Henri, Eugène Brisson

1835 - 1912

Informations générales
  • Né le 31 juillet 1835 à Bourges (Cher - France)
  • Décédé le 13 avril 1912 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Présidence(s)

Présidence de l'Assemblée nationale
du 3 novembre 1881 au 7 avril 1885
Présidence de l'Assemblée nationale
du 18 décembre 1894 au 31 mai 1898
Présidence de l'Assemblée nationale
du 12 janvier 1904 au 10 janvier 1905
Présidence de l'Assemblée nationale
du 8 juin 1906 au 13 avril 1912

Mandat(s)

Régime politique
Assemblée Nationale
Législature
Mandat
Du 8 février 1871 au 7 mars 1876
Département
Seine
Groupe
Union républicaine
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
Ire législature
Mandat
Du 20 février 1876 au 25 juin 1877
Département
Seine
Groupe
Union républicaine
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
IIe législature
Mandat
Du 14 octobre 1877 au 14 octobre 1881
Département
Seine
Groupe
Union républicaine
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 21 août 1881 au 14 octobre 1885
Département
Seine
Groupe
Union républicaine
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
IVe législature
Mandat
Du 18 octobre 1885 au 14 octobre 1889
Département
Cher
Groupe
Union républicaine
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
Ve législature
Mandat
Du 22 septembre 1889 au 14 octobre 1893
Département
Seine
Groupe
Gauche radicale
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
VIe législature
Mandat
Du 20 août 1893 au 31 mai 1898
Département
Seine
Groupe
Gauche radicale
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
VIIe législature
Mandat
Du 8 mai 1898 au 31 mai 1902
Département
Seine
Groupe
Gauche radicale
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
VIIIe législature
Mandat
Du 11 mai 1902 au 31 mai 1906
Département
Bouches-du-Rhône
Groupe
Gauche radicale
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
IXe législature
Mandat
Du 6 mai 1906 au 31 mai 1910
Département
Bouches-du-Rhône
Groupe
Gauche radicale
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
Xe législature
Mandat
Du 8 mai 1910 au 13 avril 1912
Département
Bouches-du-Rhône
Groupe
Gauche radicale

Gouvernement

Chef du Gouvernement
du 6 avril 1885 au 29 décembre 1885
Chef du Gouvernement
du 28 juin 1898 au 26 octobre 1898

Biographies

Représentant à l'Assemblée nationale de 1871, député de 1876 à 1889 et ministre, né à Bourges (Cher) le 31 juillet 1835, il est le fils de M. Louis Adolphe Brisson, qui fut pendant plus de cinquante ans avoué près la Cour de Bourges. « Les générations qui se sont succédé dans cette ville depuis cinquante années, a écrit un panégyriste de M. Henri Brisson, M. Hippolyte Stupuy, y ont constamment vu passer un compatriote qu'elles ont connu jeune, puis homme fait, puis vieillard, mais toujours le même, c'est-à-dire vêtu de noir, cravaté de blanc, portant des lunettes d'or; maigre, pâle, fin et accentué, informé, compétent, d'une vive intelligence sous des apparences de froideur, austère et irréprochable, tel était M. Louis Adolphe Brisson. » Le père de M. Henri Brisson était l'ami intime de Michel (de Bourges).

Après avoir fait au lycée de sa ville natale d'assez médiocres études, le futur homme d'Etat vint à Paris étudier le droit. Il collabora avec Barni, Frédéric Morin, Despois, Vacherot, au journal l'Avenir, entra dès 1856 dans les loges maçonniques, dont il devint un des membres les plus actifs, et se fit, en 1859, inscrire au barreau de Paris ; mais il en fut éloigné presque aussitôt par une maladie du larynx qui l'obligea à entrer, comme chef du contentieux dans la maison de M. François Coignet, industriel à Paris. Vers la fin de 1860, sa maladie s'aggravant, il alla passer un hiver en Egypte, puis revint à Paris et reprit son contentieux, sans renoncer à la politique. Collaborateur, en 1861, de la Réforme littéraire et du Phare de la Loire, en 1864 du journal le Temps, en 1865 de la Morale indépendante avec Massol, fondateur, en 1868, avec Gambetta et M. Challemel-Lacourt, de la Revue politique, supprimée dès la première année de son existence, M. Henri Brisson passa, en 1869, à l'Avenir national, organe radical que dirigeait M. Peyrat. Il s'était déclaré républicain, et passait même, dans certains milieux, pour appartenir à une fraction assez avancée du parti démocratique.

Sa candidature à la députation fut posée en concurrence avec celle de Glais-Bizoin, considéré comme plus modéré, dans la circonscription électorale qui était formée des IXe et Xe arrondissements de Paris (il obtint 6 148 voix au premier tour, puis se retira au scrutin de ballottage). Pourtant Henri Brisson se montrait opposé, vers la même époque, aux candidatures d'inassermentés, et n'était pas éloigné de recommander à ses amis politiques, en vue de la lutte contre le régime impérial, une étroite alliance avec les conservateurs orléanistes.

Après la révolution du 4 Septembre, il fut l'un des adjoints au maire de Paris ; signataire, le 31 octobre au soir, avec MM. Etienne Arago, Dorian, Schoelcher, Floquet, Hérisson, d'une affiche qui convoquait les électeurs pour la nomination d'un conseil municipal, il donna sa démission quand cette mesure eut été désavouée par le gouvernement de la Défense nationale.

Le 8 février 1871, il fut élu représentant de la Seine à l'Assemblée nationale, le 19e sur 43, par 115 594 voix (328 970 votants, 547 858 inscrits), siégea à l'Union républicaine, et déposa, en septembre, une proposition d'amnistie « pour tous les crimes et délits politiques ». La gauche modérée refusa de s'y associer, la déclarant prématurée et inopportune. Puis il intervint dans un grand nombre de discussions, et fit adopter (janvier 1872) la loi supprimant le régime exceptionnel en vertu duquel le vote et le règlement du budget extraordinaire de la ville de Paris étaient soumis à l'approbation du pouvoir législatif. Le 12 mars suivant, la majorité de la Chambre lui infligea la censure simple, au cours d'un débat relatif aux poursuites contre des représentants accusés d'avoir injurié l'Assemblée dans les journaux.

Parmi les nombreux discours qu'il prononça à l'Assemblée nationale sur le ton calme et lent qui lui est habituel, ou peut citer ceux qu'il fit à propos du conseil supérieur de l'instruction publique, contre la nouvelle loi du jury, contre la loi Ernoul donnant à la commission de permanence le droit de requérir, durant les vacances, des poursuites en cas d'offense à l'Assemblée, contre la restitution aux princes d'Orléans des biens formant l'objet de la dotation du 7 août 1830, contre la loi des maires, contre la loi électorale politique et la loi électorale municipale. M. H. Brisson devint successivement secrétaire, vice-président et président de l'Union républicaine ; s'associant vers la fin de la législature, à la politique conseillée par Gambetta et les chefs de la gauche, il vota, comme eux, l'ensemble des lois constitutionnelles.

Aux élections générales du 20 février 1876, il devint député du Xe arrondissement de Paris, avec 15 630 voix sur 21 988 votants et 29 139 inscrits, contre MM. Dubail, républicain conservateur, 4 452 voix, et de Humbourg, légitimiste, 1 327. Il reprit son rang dans la majorité, et fut des 363 députés qui refusèrent un vote de confiance au gouvernement du Seize-Mai. En même temps, il collaborait activement au Siècle, dont il fut un des directeurs politiques.

Réélu, le 14 octobre 1877, par 18 719 voix (22 404 votants, 27 972 inscrits), contre 3 101 à M. de Humbourg, M. Henri Brisson devint bientôt une des personnalités les plus marquantes du parti opportuniste, bien qu'il affectât, dans certaines circonstances, et sur certaines questions, une attitude et des opinions « radicales » et « puritaines » qui lui valurent un renom d' « austérité ». Nommé vice-président, puis rapporteur de la commission chargée de faire une enquête sur les élections des 14 et 28 octobre 1877, il demanda la mise en accusation des ministres du Seize-Mai. Il s'appuyait, pour motiver ces conclusions, sur la violation de la Constitution, la transgression des lois, la prévarication, les actes arbitraires attentatoires à la liberté individuelle ou aux droits des citoyens, sur la soustraction et l'enlèvement de papiers publics, etc. « Le 16 Mai, disait-il, a été un coup imprévu pour l'opinion publique ; mais il avait été de longue date préparé par ses auteurs, c'est-à-dire par les hommes qui, durant cinq années, avaient essayé, dans l'Assemblée nationale, d'empêcher la fondation de la République et de restaurer la monarchie. « Ils tenteront sans doute de se réfugier derrière certaines dispositions des lois constitutionnelles ; ils prétendront, à l'aide d'interprétations subtiles, trouver dans tel ou tel texte un moyen de couvrir leurs illégalités. Ce n'est pas la première fois que des ministres coupables cherchent un abri derrière des textes en apparence équivoques ; l'article XIV de la Charte est demeuré célèbre sous ce rapport. Les juges de 1830 ont pensé qu'une Constitution qui autoriserait un coup d'Etat légal serait un non-sens ; les ministres de 1877 ne trouveront sans doute pas plus de grâce pour leurs arguties. » Le rapport de M. H. Brisson ne donna lieu, dans la séance du 8 mars 1879, qu'au vote d'un ordre du jour de blâme et de flétrissure contre le gouvernement du Seize-Mai.

La même année, à l'ouverture de la session (janvier), M. Brisson avait été nommé vice-président de la Chambre ; puis, le mois d'après, il avait été choisi comme président de la commission du budget. Il le fut encore l'année suivante, et prononça, comme tel, le 4 mars 1880, un discours où il disait à ses collègues de la commission : « ... Votre tâche, messieurs, est d'allier ce que réclame l'esprit de réforme à ce que permettent le bon ordre de nos finances et le maintien de notre crédit. On reproche quelquefois à la République de ne pas faire grand, vous ne vous laisserez pas trop émouvoir par ce reproche ; ceux qui parlaient de faire grand ont laissé la France plus petite, etc. »

M. Henri Brisson prit fréquemment la parole à la tribune de la Chambre, notamment sur le droit de réunion (janvier 1880), et en novembre, à propos du budget de 1881, pour défendre le célèbre amendement dont il était l'auteur et qui comprenait un ensemble de dispositions ayant pour but de mettre un terme aux immunités fiscales dont jouissent les congrégations. Cet amendement, que la commission du budget et la Chambre des députés adoptèrent successivement, fut considérablement modifié et atténué par le Sénat. M. H. Brisson insista vainement, en décembre, pour le maintien de la rédaction primitive : la solution de la Chambre haute prévalut définitivement. M. H. Brisson présenta encore, de concert avec M. Boulard, député du Cher, une proposition de loi tendant à la « réforme de la magistrature ».

Enfin, cette même année 1880, à la suite des élections départementales du mois d'août, il était devenu président du conseil général du Cher, dont il faisait partie depuis 1871. M. Henri Brisson était alors très jaloux de l'influence politique qu'il possédait dans son département d'origine ; mais cette influence ne tarda pas à être fortement entamée par suite du désaccord qui sépara bientôt le député de la Seine de son beau-frère et cousin germain, M. Eugène Brisson, alors maire de Bourges. Le père de M. Henri Brisson prit publiquement parti contre son fils, pour son neveu, et, à quelque temps de là, en 1884, M. Brisson, président de la Chambre, ne put se faire réélire conseiller général du Cher.

Le 21 août 1881, la 2e circonscription du Xe arrondissement de Paris lui donna 8 757 voix sur 9 986 votants, et 14 693 inscrits ; il fut élu presque aussitôt président de la Chambre des députés, le 3 novembre, par 347 voix. Gambetta avait été élu tout d'abord président provisoire par 317 suffrages; puis, lors de l'élection du bureau définitif, il avait décliné la candidature ; c'est alors que M. H. Brisson lui succéda. Pendant les sessions suivantes, il fut maintenu à ce poste, où il se renferma, dans la plus stricte réserve, évitant de laisser pressentir son opinion personnelle sur les questions les plus brûlantes du moment, et refusant, aussi longtemps qu'il le put, d'accepter soit un portefeuille dans les diverses combinaisons ministérielles qui furent tentées, soit même la présidence du conseil pour laquelle on le désigna plus d'une fois, entre autres lors de la chute du ministère Freycinet (29 juillet 1882). M. Grévy lui ayant fait des offres formelles, M. Brisson se déroba alors en alléguant son incompétence en matière de politique extérieure.

Ce ne fut qu'après le renversement du cabinet Jules Ferry (31 mars 1885) et après les tentatives infructueuses de M. de Freycinet pour constituer un ministère, qu'il accepta enfin la mission de composer un cabinet : il y prit, avec la présidence du Conseil, le portefeuille de la Justice, et entra en fonctions le 6 avril. Arrivant au pouvoir pour la première fois, vierge d'échecs comme de succès, il ne rencontra d'abord dans les divers groupes de gauche aucune hostilité systématique, et la majorité des Chambres lui accorda aisément, jusqu'à l'époque des élections générales, le crédit qu'il lui avait demandé. M. Brisson, qui avait pris pour mot d'ordre la concentration républicaine, recommanda, par une circulaire publique, à tous les fonctionnaires sous ses ordres, de garder, lors des élections prochaines, une entière neutralité. Toutefois ses adversaires politiques lui reprochèrent d'avoir mis en œuvre pour le succès de la liste opportuniste du Cher, sur laquelle il figurait en même temps que sur diverses listes dans la Seine, toutes les influences dont pouvait alors disposer le président du Conseil, Ce succès ne fut obtenu d'ailleurs qu'après ballottage, et grâce au désistement des autres candidats républicains. Au premier tour, la liste conservatrice arriva en tête, avec plus de 30 000 voix ; la liste de MM. Henri Brisson, Pernolet, Lesage, Mellot, etc., en obtint 22 000, tandis que la liste républicaine socialiste en réunissait 18 000 ; celle-ci se retira pour éviter le succès définitif des conservateurs, et M. Henri Brisson fut élu. Nommé, en même temps, dans le département de la Seine, au premier tour, par 215 853 voix, il opta pour le Cher.

Dès le début de la session, le ministère Brisson, auquel les radicaux reprochaient son indécision et sa mollesse, eut seul à lutter contre la coalition de l'extrême gauche et des droites ; la première bataille fut livrée à propos des crédits demandés pour l'occupation et l'organisation du Tonkin et l'exécution du traité de Tien-Tsin. La Chambre nomma une commission extraordinaire de 23 membres qui se trouva presque entièrement formée de députés hostiles à la politique coloniale soutenue par M. Brisson, à l'exemple de son prédécesseur. Les travaux de cette commission, véritable enquête rétrospective qui ne dura pas moins d'un mois, aboutirent à cette conclusion formellement exprimée: nécessité d'abandonner les territoires annexés ou mis sous notre protectorat dans l'Indochine. Le ministère refusa nettement de s'associer à cette politique nouvelle. Après un débat de quatre jours (décembre 1885) dans lequel le président au Conseil intervint de sa personne, les crédits supplémentaires ne furent votés qu'à une majorité de quatre voix (274 contre 270). Encore cette majorité se trouva-t-elle réduite et peut-être même annulée par diverses rectifications au procès-verbal.

Un autre insuccès de M. Henri Brisson, qui, malgré une assez vive campagne menée par ses amis, n'obtint, vers la même époque, que 68 suffrages, lors de la réélection de M. J. Grévy par le Congrès comme président de la République, l'obligea à quitter le pouvoir. Il fut remplacé par M. de Freycinet. Depuis lors, M. Brisson semble avoir pris une part moins active aux travaux parlementaires.

En décembre 1887, au moment de l'élection d'un nouveau président de la République, par suite de la retraite de M. Jules Grévy, M. Henri Brisson se porta candidat, mais ne réunit qu'un petit nombre de suffrages (26 voix).

Il a voté dans la dernière session :
- pour le rétablissement du scrutin uninominal (11 février 1889),
- contre l'ajournement indéfini de la révision des lois constitutionnelles (14 février),
- pour les poursuites contre trois députés membres de la Ligue des patriotes (14 mars),
- pour le projet de loi Lisbonne restrictif de la liberté de la presse (2 avril),
- pour les poursuites contre le général Boulanger (4 avril).


Né le 31 juillet 1835 à Bourges (Cher),
mort le 13 avril 1912 à Paris.


Représentant de la Seine à l'Assemblée nationale de 1871 à 1876.

Député de la Seine de 1876 à 1885.

Député du Cher de 1885 à 1889.

Député de la Seine de 1889 à 1902.

Député des Bouches-du-Rhône de 1902 à 1912.

Président du Conseil et Ministre de la Justice de 1885 à 1886.

Président du Conseil et Ministre de l'Intérieur en 1898.

Président de la Chambre des Députés de 1881 à 1885, de 1894 à 1898, de 1904 à 1905 et de 1906 à 1912.

(Voir première partie de la biographie dans ROBERT ET COUGNY, Dictionnaire des Parlementaires, t. 1, p. 494.)

Aux élections générales de 1889, il abandonna le département du Cher pour celui de la Seine qu'il avait déjà représenté à l'Assemblée nationale de 1871 à 1876, et au cours de la première législature de la Chambre des députés de 1876 à 1885. Il fut élu le 22 septembre dans la deuxième circonscription du 10e arrondissement de Paris, au premier tour de scrutin, par 6 289 voix contre 4 663 à M. Thibaudin.

Il retrouva son siège aux élections générales du 20 août 1893, encore au premier tour, par 6 454 voix contre 1 663 à M. Pieron.

Ses électeurs lui restèrent fidèles le 8 mai 1898 en lui renouvelant son mandat par 6 916 voix contre 1 835 à M. Roldes.

Aux élections générales des 27 avril et 11 mai 1902, quoique arrivé en tête au premier tour de scrutin, il retira sa candidature au second, pour la présenter dans la quatrième circonscription de Marseille, où son ami Chevillon se désista en sa faveur.

Il fut élu par 6 640 voix contre 4 720 à M. Gay. Il fut réélu dans cette même circonscription aux élections générales du 6 mai 1906 par 6 140 voix contre 3 273 à M. Dubois et à celles du 24 avril 1910 par 6 683 voix contre 5 242 à M. Brion.

Il appartint à diverses commissions, dont la Commission d'enquête sur l'affaire du Panama, dont il fut nommé président (1892), aux Commissions du budget pour les exercices 1892 et 1893, à la Commission chargée de l'examen des projets et propositions de loi concernant la marine (1890), et à celles de l'enseignement et des beaux-arts, pour ne citer que les plus importantes.

Il prit part à de nombreux débats qui s'ouvrirent notamment sur : les budgets des exercices 1891, 1892, 1893, 1904 et 1906, le projet de loi tendant à réprimer les menées anarchistes (1894) ; le projet de loi relatif aux demandes en autorisation formées par les congrégations enseignantes (1903) ; les conclusions de la Commission d'enquête sur l'élection de Syveton (1903) ; la proposition de loi sur le contrat d'association (1903) ; les projets et propositions de loi sur la séparation des Eglises et de l'Etat ; le projet de résolution concernant la révision de la Constitution (1905).

Lors de la crise boulangiste, en 1889, il se montra partisan de la défense républicaine et présida avec une parfaite impartialité la Commission d'enquête sur l'affaire de Panama en 1893. Candidat malheureux à la présidence de la République en juin 1894 pour succéder à Casimir-Perier, et en janvier 1895 pour succéder à Félix Faure, il avait retrouvé la présidence de la Chambre le 18 décembre 1894 pour la conserver jusqu'au 31 mai 1898 où il fut de nouveau appelé au pouvoir. Il forma le Ministère du 28 juin 1898, dans lequel il prit le portefeuille de l'Intérieur. La révison du procès Dreyfus venait de se poser et il fut interpellé à deux reprises sur la transmission à la Cour de cassation de cette demande en révision. Mais la démission successive de ses Ministres de la Guerre (le général Cavaignac le 5 septembre 1898, le général Zurliden le 17 septembre, remplacé par le général Chanoine) ébranlèrent son Cabinet qui fut finalement renversé par un vote de la Chambre le 26 octobre suivant. Ayant repris sa place à son banc de député, il dut encore s'expliquer sur la révision du procès Dreyfus au cours de la discussion d'une interpellation déposée par Millerand. L'année suivante, il appuya la demande présentée par Marcel Sembat tendant à l'affichage de l'arrêt de cassation relatif à « l'affaire ». De 1899 à 1902 il soutint la politique de Waldeck-Rousseau et se fit entendre dans les débats sur le projet et les propositions de loi concernant le contrat et le droit d'association et sur le projet de résolution relatif à la réforme de l'enseignement secondaire.

Le 12 janvier 1904, il fut réélu à la présidence de la Chambre, en remplacement de Léon Bourgeois qui ne se représentait pas, pour en être écarté le 10 janvier 1905 au profit de Paul Doumer.

Mais la majorité issue des élections de 1906 lui rendit son fauteuil qu'il devait conserver jusqu'à sa mort. Il se déclara néanmoins, en dépit de son rôle d'arbitre, partisan des mesures dirigées contre l'Etat-major et le clergé. Farouche défenseur de la laïcité, il se prononça pour la rupture du concordat et contre les congrégations enseignantes, attitude qu'il avait développée et exposée dans son livre La Congrégation, publié en 1902.

Il mourut dans l'exercice de ses fonctions présidentielles le 13 avril 1912, au Palais Bourbon, à 77 ans.

A la séance du 21 mai, M. Eugène Etienne, vice-président, prononça son éloge funèbre dans une Chambre voilée de deuil. Après avoir retracé la longue carrière du disparu, « Henri Brisson, déclara-t-il, était du nombre de ces hommes qui donnent le beau spectacle d'une parfaite harmonie entre l'intelligence et le caractère, entre la raison et la conduite ; il n'a pas agi autrement qu'il a pensé et sa longue existence a été le pur reflet de ses idées. Ayant fait partie de cette génération qui a appelé et fondé la République, il l'a fortement et fidèlement servie, marchant avec courage dans les voies où il s'était engagé, attendant l'heure où la justice lui serait rendue. »

Il laissait des discours, des plaidoyers et de nombreux papiers parlementaires. Il était le frère d'Eugène Brisson, qui fut maire de Bourges.


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