Jean-Marie, Félix du Temple de la Croix

1823 - 1890

Informations générales
  • Né le 18 juillet 1823 à Lorris (Loiret - France)
  • Décédé le 4 novembre 1890 à Cherbourg (Manche - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Assemblée Nationale
Législature
Mandat
Du 8 février 1871 au 7 mars 1876
Département
Ille-et-Vilaine
Groupe
Extrême-droite

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Représentant en 1871, né à Lorris (Loiret) le 18 juillet 1823, il appartenait à une famille noble d'origine bretonne.

Entré à l'Ecole navale de Brest en 1838, il fut nommé aspirant en 1840 et enseigne en 1844. Il montait le brick l'Abeille, qui fit naufrage dans le golfe de Bénin le 10 décembre 1847. En juin 1848, il partit de la Châtre avec 150 volontaires, pour combattre l'insurrection de juin. Pendant la campagne de Crimée, il commandait la Dévastation, et reçut la croix à la prise de Kinburn. Il fit la campagne d'Italie à la tête d'une compagnie de fusiliers marins, et celle du Mexique à la tête d'un bataillon. Fait officier de la Légion d'honneur après la prise de Puebla, il fut promu capitaine de frégate le 13 août 1864. En 1870, le gouvernement de Tours le nomma général à titre auxiliaire. Cette nomination était due, a-t-on dit, à une erreur du gouvernement, qui avait cru donner les étoiles au frère de Jean-Marie-Félix Du Temple, lui aussi capitaine de frégate, qui, du reste, fut lui aussi promu au grade de général de brigade.

Elu, le 8 février 1871, représentant à l'Assemblée nationale par le département d'Ille-et-Vilaine, le 7e sur 12, avec 89,740 voix sur 109,672 votants et 142,751 inscrits, le général du Temple avait dit dans sa profession de foi : « Je ne rechercherai pas la popularité ; ceux qui la recherchent sont indignes du pouvoir. Je veux former un peuple travailleur et religieux, non un peuple de cabarets et de mauvais lieux. Je crois la vérité représentée par la monarchie, qui a fait la grandeur de la France. » Il alla siéger à l'extrême-droite, interpella le gouvernement en faveur du pape, réclama constamment l'intervention de la France dans la question romaine, protesta contre l'envoi de l'ambassade auprès du Quirinal, et s'éleva contre le départ de l'Orénoque dont le rappel mit fin à la politique de l'occupation romaine, annonçant « qu'il serait le signal de toutes les humiliations ».

Royaliste ardent, il ne pactisa jamais avec le parti orléaniste. Il fit un jour la déclaration suivante à la tribune: « L'honorable général Loysel, dans le cours de la séance, est venu me prévenir que si le titre de général m'était donné, il protesterait, sans doute dans la crainte que je ne compromisse l'armée. Je ne sais s'il a reçu un mandat pour cela; mais de même que je n'ai jamais hésité à quitter tout pour défendre mon pays, à plus forte raison je n'hésite pas, pour défendre mon Dieu, à quitter un titre, tout de courtoisie, que je n'ai jamais demandé, et qui m'avait été conféré parce que j'ai combattu dans l'armée de la Loire. Je demande donc que dorénavant on ne me donne plus le titre de général. » Il vota:

- pour la paix,
- pour les prières publiques,
- pour l'abrogation des lois d'exil,
- pour le pouvoir constituant de l'Assemblée,
- pour le 24 mai,
- pour la démission de M. Thiers,
- pour la circulaire Pascal,
- pour l'arrêté sur les enterrements civils,
- contre l'amendement Marcel Barthe,
- contre le retour du Parlement à Paris,
- contre le ministère de Broglie,
- contre l'amendement La Fayette,
- contre la proposition Casimir Périer,
- contre la dissolution de l'Assemblée,
- contre l'amendement Wallon,
- contre les lois constitutionnelles.

Il s'abstint sur la prorogation des pouvoirs du maréchal de Mac-Mahon, sur l'état de siège, sur la loi des maires, et sur l'amendement Pascal Duprat. M. Du Temple n'a joué aucun rôle politique depuis cette législature. Il a été retraité, comme capitaine de frégate, le 21 décembre 1876.


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