Philippe Barrès

1896 - 1975

Informations générales
  • Né le 8 juillet 1896 à Neuilly-sur-seine (Hauts-de-Seine - France)
  • Décédé le 14 avril 1975 à Pertuis (Vaucluse - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 17 juin 1951 au 1er décembre 1955
Département
Meurthe-et-Moselle
Groupe
Rassemblement du peuple français

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)



Né le 8 juillet 1896 à Neuilly-sur-Seine (Seine aujourd'hui Hauts-de-Seine)

Décédé le 14 avril 1975 à Pertuis (Vaucluse)

Député de la Meurthe-et-Moselle de 1951 à 1955

Toute la vie et la carrière politique de Philippe Barrès ont été fortement influencées par son ascendance paternelle. Il était en effet le fils de Maurice Barrès, écrivain, auteur de La colline inspirée, membre de l'Académie française, théoricien du nationalisme, député de Nancy (comme le sera plus tard Philippe Barrès de la Meurthe-et-Moselle), journaliste fécond et modèle littéraire pour maints écrivains de l'entre-deux-guerres (Mauriac, Montherlant, Aragon).

Philippe Barrès est né la même année, dans la même commune que ce dernier. Elève au lycée Janson-de-Sailly, baigné dans une atmosphère de patriotisme ardent, il s'engage dès l'âge de 18 ans, en août 1914. Il revient de la guerre avec le grade de capitaine, la Légion d'honneur et la Croix de guerre et tire de son expérience un livre, La guerre à vingt ans (publié en 1924). Surtout, il veut maintenir la flamme du nationalisme français dans une France tentée par le pacifisme en devenant journaliste, rôle que tenait son père qui meurt en 1923. Il collabore notamment au quotidien éphémère, Le nouveau siècle, fondé par Georges Valois, dissident de l'Action française et fondateur du Faisceau et qui s'était placé sous l'égide du Maurice Barrès boulangiste, fondateur de La Cocarde. Après la disparition du journal en 1928, Philippe Barrès entre comme reporter au Matin dont il devient rédacteur en chef de 1935 à 1938 et qu'il quitte pour des fonctions analogues à Paris-soir. Son hostilité au nazisme s'exprime dans le livre Sous la vague hitlérienne (1933) et il fait partie des hommes de droite qui refusent la politique munichoise. En 1939, il est de nouveau mobilisé et se rallie au général de Gaulle et à la France libre dès juin 1940. Il voit en l'homme du 18 juin l'incarnation des idées nationalistes de son père (cf. son Charles de Gaulle publié en 1941 à New-York lors de son exil aux Etats-Unis, réédité en France en 1944 à son retour).

En 1945, à la Libération, il fonde, avec la fille de Marie Curie, Eve Curie, le quotidien Paris-presse qu'il dirige jusqu'en 1949. Membre du RPF à partir de 1947, Philippe Barrès figure en tête de la liste de ce parti aux élections du 17 juin 1951 dans le département de la Meurthe-et-Moselle. Dans ce département où sa famille a des attaches et qui joue un rôle si important dans l’œuvre de son père, Philippe Barrès et ses colistiers ou apparentés du RPF et du Parti républicain de la liberté arrivent nettement en tête face aux partis de la troisième force avec 112 156 voix contre 54 600. La liste RPF seule recueille 23,2 % des voix, ce qui assure l'élection de Philippe Barrès et de son suivant Napoléon Cochart. Après la validation de son élection, Philippe Barrès est nommé membre de la Commission des affaires étrangères et, à partir de 1954, de la Commission de la famille, de la population et de la santé publique.

Au cours de son mandat, Philippe Barrès dépose deux propositions de loi à caractère social, l'une fixant les plafonds de ressources pour l'obtention de l'allocation spéciale et de la carte d'économiquement faible, l'autre tendant à accorder aux mutilés et infirmes du dévouement une pension d'invalidité.

Ses interventions dans les débats sont exclusivement consacrées aux problèmes extérieurs et notamment aux interrogations soulevées par le projet de Communauté européenne de défense. Le 13 février 1952, il dénonce longuement les pièges et les dangers de ce projet. A une Europe étroite, où la France perdrait sa politique indépendante de défense face à l'Allemagne, vaincue de la veille mais réarmée grâce à elle et tentée par un retournement d'alliance vers l'Est, Philippe Barrès oppose une Europe atlantique élargie associant les pays anglo-saxons où la France retrouverait sa vocation mondiale, ce qui permettrait de contrôler l'Allemagne. Il revient à la charge sur ces questions lors des débats d'investiture des présidents du Conseil désignés Paul Reynaud (27 mai 1953) puis Joseph Laniel (26 juin 1953). Enfin, le 19 novembre suivant, lors de la discussion d'interpellations sur la politique européenne, il fait un long exposé nourri de références historiques et géopolitiques où il oppose de nouveau aux projets d'intégration politique européenne plaçant la France en situation d'infériorité face à l'Allemagne qui réaliserait ainsi les anciens rêves pangermanistes, une alliance atlantique comportant comme contrepoids l'Union française, l'Angleterre, les Etats-Unis et le Canada, afin d'assurer la survie des idéaux démocratiques dont est porteuse la civilisation française.

En conformité avec ses thèses, Philippe Barrès approuve les accords de Genève le 23 juillet 1954, vote la question préalable équivalant au rejet de la CED, soutient Pierre Mendès-France lors du vote qui entraîne la chute du gouvernement de celui-ci (5 février 1955) tandis qu'il se joint aux adversaires du gouvernement d'Edgar Faure le 29 novembre 1955. De nouveau candidat aux élections du 2 janvier 1956 comme tête de la liste « républicaine et sociale de salut public », il est victime de l'éclatement et du reflux du RPF. Il ne recueille que 19 612 voix (contre 58 894 quatre ans et demi plus tôt). Partisan déterminé de l'Algérie française, Philippe Barrès ne rentre dans la vie publique qu'avec le retour au pouvoir du général de Gaulle en 1958.