Pierre, Louis Bentabole

1756 - 1798

Informations générales
  • Né le 4 juin 1756 à Landau (Bas-Rhin - France)
  • Décédé le 22 avril 1798 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Présidence(s)

Présidence de l'Assemblée nationale
du 21 décembre 1794 au 5 janvier 1795

Mandat(s)

Régime politique
Révolution
Législature
Convention nationale
Mandat
Du 4 septembre 1792 au 26 octobre 1795
Département
Haut-Rhin
Groupe
Montagne
Régime politique
Révolution
Législature
Conseil des Cinq-Cents
Mandat
Du 15 octobre 1795 au 22 avril 1798
Département
Haut-Rhin
Groupe
Modérés

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Membre de la Convention et député au conseil des Cinq-Cents, né à Landau (Haut-Rhin), le 4 juin 1756, mort à Paris, le 22 avril 1798, fils d'un entrepreneur de vivres militaires pendant la guerre de Sept ans, il était avocat au moment de la Révolution, dont il adopta les idées avec l'emportement d'un caractère violent.

Procureur-général syndic du département du Bas-Rhin, il fut élu par ce département membre de la Convention, le 4 septembre 1792, avec 293 voix sur 586 votants. Là, Il vota avec les plus avancés.

Dans le procès de Louis XVI, il répondit au 2e appel nominal :

« Aux motifs qui ont été rapportés ici contre l'appel au peuple j'en ajouterai un seul qui n'a pas été développé, et qui est très court. Quand il ne serait pas démontré, comme il l'a été évidemment, que l'appel au peuple entraînerait sûrement la nation dans des dissensions intestines et la guerre civile, il suffit qu'il soit possible que cette mesure entraîne la nation dans des malheurs, pour que les représentants auxquels la nation a confié ses intérêts n'exposent pas la République à une mesure aussi dangereuse. Un législateur, un représentant du peuple, doit s'exposer à mourir mille fois plutôt que d'exposer la nation à des dangers si évidents; je dis : non. »

Au 3e appel nominal, il dit

« Comme juge, je demande s'il peut y avoir deux poids et deux mesures sous le règne de la justice. Eh bien ! je prends le livre de la loi ; je trouve la mort, je prononce la mort. Comme législateur, je suis envoyé pour veiller à la sûreté générale de l'Etat. Je vois Louis souillé du sang de ses victimes ; pour la tranquillité de ma patrie, pour son bonheur, je vote la mort. »

Ennemi acharné des Girondins, il s'opposa à la défense de Ducos, Vigée et Fonfrède, accusés par Amar, et fit décréter d'accusation, après le 31 mai 1793, Wimpfen, ex-constituant, chef des fédérés du Calvados.

En mission à l'armée du Nord (1793), il destitua le général Hédouville, et, le 19 nivôse an II, fit accorder à la veuve de Châlier, le dictateur lyonnais, une pension égale à celle que recevait la veuve de Jean-Jacques Rousseau. Mais, à ce moment, une liaison formée, lors de sa mission dans le Nord, avec une femme distinguée, le ramena à des sentiments moins farouches ; il défendit les suspects contre Robespierre, se porta garant du patriotisme d'Hérault de Séchelles, qui allait périr sur l'échafaud, et ne joua plus qu'un rôle modéré à la Convention.

La haine qu'il voua ouvertement à Robespierre, après l'exécution de Danton, compromit même un instant sa sûreté.

Le 23 vendémiaire an IV, il fut du nombre des conventionnels qui entrèrent au conseil des Cinq-Cents, où il resta modéré ; il s'éleva parfois contre les dilapidateurs des finances publiques, avec d'autant plus de droit que son désintéressement resta toujours à l'abri de tout soupçon.