Jean Borie

1756 - 1828

Informations générales
  • Né le 24 novembre 1756 à Saint-Basile-de-Meyssac (Corrèze - France)
  • Décédé le 30 juin 1828 à Aarau (Suisse)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Révolution
Législature
Assemblée nationale législative
Mandat
Du 31 août 1791 au 20 septembre 1792
Département
Corrèze
Groupe
Gauche
Régime politique
Révolution
Législature
Convention nationale
Mandat
Du 4 septembre 1792 au 26 octobre 1795
Département
Corrèze
Groupe
Gauche

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député à l'Assemblée législative de 1791, et membre de la Convention nationale, né à Saint Basile de Meyssac (Corrèze), le 24 novembre 1756, mort à une date inconnue, il était avocat, devint juge de paix dans son pays, adopta avec ardeur les principes révolutionnaires, et fut, le 31 août 1791, élu député de la Corrèze à l'Assemblée législative, par 262 voix sur 343 votants.

Il siégea dans la majorité, mais s'occupa surtout de questions d'affaires, fit décréter l'organisation des bureaux de liquidation, amenda le projet de décret sur les coupons d'assignats, discuta la loi des passeports, obtint la suppression de la caisse des économats, etc.

Dans la Convention, où la Corrèze l'envoya le 4 septembre 1792, à l'unanimité des votants, le rôle politique de Borie fut plus important. Outre un grand nombre de décrets de comptabilité, il fit voter, le 30 octobre 1792, une résolution obligeant les ministres à « énoncer dans leurs comptes, à chaque article de dépense, le décret qui l'a autorisée ». « Ils détailleront les motifs qui ont donné lieu à chaque ordonnance, et produiront à l'appui les marchés, états et pièces qui peuvent constater la nécessité de la dépense. »

Il vota la mort de Louis XVI, et motiva son opinion en ces termes : « La Convention a décrété qu'elle jugerait Louis Capet. Elle a décrété qu'elle le jugerait définitivement. C'était mon opinion, que je ne dois pas développer en ce moment. Elle a reconnu, à l'unanimité, que Louis Capet est coupable d'attentat contre la sûreté et la liberté du peuple français. Ce crime est puni de mort d'après le Code pénal. Je suis esclave de la loi. Je vote pour la mort. »

Envoyé en mission près l'armée du Rhin avec ses collègues Milhaud et Ruamps, il écrivit, le 19 août 1793, à la Convention : « Nous avons fait paraître une proclamation que nous adressons à tout le peuple français, et en particulier aux habitants des frontières, afin de faire lever une armée révolutionnaire qui, au moment d'une bataille décisive, enfonce de toutes parts les rangs de l'ennemi et l'anéantisse pour jamais. Trois mille républicains des campagnes se sont ralliés aujourd'hui autour du commandant de la garde nationale de la commune de Plaffenhofen. Ils sont partis ce matin à six heures, avec leurs armes et des vivres pour huit jours; ils gardent les gorges de Barnenthal. Ces nouveaux Spartiates sont bien décidés de mourir tous à leur poste, plutôt que de laisser passer l'armée prussienne, qui se dispose à pénétrer par ce côté sur le territoire de la ci-devant Alsace... »

Une nouvelle mission l'appela dans les départements du Gard et de la Lozère (1794). Dans le Gard, il prit un arrêté (4 juin 1794), déclarant suspect tout prêtre qui exercerait ses fonctions : « Le désoeuvrement, ajoutait-il, est un crime politique ; les districts pourront employer ces prêtres aux travaux publics. » Dans la Lozère, de germinal à messidor an II, il poursuivit les prêtres même constitutionnels, « qui refluent les opinions républicaines ». N'ayant pu obtenir la création d'un tribunal révolutionnaire à Mende, il faisait transporter les suspects devant celui de Nîmes. Il rendit compte de ces missions dans une lettre qui fut lue à la séance du 6 messidor an II, et ou il informait l'assemblée de la « régularité, de la précision et de la promptitude » avec laquelle le gouvernement révolutionnaire avait été organisé dans le Gard.

Dans la séance de la 2e sans-culottide de l'an II (18 septembre 1794), il demanda compte de l'application de la loi contre les nobles et les prêtres et fit voter un décret pour hâter leur exécution.

Le zèle révolutionnaire de Borie le rendit des plus suspects aux Thermidoriens. Plusieurs fois dénoncé à la tribune de la Convention, notamment par Berthezène et par des pétitionnaires du Gard qui l'appelaient « ce monstre de la nature, de la politique et des factions », il fut décrété d'arrestation les 1er et 2 prairial an III, avec les derniers Montagnards. Il évita cependant l'échafaud, ayant été compris dans l'amnistie du 4 brumaire.

Il se retira dans ses foyers en 1798, fut nommé juge de paix sous l'empire, révoqué à la première restauration et réintégré aux Cent-Jours.