Emmanuel, Marie, Michel, Philippe Fréteau de Saint-Just

1745 - 1794

Informations générales
  • Né le 25 mars 1745 à Paris (Seine - France)
  • Décédé le 14 juin 1794 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Présidence(s)

Présidence de l'Assemblée nationale
du 10 octobre 1789 au 28 octobre 1789
Présidence de l'Assemblée nationale
du 5 décembre 1789 au 22 décembre 1789

Mandat(s)

Régime politique
Révolution
Législature
Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 20 mars 1789 au 30 septembre 1791
Baillage
Melun (Type : Bailliage)
Groupe
Noblesse

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député en 1789, né à Paris le 26 mars 1745, mort à Paris le 14 juin 1794, il entra de bonne heure dans la magistrature.

Conseiller au parlement de Paris, où il succédait à M. de Barentin, il se déclara avec ses collègues contre le chancelier Maupeou, défendit le cardinal de Rohan dans l'affaire du collier, et seconda les résistances parlementaires contre les édits présentés par Brienne, en s'adressant directement au roi lors de la séance royale de l'enregistrement des édits :
« Sire, dit-il, l'amour de la nation pour la race auguste de nos rois, et notamment pour la personne de Votre Majesté, n'est point affaibli ; mais tout s'use, et les plus belles institutions ne sont point à l'abri des atteintes du temps. Est-il donc étonnant qu'après tant de siècles les ressorts du gouvernement se soient altérés, et qu'ils aient besoin d'être raffermis sur leurs antiques fondements ? » On lui répondit par une lettre de cachet, qui le fit emprisonner à Doullens (1788).

Fréteau de Saint-Just ne revint siéger au parlement qu'après une disgrâce de plusieurs mois. L'année suivante (20 mars 1789), le bailliage de Melun le nomma député de la noblesse aux états généraux. Il se réunit à la fraction de son ordre qui fit cause commune avec le tiers état, s'efforça de concilier l'esprit de réforme avec l'institution monarchique, et prit une part des plus actives aux travaux de l'Assemblée constituante.

Membre du comité de Constitution, il parla sur la définition des pouvoirs, sur les impositions, sur la formule de la promulgation, etc., demanda l'ajournement de la motion relative à la suppression des parlements, fut chargé d'examiner la situation de la caisse d'escompte, donna son opinion sur le plan de Necker, réclama un état authentique de la situation du trésor public, proposa de décerner à Louis XVI le titre de « roi des Français ».

Il fut élu deux fois président de l'Assemblée. Il remplissait ces fonctions à l'époque où le gouvernement fut transféré à Paris. Il traita encore, à la tribune, un grand nombre de questions d'ordres divers, telles que le rachat des rentes et redevances, l'institution des jurés, l'aliénation des domaines de la couronne, qu'il appuya; le droit de paix et de guerre, qu'il refusa au roi ; la constitution civile du clergé qu'il défendit ; les projets de réforme judiciaire, la situation générale de l'Europe, etc. Sa prolixité l'avait fait surnommer par Mirabeau « la commère Fréteau ».

Le corps électoral de Paris fit figurer en première ligne le nom de Fréteau de Saint-Just sur les listes des juges appelés à composer les nouveaux tribunaux. Mais, après la journée du Dix Août, Fréteau, attaché à la monarchie constitutionnelle, donna sa démission de président du tribunal du 1er arrondissement et se retira à sa terre de Vaux-le-Pény. Il y vivait depuis plus de deux années, lorsque, s'étant avisé de vouloir réfuter les doctrines du club révolutionnaire de Melun, établi dans l'église de cette commune, il se vit poursuivi de ce chef et comparut devant le tribunal révolutionnaire, qui l'acquitta d'abord, puis le retint en prison « par mesure de sûreté générale », et, après un nouveau jugement, le condamna à la peine de mort ; il fut exécuté le 15 mai 1794, à Paris.

L'acte d'accusation porte : « Emmanuel-Marie-Michel-Philippe Fretteau, ex-conseiller de grand chambre du ci-devant parlement de Paris, ex-constituant, et juge du tribunal du 2e arrondissement de Paris, demeurant à Vaulx, district de Melun, ayant un logement à Paris, rue Gaillon, section Lepeletier. »

Retour haut de page