Pierre Maillaud dit Bourdan

1909 - 1948

Informations générales
  • Né le 13 mai 1909 à Perpignan (Pyrénées-Orientales - France)
  • Décédé le 15 juillet 1948 à Le lavandou (Var - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
Ire Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 21 octobre 1945 au 10 juin 1946
Département
Creuse
Groupe
Résistance démocratique et socialiste
Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
2e Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 2 juin 1946 au 27 novembre 1946
Département
Seine
Groupe
Démocratique et socialiste de la Résistance
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 10 novembre 1946 au 15 juillet 1948
Département
Seine
Groupe
Union démocratique et socialiste de la Résistance

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)



Né le 13 mai 1909 à Perpignan (Pyrénées-Orientales)

Décédé en juillet 1948 au Lavandou (Var)

Membre de la première et de la seconde Assemblée nationale Constituante (Creuse et Seine)

Député de la Seine de 1946 à 1948

Ministre de la Jeunesse, des Arts et des Lettres du 22 janvier au 22 octobre 1947

Pierre Maillaud, dit Pierre Bourdan, était le fils du Lieutenant-Colonel Firmin Maillaud et le neveu du peintre Fernand Maillaud. Il n'entre pourtant ni dans la carrière militaire, ni dans la voie artistique, et choisit le journalisme professionnel. Il travaille pour l'Agence Havas à Paris, puis à Londres où la défaite le surprend.

Rédacteur en chef, puis directeur intérimaire du bureau de Londres, il prend tout de suite parti pour la France libre et commente les nouvelles dans les émissions françaises de la B.B.C. Il crée, en outre, une Agence française indépendante (A.F.I.). Pierre Bourdan est notamment l'animateur de l'émission « Les Français parlent aux Français » qui combat la propagande adverse et entretient le moral de la France occupée. L'A.F.I., après sa fusion avec les services d'information d'Afrique du Nord en 1943, donne naissance à l'Agence française de presse (A.F.P.). Au printemps de 1944, Pierre Bourdan joue le rôle de correspondant de guerre auprès de la Division Leclerc. Fait prisonnier par les Allemands après le débarquement en Bretagne, il parvient à s'évader lors d'une contre-attaque alliée et peut entrer dans Paris aux côtés de la 2e DB.

Il reprend quelques temps sa plume de journaliste en collaborant notamment au Figaro et à l'hebdomadaire Bref, dont il est le directeur politique, ainsi qu'à La Dépêche de Paris, et publie deux livres témoignages sur la guerre : ses Carnets des jours d'attente évoquent la période londonienne et ses Carnets de route avec la Division Leclerc, celle de la Libération. Mais, comme de nombreux résistants, il tente sa chance en politique et se présente aux élections à la première Assemblée Nationale Constituante dans la Creuse, sous les couleurs de l'Union Démocratique et Socialiste de la Résistance (U.D.S.R.). Sa liste arrive en troisième position avec 25 952 suffrages, contre 30 734 à la liste communiste et 26 012 à la liste S.F.I.O. Chaque liste emporte l'un des trois sièges à pourvoir. Au cours de son mandat, Pierre Bourdan siège à la Commission de la presse, de la radio et du cinéma et à celle des affaires étrangères. A ce titre, le 20 décembre 1945, il dépose une proposition de résolution tendant à la nomination d'une Commission spéciale chargée d'enquêter dans les zones d'occupation française d'Allemagne et d'Autriche, proposition qu'il défend et rapporte au cours de la séance du 21 décembre et qui est adoptée avec l'assentiment du Gouvernement. Sa principale intervention est son explication de vote, lors de la discussion d'interpellations sur la politique générale du Gouvernement, après le départ du Général de Gaulle en janvier 1946. Après avoir rendu hommage à l'homme du 18 juin et regretté sa décision, il affirme son soutien à la formule du tripartisme afin de mener à bien les réformes en cours tout en souhaitant une véritable entente nationale entre les grandes forces politiques.

Pour les élections à la seconde Assemblée nationale Constituante, Pierre Bourdan conduit la liste de l'U.D.S.R. cette fois dans le troisième secteur de la Seine. Elle recueille 42 772 voix, mais Pierre Bourdan n'est élu qu'au bénéfice de la plus forte moyenne, huit sièges sur dix revenant aux représentants des grands partis (communiste, 158 677 voix et quatre députés, M.R.P., 103 216 suffrages et deux députés, socialiste, 91 524 voix et deux députés, Parti Républicain de la Liberté, 54 843 voix, un élu). Le nouveau député de la Seine retrouve ses fonctions à la Commission des affaires étrangères et à celle de la presse, de la radio et du cinéma. Il intervient souvent dans les discussions en séance et ses principales contributions aux travaux parlementaires portent sur la Constitution en gestation et le système électoral. Le 30 septembre 1946, par exemple, il critique vivement les inconséquences des partis de la majorité à l'égard de la représentation proportionnelle. Hostile à celle-ci, il réclame du moins qu'elle soit appliquée de façon équitable et non, comme elle l'a été jusqu'à présent, au profit des partis dominants.

Pour la première législature de la IVe République, Pierre Bourdan se représente dans la même circonscription que précédemment et améliore le score de sa liste avec 47 727 voix, dépassant cette fois le Parti Républicain de la Liberté. Il retrouve ses fonctions de membre des Commissions des affaires étrangères et de la presse et, en outre, est élu secrétaire de la première le 20 décembre 1946. Bien que ce nouveau mandat de Pierre Bourdan ait été écourté par son décès prématuré, l'activité parlementaire du député de la Seine est encore plus intense. Elle est couronnée par son entrée comme Ministre de la Jeunesse, des Arts et des Lettres dans le Cabinet Ramadier (22 janvier 1947). A ce titre, il ne dépose pas moins de six projets de loi. Trois d'entre eux concernent l'organisation de la presse et les trois autres le domaine sportif (enseignement du ski, guides de montagne et organisation du Rassemblement sportif international). C'est pendant son ministère qu'est aboli le système de l'autorisation préalable qui régissait la presse (28 février 1947). Défendant en séance son budget, il insiste, le 10 juillet 1947, sur l'importance, pour l'influence française, du maintien des crédits des services de l'information française à l'étranger, des relations culturelles et de l'Agence France-Presse, tout en reconnaissant la nécessité d'une réorganisation pour éviter les doubles emplois. Le 22 juillet suivant, Pierre Bourdan soutient la nécessité des subventions de l'Etat aux activités sportives, aux colonies de vacances et au mouvement de décentralisation théâtrale en excluant les critères politiques ou de rentabilité immédiate.

Après le remaniement du Cabinet Ramadier, Pierre Bourdan quitte le Gouvernement le 22 octobre 1947. Ses dernières interventions comme député ont lieu le 16 juin 1948, à propos des interpellations sur les recommandations de la conférence de Londres et, le 29 juin, lors de la discussion du budget de la radiodiffusion française. Lors du premier débat, il critique vivement les concessions faites par le Gouvernement sur le problème allemand : « Nous voyons ce que nous apportent - il vaudrait mieux dire ce que ne nous apportent pas - les accords de Londres : une renonciation à la thèse traditionnelle de notre sécurité sans contre-partie, une résurrection de l'Allemagne sans garantie et une politique de rupture avec l'Est sans aucune ouverture à l'Ouest ». Il ne voit, comme solution au problème allemand, que le cadre de l'Union européenne.

Au cours de vacances sur la Côte d'Azur, au Lavandou, il disparaît en mer le 13 juillet 1948 et son corps n'est retrouvé que le 2 août. Marié deux fois et père de deux enfants, Pierre Bourdan avait, en outre, adopté les enfants de son frère tué en 1940.


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