Ange, Elisabeth, Louis, Antoine Bonnier d'Alco

1750 - 1799

Informations générales
  • Né le 29 septembre 1750 à Montpellier (Hérault - France)
  • Décédé le 28 avril 1799 à Rastadt (Autriche)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Révolution
Législature
Assemblée nationale législative
Mandat
Du 6 septembre 1791 au 20 septembre 1792
Département
Hérault
Groupe
Modérés
Régime politique
Révolution
Législature
Convention nationale
Mandat
Du 4 septembre 1792 au 26 octobre 1795
Département
Hérault
Groupe
Modérés

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député à l'Assemblée législative de 1791, membre de la Convention et député au Conseil des Anciens , né à Montpellier (Hérault), le 29 septembre 1750, tué sur la route de Rastadt, le 28 avril 1799, il était fils d'un président à la Cour des comptes de Montpellier et était lui-même président de la Chambre des aides de cette ville.

A l'époque de la Révolution, il fut nommé par le département de l'Hérault député à l'Assemblée législative, le 6 septembre 1791, par 251 voix sur 453 votants.

A la Convention nationale, où l'envoya son département, le 4 septembre 1792, par 400 voix sur 487 votants, il ne siégea pas à la Montagne et vota cependant la mort de Louis XVI : « D'après la nature du crime, dit-il, et pour la sûreté de la République, je vote pour la peine de mort. »

Employé par le Directoire dans la diplomatie, il assista, en septembre 1797, aux conférences tenues sans succès à Lille avec lord Malmesbury. Au mois de novembre suivant, il passa au congrès de Rastadt, et devint bientôt le chef de la mission française.

Vers la même époque, le 24 germinal an VI, il fut élu député de l'Hérault au Conseil des Anciens, et réélu le 25 germinal an VII. Le Conseil des Cinq-cents avait pris une résolution pour l'éliminer, attendu qu'il ne pouvait être à la fois législateur et ministre plénipotentiaire ; cette résolution fut rejetée par le Conseil des Anciens. Jomini, dans son histoire des Guerres de la Révolution, a raconté ainsi qu'il suit, la mission diplomatique de Bonnier :

« En entrant en Souabe, Jourdan avait déclaré Rastadt ville neutre et donné une sauvegarde au congrès. Cette situation favorisait les desseins de la France, qui voulait détacher les princes de l'Empire de l'alliance de l'Autriche. Déjà la tournure des négociations promettait au Directoire un plein succès, quand la bataille de Stockach et la retraite de l'armée du Danube firent tout à coup pencher la balance du côté du vainqueur. Dès lors aussi le cabinet de Vienne prétendit régler le sort du midi de l'Allemagne. Désirant connaître jusqu'à quel point les princes de l'Empire s'étaient avancés vis-à-vis du Directoire, il chargea le comte de Lehrbach, son ministre plénipotentiaire, d'aviser aux moyens de se procurer leur correspondance avec les négociateurs républicains. Celui-ci n'en trouva pas de plus sûr que de faire enlever le caisson de la légation française au moment de la rupture du congrès, et fut autorisé par sa cour à requérir du prince Charles les troupes nécessaires à ce coup de main. L'archiduc les refusa, d'abord, objectant que ses soldats ne devaient pas se mêler d'affaires diplomatiques; mais le comte de Lehrbach ayant exhibé de nouveaux ordres, l'archiduc fut obligé de mettre à sa disposition un détachement de hussards de Szeckler. Le colonel de ce corps fut mis dans la confidence. L'officier chargé de l'expédition devait seulement enlever le caisson de la chancellerie, en extraire les papiers, et, par occasion, administrer la bastonnade à Jean Debry et Bonnier, en punition de la hauteur qu'ils avaient mise dans leurs relations diplomatiques. Roberjot, ancien condisciple du ministre autrichien et lié d'amitié avec lui, avait été nominativement excepté de cette dernière mesure.
Après le départ du comte de Lehrbach, qui alla attendre dans les environs le succès de ses manoeuvres, les hussards vinrent rôder autour de Rastadt; le congrès, ayant adressé des réclamations qui ne furent point écoutées, se hâta de se dissoudre. Les plénipotentiaires devaient se retirer le 28 avril; mais dans la soirée du 19 ils furent sommés de partir sur-le-champ. Ils se mirent donc en route la même nuit pour Strasbourg. A peine étaient-ils sortis de Rastadt, que les hussards, à l'affût de leur proie, enveloppèrent les voitures; mais oubliant leur consigne, ces soldats, ivres pour la plupart, frapperont les envoyés, sans distinction de personnes, du tranchant de leurs sabres, et laissèrent sur place Bonnier et Roberjot, son collègue. L'autre envoyé, Jean Debry, blessé au bras et à la tête, se sauva par miracle, et alla, au point du jour, chercher un asile chez le ministre de Prusse. » (Guerres de la Révolution, t. XI.)

Cet attentat contre le droit des gens excita une colère unanime en France. A la séance du 21 floréal an VII, sur le rapport de Bailleul, le Conseil des Cinq-cents, décida que le crime serait dénoncé à tous les gouvernements; qu'une fête funèbre en l'honneur des ministres Bonnier et Roberjot serait instituée, et une inscription commémorative placée dans tous les lieux publics. L'éloge de Bonnier fut prononcé par Curée. Enfin il fut décrété que pendant deux ans, la place de Bonnier au Conseil des Anciens resterait vacante et couverte d'un crêpe, et qu'à l'ouverture de chaque séance, le président rappellerait à l'Assemblée l'acte odieux dont l'empereur s'était rendu coupable : « Que le sang des ministres français, assassinés à Rastadt, disait le président à l'appel de son nom, retombe sur la maison d'Autriche. »

On doit à Bonnier des Recherches historiques et politiques sur Malte (1798).

Date de mise à jour: février 2019