Victor Schoelcher

1804 - 1893

Informations générales
  • Né le 22 juillet 1804 à Paris (Seine - France)
  • Décédé le 25 décembre 1893 à Houilles (Yvelines - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Deuxième République
Législature
Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 9 août 1848 au 26 mai 1849
Département
Martinique
Groupe
Montagne
Régime politique
Deuxième République
Législature
Assemblée nationale législative
Mandat
Du 24 juin 1849 au 17 octobre 1849
Département
Guadeloupe
Groupe
Montagne
Régime politique
Deuxième République
Législature
Assemblée nationale législative
Mandat
Du 13 janvier 1850 au 2 décembre 1851
Département
Guadeloupe
Groupe
Montagne
Régime politique
Assemblée Nationale
Législature
Mandat
Du 12 mars 1871 au 7 mars 1876
Département
Martinique
Groupe
Extrême-gauche

Mandats au Sénat ou à la Chambre des pairs

Sénateur
du 16 décembre 1875 au 25 décembre 1893

Biographies

Représentant en 1848, en 1849 et en 1871, membre du Sénat, né à Paris le 22 juillet 1804, fils d'un fabricant de porcelaine, il fit ses études à Louis-le-Grand et entra de bonne heure dans le journalisme.

Indépendant par sa fortune, il visita, en 1829, l'Amérique du Nord, prit en main, à son retour, la cause de l'abolition de l'esclavage, signa en 1832, dans l'Artiste, le compte rendu du salon de peinture, et fit une vive opposition au gouvernement de Juillet dans la Revue républicaine, la Revue indépendante, le Journal du Peuple, la Réforme, etc.

Il retourna aux Antilles (1840), parcourut l'Egypte, la Grèce, le Sénégal, rentra en France le 3 mars 1848, et fut immédiatement nommé sous-secrétaire d'Etat au ministère de la Marine ; il prépara, en cette qualité, le décret qui abolissait l'esclavage dans nos colonies.

Elu, le 9 août 1848, représentant de la Martinique à l'Assemblée nationale, le 3e et dernier, par 19 117 voix sur 20 698 votants, et, treize jours après (22 août) représentant de la Guadeloupe, le 2e sur 3, par 16 038 voix sur 33 734 votants, il opta pour la Martinique, fit partie du comité de l'Algérie et des colonies, prit place à la Montagne dont il fut vice-président, parla en faveur des noirs, demanda l’élection des officiers dans l'armée jusqu'au grade de capitaine, déposa un amendement par lequel les compagnies de chemin de fer furent obligées de clore les voitures de troisième classe, réclama l'abolition de la peine de mort, et se prononça pour l'abolition du remplacement militaire, contre la sanction de la Constitution par le peuple, pour le droit au travail, pour l'ensemble de la Constitution, contre l'expédition de Rome, pour la suppression de l'impôt du sel, contre la proposition Rateau, pour la demande de mise en accusation du président et des ministres, pour l'abolition de l'impôt des boissons; il s'abstint sur l'ordre du jour en faveur de Cavaignac, et sur la mise en liberté des transportés (26 mai 1849), qui fut rejetée faute de quatre voix.

Réélu, le 24 juin 1849, représentant de la Guadeloupe à l'Assemblée législative, le 1er sur 2, par 14 098 voix sur 18 478 votants et 29,375 inscrits, après avoir échoué, vingt jours auparavant (3 juin) à la Martinique, avec 3 617 voix sur 17 328 votants, il vit son élection invalidée ; mais il fut réélu, à la Guadeloupe, le 13 janvier 1850, par 15 161 voix sur 18 196 votants et 28 520 inscrits. Il continua de siéger et de voter avec la minorité républicaine, et il fut l'un des sept représentants qui, lors du coup d'Etat de décembre, accompagnèrent Baudin sur la barricade où ce dernier trouva la mort.

Expulsé de France, il se retira en Angleterre, refusa de profiter de l'amnistie de 1859, et ne rentra à Paris qu'à la fin d'août 1870. Colonel d'état-major de la garde nationale après le 4 septembre, membre de la commission des barricades, commandant en chef de la légion d'artillerie, il signa, le 31 octobre, la proclamation qui autorisait l'élection du conseil municipal, et qui fut annulée par le gouvernement.

En 1871, une triple élection l'envoya siéger à l'Assemblée nationale : le 8 février, il fut élu dans la Seine, le 10e sur 43, par 149 994 voix sur 328,970 votants et 547 858 inscrits ; le 12 mars, à la Martinique, le 1er sur 2, par 4,834 voix sur 5 827 votants et 35,520 inscrits ; le 2 avril, à la Guyane, par 2 762 voix sur 3 682 votants et 5 736 inscrits. Il opta pour la Martinique, prit place à extrême gauche de l'Assemblée de Bordeaux, et vota contre la paix. Lorsqu'éclata l'insurrection communaliste du 18 mars, M. Schœlcher fut replacé par les maires de Paris à la tête de la légion d'artillerie, et fit de vains efforts pour amener une entente entre Paris et Versailles. Arrêté par ordre de la Commune, il fut remis en liberté trois jours après, et revint prendre sa place à l'extrême gauche à l'Assemblée de Versailles. Il se prononça contre l'abrogation des lois d'exil, contre la pétition des évêques, contre le pouvoir constituant de l'Assemblée, pour le service de trois ans, contre la démission de Thiers, contre le septennat, contre l'admission à titre définitif des princes d'Orléans dans l'armée, contre le ministère de Broglie, pour l'amendement Wallon, pour les lois constitutionnelles.

Le 16 décembre 1875, l'Assemblée nationale l'élut sénateur inamovible, le 68e sur 75, par 306 voix sur 590 votants. Il se fit inscrire à l'Union républicaine, refusa la dissolution de la Chambre demandée par le cabinet du 16 mai (juin 1877), soutint la politique scolaire et coloniale des ministères républicains, renouvela (juillet 1876) sa proposition de l'abolition de la peine de mort, fut porté comme s'étant abstenu sur l'expulsion des princes, mais déclara qu'il avait vote pour, combattit la relégation des récidivistes surtout à la Guyane, et se prononça, en dernier lieu, pour le rétablissement du scrutin d'arrondissement (13 février 1889), pour la procédure de la Haute Cour contre le général Boulanger; il s'abstint sur le projet de loi Lisbonne restrictif de la liberté de la presse.

On a de lui un grand nombre de publications sur la question de l'esclavage, quelques écrits politiques, parmi lesquels on ne doit pas compter les Amours de Napoléon III publiées sous son nom par un éditeur belge qu'il poursuivit de ce chef devant les tribunaux; quelques brochures écrites en anglais, telles que : Vie de Haendel (1857), le Repos du dimanche (1870), etc. Il a dirigé, en octobre 1882, le Moniteur des colonies, et s'est signalé par des dons d'objets ou de livres rares et curieux à plusieurs bibliothèques, au Conservatoire de musique, à l'Ecole des Beaux-Arts, etc.


Né le 4 juillet 1804 à Paris, mort le 25 décembre 1893 à Houilles (Seine-et-Oise).

Représentant de la Martinique en 1848.
Représentant de la Guadeloupe de 1849 à 1850.
Représentant de la Martinique de 1871 à 1875.
Sénateur inamovible de 1875 à 1893.
Sous-secrétaire d'Etat à la Marine du 4 mars au 17 mai 1848.

(Voir première partie de la biographie dans ROBERT ET COUGNY, Dictionnaire des Parlementaires, t. V, p. 287.)

En 1889 et 1890, le sénateur inamovible Victor Schœlcher assiste encore à quelques séances quand sa santé le lui permet. Mais à partir de 1891 - il approche de 90 ans - on ne le voit pratiquement plus dans le palais du Luxembourg.

L'annonce de sa mort passa un peu inaperçue, peut-être parce qu'elle survint le jour de Noël, en 1893. Il y eut quand même, pour envoyer un télégramme de condoléances au Sénat, le Conseil général de la Martinique. Schœlcher était âgé de 89 ans.

Il ne fallut pas attendre moins de cinquante-six ans pour que la France - en l'occurrence la IVe République - rendît l'hommage qui convenait à l'une des têtes politiques les plus généreuses et les plus lucides que le XIXe siècle lui eut données. Le 20 mai 1949, en même temps que celui de Félix Eboué, le corps de l’apôtre de la libération des noirs fut transféré au Panthéon. Auparavant, les deux cercueils avaient été déposés à l'entrée du Palais du Luxembourg, devant lesquels la foule avait été admise à défiler.

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