Jean, Victor Sauvage

1909 - 2005

Informations générales
  • Né le 3 octobre 1909 à Angers (Maine-et-Loire - France)
  • Décédé le 15 juillet 2005 à Angers (Maine-et-Loire - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 30 mai 1954 au 1er décembre 1955
Département
Maine-et-Loire
Groupe
Mouvement républicain populaire
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 2 janvier 1956 au 8 décembre 1958
Département
Maine-et-Loire
Groupe
Mouvement républicain populaire

Mandats au Sénat ou à la Chambre des pairs

Sénateur
du 1er janvier 1965 au 25 septembre 2017

Biographies

Biographie de la IVe République

SAUVAGE (Jean, Victor)
Né le 30 octobre 1909 à Angers (Maine-et-Loire)
Décédé le 15 juillet 2005 à Angers

Député du Maine-et-Loire de 1954 à 1958

Né à Angers en 1909, Jean Sauvage est le fils de Victor Sauvage, directeur d’une société de carrosserie automobile, et de Renée Bellier. Il fait ses études à l’institution Notre-Dame de La Flèche et effectue son service militaire en 1930-1931, en tant que secrétaire d’Etat-major à la division de Constantine, 27ème Train. Revenu à Angers, il devient chef comptable de la fabrique de bonneterie Excelsa et occupe ce poste jusqu’en 1954. Deux enfants naîtront de son mariage en 1936 avec Marie-Germaine Potier.
Il milite, dès le collège, au sein de l’Association catholique de la jeunesse française (ACJF) et préside son échelon départemental de 1935 à 1939, participant à la création locale de la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC), puis de la Jeunesse agricole chrétienne (JAC) et de la Jeunesse étudiante chrétienne (JEC). Démobilisé fin 1944 d’un groupe léger de ravitaillement du train, il crée avec quelques amis un syndicat des cadres et agents de maîtrise du textile, affilié à la Confédération générale des travailleurs chrétiens (CFTC). A l’automne 1944, il se retrouve aux côtés de Charles Barangé pour fonder la section départementale du Mouvement républicain populaire (MRP), dont il devient rapidement secrétaire fédéral. Le mouvement dispose rapidement dans le département d’un réseau solide, consolidé par la popularité de Charles Barangé et le soutien apporté par le clergé comme par une large part de la presse locale et régionale, à l’occasion de chaque campagne électorale.
Jean Sauvage est élu conseiller général d’Angers ouest, en octobre 1945, et le reste jusqu’en 1994. En novembre 1946, il accepte de figurer en dernière position sur la liste MRP menée par le député Barangé. Le mouvement obtient trois des six sièges à pourvoir. Tête de liste MRP aux élections municipales de 1947, Jean Sauvage devient conseiller municipal d’opposition à Angers, ville désormais gérée par le RPF. Cette évolution électorale se fait à nouveau sentir aux législatives de 1951. La liste MRP, dont Jean Sauvage occupe à nouveau la sixième place, n’obtient que deux élus, au profit du RPF. Mais le chef de file du RPF n’arrive pas, en 1953, à déloger Sauvage de son siège de conseiller général, et si les élections municipales de la même année sont à nouveau un succès pour les gaullistes, Jean Sauvage obtient de meilleurs résultats qu’en 1947 et devient premier adjoint au maire. Ses mandats l’amènent à présider l’Office publique départemental d’HLM, qu’il contribue à créer en 1952, ainsi que le centre psychothérapeutique départemental de Sainte-Gemmes-sur-Loire, et l’institution des jeunes sourdes d’Angers, à partir des années cinquante.
Afin de pourvoir le siège de Joseph Le Sciellour, député MRP décédé, des élections législatives partielles sont organisées les 16 et 30 mai 1954 dans le Maine-et-Loire. Jean Sauvage mène campagne sur l’Europe et le problème de la Communauté européenne de défense (CED). Arrivé en tête des huit candidats au premier tour, avec 57 678 des 169 228 suffrages exprimés, il obtient 24 125 voix supplémentaires au second tour et est largement élu face au Comte de Blois, candidat du Centre national des Indépendants et Paysans (CNIP) et au candidat communiste. La remontée du MRP est sensible, son organisation et l’activité de son principal responsable local, Charles Barangé, ayant porté leur fruit.
Elu, Jean Sauvage siège à la commission de la production industrielle (1954-1955) et, à partir de janvier 1955, à celle des boissons. Le 10 mars 1955, il est nommé membre de la commission de coordination de l’énergie atomique et des recherches nucléaires. Durant ces mois de fin de législature, il n’intervient pas en séance publique et ne dépose aucun texte. Il fait siennes les positions majoritairement adoptées par le groupe MRP. Il vote ainsi la question de confiance sur l’Indochine (12 juin 1954) et s’oppose à l’investiture de Pierre Mendès France. Du côté de la minorité qui voudrait discuter de la ratification de la CED (30 août 1954), il s’abstient sur l’entrée de la République fédérale allemande au sein de l’OTAN et sur la ratification des accords de Paris (octobre et décembre 1954). Contribuant à la chute de Mendès France le 4 février 1955, il soutient ensuite l’investiture d’Edgar Faure.
Pour les élections du 2 janvier 1956, Charles Barangé cède la tête de liste à son successeur désigné, Jean Sauvage. La campagne est à nouveau largement consacrée à la question scolaire, et se termine par un succès ; l’apparentement du MRP avec le CNI, le CNIADP et les Républicains sociaux, malgré l’existence de deux autres accords électoraux, obtient de justesse la majorité absolue, soit les six sièges à pourvoir. La liste MRP arrive largement en tête, malgré une décrue relative de son électorat, avec 53 075 des 254 739 suffrages exprimés, ce qui permet à Jean Sauvage d’être réélu avec deux nouveaux députés démocrates-chrétiens.
Nommé membre suppléant de la Commission des finances (il en devient membre titulaire en novembre 1957), il appartient aussi à la commission de la production industrielle et de l’énergie (1956-1958) et à celle de la reconstruction, des dommages de guerre et du logement (1956-1958). Il dépose sept propositions de lois concernant des questions très différentes : composition des conseils d’administration des organismes de sécurité sociale (13 juin 1956) ; exonération, par les collectivités locales, de certaines entreprises industrielles et commerciales d’une partie de la patente (27 février 1957) ; réforme de l’impôt sur les spectacles, relatif aux appareils automatiques installés dans les lieux publics (12 mars 1957) ; octroi d’une indemnité pour perte de salaire aux salariés membres de certains conseils d’administration et commissions administratives des offices publics d’HLM, des hôpitaux et hospices, et aux membres des commissions de surveillance des établissements publics consacrés aux aliénés, ayant la qualité de travailleurs salariés (28 mars 1957) ; reclassement professionnel de certains fonctionnaires, anciens réfugiés politiques sarrois ayant acquis la nationalité française (20 juin 1957) ; conditions d’avancement des fonctionnaires, anciens élèves de l’Ecole nationale d’administration (ENA), en fonction de leurs activités antérieures (services civils) à l’entrée dans l’école. Le 14 février 1958, il dépose, au nom de la commission des finances, un rapport sur les crédits affectés aux affaires marocaines et tunisiennes pour le budget de cette même année. Il le présente le 6 mars, en séance publique, au cours de la seule intervention de son second mandat. Rapporteur spécial du budget précité, il défend le rattachement de ce dernier au budget des affaires étrangères pour 1959. Il s’exprime enfin sur la limitation du budget au crédit afférent aux investissements administratifs en Tunisie et au Maroc.
Au cours de son mandat, fidèle à son groupe, Jean Sauvage vote les investitures de Guy Mollet, ainsi que celles de Félix Gaillard et de Pierre Pflimlin et leur accorde sa confiance. Il vote en faveur des pouvoirs spéciaux et apporte son soutien à ces derniers chefs de gouvernement sur la question algérienne. Il soutient la ratification des traités instituant la Communauté économique européenne (CEE) et la Communauté européenne de l’énergie atomique (CEEA), le 9 juillet 1957. Il vote le 1er juin 1958 l’investiture du général de Gaulle et lui accorde les pleins pouvoirs le lendemain.
Sous la Cinquième République, candidat malheureux aux législatives de 1958 et de 1962 dans la sixième circonscription du département, il devient sénateur du Maine-et-Loire en 1965.
Jean Sauvage est officier de la Légion d’honneur, chevalier de l’Ordre de la santé publique, officier des Palmes académiques et croix du combattant de l’Europe. Il disparaît le 15 juillet 2005.

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