Jean, Baptiste, Georges Bouhey

1898 - 1963

Informations générales
  • Né le 23 octobre 1898 à Villers-la-faye (Côte-d'Or - France)
  • Décédé le 12 juin 1963 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XVIe législature
Mandat
Du 3 mai 1936 au 31 mai 1942 *
Département
Côte-d'Or
Groupe
Socialiste
Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
Ire Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 21 octobre 1945 au 10 juin 1946
Département
Côte-d'Or
Groupe
Socialiste
Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
2e Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 2 juin 1946 au 27 novembre 1946
Département
Côte-d'Or
Groupe
Socialiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 10 novembre 1946 au 4 juillet 1951
Département
Côte-d'Or
Groupe
Socialiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 17 juin 1951 au 1er décembre 1955
Département
Côte-d'Or
Groupe
Socialiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 2 janvier 1956 au 8 décembre 1958
Département
Côte-d'Or
Groupe
Socialiste

* : Un décret de juillet 1939 a prorogé jusqu'au 31 mai 1942 le mandat des députés élus en mai 1936

Biographies

Né le 23 octobre 1898 à Villers-la-Faye (Côte-d'Or).

Député de la Côte-d'Or de 1936 à 1942.

Député de la Côte-d'Or aux deux Assemblées Nationales Constituantes de 1945 à 1946. Député de la Côte-d'Or de 1946 à 1958.

Fils du suivant, Jean Bouhey a fait ses études primaires à l'école communale à Paris de 1902 à 1906, puis ses études secondaires au Lycée de Dijon de 1906 à 1910, enfin au Lycée Louis-le-Grand de 1910 à 1915.

Ayant obtenu son baccalauréat, il s'inscrivit en 1915 à la Faculté des Sciences . de Dijon qu'il dût quitter en avril 1917 pour répondre à l'appel de sa classe. Il fut incorporé au 29e régiment d'infanterie à Autun puis au 27e à Dijon. Il fut alors envoyé à Issoudun pour faire ses classes d'élève-aspirant. Nommé aspirant en avril 1918, il part au front où il est affecté à la 5e compagnie du 27e régiment d'infanterie qui occupe le secteur de Ville-sur-Tourbe. Il subit l'attaque allemande du 14 juillet 1918, puis prend part aux combats sur la Vesle, à l'ouest de Reims, en août et septembre de la même année. Ayant pris position sur la Suippe il conduit sa section à l'assaut du dispositif ennemi le 6 octobre 1918, et capture 150 Allemands au nord de Pontgivart. Il termine la guerre devant Vouziers le 29 octobre 1918, date à laquelle la division est relevée. Sa brillante conduite lui vaut la Croix de guerre.

Rendu à la vie civile, il est attiré à son tour par la politique et se fait élire conseiller municipal de sa commune natale le 3 mai 1925 pour en devenir maire le 18 mai 1929 et le rester jusqu'au 1er novembre 1947, date à laquelle il se retire volontairement, quoique réélu.

Il entre au conseil général de la Côte-d'Or pour y représenter le canton de Nuits-Saint-Georges en 1931. Il conservera ce siège jusqu'en 1940 et présidera l'Assemblée départementale de 1946 à 1947.

Après deux tentatives infructueuses aux élections législatives de 1928 et 1932 dans l'arrondissement de Beaune, il est élu député le 3 mai 1936, au deuxième tour de scrutin, par 8.671 voix contre 8.169 à son concurrent M. Jacot (le premier tour ayant eu lieu le 26 avril). Inscrit au groupe socialiste S.F.I.O., il appartint aux Commissions de l'agriculture et des boissons.

Il se fit entendre au cours de la discussion du projet de loi portant institu tion d'un office national interprofessionnel du blé (1936), rapporta le projet de loi sur le reboisement des terrains incultes (1937), et prit part au débat sur le projet de loi accordant des pouvoirs. spéciaux au Gouvernement (1938).

Ayant voté contre Munich, il estime de son devoir de partir au front et commande en septembre 1939 la première compagnie du 227e régiment d'infanterie qui se trouve postée le 6 octobre 1939, en avant de la ligne Maginot, au contact des troupes allemandes. II assurera ce commandement jusqu'au 22 juin 1940. II participe à partir du 10 mai aux combats. qui se livrent sur la ligne Maginot près de Longwy. Après une retraite pénible sur Toul ce sont les opérations sanglantes des 18, 19, 20 et 21 juin 1940, au cours desquelles il est fait prisonnier.

Il est une fois de plus décoré de la Croix de guerre.

Rentré de captivité en août 1941, il s'engage dans les rangs de la Résistance. Il devient un des animateurs dans le secteur de la Côte-d'Or, du mouvement « Libération-Nord » et assure avec une poignée d'amis la parution de six numéros du journal clandestin « Espoir ». Mais il est obligé de quitter son village devant les menaces d'arrestation dont il est l'objet, se rend à Paris et est nommé par le Gouvernement d'Alger, Commissaire de la République de Bourgogne et Franche-Comté pour les huits départements qui composent ces deux provinces. A Paris, il anime avec son frère, son fils et de nombreux amis, tout un réseau de résistance qui a des contacts étroits avec plusieurs départements. Il met sur pied des Comités départementaux de Libération, dont celui de la Côte-d'Or en réunissant à Dijon tous les représentants politiques du département.

Il est chargé de se rendre, en mai 1944 dans la région de Semur-en-Auxois. Il assure la liaison avec les huits préfets. désignés pour entrer en fonctions à l'arrivée des troupes françaises et alliées, et avec les groupes de résistance. Il coordonne tous ces éléments dans des conditions difficiles. Comme Commissaire de la République, il installe officiellement à la fin du mois d'août 1944, la nouvelle préfecture de l'Yonne à Auxerre et repart dans le maquis de Saulieu. Il tient à remplir une mission délicate en Saône-et-Loire où commence à arriver l'armée de Lattre de Tassigny. Par suite d'une méprise, il est grièvement blessé le 2 septembre 1944 et doit passer plusieurs mois à l'hôpital. Il avait lancé, quelques jours auparavant, comme commissaire de la République, une proclamation qui fut affichée dans toutes les communes avant le départ des troupes allemandes. Il était le fondateur, le 1er janvier 1937 avec Robert Jardillier, alors député-maire de Dijon, d'un quotidien à caractère socialiste La Bourgogne républicaine, journal qui se saborda le 15 juin 1940, au moment de l'invasion et qui reparut au moment de la libération.

Il retrouva son siège de député à la première Assemblée Nationale Constituante, le 21 octobre 1945, sur une liste S.F.I.O. dont il avait pris la tête et qui eut deux élus. Il obtint personnellement 56.754 voix sur 166.512 votants. Il fut réélu le 2 juin 1946 à la deuxième Assemblée Nationale Constituante, premier de la liste socialiste dont il fut le seul élu. Il recueillit 47.893 suffrages sur 168.558 votants. Il retrouva son siège aux élections générales du 10 novembre 1946 (première législature de l'Assemblée Nationale) par 47.201 voix sur 162.599 votants, et il fut successivement réélu aux élections générales du 17 juin 1951 avec 33.900 voix sur 159.979 votants et du 2 janvier 1956 avec 30.992 voix sur 173.669 votants.

Il appartint aux Commissions de la Presse, de la radio et du cinéma et des affaires étrangères (1945) ; à celle des affaires étrangères, de la presse (1946) ; à la Commission des affaires étrangères, à celle de la presse, à celle qui fut instituée pour enquêter sur l'affaire des piastres, et à la Commission de coordination pour l'examen des problèmes intéressant les Etats associés d'Indochine (1951) ; à celle des affaires étrangères, de la presse (1956).

Il fut en outre juré à la Haute-Cour de justice. Il prit part à la discussion : du projet de loi accordant des pouvoirs spéciaux au Gouvernement (1938) ; du traité de paix avec l'Italie (1947), de la ratification du pacte atlantique (1949) ; des allocations aux parents d'élèves (1951), des accords sur la Sarre et la canalisation de la Moselle (1956) ; des interpellations sur la politique extérieure du Gouvernement (1956) ; il interpella le gouvernement sur sa politique extérieure et en particulier sur les problèmes du Moyen-Orient (1957) ; enfin il s'associa à une proposition de résolution tendant à inviter le Gouvernement à inscrire à l'ordre du jour de l'O.N.U. la création d'une commission d'enquête sur les crimes contre l'humanité (1957).

Il ne s'est pas représenté aux élections générales de 1958 et a repris la direction de ses affaires à Villers-la-Faye.




Né le 23 octobre 1898 à Villers-la-Faye (Côte d'Or)

Décédé le 12 juin 1963 à Paris (14e)

Député de la Côte d'Or de 1936 à 1942

Membre de la première et de la seconde Assemblée nationale Constituante (Côte d'Or)

Député de la Côte d'Or de 1946 à 1958

(Voir première partie de la biographie dans le dictionnaire des parlementaires français 1889-1940, tome II, p. 704, 705)

Engagé volontaire en septembre 1939, Jean Bouhey commande la première compagnie du 227e Régiment d'Infanterie. Du 6 au 9 mai 1940, il prend part aux travaux de la session du conseil général de la Côte d'Or. A partir du 10 mai, il participe aux combats qui se livrent sur la ligne Maginot, près de Longwy. Le 21 juin, il est fait prisonnier à Toul. Emmené en Allemagne, il est interné dans un Oflag près de Nuremberg.

Libéré, en août 1941, comme ancien combattant de 1914-1918, il revient en Côte d'Or. Il gagne les rangs de la Résistance, s'intègre dans les filières de passage pour la Zone Sud, travaille dans les services de renseignement franco-britanniques et adhère au Mouvement « Ceux de la Résistance ». Il est l'un des douze membres du Comité d'Action Socialiste de la Zone Nord. Avec quelques camarades, il publie, de l'automne 1942 à juillet 1943, un journal clandestin « Espoir », qui porte en manchette la devise « combat le mensonge, organise la résistance, prépare la Libération ». Jean Bouhey devient responsable régional du Mouvement Libération Nord. Menacé par la Gestapo, il se rend à Paris, où il continue son action aux côtés de son frère Charles.

Le 3 octobre 1943, reconnaissant son rôle personnel, le Comité Français de Libération Nationale à Alger, le nomme Commissaire de la République en Bourgogne et Franche Comté. Il met sur pied des Comités Départementaux de Libération et assure la liaison avec les préfets désignés dans les huit départements qui sont de sa responsabilité. Après avoir installé celui de l'Yonne, fin août 1944, il rejoint le maquis de Saulieu. Au cours d'une mission accomplie en Saône-et-Loire, par la suite d'une méprise de résistants locaux, il est gravement blessé à la face le 2 septembre. Défiguré, il perd son œil gauche, demeure immobilisé jusqu'en décembre et sa santé ne se rétablira jamais tout à fait. Il a été décoré de la Croix de Guerre et de la Médaille de la Résistance.

En 1945, Jean Bouhey est nommé chargé de mission au Ministère de l'Intérieur. En septembre, il est réélu conseiller général de Nuits Saint-Georges. Le 29 octobre, il est porté à la Présidence du conseil général, qui ne comprend alors que 9 socialistes, par 20 voix contre 16 au Chanoine Kir, maire de Dijon. Entre temps, le 21 octobre, il conquiert un siège à la Première Assemblée Nationale Constituante sur une liste socialiste qui a deux élus. Personnellement, il obtient 56 754 voix sur 166 512 votants. Réélu le 2 juin 1946, à la Seconde Assemblée Nationale Constituante, cette fois seul de sa liste, avec 47 893 suffrages sur 168 558 votants, il est nommé membre de la Commission des Affaires Etrangères et de la Commission de la Presse, de la Radio et du Cinéma, où il défend les journaux issus de la Résistance.

Pour les premières élections législatives de la IVe République, le 10 novembre 1946, 3 listes sont en présence pour 5 sièges à pourvoir en Côte d'Or. Sur 207 966 électeurs inscrits et 160 591 suffrages exprimés, la liste des Républicains Indépendants, conduite par le Chanoine Kir, arrive en tête avec 84 887 suffrages et emporte 3 sièges, la S.F.I.O. en deuxième position, avec 47 201 suffrages, assure l'élection de Jean Bouhey, le cinquième siège échoit au Parti Communiste avec 28 503 suffrages.

Une fois son élection validée, le député de la Côte d'Or est à nouveau nommé membre de la Commission des Affaires Etrangères et de la Commission de la Presse et de l'Information. Il est désigné aussi pour figurer sur la liste des jurés à la Haute Cour de Justice. Ses préoccupations le portent avant tout vers la politique extérieure. Il se montre un défenseur convaincu du Pacte Atlantique et intervient en faveur de sa ratification en juillet 1949 : « Le Pacte Atlantique est un instrument défensif capable d'empêcher une agression, capable de conserver la paix, capable de réussir à faire cesser le plus vite possible cet état d'insécurité générale qui pèse sur l'Europe depuis plusieurs années ». Mais Jean Bouhey prône parallèlement l'indépendance de la politique française et, s'il critique le Rassemblement du Peuple français, comme formation politique dans les années 1947-1951, il demeure élogieux pour la personne du Général de Gaulle qui demeure, pour lui, « l'homme du 18 juin ». Il est ainsi le seul socialiste à l'accueillir à Dijon, le 26 juin 1949. Le 1" novembre 1947, il a renoncé volontairement à son mandat de maire de Villers-la-Faye, tout en demeurant conseiller municipal. En 1949, il perd son siège de conseiller général au profit d'un ancien maire de Nuits Saint-Georges, soutenu par les Indépendants Paysans et les Gaullistes.

Les élections législatives du 17 juin 1951 se font avec un scrutin majoritaire à un tour avec apparentement. Pour 5 sièges à pourvoir, 5 listes sont en présence. Un seul apparentement est conclu entre le R.P.F. et l'Union des Indépendants et Paysans. Sur 202 846 électeurs inscrits et 156 964 suffrages exprimés, aucune liste n'atteignant la majorité absolue de 78 348, les sièges sont répartis à la proportionnelle. La liste des Indépendants et Paysans, avec 40 951 suffrages, celle des socialistes avec 32 472 suffrages, une liste de « Concentration républicaine » avec 27 111 suffrages, une liste R.P.F. avec 28 624 suffrages, enfin, la liste communiste avec 25 830 suffrages, obtiennent chacune un siège.

Jean Bouhey retrouve sa place dans ses deux commissions de prédilection. Il est, en outre, membre de la Commission chargée d'enquêter sur le trafic des piastres indochinoises et membre suppléant de la Commission de Coordination pour l'examen des problèmes intéressant les Etats associés d'Indochine. En septembre 1951, dans un débat sur les allocations scolaires parentales, il est amené à défendre vigoureusement la laïcité : « la véritable école neutre, déclare-t-il à l'Assemblée, la seule école neutre est l'école publique et laïque ». Mais, il intervient surtout dans les débats de politique étrangère. Tout en continuant de soutenir le Pacte Atlantique, dès 1952, Jean Bouhey préconise une « coexistence pacifique » avant la lettre. Il demande notamment la reconnaissance par la France de la Chine Populaire. Il apporte son adhésion à la construction économique européenne, mais il prend fermement partie contre la Communauté Européenne de Défense au nom de la souveraineté nationale. Le 31 août 1954, il vote la question préalable qui entraîne le rejet de la C.E.D., mettant en avant « la conscience individuelle au dessus de la discipline de parti ». Il se prononce aussi contre l'entrée de la R.F.A. dans l'Alliance Atlantique. Avec 16 autres députés socialistes, il est alors temporairement exclu de la S.F.I.O., de janvier à juillet 1955. Hostile à la poursuite de la guerre d'Indochine, il est, au sein de la S.F.I.O., un des plus attachés à la réussite du Gouvernement Pierre Mendès-France. Il soutient- en vain - la thèse de la participation au Gouvernement en juin et en septembre 1954.

Après la dissolution de l'Assemblée Nationale, les élections du 2 janvier 1956, dans la Côte d'Or, voient 9 listes s'affronter pour 5 sièges à pourvoir. Trois apparentements sont conclus, mais aucun n'atteint la majorité absolue de 84 819 suffrages sur les 169 836 exprimés. La liste d'Union des Républicains Indépendants et Paysans, conduite par le Chanoine Kir, avec 63 583 suffrages, gagne 3 sièges, les deux restants vont respectivement aux Communistes, avec 31 352 suffrages, et aux Socialistes, avec 29 149 suffrages. Une fois son élection validée, Jean Bouhey siège une nouvelle fois dans les Commissions des Affaires Etrangères et de la Presse. Il est également désigné comme juré à la Haute Cour de Justice le 23 novembre. Il intervient, en décembre 1956, pour approuver le projet de loi sur la ratification des accords de la Sarre.

En février 1957, il présente une proposition de résolution tendant à inviter le Gouvernement à inscrire à l'ordre du jour de l'O.N.U. la création d'une Commission d'enquête sur les crimes contre l'Humanité. Il s'affirme partisan du maintien de liens étroits entre la Métropole et l'Algérie, mais il demande une « nuit du 4 août » du colonialisme permettant l'évolution vers l'autonomie du peuple algérien. Il condamne à la fois l'expédition de Suez, une « histoire navrante », et le bombardement de Sakhiet.

Au moment de la crise du 13 mai 1958, il dénonce la soumission de la politique française à des minorités factieuses. Cependant, pour éviter le fascisme, il accepte le retour au pouvoir du Général de Gaulle. Il vote ainsi, les 1er et 2 juin, pour la confiance sur le programme et la politique du Général de Gaulle et pour le projet de loi relatif aux pleins pouvoirs. Toutefois, en septembre, il refuse la constitution proposée qui, selon lui, comporte un renforcement du pouvoir exécutif trop important. Il quitte alors la scène politique et ne se présente pas aux élections législatives de novembre.


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