au 30 septembre 1791
Baillage
Riom (Type : Sénéchaussée)
Groupe
Noblesse
Régime politique
Cent-Jours
Législature
Chambre des représentants
Mandat
Du 10 mai 1815 au 13 juillet 1815
Département
Seine-et-Marne
Groupe
Libéral
Régime politique
Seconde Restauration - Chambre des députés des départements
Législature
IIe législature
Mandat
Du 26 octobre 1818 au 17 août 1822
Département
Sarthe
Groupe
Gauche
Régime politique
Seconde Restauration - Chambre des députés des départements
Législature
IIe législature
Mandat
Du 13 novembre 1822 au 24 décembre 1823
Département
Seine-et-Marne
Groupe
Gauche
Régime politique
Seconde Restauration - Chambre des députés des départements
Législature
IVe législature
Mandat
Du 21 juin 1827 au 16 mai 1830
Département
Seine-et-Marne
Groupe
Gauche
Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
Ire législature
Mandat
Du 12 juillet 1830 au 31 mai 1831
Département
Seine-et-Marne
Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
IIe législature
Mandat
Du 5 juillet 1831 au 19 mai 1834
Département
Seine-et-Marne
Groupe
Opposition dynastique

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député à l'Assemblée constituante de 1789, représentant aux Cent-Jours, député de 1818 à 1823 et de 1827 à 1834, né au château de Saint-Roch de Chavagnac (Haute-Loire) le 6 septembre 1757, mort à Paris le 19 mai 1834, il était issu d'une ancienne famille de l'Auvergne, dont plusieurs membres s'étaient illustrés. Un Gilbert du Motier de La Fayette avait gagné en 1421 contre les Anglais la bataille de Beaugé ; Louise du Motier de La Fayette (1616-1655), qui termina sa vie au couvent de la Visitation, s'était fait aimer du roi Louis XIII ; le père de La Fayette était colonel aux grenadiers de France : il mourut emporté par un boulet de canon avant la naissance de son fils.

De bonne heure, le jeune marquis de La Fayette montra des dispositions aventureuses et un goût décidé pour la liberté. « L'idée de la liberté, écrit un biographe, était innée en lui. Cette passion s'était formée dans son âme dès l'enfance. » Orphelin à treize ans, on le maria, trois ans plus tard (11 avril 1774), à Mlle Marie-Adrienne-Françoise de Noailles, fille du duc d'Ayen, née le 2 novembre 1759 ; mais loin de profiter des avantages que cette alliance lui donnait à la cour, il résolut de servir ailleurs que dans les antichambres.

Capitaine au régiment de Noailles qui tenait alors garnison à Metz, il y apprit (1776) la déclaration d'indépendance de l'Amérique, s'enflamma au récit des événements, et se décida brusquement à quitter la France pour voler au secours des Américains. Ce beau projet fit scandale, et il fut question d'enfermer La Fayette à la Bastille ; mais il dérouta les Noailles et M. de Maurepas, partit déguisé en courrier, joignit un bâtiment qu'il avait frété lui-même et auquel on fit en vain donner la chasse, quitta, le 26 avril 1777, le port du Passage, échappa aux croiseurs anglais, et aborda la même année à Georgetown. Le jeune officier français ne voulut recevoir au début ni émoluments ni grades ; mais le Congrès exigea qu'il fût revêtu du grade de major général dans l'armée des Etats-Unis. Washington s'étant porté sur Philadelphie, le général Howe, qui commandait l'armée anglaise, livra bataille et s'empara de la ville. La Fayette fut blessé à la jambe. « Loin de son pays, livré aux chirurgiens, attaché à une cause qui semblait alors perdue, le jeune marquis ne fut jamais de plus aimable humeur. Il plaisantait sur sa situation, sur sa fortune, et écrivait à sa jeune femme, qu'il nommait son cher cœur, que, si un homme se faisait blesser pour se divertir, il voudrait l'être comme lui. Washington l'avait fait porter dans sa tente. Son affectueuse et grave amitié planait sur ce jeune homme avec une sollicitude qui lui gagnait le cœur du jeune Français. Entre ces deux hommes si différents, il s'était formé un de ces liens qui s'expliquent à la fois par les contrastes de caractère, par une estime réciproque et par une foi commune dans certains principes. » La Fayette dut, pour guérir sa blessure, passer quelque temps dans une colonie de frères moraves. À peine remis, il reprit sa vie de dangers et de privations, En même temps il écrivait fréquemment à M. de Maurepas et sollicitait avec ardeur le gouvernement français de reconnaître la déclaration d'indépendance des Etats-Unis. L'opinion publique aidant, le gouvernement céda, Le comte d'Estaing fut envoyé avec une flotte française. Plus que jamais La Fayette se trouva mêlé à de nombreux et brillants faits d'armes, où il fit preuve de bravoure, de sang-froid et de présence d'esprit.

Comblé de félicitations par le Congrès, qui lui fit présenter par le petit-fils de Franklin une épée d'honneur sur laquelle était gravé La Fayette couronné par l'Amérique et blessant le léopard britannique, l'officier fugitif revint en France, Le bruit de ses triomphes l'y avait précédé. La cour et la ville se le disputèrent, et le roi lui fit cadeau d'un régiment, le Royal-dragons. La Fayette en profita pour obtenir de nombreux secours en faveur de l'Amérique, et activa les armements du petit corps de six mille hommes qui devait partir sous les ordres de Rochambeau.

Lorsqu'il retourna aux Etats-Unis, l'enthousiasme des Américains fut au comble. On sait quels incidents marquèrent la campagne de 1780 : l'espion André jugé et pendu, la trahison du général Arnold découverte. Le traître échappa, mais la position de West-Point, qui devait livrer La Fayette et Washington à l'ennemi, fut sauvée. La Fayette partit alors pour la Virginie, à la tête d'un petit corps d'année, poursuivi par lord Cornwallis, qui avait à sa disposition des troupes supérieures. Ce dernier tenait la navigation des fleuves, et, dans sa pensée, le Petit Garçon (The Boy), comme il désignait M. de La Fayette, ne pouvait lui échapper. Mais celui-ci, par d'adroites évolutions, attira lord Cornwallis dans York-Town, où il l'accula, avec l'aide du marquis de Saint-Simon, qui amenait trois mille hommes, tandis que le comte de Grasse fermait avec sa flotte la retraite par la mer. Washington pendant ce temps arrivait à grandes marches, suivi du comte de Rochambeau. Aussitôt la jonction des divers corps accomplie, l'assaut fut livré, le 1er octobre 1781. La Fayette le dirigeait en personne. Il chargea à la française, la baïonnette en avant, enleva une redoute et s'élança le premier au milieu des canons. Le 17, lord Cornwallis capitula. Celui que les Américains nommaient le Vieux Renard tomba aux mains du Petit Garçon. La joie du peuple américain fut proportionnée à un aussi Important succès, et le nom de La Fayette devint, après celui de Washington, le plus populaire de l'Union. Une frégate américaine l'ayant ramené en France, le roi le nomma mestre-de-camp. Mêlé par le gouvernement français aux projets d'expédition que les cabinets de Versailles et de Madrid méditaient à la Jamaïque et au Canada, contre l'Angleterre, il exerça une influence très active en faveur des Etats-Unis. Effrayée, l'Angleterre consentit à déposer les armes, le 20 janvier 1783 ; l'indépendance fut consacrée par un traité définitif, et la paix générale en fut la conséquence, Les Etats-Unis donnerent le nom de La Fayette à deux comtés et à un grand nombre de forts. Lui, de sou côté, avait baptisé son premier-né du nom de Washington, et sa fille du nom de Virginie. Dans sa patrie, il avait gagné tous les cœurs par ses mœurs simples et par cette franchise américaine que rehaussait le vernis d'une politesse toute française.

Il retourna encore en Amérique en avril 1784 : « J'y suis depuis longtemps attendu par mes amis, écrivait-il ; et, quoique la l'évolution soit achevée, les 13 Etats ont encore à travailler sur leur Constitution définitive. Quelques personnes m'engagent à être témoin de leurs travaux à cet égard, et, quand je me rends à leur amitié en les allant trouver, je voudrais avoir une partie des talents qui pourraient servir l'Amérique et y consolider encore le temple de la liberté. » Sa vie n'eut rien de particulièrement remarquable jusqu'aux préludes de la Révolution : il revint en Europe, voyagea, s'intéressa au sort des nègres, s'occupa également de la condition des protestants, et appelé, en 1787, à la première assemblée des notables, s'y prononça, dans le bureau que présidait le comte d'Artois, pour la suppression des lettres de cachet et des prisons d'Etat ; il obtient aussi un arrêté en faveur des protestants, privés, depuis la l'évocation de l'édit de Nantes, de la jouissance des droits civils ; enfin il fit la motion expresse (et ce mot nouveau, qui exprimait une chose nouvelle, fut alors prononcé pour la première fois) de la convocation de la nation représentée par ses mandataires. Le comte d'Artois se méprit ou feignit de se méprendre.

« Vous voulez, s'écria-t-il, des Etats généraux ?

- Oui, répondit M. de La Fayette, et peut-être quelque chose de plus. »

La noblesse de Bretagne le chargea de ses réclamations contre les entreprises du pouvoir.

« J'y adhère, répondit-il, ainsi qu'à toute opposition aux actes arbitraires présents et futurs qui attenteraient ou pourraient attenter aux droits de la nation en général et à ceux de la Bretagne en particulier. »

La seconde assemblée des notables n'ayant marqué son existence que par son opposition au vœu général, la nécessite amena enfin la convocation des Etats généraux. L'heure de la Révolution était venue.

Le 25 mars 1789, La Fayette fut élu député de la noblesse par la sénéchaussée de Riom, avec 198 voix. Dès le début, il se plaça au premier plan. Après avoir voté la vérification commune des pouvoirs, il prit pour la première fois la parole, le 8 juillet 1789, pour appuyer la célèbre motion de Mirabeau, demandant l'éloignement des troupes. Cet acte fut bientôt suivi d'un autre plus important : la Déclaration des droits de l'homme et de l'homme vivant en société, lue par M. de La Fayette à l'Assemblée nationale, le 11 juillet, fut adoptée avec enthousiasme et servit de base à la rédaction des généralités de la Constitution.

Nommé à la vice-présidence de l'Assemblée nationale, il usa de l'influence que lui donnait cette position pour faire décréter la responsabilité des ministres. En dépit des progrès de la Révolution, il se flattait, ainsi que tous les hommes du parti constitutionnel, de la diriger à l'aide du mécanisme représentatif. Mais les vieilles institutions s'écroulaient avec une incroyable rapidité. La Fayette qui avait occupé le fauteuil pendant les nuits des 13 et 14 juillet, se rendit à Paris le 15 (le lendemain de la prise de la Bastille) à la tête d'une députation de 60 membres de l'Assemblée. Le roi avait renvoyé ses troupes, le peuple armé circulait dans la ville ; l'instinct militaire du Français eut vite donné à cette foule de soldats improvisés le secret de leur force et la nécessité de la réaliser par une sorte de discipline.

Un comité d'électeurs réuni à l'hôtel de ville organisa en quatre heures la garde nationale, et ce fut cette nouvelle garde qui reçut La Fayette et ses vingt-trois collègues de la députation. Elle fit plus ; elle le nomma commandant général de la milice parisienne : les gardes nationaux furent appelés alors « les bleuets de La Fayette ». « Jamais homme, écrit le biographe cité plus haut, ne représenta, mieux, il faut le dire, l'esprit de la garde nationale, son besoin d'ordre et son goût d'opposition, son trouble dans les principes, ses idées contradictoires, ses entraînements d'amour-propre, ses instincts d'anarchie honnête et modérée, » Le commandant général débuta dans ses fonctions par l'ordre de démolir la Bastille ; dès le 16, cet ordre fut expédié, et on l'exécuta avec transport. Joignant ensuite la couleur du lis royal aux couleurs rouge et bleue de la commune, il présenta aux électeurs la cocarde tricolore en disant cette parole si connue : « Elle fera le tour du monde ! »

Mais dès que la Révolution dépassa le programme pacifique de ses débuts, La Fayette prit peur ; n'ayant pu sauver Foulon et Berthier poursuivis par le ressentiment populaire, il déclara qu'il donnait sa démission (23 juillet), et ne la reprit que sur les vives instances des électeurs. Puis vint le mouvement du 5 octobre. La Fayette marcha sur Versailles à la tête de la garde nationale. Le peuple s'était ébranlé au cri : « Du pain ! » la lutte entre les gardes du corps et cette foule allait s'engager, quand survint M. de La Fayette. Deux gardes du corps avaient déjà perdu la vie. L'arrivée du commandant de la garde nationale arrêta l'effusion du sang ; il pénétra dans le château, rassura la famille royale et engagea la reine à paraître au balcon de la cour de marbre. Marie-Antoinette, à la vue du peuple, s'était rejetée en arrière ; La Fayette, qui la suivait des yeux, s'élança, près d'elle, lui prit la main en souriant et la porta à ses lèvres ; la foule applaudit. Puis, escorté de son état-major, il ramena la famille royale à Paris, où vint s'établir aussi l'Assemblée constituante. Il refusa alors les titres de connétable de directeur, de lieutenant général du royaume.

Quand les fédérés vinrent à Paris, ils pensèrent à le choisir comme commandant général des gardes nationales de France. Il déclina cette sorte de royauté élective en faisant décréter que nul chef ne pourrait étendre son commandement au delà d'un département. Il prêta seulement le serment des gardes nationales sur l'autel de la patrie.

« En examinant les actes et les idées de cet homme si bon, si loyal, si sincère, si français, en un mot, on est pourtant obligé de remarquer le peu de logique de sa destinée. Il est clair qu'il obéissait à de simples élans, et qu'il ne savait pas juste où il allait. Il réclamait le jury anglais, les droits civils des gens de couleur, l'abolition de l'hérédité des titres de noblesse, la suppression des ordres, l'égalité devant la loi. Le lendemain, il fondait le club réactionnaire des Feuillants. Un jour il protégeait Louis XVI et sa famille ; telle autre fois il déclarait que « l'insurrection est le plus sacré des devoirs lorsque l'oppression rendait une révolution nécessaire », et il chassait des Tuileries ceux des défenseurs de la monarchie que l'ironie populaire avait décorés dit surnom de Chevaliers du poignard. »

Quoi qu'il en soit, la puissance de La Fayette était alors supérieure a celle du roi lui-même, devenu son prisonnier. D'autre part, il répondait du roi sur sa tête, et quand la famille royale s'enfuit à Varennes, il eut besoin de toute sa popularité pour que cette évasion ne lui coûtât pas la vie.

À dater du retour de Varennes, la situation de La Fayette auprès du roi et de la reine devint plus délicate que jamais, La nation regardait le roi comme ayant abdiqué et ne voyait plus en lui qu'un otage contre la coalition, et le chef des gardes nationales, chargé de le garder à vue, s'efforçait vainement, par tout ce que petit inspirer la courtoisie d'un gentilhomme, de tempérer la rigueur de son mandat.

Cependant l'idée de la déchéance devenait populaire. L'Assemblée se contenta de suspendre le pouvoir royal dans les mains de Louis XVI, se réservant de le lui rendre quand il aurait accepté la Constitution. Mais le peuple, redoutant d'instinct ces fictions ambiguës, se porta en masse au Champ-de-Mars, afin de signer, sur l'autel de la fédération, une pétition dans laquelle il demandait à l'Assemblée de suspendre toute décision à l'égard du roi, jusqu'à ce que les départements se fussent prononcés. Cette fois La Fayette, sur l'ordre de l'Assemblée, réprima « l'émeute ». Après les sommations d'usage, il chargea la foule ; le sang coula, la loi martiale fut proclamée, et La Fayette se trouva désigné aux rancunes révolutionnaires. La Constituante ayant achevé sa session peu de temps après ces événements, le 17 septembre 1791, le roi accepta la Constitution ; La Fayette proposa une amnistie générale, conforme au vœu du roi, puis il se démit de son commandement le 8 octobre et se retira, dans ses terres. Sa lettre d'adieu à la garde nationale comme son discours à la commune reproduisaient le thème ordinaire de ses principes libéraux. La commune lui fit présent d'une statue en marbre de Washington et fit frapper une médaille en son honneur, et la garde nationale lui offrit une épée forgée d'un verrou de la Bastille. Son voyage de Paris à Chavagnac ne fut qu'une longue suite d'ovations officielles.

Il se reposait depuis peu dans son pays natal, lorsque le ministère le chargea de commander une des trois armées qui devaient repousser les efforts de la première coalition. Quand le ministre Narbonne prononça le nom de La Fayette à l'Assemblée, ce nom fut salué de trois salves d'applaudissements. La Fayette traversa Paris sur son cheval blanc, entre deux haies de gardes nationaux, aux acclamations du peuple, bruit dont il se grisa toute sa vie. Il arriva à la barre de l'Assemblée. M. de Vaublanc présidait : « La France, dit-il au général, opposera à ses ennemis la Constitution et La Fayette. »

À l'armée du Centre, qu'il commandait, le général déploya beaucoup de vigueur et d'activité. Il rétablit la discipline, organisa les tirailleurs et l'artillerie légère, et battit l'ennemi à Maubeuge, à Philippeville, à Florennes.

Mais le cours de ses succès fut bientôt interrompu. Les Girondins avaient remplacé les Feuillants au pouvoir depuis le 20 avril 1792 ; Dumouriez avait fait prévaloir sur le système de guerre défensive, suivi jusque-là, un nouveau plan qui consistait dans une rapide invasion de la Belgique. La Fayette reçut, ainsi que ses collègues Luckner et Rochambeau, des ordres en conséquence, mais le mouvement échoua. Dumouriez se plaignit, et accusa les trois généraux ; les clubs, et en particulier celui des Jacobins, tonnèrent contre La Fayette, qui écrivit de son camp, le 16 juin, à l'Assemblée une lettre violente contre cette société, lui reprochant de violer la Déclaration des droits et même de pactiser avec la contre-révolution. Mais les Jacobins étaient tout-puissant : on feignit de considérer sa lettre comme l'œuvre d'un faussaire, et on en renvoya l'examen à une commission chargée de venger M. de La Fayette du lâche qui avait écrit en son nom.

L'affaire du 20 juin (envahissement des Tuileries) ayant suivi de près l'envoi de la lettre, La Fayette accourut à Paris, se rendit à l'Assemblée, protesta contre ce qui venait de se passer, et déclara, aux applaudissements du côté droit, que la lettre était de lui. Guadet, au nom de la gauche, incrimina avec vivacité la conduite du général, et demanda si les ennemis étaient vaincus, la patrie délivrée. « Non ! ajouta-t-il ; la patrie n'est pas délivrée ! Notre situation n'a pas changé, et cependant le général d'une de nos armées est à Paris ! » Le président Girardin se borna à convier M. de La Fayette aux honneurs de la séance, hommage platonique qui ne satisfaisait personne. Il ne restait plus au général d'autre appui que celui de la garde nationale ; encore l'esprit nouveau l'avait-il envahie. Il voulut pourtant essayer de la tourner contre les Jacobins dans une revue qui devait avoir lieu le lendemain. Louis XVI, qui n'aimait pas La Fayette et n'avait nulle confiance dans ses ressources, fit, la nuit, donner des ordres pour ajourner la revue. Abandonné de tous, le général écrivit une nouvelle lettre à l'Assemblée et repartit pour l'armée, tandis que le peuple le brûlait en effigie.

Les clubs demandèrent son arrestation, que l'Assemblée repoussa cependant, le 8 août 1792, par 406 voix contre 224 ; mais le fayettisme devint aux yeux des révolutionnaires un crime capital. Lui, qui croyait toujours à la Constitution, apprit bientôt avec stupeur l'abolition de la monarchie et la proclamation de la République. Bien qu'il se fut avoué naguère républicain à la cour, et qu'il eût porté un baudrier orné d'un arbre de la liberté et de sceptres et de couronnés brisés, il ne songea pas même à dissimuler son exaspération. Les directoires de quelques départements avaient adhéré à sa lettre du 16 juin ; il eut l'idée de former de ces départements une sorte de congrès ; mais cette tentative de fédéralisme avorta : le département des Ardennes, où se trouvait la plus grande partie de son armée, fut le seul qui s'y montra favorable.

La Fayette, de concert avec la municipalité de Sedan, avait fait arrêter les commissaires de la Convention chargés de recevoir son serment, et les avait enfermés dans la citadelle de Sedan. Il ne tarda pas à apprendre qu'il était destitué, décrété d'accusation, et que de nouveaux commissaires étaient envoyés par l'Assemblée pour s'assurer de sa personne. Il résolut alors de quitter un commandement devenu impossible et de passer dans un pays neutre, pour gagner de là 1'Amérique.

Mais son patriotisme, plus fort encore que son mécontentement, lui tit prendre toutes les dispositions capables d'empêcher Clerfayt de profiter de son absence pour attaquer l'armée française. Il s'éloigna, suivi d'une partie de son état-major et accompagné de ses trois collègues de l'Assemblée, Bureaux de Puzy, Alexandre Lameth et Latour-Maubourg. Enveloppés par l'armée autrichienne, ils demandèrent qu'on leur livrât passage, déclarant qu'ils étaient des officiers constitutionnels qui fuyaient leur patrie. On garda La Fayette et les principaux d'entre eux, et on les interna à la prison d'Etat de Wezel. À Namur, le marquis de Chasteler, qui commandait la place, essaya de sonder La Fayette, et fut mal reçu. À Nivelle, on voulut le tuer; on le croyait muni du trésor de l'armée, et un major, envoyé par le duc de Saxe, vint pour s'en emparer. « À ma place vous auriez donc volé la caisse ? » dit M. de La Fayette. Il fut fouillé, ainsi que ses compagnons, et, d'après les instructions du roi de Prusse, assez maltraité. On le jeta sur une charrette, et, après l'avoir voiture jusqu'à Magdebourg, on l'incarcéra successivement dans les cachots de Glatz, de Neiss et d'Olmütz. À peine nourri, privé d'air, de vêtements, de livres, il tomba dans un état de langueur qui fit craindre pour sa vie; on ne l'en retint pas moins en captivité, Du fond de son cachot, il écrivait à sa femme et à ses amis à l'aide d'un cure-dents trempé dans de la suie délayée, et conservait dans ces rigoureuses extrémités la gaieté railleuse du soldat français.

À la suite d'une tentative infructueuse d'évasion, sa prison devint plus dure encore : ce fut alors que Mme de La Fayette vint avec ses filles pour partager la captivité de son mari. Vainement le gouvernement des Etats-Unis intervint à plusieurs reprises, vainement des membres du parlement anglais, Fitz-Patrick, Fox, élevèrent généreusement la voix ; il fallut que le Directoire donnât, le 14 thermidor an V, au général Bonaparte des instructions formelles pour réclamer la mise en liberté des « prisonniers d'Olmütz ». Ils ne furent relâchés que le 19 septembre 1797 ; on les remit, à Hambourg, au ministre des Etats-Unis.

La Fayette, ne voulant pas adhérer aux actes du 18 fructidor, ne rentra point en France, passa en Hollande et se retira à Utrecht. Mais son inaction lui pesa vite. Au lendemain du coup d'Etat de brumaire, il prit tout à coup la détermination de se rendre à Paris, sans autorisation préalable des consuls, et malgré sa proscription, qui subsistait toujours. La Fayette espérait peut-être une nouvelle carrière politique ; mais son retour fit peu de bruit. et il dut se contenter d'obtenir pour son fils un grade dans l'année, et pour lui le titre de membre du conseil général du département de la Haute-Loire, avec le maximum de la pension de retraite de son grade. Il fit d'ailleurs à Bonaparte une opposition discrète, refusa, a-t-on dit, un siège au Sénat, et vota contre le consulat à vie, en voilant d'ailleurs les regrets du vieux libéral de 89 sous les paroles les plus flatteuses pour Napoléon :

« Le 18 brumaire, lui écrivait-il, a sauvé la France, et je me sentis rappelé par les professions libérales auxquelles vous avez attaché votre honneur. On vit depuis, dans le pouvoir consulaire, cette dictature réparatrice qui, sous les auspices de votre génie, a fait de si grandes choses, moins grandes cependant que ne le sera la restauration de la liberté. Il est impossible que vous, général, le premier dans cet ordre d'hommes qui, pour se comparer et se placer, embrassent tous les siècles, veuillez qu'une telle révolution, tant de victoires et de sang, de douleurs et de prodiges, n'aient, pour le monde et pour vous, d'autres résultats qu'un régime arbitraire. »

Après avoir écrit cette lettre, il demanda sa retraite qui lui fut accordée, et se renferma dans l'opposition du silence, « le maximum de la déférence, » ainsi qu'il le disait lui-même.

La Fayette passa ainsi le temps de l'Empire, soit à Chavagnac, soit à sa terre de Lagrange, en Brie. En 1814, il se présenta devant Louis XVIII et devant le comte d'Artois, qui lui firent bon accueil ; mais, à la nouvelle du débarquement de Napoléon, il se rapprocha de l'empereur, et lui fit offrir par Joseph sa coopération en vue du salut de la patrie.

Elu, le 10 mai 1815, par le collège de département de Seine-et-Marne, avec 56 voix sur 79 votants, représentant à la Chambre des Cent-Jours, La Fayette devint vice-président de cette assemblée et prit une part active aux actes et aux déclarations des représentants libéraux.

Le 21 juin, quand fut connu le désastre de Waterloo, il prononça un discours pour faire proclamer que « la Chambre était en permanence, que toute tentative pour la dissoudre était un crime de haute trahison, et que quiconque s'en rendrait coupable serait regardé comme traître à la patrie et sur-le-champ jugé comme tel ; enfin que les ministres seraient invités à se rendre dans l'Assemblée pour s'entendre avec elle sur toutes les mesures que la circonstance exigeait. » Napoléon, dont ces résolutions entravaient l'initiative, envoya avec les ministres son frère Lucien pour conjurer l'orage. Celui-ci, dans son discours, ayant accusé la France de légèreté envers ses souverains, La Fayette accentua le ton de son opposition :

« De quel droit, s'écria-t-il, l'accuse-t-on d'avoir manqué de persévérance envers l'empereur Napoléon ? C'est pour l'avoir suivi que nous regrettons le sang de trois millions de Français. »

Dans un grand conseil tenu aux Tuileries, il présenta une motion pour demander à l'empereur d'abdiquer. Cette motion n'ayant pas été adoptée, il lui fit dire le lendemain que si l'on n'avait pas l'abdication, il proposerait la déchéance : Napoléon abdiqua en faveur de son fils.

Dans ces diverses phases de notre histoire, l'action de La Fayette n'avait pas eu un but bien précis ; il resta sous la seconde Restauration ce qu'il venait d'être, une influence plutôt qu'une direction, un nom, un souvenir, un symbole, plutôt qu'une individualité puissante. À la suite de l'abdication, les meneurs l'écartèrent du gouvernement provisoire en l'envoyant auprès des puissances alliées en qualité de commissaire. La capitulation de Paris et la retraite de l'armée de la Loire eurent lieu en son absence.

Une première tentative infructueuse du parti libéral pour le porter à la Chambre des députés fut faite, en 1817, en Seine-et-Marne ; mais l'année suivante (26 octobre), le collège de département de la Sarthe l'élut, par 569 voix (1 055 votants, 1 603 inscrits).

« Le département de la Sarthe, écrivait-il le 19 novembre 1818, a mis, à me nommer député, une persévérance que j'appellerai patriotique, attendu que je n'ai jamais eu de rapports personnels avec ce pays-là, si ce n'est ceux qui, depuis trente ans, me sont communs avec les. amis de la liberté. »

Le général prit place dans l'opposition de gauche, vota, pendant la session de 1819, contre les deux lois d'exception, et, avec les 95, contre le nouveau système électoral, et prit plusieurs fois la parole. Il présenta, sans succès, un projet de loi sur l'organisation générale de la garde nationale, défendit le droit de pétition, s'éleva contre les mesures suspensives de la liberté individuelle, et conclut en ces termes : « Messieurs, il y a trente-trois ans qu'à l'assemblée des notables, en 1787, j'ai le premier demandé l'abolition des lettres de cachet ; je vote aujourd'hui contre leur rétablissement. » Divers orateurs de la droite, entre autres La Bourdonnaye, ayant parlé avec mépris du drapeau tricolore, il rappela que ces couleurs nationales avaient été portées par Louis XVI, et que le roi actuel s'était fait honneur d'en être décoré. Il parla encore sur le rappel des bannis, le budget de la guerre, les affaires étrangères (4 mai 1821), etc. C'était surtout dans les questions relatives aux révolutions de France et d'Amérique qu'il aimait à intervenir, et on ne petit nier qu'il n'y ait puisé plus d'une fois de nobles et brillantes inspirations. En 1821, il ne cacha pas ses sympathies pour les révolutions d'Espagne, de Portugal, de Naples, de Piémont ; la même année, il s'affilia à la charbonnerie française
Lié intimement avec le général, Bazard, un des chefs de cette Société, demanda un jour à ses amis de confier à La Fayette le secret de leurs efforts. Ils approuvèrent cette idée, à la condition que La Fayette entrerait dans la charbonnerie. La Fayette, averti, n'hésita pas ; il entra dans la « haute vente », et, parmi ses collègues de la Chambre, les plus hardis le suivirent. La présence effective de ces hauts personnages dans la haute vente fut utile à la charbonnerie, surtout par les rapports qu'ils entretenaient avec les provinces. La charbonnerie fut organisée partout comme elle l'était dans la capitale. L'entraînement fut général, irrésistible. Les choses en vinrent au point que, dans les derniers jours de l'année 1821, tout était prêt pour un soulèvement. Un comité supérieur fut créé, qui avait la mission spéciale de tout préparer pour le combat, sauf l'assentiment de la vente suprême. Trente-six jeunes gens reçurent l'ordre de partir pour Belfort, où devait être donné le signal de l'insurrection. Fidèles à l'esprit de la charbonnerie, les membres de la « vente suprême » ne songeaient à imposer à la France aucune forme particulière de gouvernement. La dynastie des Bourbons elle-même n'était pas proscrite dans leur pensée d'une manière absolue. Mais, en tout état de cause, il fallait se munir à l'avance d'un gouvernement provisoire. On adopta les bases de la Constitution de l'an III, et les cinq directeurs désignés furent MM. de La Fayette, Corcelles père, Kœchlin, Voyer d’Argenson, Dupont (de l'Eure). De tous les hommes influents dont on attendait la présence sur le théâtre de l'insurrection, un seul se mit en route, le général La Fayette. Un devoir de famille l'ayant retenu quelques heures dans sa maison de campagne de Lagrange, la chaise de poste qui transportait le général et son fils fut rencontrée, le 1er janvier 1822, à quelques lieues de Belfort, par une voiture où se trouvaient MM. de Corcelles fils et Bazard. « Eh bien ! quelles nouvelles ? - Tout est fini, général, tout est perdu. » En effet, le complot, découvert, avait avorté. La Fayette, désespéré, changea de route. On n'osa pas le poursuivre.

Il fut encore réélu, le 13 novembre 1822, par le premier arrondissement de Seine-et-Marne (Meaux).
Son mandat législatif n'ayant pas été renouvelé aux élections de 1824, il profita de ce repos forcé pour visiter encore une fois l'Amérique : ce dernier voyage dura quatorze mois. Il se rendit sur la tombe de Washington et parcourut les vingt-quatre Etats de l'Union. Le Congrès lui fit présent d'un million et d'une vaste concession de terrains. Les marchands ne voulaient rien recevoir de lui, « les dépenses de M. de La Fayette et de sa famille étant, disaient-ils, payées depuis quarante ans. » Les usines suspendaient leurs travaux sur son passage. A l'heure de son départ, les corps constitués prirent congé de lui, et le gouvernement lui offrit la frégate la Brandywine pour le ramener en France.

Ce voyage ayant comme rajeuni sa popularité, l'arrondissement de Meaux le renomma député, le 21 juin 1827, par 194 voix (328 votants, 349 inscrits), en remplacement de M. Pinteville de Cernon, décédé, et lui confirma cette élection, le 17 novembre suivant, par 197 voix (330 votants, 350 inscrits), contre 119 à M. Tronchon. La Fayette, qui avait trouvé, en revenant en France, un nouveau monarque sur le trône, suivit la même ligne politique que précédemment, et entreprit, vers la fin de 1829, en Auvergne et en Dauphiné, une tournée qui donna lieu à de vives manifestations de l'esprit public contre le cabinet Polignac. Le premier bruit des événements de juillet 1830 parvint à La Fayette dans sa terre de Lagrange.

Il avait obtenu sa réélection le 12, par 264 voix (344 votants, 387 inscrits), contre 72 à M. Lhoste. Le 27, il accourut se joindre aux députés ses collègues ; il déclara, le 28, à la réunion de midi, qu'il s'agissait d'une révolution et que déjà son nom se trouvait placé, de son aveu, à la tête du mouvement ; il réitéra les mêmes déclarations à la réunion du 29 au matin, chez Laffitte, et se rendit à l'hôtel de ville au moment ou le Louvre et les Tuileries venaient de tomber au pouvoir du peuple. Porté par acclamation au commandement de la garde nationale, il se trouva le chef effectif du gouvernement provisoire, et publia immédiatement plusieurs proclamations, dont l'une se terminait par ces mots : « La liberté triomphera, ou nous périrons ensemble ! »

Le 31, il répondit publiquement à M. de Sussy, porteur de la lettre qui annonçait un nouveau ministère, composé de MM. de Mortemart, Casimir Perier, Gérard, etc., et qui le confirmait lui-même dans son commandement, par ces mots décisifs : « Il n'est plus temps ! » Mais, le même jour, trompant les espérances qu'avaient mises en lui les partisans de la République, il recevait à l'Hôtel de Ville le duc d'Orléans, qui déjà avait pris le titre de lieutenant général du royaume, et, en le présentant au peuple, formulait ainsi le programme du régime nouveau : « Un trône populaire entouré d'institutions républicaines. » « Quant à M. de La Fayette, a écrit Louis Blanc (Histoire de Dix Ans), il pouvait tout alors et ne décida rien. »

Sa vertu fut éclatante et funeste. En lui créant une influence supérieure à sa capacité, elle ne servit qu'à annuler entre ses mains un pouvoir qui, en des mains plus fortes, aurait fait à la France d'autres destinées. M. de La Fayette avait cependant plusieurs des qualités essentielles au commandement. Ses manières présentaient comme son langage un mélange singulier de finesse et de bonhomie, de grâce et d'austérité, de dignité sans morgue et de familiarité sans bassesse. Pour les uns, il était resté grand seigneur quoiqu'il se fût mêlé à la foule ; pour les autres, il était né homme du peuple en dépit de son illustre origine. Heureux privilège que celui de conserver tous les avantages d'une haute naissance en se les faisant pardonner ! Ajoutez à cela que M. de La Fayette avait tout à la fois la pénétration des esprits sceptiques et la chaleur d'une âme croyante, c'est-à-dire la double puissance d'entraîner et de contenir. Dans les réunions de la charbonnerie, il savait parler avec feu. À la Chambre, c'était un discoureur aimable et spirituel. Que lui manquait-il donc ? du génie, et plus que cela, du vouloir. M. de La Fayette ne voulait rien fortement, parce que, ne pouvant diriger les événements, il aurait été affligé de les voir diriger par un autre. En ce sens, M. de La Fayette avait peur de tout le monde, mais surtout de lui-même. Le pouvoir l'enchantait et l'effrayait ; il en aurait bravé les périls, mais il en redoutait les embarras. Plein de courage, il manquait absolument d'audace. Capable de subir noblement la violence, non de l'employer avec profit, la seule tête qu'il eût sans épouvante livrée au bourreau, c'était la sienne. »

Le procès des ex-ministres (décembre 1830) ayant réveillé les passions populaires, le nouveau commandant de la garde nationale retrouva pour réprimer les troubles son ardeur de 1789 ; mais il ne commandait qu'en vertu de l'ordonnance du 16 août 1830 qui s'appliquait à toutes les gardes nationales de France ; et la Chambre des députés, dans sa séance du 4 décembre, ayant supprimé tout commandement général, La Fayette, blessé, donna sa démission. Cette circonstance, jointe à la marche du gouvernement qu'il jugeait contraire aux intérêts de la France et à des promesses dont il s'était porté garant, amenèrent entre lui et le pouvoir un refroidissement sensible.

Il se déclara bientôt contre le ministère Casimir Perier, et, réélu député, le juillet 1831, à la fois par l'arrondissement de Meaux avec 486 voix (689 votants, 815 inscrits), contre 162 à M. de Rigny, et par celui de Strasbourg avec 117 voix (214 votants, 230 inscrits), contre 92 à M. Frédéric de Turckheim, il se remit, après avoir opté pour Meaux, à voter avec l'opposition dynastique, dont il signa le compte rendu en mai 1832. La Fayette assista le 7 juin aux obsèques du général Lamarque.

Les derniers mots qu'il prononça à la Chambre (26 janvier 1834) eurent pour objet d'appuyer une pétition relative aux réfugiés politiques ; les dernières lignes qu'il traça avaient rapport à l'affranchissement des noirs.

Ayant voulu suivre à pied, déjà souffrant, le convoi du député Dulong, tué en duel par le maréchal Bugeaud, il dut s'aliter en rentrant, et ne se releva plus.

Date de mise à jour: juin 2015


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