Madeleine Braun Née Weil

1907 - 1980

Informations générales
  • Né le 25 juin 1907 à Paris (Seine - France)
  • Décédé le 22 janvier 1980 à Saint-cloud (Hauts-de-Seine - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
Ire Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 21 octobre 1945 au 10 juin 1946
Département
Seine
Groupe
Communiste
Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
2e Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 2 juin 1946 au 27 novembre 1946
Département
Seine
Groupe
Communiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 10 novembre 1946 au 4 juillet 1951
Département
Seine
Groupe
Communiste

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)



Née le 25 juin 1907 à Paris (9e)

Décédée le 22 janvier 1980 à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine)

Membre de la première et de la seconde Assemblée nationale Constituante (Seine)

Députée de la Seine de 1946 à 1951

Le père de Madeleine Braun, Albert Weill, était directeur de société et sa mère, Gabrielle Hirsch, artiste peintre. Elevée dans un milieu bourgeois parisien, Madeleine Weill fait ses études à l'Ecole Villiers et à la Faculté de droit de Paris. Elle se marie à 23 ans, le 8 juillet 1930, avec Jean Braun, homme d'affaires, administrateur délégué de la Société parisienne de verrerie (1932-1939), plus tard directeur des Nouvelles économiques (1945-1954) et représentant en France de la Foire de Leipzig (1955-1974). A partir de la même année, elle est chargée par son beau-père, Salomon Braun, d'organiser le service social de l'hôpital qu'il dirige. Elle prend dans ses fonctions la mesure des inégalités sociales et s'oriente vers des positions de gauche. Celles-ci se marquent par l'engagement de Madeleine Braun dans la lutte contre la guerre et le fascisme au sein du Mouvement Amsterdam-Pleyel (dont elle est membre du comité directeur) puis du Comité international de coordination et d'information pour l'aide à l'Espagne républicaine où elle seconde Victor Basch et Paul Langevin en tant que secrétaire général. En raison de ses responsabilités, elle séjourne à plusieurs reprises en Espagne pendant la guerre civile et poursuit son action de solidarité auprès des réfugiés espagnols antifranquistes, en France même, en 1939 et 1940. Proche du parti communiste dès 1936, Madeleine Braun retrouve son mari en zone sud et s'engage dans la Résistance au sein du Front national dont elle est l'une des responsables à partir de 1941. Elle est notamment rédactrice du Patriote en zone sud puis directrice du Patriote à la libération de Lyon. Son rôle de liaison entre résistants communistes et non communistes lui fait courir de grands risques, mais bien qu'adhérente du parti communiste, à partir de 1942, et membre du comité directeur du Front national, elle parvient à échapper aux poursuites. Son courage lui vaut, à la Libération, la rosette de la Résistance, la Croix de chevalier de la Légion d'honneur et la Croix de guerre avec palme. Son mouvement de résistance la délègue comme représentante à l'Assemblée consultative provisoire le 8 novembre 1944. Dans cette assemblée, Madeleine Braun est membre de la Commission des affaires étrangères (à partir du 17 novembre 1944), de la Commission de la jeunesse et des sports et de la Commission de l'information et de la propagande. Enfin, le 26 mars 1945, elle est nommée membre de la Commission de la coordination des affaires musulmanes. A ce dernier titre, elle dépose une proposition de résolution tendant à inviter le gouvernement à prendre une ordonnance instituant un statut des immigrés. Elle intervient également souvent en séance à propos des secours aux familles de déportés, de l'épuration, de la main d’œuvre étrangère ou de questions internationales (événements de Syrie et du Liban, conférence de San Francisco).

Aux élections pour l'Assemblée nationale Constituante de 1945, Madeleine Braun figure en quatrième position sur la liste communiste pour la sixième circonscription de la Seine (qui correspond aux communes de Saint-Denis, Aubervilliers, Pantin, Noisy-le-Sec, Montreuil et Vincennes) derrière Jacques Duclos, Charles Tillon et Fernand Grenier. La liste arrive nettement en tête avec 143 942 suffrages sur 315 577 votants et compte quatre élus. Les trois autres sièges à pourvoir vont au M.R.P. et à la S.F.I.O. Madeleine Braun fait partie de la Commission du règlement, de celle de la presse et de celle des affaires étrangères. Le 14 mars 1946, elle dépose une proposition de loi tendant à la création, dans le département de la Seine, du Service départemental d'enlèvement, de transport et de transformation des cadavres d'animaux, des viandes saisies et des déchets organiques de toute nature impropres à la consommation humaine. Elle est chargée d'un rapport sur les opérations électorales dans le département de l'Aisne et intervient quatre fois dans les débats, notamment en amendant le projet de loi portant dévolution des biens d'entreprises de presse.

Pour la seconde Constituante, la liste communiste est reconduite inchangée mais connaît un léger tassement de son score avec 141 254 voix. Madeleine Braun est réélue avec ses trois colistiers. Elle retrouve dans cette assemblée ses fonctions dans les mêmes commissions. En outre, le 14 juin 1946, elle est élue vice-présidente de l'Assemblée nationale et est ainsi la première femme à occuper ce poste. Pendant le bref mandat de cette assemblée, elle dépose une proposition de loi tendant à établir le statut des étrangers, problème qui lui est cher depuis longtemps.

Aux élections législatives de 1946, on retrouve la même configuration électorale et le même résultat, avec toutefois une augmentation du nombre de voix recueillies par le parti communiste (146 573). Dans la nouvelle Assemblée, Madeleine Braun détient de nombreuses responsabilités. Réélue à quatre reprises vice-présidente de l'Assemblée nationale, elle appartient à la Commission du suffrage universel, à celle des affaires étrangères et à celle de la presse. En 1947, elle est membre de la Commission chargée d'enquêter sur les événements survenus en France de 1933 à 1945 et, à partir de 1949, de la Commission des immunités parlementaires. Dans ses travaux écrits, Madeleine Braun reprend des propositions déjà faites mais non examinées et en ajoute de nouvelles : citons une proposition de loi tendant à faire admettre les femmes à égalité de titres à toutes les fonctions publiques et professions libérales (janvier 1947), une proposition de résolution tendant à inviter le gouvernement à prendre toutes les initiatives permettant de résoudre le plus rapidement possible le problème tragique de l'Exodus (juillet 1947) ou enfin, thème pour elle sensible, une proposition de résolution tendant à inviter le gouvernement à faire cesser la violation des décisions internationales que constitue la présence à Paris de Nicolas Franco, frère du général Franco, envoyé en mission par celui-ci (23 décembre 1948).

Dans les débats, outre la présidence effective de nombreuses séances où elle réussit parfaitement à remplir son rôle en dépit des vives tensions entre son parti et le reste de l'Assemblée en cette période de guerre froide, elle intervient fréquemment tant sur des sujets extérieurs qu'intérieurs. Le 10 juillet 1947, par exemple, elle critique le retard du gouvernement à déposer un projet de statut de la presse et dénonce les effets pervers pour le cinéma français des accords Blum-Byrnes qui accroissent le déficit en devises de l'économie française, du fait du rapatriement outre-atlantique des recettes réalisées en France par les films américains. Le 26 juillet suivant, elle traite longuement de la situation en Espagne et en Grèce. Elle demande que le gouvernement soutienne les forces démocratiques et rompe avec les gouvernements dictatoriaux établis ou en passe de l'être dans ces pays. Le 26 juin 1948, Madeleine Braun critique vigoureusement la politique du gouvernement en matière de presse, qui amène à faire disparaître les journaux libres : les charges croissantes auxquelles ceux-ci doivent faire face ne sont pas compensées par la possibilité d'augmenter le prix de vente. Enfin, à plusieurs reprises elle prend la défense des républicains espagnols réfugiés en France, victimes de mesures de répression du gouvernement français ou encore s'en prend aux orientations atlantistes de la politique étrangère française qui, selon elle, asservissent la France à « l'impérialisme américain ».

Aux élections du 17 juin 1951, Madeleine Braun ne figure plus sur la liste des candidats du parti communiste et s'oriente alors vers la presse et l'édition tout en restant fidèle à ses engagements militants.


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