Claude Pelletier

1816 - 1880

Informations générales
  • Né le 23 avril 1816 à L'arbresle (Rhône-et-Loire - France)
  • Décédé le 2 décembre 1880 à New-york (États-unis)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Deuxième République
Législature
Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 23 avril 1848 au 26 mai 1849
Département
Rhône
Groupe
Montagne
Régime politique
Deuxième République
Législature
Assemblée nationale législative
Mandat
Du 13 mai 1849 au 2 décembre 1851
Département
Rhône
Groupe
Montagne

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Représentant en 1848 et en 1849, né à l'Arbresle (Rhône) le 23 avril 1816, mort à New-York (Etats-Unis) le 2 décembre 1880, d'une famille de modestes artisans, il apprit un métier manuel et vint à Paris chercher du travail. Réduit aux fonctions d'aide-cuisinier dans la banlieue, il finit par s'établir aubergiste à Tarare (Rhône).

Républicain très avancé, il fut élu, le 23 avril 1848, représentant du Rhône à l'Assemblée constituante, le 13e sur 14, par 45 471 voix. M. Pelletier siégea à la Montagne, fit partie du comité de l'Algérie, et vota avec les démocrates-socialistes :

- contre le rétablissement du cautionnement et de la contrainte par corps,
- contre les poursuites contre Louis Blanc et Caussidière,
- pour l'abolition de la peine de mort,
- pour l'amendement Grévy,
- pour le droit au travail,
- contre l'ordre du jour en l'honneur de Cavaignac,
- pour l'amnistie,
- contre les crédits de l'expédition de Rome,
- pour la mise en accusation du président et de ses ministres.

Il monta à la tribune dans la séance du 2 novembre 1848, pour appuyer l'amendement Félix Pyat tendant à faire inscrire dans la Constitution le droit au travail.

« Je viens, dit-il à ses collègues, vous citer des fait arrivés en 1840, 1841, 1842, où tout était tranquille, où tout allait comme vous voudriez que tout allât aujourd'hui. Eh bien (je suis fâché de vous parler de moi, mais il le faut bien pour vous dire que c'est la vérité), moi j'ai été ouvrier douze ans à Paris, je suis resté à Paris pendant huit mois sans pouvoir trouver d'ouvrage dans ma partie. Je me suis fait marchand d'indiennes, garçon boucher, marchand de livres, commis marchand de vins, cuisinier, compositeur. »

Une voix.

- « Quel a été le résultat de tous ces changements? »

- « C'est qu'heureusement pour moi, j'avais ma sœur qui avait soin de m'envoyer de temps en temps du linge et quelques pièces de cinq francs (Agitation), et, après tous ces changements de métiers, il en est résulté que j'ai été obligé de vendre tous les livres que j'avais antérieurement achetés, tous les draps, tout le linge qu'on m'avait envoyés, tous les vêtements que j'avais. » (Bruit. Interruptions.)

« Et certes vous ne direz pas que je ne voulais pas travailler, puisque je prenais tout ce qui se présentait à moi. Ainsi, messieurs, quand on vient vous dire qu'il y a des ouvriers qui trouvent du travail quand ils veulent, qui se font une position respectable, même aisée, c'est vrai pour quelques-uns, mais pour la grande majorité, cela n'est pas vrai.» (Bruits divers.)

Il proposa aussi de repousser la loi contre les attroupements, les citoyens devant avoir le droit de s'assembler quand bon leur semble.


Réélu, le 13 mai 1849, représentant du Rhône à la Législative, le 3e sur 11, par 71 139 voix (110 722 votants, 154 740 inscrits), M. Pelletier fit partie de la majorité républicaine, combattit le gouvernement présidentiel de L.-N. Bonaparte, et fut expulsé lors du coup d'Etat de 1851.

Il se rendit alors en Angleterre et de là en Amérique. Plus heureux que précédemment, il réussit à fonder à New-York une manufacture de fleurs artificielles, qui prospéra ; il gagna une fortune de plusieurs millions, et, sans s'occuper de politique militante, resta fidèle à ses opinions socialistes, qu'il affirma (1879), lors de l'Exposition de Philadelphie, en recevant les délégués ouvriers du Rhône, ses compatriotes.

Il mourut à New-York en 1880.


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