André, Siméon, Olivier Dupin de Beaumont

1744 - 1833

Informations générales
  • Né le 7 mars 1744 à Paris (Seine - France)
  • Décédé le 18 novembre 1833 à Marcinelle (Belgique)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Révolution
Législature
Convention nationale
Mandat
Du 6 septembre 1792 au 26 octobre 1795
Département
Aisne
Groupe
Girondins

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Membre de la Convention, né à Paris le 7 mars 1744, mort à Marcinelle près Fleurus (Belgique) le 18 novembre 1833, il était sans antécédents politiques, lorsqu'il fut élu, le 6 septembre 1792, membre de la Convention, par le département de l'Aisne, le 12e et dernier, avec 467 voix (616 votants).

Dans le procès de Louis XVI, il répondit au 3e appel nominal :

« Citoyens, j'ai dans ce moment-ci un pénible et douloureux devoir à remplir. Vous avez décrété hier que Louis Capet serait jugé sans appel au peuple. J'ai émis le même vœu, parce que j'ai trouvé de grands inconvénients à adopter la mesure contraire. Les attentats de Louis Capet me sont connus, mais c'est en homme d'Etat que je veux prononcer. Quel que soit le jugement que je vais porter, je sais le sort qui m'est réservé, si nos ennemis réussissaient dans leurs perfides desseins. Mais si jamais ma patrie pouvait perdre sa liberté, il n'existerait plus alors aucun républicain ; il n'y aurait que des lâches ou des esclaves, et j'aimerais mieux périr mille fois que vivre avec eux. Je ne veux écouter ici que le sentiment de ma conscience, le salut de tous mes concitoyens et celui de la liberté ; j'ai été témoin de l'indignation de tous les Français lors de l'arrestation de Louis Capet à Varennes. Le peuple demandait à grands cris qu'on lui fît son procès. Eh bien ! ce même peuple, lors de son acceptation de la constitution, a passé subitement du mépris à l'amour. C'est pour éviter à ce peuple généreux et sensible des regrets, c'est pour éviter la guerre intérieure, les dissensions civiles que ne manqueront pas d'occasionner ceux qui croiront avoir des prétentions, après que Louis aura péri sous la hache de la loi, que je vote pour la peine la plus grave après la mort. »

D'abord adversaire du 31 mai, et signataire de la protestation des Girondins, il se rétracta et eut une attitude assez équivoque qui le rendit suspect aux Jacobins. Plus tard, il fit rendre un décret sur les comptes des compagnies de finances, et mettre sous la main de la nation les biens des fermiers généraux. Ce fut à la suite d'un rapport de lui sur leur administration qu'ils furent traduits au tribunal révolutionnaire : il obtint toutefois quelques exceptions individuelles. Le 21 thermidor an III, Dupin fut, à la Convention de la part de Lesage (d'Eure-et-Loir), l'objet des accusations les plus graves : il aurait envoyé à l'échafaud plusieurs ci-devant fermiers généraux pour s'emparer de leur fortune. « Dupin, dit Lesage, a deux domiciles, l'un à Paris et l'autre à Saint-Gond, chez sa belle-mère, qui affecte un luxe insolent depuis la mort des fermiers généraux ; il y a chez cette femme pour plus de 500 000 livres d'effets. » La Convention ordonna l'arrestation de Dupin et l'apposition des scellés sur les effets de sa belle-mère. Il est vrai que Lesage, en ce qui concernait cette personne, rétracta, à la séance du 27 thermidor, ce qu'il avait dit précédemment : les scellés fut alors levés par les soins du Comité de sûreté générale.

Dupin avait, depuis le 8 juillet 1793, divorcé d'avec sa femme, Jeanne-Victoire-Savine Dumony, qu'il avait épousée le 16 juillet 1772.