Antoine Caill

1923 - 1976

Informations générales
  • Né le 7 février 1923 à Plouzévédé (Finistère - France)
  • Décédé le 26 avril 1976 (Lieu de décès inconnu)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 25 novembre 1962 au 2 avril 1967
Département
Finistère
Groupe
Union pour la nouvelle République-UDT
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 12 mars 1967 au 30 mai 1968
Département
Finistère
Groupe
Union démocratique pour la V° République
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IVe législature
Mandat
Du 23 juin 1968 au 1er avril 1973
Département
Finistère
Groupe
Union des démocrates pour la République
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
Ve législature
Mandat
Du 11 mars 1973 au 26 avril 1976
Département
Finistère
Groupe
Union des démocrates pour la République

Biographies

Biographie de la Ve République

CAILL (Antoine, François)
Né le 7 février 1923 à Plouzévédé (Finistère)
Décédé le 26 avril 1976 à Plouzévédé

Député du Finistère de 1962 à 1976

Un des ancêtres d’Antoine Caill, Jacques Queinnec, avait siégé à la Convention entre septembre 1792 et octobre 1795. Depuis le Second Empire, la famille Caill a fourni à Plouzévédé, petite commune du Finistère, plusieurs premiers magistrats. L’arrière-grand-père, le grand-oncle, l’aïeul et le père d’Antoine Caill ont en effet présidé aux destinées du village. Entre 1870 et 1945, Plouzévédé se choisit des maires au sein de la même lignée, hormis un bref intermède de deux années entre 1906 et 1908. C’est dire qu’Antoine Caill est élevé dans le culte d’une « petite patrie » à laquelle il devait demeurer fidèle du berceau jusqu’au tombeau.
Le futur parlementaire effectue de solides études secondaires au lycée Notre-Dame de Kreisker à Saint-Pol de Léon, mais n’embrasse pas la carrière de médecin vétérinaire à la suite de son père. En effet, Antoine Caill travaille comme clerc de notaire dans une étude pendant quatorze années consécutives, emploi qui lui permet d’appréhender la société dans toute sa diversité. Investi au sein du syndicat des clercs de notaires, Antoine Caill remplit en outre les fonctions de greffier de justice au tribunal d’instance et de police de Brest. Il opte définitivement pour cette activité dans le milieu judiciaire au cours des années 1950.
Après avoir pris la présidence de la société de chasse locale en 1955, Antoine Caill accède à la mairie de Plouzévédé à la fin des années 1950. Il approuve la stabilité qu’apportent les institutions de la Vème République et la pratique constitutionnelle qui se développe dès 1959, soit une lecture moins parlementaire que « présidentialiste ».
La commune de Plouzévédé se situe dans la cinquième circonscription du Finistère, qui confirme aux élections législatives de novembre 1958 le sortant Joseph Pindivic, ancien membre du RPF, candidat sous l’étiquette des « Républicains indépendants et paysans ». En novembre 1962, après la dissolution de l’Assemblée nationale, le parlementaire breton ne sollicite pas le renouvellement de son mandat. L’Union pour la Nouvelle République (UNR) accorde alors son investiture à Antoine Caill, qui affronte d’autres candidats se réclamant des modérés au premier tour de scrutin.
Dans un département qui a voté à 74,4% en faveur de l’élection du chef de l’Etat au suffrage universel direct, les gaullistes affichent une certaine confiance quant aux résultats dans la cinquième circonscription. Dans sa profession de foi, Antoine Caill se réclame de l’UNR : c’est pour préciser que cette formation « rassemble des gens qui ne s’intéressent pas aux luttes partisanes, mais qui par devoir, conscients du bien commun, savent faire abstraction d’eux-mêmes quand l’avenir de la Nation est en jeu ». L’intérêt du pays commande selon lui de confirmer le soutien à l’œuvre de rénovation entreprise par le général de Gaulle et les gouvernements de Michel Debré et Georges Pompidou. Le programme d’action qu’Antoine Caill propose aux électeurs tient compte des enjeux locaux en mettant l’accent sur les questions agricoles et les problèmes sociaux (retraites, indemnisation du handicap). Très attaché à la valeur « famille », qu’il considère comme la « pierre angulaire » de notre pays, Antoine Caill entend aussi défendre « sans sectarisme » « l’une et l’autre de nos écoles », ce qui revient à soutenir l’enseignement libre, trois ans après le vote de la loi Debré qui en facilite le financement. Il rappelle en outre sa qualité d’ « enfant du pays » et de « catholique pratiquant ». C’est donc en partie sur le terreau de la démocratie chrétienne que le candidat gaulliste entend bâtir son succès électoral. Il arrive en tête des suffrages dans huit des neuf cantons de la circonscription le 18 novembre 1962 et l’emporte, une semaine plus tard, à une large majorité (61,1%) sur Roger Chapalain, candidat « républicain pour la défense des intérêts régionaux ».
Antoine Caill s’inscrit au groupe de l’UNR-UDT et siège à la Commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale à l’Assemblée nationale peu après son élection. Peu enclin aux « coups d’éclat », le maire de Plouzévédé consacre une part importante de son énergie à défendre les intérêts de ses concitoyens auprès des administrations ou du pouvoir exécutif. Il intervient à deux reprises dans l’hémicycle sous la deuxième législature de la Vème République. Très impliqué dans les projets de réforme de la justice, il insiste le 30 juin 1965 sur la précarité du sort de certains titulaires de greffes à faible rendement, dans les juridictions où ne sont prononcés que de rares jugements. En sa qualité d’ancien greffier, il apporte à cette occasion au débat parlementaire une contribution de nature technique. Le 27 octobre 1966, il se fait le porte-parole de sa région d’élection pour souhaiter que le littoral en soit mieux protégé. Cette préoccupation devait prendre une place croissante dans l’activité législative d’Antoine Caill au cours des années suivantes.
Le député du Finistère respecte la discipline de vote du groupe gaulliste au Palais-Bourbon entre 1962 et 1967. Il approuve le traité de l’Elysée qui consacre la réconciliation franco-allemande (juin 1963) comme l’encadrement de l’exercice du droit de grève dans les services publics (juillet 1963), la réforme du mode d’élection des conseillers municipaux (juin 1964) ou celle du service national (mai 1965).
En mars 1967, Antoine Caill sollicite le renouvellement de son mandat avec l’étiquette de l’UD-Vème République. Il doit faire face à une poussée de l’opposition dans sa circonscription. Les centristes, que représente le conseiller général Yves Cabioch, conservent des positions très sûres en Bretagne depuis le début de la Vème République. Seuls quatre cantons sur huit donnent l’avance à Antoine Caill le 5 mars 1967 : la carte du gaullisme fait apparaître son implantation dans les secteurs plutôt urbains de cette cinquième circonscription. Le 12 mars 1967, Antoine Caill est réélu député par 1301 voix d’avance sur Yves Cabioch. Il est en effet soutenu par 51,4% des électeurs qui ont souhaité s’exprimer.
Membre du groupe de l’Union démocratique pour la Vème République, Antoine Caill travaille au sein de la Commission de la production et des échanges à partir de la troisième législature. Il devait y siéger jusqu’en avril 1976. L’élu breton intervient dans l’hémicycle le 26 avril 1967 pour évoquer la question de l’indemnisation des victimes après la catastrophe du pétrolier le « Torrey Canyon », échoué le 18 mars 1967 dans l’Atlantique, à proximité de la Manche. Cette « calamité publique » que représente la marée noire affecte selon lui les finances des collectivités locales comme l’industrie du tourisme et les ressources des marins pêcheurs. Antoine Caill recommande que la solidarité nationale s’exerce en l’espèce au bénéfice de ses mandants. Il insiste également sur les dégâts de la marée noire sur l’écosystème marin et relève que près de quatre mille pingouins, guillemots ou macareux ont péri en quelques jours. Sept mois plus tard, le maire de Plouzévédé se fait à nouveau l’avocat du Finistère pour regretter que des fraises produites en Roumanie ou en Tchécoslovaquie puissent concurrencer les productions maraîchères françaises en dépit des frais de conditionnement, de transport et des tarifs douaniers (séance du 8 novembre 1967).
Après les événements de mai 1968 et la décision du général de Gaulle d’en appeler au peuple français par la dissolution de l’Assemblée nationale, les élections législatives de juin 1968 permettent à une majorité de Français de manifester leur souci d’un retour à l’ordre. Candidat à sa propre succession dans la cinquième circonscription du Finistère, Antoine Caill se garde d’utiliser, dans sa profession de foi, des mots définitifs à l’encontre de l’opposition, au contraire d’autres candidats gaullistes. Il dénonce cependant l’attitude des dirigeants de la gauche démocratique qui, à l’instar de François Mitterrand et de Pierre Mendès France, ont pu donner l’impression de « bafouer la légalité républicaine », voire de « préparer un coup d’état ». Le maire de Plouzévédé, qui retrouve son adversaire de 1967 au premier tour de scrutin, s’en prend en outre aux députés du groupe Progrès et démocratie moderne, qui ont presque tous voté la censure déposée par la gauche au plus fort de la crise. Leur attitude, à un moment de déstabilisation du pouvoir exécutif, ne s’expliquerait que par leur « sectarisme » et leur « haine du général de Gaulle ». Enfin, Antoine Caill exprime ses espoirs de développement pour la Bretagne, qui a été classée en zone de rénovation rurale le 24 octobre 1967.
Ce propos semble entendu des électeurs, puisque le député du Finistère est réélu dès le 23 juin 1968. Il obtient en effet 53,45% des suffrages exprimés et s’impose avec une nette majorité dans quatre des huit cantons de la circonscription. Comme en 1967, les cantons de Landivisiau, Ploudiry, Saint-Thégonnec et Sizun lui préfèrent cependant le centriste Yves Cabioch.
Antoine Caill s’inscrit au groupe UDR de l’Assemblée nationale sous la troisième législature. Il prend la parole à sept reprises entre 1968 et 1973 et continue de s’intéresser à l’administration quotidienne de la justice, aux problèmes sociaux ou au développement économique de la Bretagne. Bannissant toute emphase, sa parole s’en tient souvent à des exigences de brièveté et de précision. Le 28 octobre 1970, il plaide ainsi en faveur d’une « allocation orphelin » plus élevée en faveur des femmes dont le mari est décédé avant l’âge de la retraite, avec des enfants à charge. Le député du Finistère considère que la France manque d’établissements destinés à l’accueil des enfants et adultes handicapés et préconise de « simplifier au maximum les procédures administratives » pour en faciliter l’implantation. Le 10 novembre 1972, il recommande implicitement de revaloriser les bourses scolaires, dont la progression est alors en retard sur l’inflation.
Ses votes sous la troisième législature ne le distinguent pas des autres élus gaullistes, qu’il s’agisse de soutenir la réforme des universités (10 octobre 1968), la loi « anti-casseurs » qui encadre l’exercice des libertés publiques (4 juin 1970) ou la création des régions (27 avril 1972). Il apporte son suffrage au gouvernement de Jacques Chaban-Delmas à l’occasion des déclarations de politique générale des 15 octobre 1970 et 24 mai 1972.
L’ancien greffier voit son labeur et sa disponibilité reconnus par les électeurs au moment des élections législatives de mars 1973. Alors que la majorité se trouve menacée dans de nombreux départements, il ne manque que 185 voix à Antoine Caill pour l’emporter au premier tour de scrutin. Trois autres candidats se partagent les suffrages, dont l’agriculteur Pierre Chapalain, déjà candidat en 1962, qui bénéficie de l’investiture des Réformateurs de Jean-Jacques Servan-Schreiber. Le 11 mars 1973, Antoine Caill est réélu député du Finistère par 55,7% des électeurs dans le cadre d’une triangulaire qui l’oppose aux candidats centriste et socialiste.
L’orthodoxie gaulliste comme les convictions religieuses de nombreux parlementaires sont mises à l’épreuve au cours de la cinquième législature. Les positions prises par Antoine Caill dessinent le portrait d’un élu ouvert à une modernisation des règles du jeu démocratique, mais réticent, voire hostile au mouvement de libéralisation des mœurs. Il accorde ainsi sa confiance aux gouvernements de Pierre Messmer (12 avril 1973) et de Jacques Chirac (6 juin 1974), approuve le projet de réduction à cinq ans du mandat présidentiel (16 octobre 1973) comme l’extension de la saisine du Conseil constitutionnel (10 octobre 1974), mais s’oppose à la légalisation de l’interruption volontaire de grossesse (28 novembre 1974). Ce catholique convaincu, père de cinq enfants, confie à son collègue breton Jean Crenn le soin de voter contre le divorce par consentement mutuel, le 4 juin 1975.
Antoine Caill accède à la prestigieuse Commission des finances, de l’économie générale et du plan en avril 1976 : il s’agit peut-être d’une forme de reconnaissance de son activité au Parlement, comme de sa fidélité aux différents groupes gaullistes qui se sont succédé depuis 1962. La disparition dans la force de l’âge de l’élu breton surprend ses collègues députés au printemps 1976. Le maire de Plouzévédé est en effet emporté par une congestion cérébrale alors qu’il sort d’une réunion de son conseil municipal.
Edgar Faure, président de l’Assemblée nationale, rend hommage lors de la séance du 6 mai 1976 à ce « républicain authentique », « homme de cœur » qui offrait le modèle de l’« élu de base » travailleur et discret. En mai 1976, Marguerite Caill, née Audibert, succède à son mari à la mairie de Plouzévédé, avant de devenir députée suppléante de la cinquième circonscription du Finistère en mars 1978.

Retour haut de page