Aubin Bigorie Du Chambon

1757 - 1793

Informations générales
  • Né le 13 août 1757 à Lubersac (Corrèze - France)
  • Décédé le 20 novembre 1793 à Lubersac (Corrèze - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Révolution
Législature
Convention nationale
Mandat
Du 4 septembre 1792 au 29 novembre 1793
Département
Corrèze
Groupe
Girondins

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Membre de la Convention, né à Lubersac (Corrèze), le 13 août 1757, mort à Lubersac le 20 novembre 1793, il occupait, au moment de la Révolution, l'emploi de trésorier de France à Uzerche, en Limousin.

Il devint maire de Lubersac, puis, le 4 septembre 1792, fut élu membre de la Convention par le département de la Corrèze, le 4e sur 10, « à la pluralité des voix ».

Il se lia avec les Girondins et servit leur cause avec ardeur. Adversaire déclaré de la Montagne, il dénonça Pache, traita Robespierre de « scélérat », et eut un duel avec Bourdon (de l'Oise). Dans le procès de Louis XVI, Bigorie du Chambon (que le Moniteur appelle Chambon de la Corrèze, et que tous les biographes ont improprement dénommé Antoine-Benoit Chambon), prit la parole en ces termes pour motiver son vote. Au premier appel nominal: « Je dis oui, mais je n'entends pas me lier de manière que je ne puisse par la suite voter l'appel au peuple. Car je pense que ce ne sera qu’à cette époque que le peuple jouira, non en théorie, mais en pratique, de sa souveraineté. Alors seulement je croirai à l'abolition de la royauté et à l'affermissement de la République. Je demande que les deux décrets soient aussi renvoyés à la sanction du peuple. » Au 2e appel nominal : « Avant de quitter mes commettants, je leur ai promis de défendre la liberté de mon pays, aux dépens de ma vie. Lorsque je suis arrivé ici, je m'attendais à des événements bien différents de ceux que j'envisage aujourd'hui... Je crois que le renvoi au peuple est un moyen de sauver la République. Tout, depuis que je suis ici, me prouve qu'il existe une faction formidable. C'est la bonne foi de mes collègues ou leur faiblesse, qui a étayé l'espoir de cette faction. J'ajoute que s'il y a quelque courage à s'exprimer ici sur telle on telle opinion, sans doute c'est sur celle qui a le moins de faveur, c'est sur celle qui a été désignée à la haine des bourreaux. Comme je vote pour oui, je m'attends à tout, et je m'honore d'être du nombre de ceux qui ont tout à risquer. » Au troisième appel enfin il dit : « J'ai toujours cru que Louis était coupable de tous nos maux, qu'il avait été un conspirateur, qu'il méritait la mort. Mais je pense que la Convention ne doit pas s'endormir sur cette grande mesure. Il lui faut un grand développement, un grand caractère. Elle doit écraser tous les factieux, tous ces hommes qui entravent nos travaux et répandent des inquiétudes. Si j'ai apporté quelque crainte à cette tribune, ce n'est pas parce que je venais pour condamner le tyran à la mort; il l'a méritée; mais bien parce qu'elle me parait susceptible d'entraîner beaucoup d'inconvénients. Je vote pour la mort du tyran; mais je demande qu'aussitôt on délibère sur les mesures à prendre relativement aux Bourbons ».

Il parla aussi sur un arrêté du conseil exécutif concernant les théâtres, appuya la motion de donner au pouvoir exécutif la réquisition directe de la force armée, s'acharna contre Pache dont il provoqua le remplacement au ministère de la guerre, et eut, en plusieurs circonstances, une attitude qui fit demander formellement son expulsion par les 48 sections de Paris; Marat en soutint la proposition à la tribune. Mais Bigorie du Chambon n'en continua pas moins de s'associer à toutes les manifestations du parti girondin, qui l'avait fait élire secrétaire de la Convention, alors qu'il possédait encore la majorité dans l'Assemblée. La veille du 31 mai, voyant que cette majorité échappait à ses amis, il n'hésita pas à leur proposer de se retirer dans les départements.

Décrété d'accusation et d'arrestation, il tenta de chercher un refuge dans la Corrèze. Mais la Convention le déclara traître à la patrie, le mit hors la loi et prononça la confiscation de tous ses biens. Découvert à Lubersac, dans une grange où il s'était caché, il y fut massacré. Le 26 novembre 1793, la municipalité de Lubersac manda à la Convention « que des patriotes de cette ville avaient bravement assassiné le député fédéraliste Chambon, mis hors la loi, qui avait eu l'imprudence de vendre chèrement sa vie. » Après le 9 thermidor, la Convention accorda des secours et une pension à la veuve de Chambon.