Pierre Roux-Fazillac

1746 - 1833

Informations générales
  • Né le 17 juillet 1746 à Excideuil (Dordogne - France)
  • Décédé le 21 février 1833 à Nanterre (Hauts-de-Seine - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Révolution
Législature
Assemblée nationale législative
Mandat
Du 9 septembre 1791 au 20 septembre 1792
Département
Dordogne
Groupe
Extrème gauche
Régime politique
Révolution
Législature
Convention nationale
Mandat
Du 6 septembre 1792 au 26 octobre 1795
Département
Dordogne
Groupe
Montagne

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député en 1791, membre de la Convention, né à Excideuil (Dordogne) le 17 juillet 1746, mort à Nanterre (Seine) le 21 février 1833, il entra fort jeune au service et fit la campagne d'Amérique ; il était, à l'époque de la Révolution, capitaine dans les armées du roi et chevalier de Saint-Louis.

L'ardeur avec laquelle il adopta les idées nouvelles lui valut d'être nommé administrateur du département de la Dordogne, et d'être élu (9 septembre 1791) député de la Dordogne à l'Assemblée législative, le 9e sur 10, « à la pluralité des voix ». Il opina avec l'extrême-gauche.

Réélu, le 6 septembre 1792, député du même département à la Convention, le 4e sur 10, avec 430 voix (611 votants), il vota pour la mort du roi, sans appel ni sursis, fut un des commissaires chargés de faire exécuter la levée en masse, proposa de traiter comme déserteurs deux bataillons de la Gironde qui voulaient quitter l'armée, annonça que le département de la Charente avait fourni douze mille hommes, et dénonça à la Convention, par la lettre suivante, un complot de boulangers et de meuniers « qui étaient de connivence avec les aristocrates » :

« Angoulême, le 21 du premier mois de l'an 2.

« Roux-Fazillac à la Convention nationale.

« Citoyens mes collègues, si nos jeunes volontaires se sont rendus à Niort avec tant de gaieté, comme je vous en ai instruits par ma dernière lettre, ce n'est pas que les aristocrates ne les eussent travaillés ; un de leurs moyens a été de faire publier dans les communes que, dans les communes voisines, les citoyens requis avaient massacré les officiers municipaux qui voulaient les faire marcher ; mais cette ruse aristocratique a été infructueuse comme tant d'autres ; depuis, la fixation du prix des grains a été un nouveau prétexte pour eux. Ils ont des alliés dans les boulangers et les meuniers ; ces derniers sont furieux de ne pouvoir plus faire un commerce qui leur était si profitable ; ils le sont aussi d'être payés en argent et non pas en nature. Voulant rattraper les profits qui leur échappent, ils se sont réunis en grand comité, au nombre de vingt-cinq à trente ; ils ont contracté entre eux l'engagement par écrit de ne plus laver les grains avant de les faire moudre. Ils ont consigné une somme de 1 500 livres comme un gage de leur fidélité à remplir leur engagement mutuel ; mais la guillotine aussitôt mise sur la place à coupé le mal dans sa racine, et les a fait rentrer dans le devoir par le seul aspect. Ils sont devenus souples et aussi honnêtes que puissent l'être des meuniers. La somme consignée sera employée au soulagement des pauvres ; je suis fâché qu'elle soit si modique.

« Je commence à croire que la dernière révolution de Bordeaux n'est point une l'évolution simulée. Hier il a passé ici huit des chefs de la conspiration, qui sont conduits à Paris sous bonne et sûre garde. J'en joins ici la liste ; ils seront bientôt suivis par d'autres.

« Salut et fraternité, citoyens mes collègues.


« ROUX-FAZILLAC ».

En mission dans la Dordogne, il se plaignit que les habitants conservassent encore l'habitude du dimanche : « Je donnerai des fêtes, écrivait-il ; j'ai commencé aujourd'hui (9 décembre 1793) ; les femmes aristocrates mêmes s'y sont rendues ; et, plus par crainte sans doute que par amour de l'égalité, elles se sont humanisées jusqu'à danser avec de véritables sans-culottes. »

De retour à la Convention, il fit des rapports sur l'éducation, sur les postes, fut envoyé dans les places du Nord, et, après la session, il redevint administrateur de la Dordogne.

Destitué en 1798 par le Directoire, il fut nommé par Quinette chef de division au ministère de l'Intérieur, quitta le ministère avec son chef, et vécut à Excideuil (Dordogne) sans emploi.

Aux Cent-Jours, il se fit remarquer par ses basses adulations sur le retour de Napoléon (lettre à Cambacérès du 30 mars 1815).

Atteint par la loi du 12 janvier 1816 contre les régicides, il fut forcé de s'expatrier, partit en février pour Genève, ne rentra en France qu'à la révolution de Juillet et se fixa à Nanterre où il termina ses jours.

On a de lui :
- Recherches historiques et critiques sur l'homme au masque de fer, ouvrage rédigé sur des matériaux authentiques (1801) ;
- Histoire de la guerre d'Allemagne pendant les années 1756 et suivantes entre le roi de Prusse et l'impératrice d'Allemagne (1784), etc.


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