François, Joseph Gamon

1767 - 1832

Informations générales
  • Né le 6 avril 1767 à Antraigues (Ardèche - France)
  • Décédé le 1er novembre 1832 à Antraigues (Ardèche - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Révolution
Législature
Assemblée nationale législative
Mandat
Du 3 janvier 1792 au 20 septembre 1792
Département
Ardèche
Groupe
Modérés
Régime politique
Révolution
Législature
Convention nationale
Mandat
Du 5 septembre 1792 au 26 octobre 1795
Département
Ardèche
Groupe
Centre gauche
Régime politique
Révolution
Législature
Conseil des Cinq-Cents
Mandat
Du 15 octobre 1795 au 1er mars 1798
Département
Ardèche
Groupe
Modérés
Régime politique
Cent-Jours
Législature
Chambre des représentants
Mandat
Du 11 mai 1815 au 13 juillet 1815
Département
Ardèche

Fonds d'archives

Des archives de François-Joseph Gamon sont conservées aux Archives départementales de l’Ardèche dans le fonds de l’érudit Albin Mazon, issu de multiples dons. Les articles 52 J 535 à 537 regroupent ainsi des notes et des documents biographiques. Décrites dans un répertoire numérique détaillé, ces archives sont communicables. De plus amples renseignements sur ce fonds sont disponibles sur le site Internet des Archives départementales de l’Ardèche.

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député en 1791, membre de la Convention, député au Conseil des Cinq-Cents, représentant à la Chambre des Cent-Jours, né à Antraigues (Ardèche) le 6 avril 1767, mort à Antraigues le 1er novembre 1832, il appartenait à une famille protestante originaire de Savoie, d'où sortit au XVIe siècle un poète et physicien célèbre, Christophe Gamon, et était fils de Joseph Gamon et de Anne Bosc.

Après avoir étudié le droit à Toulouse, François-Joseph Gamon exerça dans cette ville, peu avant la Révolution, la profession d'avocat, s'y fit remarquer par de brillants plaidoyers, et, le 8 septembre 1791, fut désigné par les électeurs de l'Ardèche, par 155 voix sur 260 votants, comme premier suppléant à l'Assemblée législative, où il entra le 3 janvier 1792, en remplacement de Valadier, non acceptant. Gamon siégea parmi les modérés, et prit peu de part aux délibérations.

Réélu, le 5 septembre 1792, membre de la Convention par le même département, le 3e sur 7, avec 319 voix (392 votants), il s'y lia étroitement avec les Girondins, demanda, lors du procès de Louis XVI, que l'accusé fût entendu préalablement au décret d'accusation et motiva ainsi son jugement : « Fidèle aux principes et à ma conscience, dit-il au 2e appel nominal, me moquant publiquement des poignards dont on a menacé, même dans le sein de la Convention, ceux qui auront voté pour l'appel au peuple, je réponds oui. » Au 3e appel : « Nous votons ici à la fois en juges et en hommes d'Etat; comme juge, je prononce la mort, mais, comme représentants de la nation, tremblons de faire périr l'arbre de la liberté, en l'inondant du sang du peuple. La mort de Louis peut rendre la campagne prochaine deux fois plus sanglante. Je vote donc pour un sursis jusqu'à ce que les ennemis reparaissent sur le territoire de la République. » Très opposé au parti de la Montagne, il monta à la tribune, le 10 mars 1793, pour se plaindre des « complots » formés contre les députés de la Gironde, et pour reprocher aux Jacobins de faire occuper les tribunes exclusivement par leurs partisans. Lakanal et Henry-Larivière le soutinrent dans cette réclamation, qui fut vivement combattue par Marat. Gamon protesta encore contre les journées du 31 mai et du 2 juin : son attitude fut telle qu'il fut bientôt décrété d'accusation. Toutefois il échappa à la proscription des 73 par un motif peu héroïque, que les biographes ont rapporté. Au moment précis où le décret allait être rendu, Gamon sortit « pour satisfaire un besoin naturel », et s'abstint de rentrer dans la salle avant la fin de la séance. Il put ainsi quitter Paris, gagna la Suisse, où il se maria, et d'où il ne revint qu'après le 9 thermidor.

Rappelé à la Convention en l'an III, il s'associa à la politique de réaction qui inspirait alors la majorité, réclama la restitution des biens des condamnés et fit plusieurs dénonciations à la suite des journées de prairial an III. Devenu membre du comité de salut public, il n'alla pas cependant jusqu'à se rallier au royalisme, et, compromis dans des papiers saisis chez un agent de ce parti, Lemaître, il réussit à se justifier.

Après la session de la Convention, il fut élu (23 vendémiaire an IV) député de l'Ardèche au Conseil des Cinq-Cents, par 194 voix (218 votants). Il y siégea jusqu'en l'an VI, devint ensuite membre du tribunal de cassation, et, le 18 brumaire an VIII, fut nommé juge à la cour d'appel de Nîmes.

Promu, en l'an XII, président de la cour criminelle de l'Ardèche, et, le 25 prairial de la même année, membre de la Légion d'honneur, il vint, en 1806, à la tête d'une députation de son département, féliciter l'empereur Napoléon, qui le fit (20 décembre 1808) conseiller général de l'Ardèche, et en 1813, président à la cour de Nîmes. La Restauration lui enleva ces fonctions; les Cent-Jours les lui rendirent.

A la même époque (11 mai 1815), l'arrondissement de Privas le choisit, par 32 voix sur 44 votants, comme membre de la Chambre des représentants. Il n'y prit la parole qu'une seule fois, après Waterloo. Le discours qu'il prononça, et dans lequel il proposait de remettre en vigueur la Constitution de 1791, sans vouloir désigner la tête sur laquelle serait placée la couronne, fit une assez grande impression sur l'Assemblée, qui peut-être se serait rangée à cet avis, sans les événements qui interrompirent le cours de la discussion.

Destitué par la seconde Restauration, Gamon se retira d'abord à Antraigues; puis, la loi du 12 janvier 1816 le contraignit à se rendre à l'étranger. Il se réfugia en Suisse, dans le pays de sa femme, et, ayant obtenu à quelque temps de là l'autorisation de rentrer en France, il revint se fixer dans son pays natal, où il vécut dès lors obscurément.

On a de lui des tragédies : Cléopâtre (1788); Beaurepaire ou la prise de Verdun (1806); un recueil de poésies (1803); Exposé de ma conduite politique, du 20 mars au 7 juillet 1815. Un biographe dit qu'il mit en vers le Télémaque de Fénelon.

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